dimanche 30 décembre 2012

Cadre européen commun de référence pour les langues

Descripteurs niveau A1
Comprendre / écrire
- Comprendre des mots et des phrases très simples
- Écrire une courte carte postale simple



En suivant l'étoile

24 décembre
passée devant des centaines de fois
jamais entrée auparavant




Entre amis


La roue tourne

Il y a des hauts


et il y a débat : symbole phallique ou pas ?

A la dérobée


Je regarde chacun d'eux
et je me demande
où ils courent
si quelqu'un les attend
ce qu'ils feront soir ?

vendredi 28 décembre 2012

Grandeur et décadence

Un jour pour entrer en Résistance
quelques mois pour sauver la France
quelques années en gouvernance
quelques semaines pour une statue de belle prestance

et puis
l'éternité

pour servir de merdoir aux pigeons ...


on est peu de choses quand même 



Dictée


Après le chemin, c'est encore le chemin

Quand je vais répéter à la Chavannée
maintenant
je les vois les signes du chemin
qui passe près d'Embraud,
se poursuit au droit du village où est enterré mon père,
et se prolonge sur cette terre d'asile élue un soir d'hiver
en ouvrant le dictionnaire à la carte des académies.



Beaux et bons # 3

Sous l’œil du père

C'est un sculpteur avec son appareil photo.
Il s'appelle Alain.
Il est dans son atelier.
L'atelier est dans son jardin.
Un grand jardin d'herbes folles, d'arbres, de branches et d'eau.
Les saisons traversent le jardin à grands rais de lumière, de glacis de neige et de flaques de boues.
Et dans les herbes, les arbres, les branches, l'eau, la lumière et la boue,
il y a des enfants.
Ses enfants.
Six enfants.
Pieds nus et souvent fesses à l'air, des enfants de la terre
d'une bassine ils font un château,
de feuilles de choux, une cuirasse
d'une corde, une jungle,
d'un vieux parasol, un grand chapiteau.

\\\

Des enfants magnifiques de spontanéité
une inventivité sans borne.
Dans la famille Laboile
c'est sûr, on ne s'ennuie pas
même quand il pleut.
Et même si on s'ennuyait,
ce serait ensemble.
Avec les chats.

Alain les voit
c'est dans la boîte.
Et moi j'ai eu le plus grand mal à choisir des clichés.
Alors le mieux, c'est que vous alliez voir son blog.

Ce qui m'a le plus touchée finalement
c'est ce lien très fort de la fratrie qui transparaît dans chaque image,
même celles où il n'y a qu'un ou deux enfants.
On sent comme
dans le regard de leur père
chacun existe pour ce qu'il est,
et en même temps
comme ils comptent les uns pour les autres.

Tremplin

Ce n'est pas une famille sans portable
c'est juste qu'ils n'en ont pas besoin pour être.

Et je me suis ravie et étonnée de ces grands qui jouent avec les petits
sans que suinte cette retenue de l'ado qui hésite entre deux mondes.
Peut-être parce que c'est dans l'intimité justement.
Je ne sais pas.
C'est seulement beau.

smac!

C'est tout l'art du photographe que d'avoir su saisir les pas de géants
les sauts de l'ange
les éclats de rire
la contemplation d'une bestiole
les regards, les gestes tendres et les baisers,
sans qu'à aucun moment je ne me sois sentie intruse ou voyeuse.

.

Édit 1: chapeau bas à madame Laboile ...
Édit 2: évidemment toutes les photos sont des œuvres protégées, qu'on ne peut publier qu'avec l'accord de l'auteur...

Beaux et bons # 2

Hilly les bons tuyaux

Hilly c'est mon amie.
Elle habite trop loin pour qu'on se voie souvent.
Mais, depuis qu'on s'est croisé,
il y a de ça une paire d'années,
au détour d'un stage de chant,
elle a toujours été là
quand il fallait écouter
et avoir une bonne idée.
Par exemple, si mon fils part en Russie dans un mois,
c'est parce qu'Hilly a pensé au service volontaire européen.
Elle m'a aussi appris à mettre des myrtilles en bocaux,
ce qui fait que je pense à elle
chaque fois que j'en ouvre un pour améliorer un fromage blanc d'hiver.

Mais ce n'est pas le vrai sujet de ce billet.

Le vrai sujet, c'est qu'Hilly,
elle sait faire beaucoup avec rien.
Un sirop très rafraîchissant avec un fond de pot de confiture, des histoires de pierre, d'herbe, de ficelle et de papier peint déchiré sur un vieux mur, des jardins avec quelques graines, des nids avec des branches.
Des chansons avec nos mots.
Et je l'admire tellement pour cela.
Parce que sa langue maternelle, c'est le néerlandais.
Mais c'est en français qu'elle écrit des livres, des poèmes, des chansons.
Parfois, on chante ensemble au bal,
un peu au débotté.
Mais ce que je préfère
c'est quand elle prend sa guitare pour dire l'amour, l'amitié, la mort
le trouble et le tourment
l'amer des jours de tristesse
et la douceur des retrouvailles.

D'elle,
je pourrais vous dire la maladie qui la fait trembler
les années de solitude avant d'être diagnostiquée
sauf qu'elle l'a déjà fait elle-même dans un livre très émouvant
et pas du tout larmoyant.

D'elle
j'ai juste à dire que c'est une artiste
une vraie.
Les artistes sont faits pour être dans la lumière
et pourtant vacille au sein de leur âme
cette petite flamme qui rend l'obscurité moins effrayante.
 
video


Édit : toutes les images viennent de son blog.

Pardon

Le pardon libère l'âme
et fait disparaître la peur.
C'est pourquoi le pardon est une arme si puissante.

Nelson Mandela


Catherine Ringer - Pardon par catherineringer

samedi 22 décembre 2012

Beaux et bons # 1

Petite mère

Est-ce que vous avez remarqué
qu'en anglais
"cœur" est l'anagramme de "terre" ?

Matins
radio
gavée
people, crise, fin du monde...
pas concernée
envie de portraits touchants
de beaux et de bons
de rencontres.

Soirs
boulot
crevée
priorités
pas le temps d'écrire toute ce que j'ai en tête
dodo
 
et ce matin
voici cette femme
30 enfants
la misère moins poussiéreuse

no explain
no complain
pour changer un peu de nos jérémiades d'occidentaux trop bien nourris


dimanche 16 décembre 2012

mercredi 12 décembre 2012

Alternative

J'avais plein d'idées.
Je voulais poster un billet d'humeur,
les exilés fiscaux, "véritables réfugiés qu'on a chassé de chez eux", les bras m'en tombent,
les pauvres, leur logement et le RSA,
l'augmentation indécente des salaires des patrons du CAC 40,
la énième discussion sur "faut-il interdire le redoublement"
et même la fin du monde...

Je voulais évoquer ce monsieur qui a chuté en arrière, juste devant ma voiture,
sa frêle silhouette de loden vert
déjà invisible aux yeux du monde
du moteur coupé, des feux de détresse
le temps de lui faire traverser la rue
du cœur serré quand il m'a dit "j'ai 88 ans et la maladie de Parkinson".

Je voulais écrire sur l'amitié, l'amour, l'altérité
et l'impromptu éminemment prévisible de la mort
qui nous met tous à égalité
la même fin, la même incertitude sur l'heure de la dernière heure
ce qu'on décide de faire du temps qui nous reste
sur ce qui aura vraiment compté si elle nous prend demain.

Mais finalement
j'ai juste eu envie de rigoler
et je compte bien que ça vous fasse marrer aussi.




mardi 11 décembre 2012

La daube du jour

 Mais je suis sympa
je vous la mets en italien
c'est plus festif.....
(et je vous épargne le Gangnam Style...).
Regardez-bien jusqu'au bout ....


On the road


vendredi 7 décembre 2012

Ligne de fuite

Long manteau de neige
Effleurer la peau du monde
Étouffer leurs cris


 
Foutu pays
moi je vous le dis.

Presque un an déjà que le poisson-chat a frétillé de la queue.
La terre et l’eau renversés.

Crissement de mes pas qui griffent l’épais manteau immaculé.
Traces de vie sur le chemin calme.
Les corps, les cris, les décombres, rien ne s’est passé, rien n’a eu lieu.

L’air froid glace mes poumons, et avec l’air le poison.
Invisible.
Insidieux.

Les dieux ?
Elle va encore au temple.

Peut-être a-t-elle raison de prier,
c’est le seul bâtiment encore debout.
ah ah ah !

Je l’accompagne,  il paraît que leurs âmes volètent autour de moi.

Mais c’est pour être avec elle surtout.
Ses cheveux blanchis,  son sourire doux.

Je la vois flotter, fragile,
jamais elle ne tombe.

En rentrant, elle fera du thé,
que nous boirons à petite gorgées.
Il faut vivre encore.

Puisque nous sommes d’eux.

Source : estampe Hiroshige – Pinacothèque
Texte rédigé à l'atelier d'écriture.


jeudi 6 décembre 2012

Atelier d'écriture

Bonne journée.
Formation.
Descendue à pied.
Une demi-heure dans le froid bleu du petit matin,
j'étais bien.

L'intitulé c'était "atelier d'écriture"
et qu'est-ce qu'on a fait ?
On a écrit.
Toute la journée.
A partir de tout un tas de consignes.
En compagnie
une heure durant,
du directeur académique.
Oui.
il a écrit aussi.
Et tous les formateurs.
Et ça, c'était vraiment cool.
J'aime quand on se met en situation
quand on partage
quand on se livre un peu
quand on est dans la même situation que nos élèves
mais pas tout à fait quand même.

Temps limité
consignes fermées mais plusieurs, qu'on ne se sente pas à l'étroit
supports histoire des arts.

D'abord ça 
la Madone de Port Ligat (première version) de Salvador Dali
A quoi pense-t-elle ?
Je ne veux pas décrire.
Liste de mots.
Pourquoi, mais pourquoi ?
Moi, si mes pieds ne touchaient pas terre....


Après
chacun lit
ou pas
sa production.
C'est parfois totalement déjanté, décalé.
J'ai adoré,
et je me suis bien marrée.
Perso, sur ce coup là
émotionnellement chargé
je n'ai pas pu me décentrer d'un ressenti assez morbide.

Mais une fois épongées les idées des autres
je suis  revenue à plus de légèreté
"Franchement, la plage aujourd'hui, c'était pas le bon choix.
Déjà, la mère s'est retirée. Le vent fait voler les oursins, je trouve plus les œufs durs depuis que la tente a perdu ses sardines, et j'arrive pas à déplier les pieds de la table. Pourrie beach."

Les  consignes se sont succédées, les textes aussi.
A chaque stagiaire son univers.
Certains sujets ne me parlaient pas.
Pas grave, il y avait le choix.

"On m'a fermé les yeux. Je me suis assoupie. Rasant la cime des hautes futaies, je sens le vent se briser sur ma peau. Je frissonne à l'eau qui ruisselle et s'insinue à l'arête de mon dos.
Et l'été, quand le soleil est au zénith, ma poitrine se réchauffe, mais mon âme jamais.
Penchée sur la fraîcheur de l'ombre qui s'épaissit dans mes entrailles, je voudrais accueillir encore les cris, les rires, les larmes qu'a vu résonner ma jeunesse. Il ferait bon s'attarder sous la treille après la chaleur écrasante du pré, pour venir se réfugier dans la pénombre de mon giron.
Pour faire entrer la lumière, il suffirait de pousser les volets, de les ouvrir grand à claquer sur la pierre dévorée de vigne vierge.
Mais les volets, il n'y en a plus.
Un jour, ils sont venus, et ils m'ont arraché les yeux, comme ils déchirent la peau du monde. De leurs truelles agiles, grimpés en sifflant au faîte de leurs échelles, ils m'ont fait comme un linceul de pierre.
Emmurée vivante, arrimée à la terre
je respire encore faiblement.
Assez pour survivre.
Assez pour étouffer.
Assez pour me souvenir."

Sur l'Ulysse de Draper
il a fallu évoquer les cinq sens.
C'était la fin de journée,
je me suis lâchée.
Je sens que je suis à deux doigts du nouveau petit porno de la ménagère de moins de 50 ans.

"Viens !
Quitte le gris sombre des vagues tempétueuses et le tangage de ton bateau, trop étroit pour ta gloire, oh héros épique de la mer.
Viens plutôt t'amarrer au roulis de nos hanches.
Viens !
Fends l'eau noire et plonge vers notre palais du fond des abysses. Viens, viens voir les nacres luminescentes, la bordure pâle des perles de nos couches, l'opale de nos bains, les ors lourds du trône qui t'attend.
Laisse tes compagnons à la morsure salée des embruns, que ta peau corrompue goûte enfin à la douceur soyeuse de nos chairs marines. 
Ne hurle plus ton désir, soumets toi au chant dévorant de mes sœurs. Nos écailles n'ont pas la froideur que les humains leur prêtent.
Viens !
Viens te glisser à la chaleur du sang des filles de l'amer."


Mayrig

Ce sont des piroshkas.
Je ne garantis pas l'orthographe
mon arménien reste encore très limité.

C'est comme les pirojkis russes, mais plus volumineux : des chaussons farcis de pomme de terre et d'abats hachés, qu'on mange après les avoir saupoudré de poivre.

Ces gens
ils n'ont rien
mais ils partagent tout
le principe étant que, sur la table, il doit y avoir beaucoup plus que ce que tu as vraiment.

On a parlé longtemps
pourquoi ils sont partis
comment
la fille qu'ils ont laissée là-bas
parce qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour quatre,
- un tampon sur un passeport : 5 000 euros par personne -
leur ancien statut
elle enseignante
lui directeur commercial d'une usine agro-alimentaire.

Il faut tout recommencer,
accepter que ce ne soit plus jamais pareil.
Pour vivre en sécurité.

Ils parlent plusieurs langues
le russe, l'anglais
mais ils ont choisi la France.
Je crois que c'est à cause du handicap de leur fils.
La France, ils lui sont reconnaissants de ce qu'elle fait pour lui, sa médecine, le centre de rééducation.

Chez eux
les voisins sont tout le temps les uns chez les autres
la table est ouverte
il y a toujours du monde.
Ici le temps passe si lentement,
dans l'incertitude
du titre de séjour
de l'avenir.

Alors quand des Français toquent à la porte
et viennent s'asseoir
parler un peu
de la cuisine
des enfants
des projets
c'est comme une petite flamme vacillante qui se mettrait à briller en grand format
en éclairant les coins d'ombre de nos propres vies.
J'oublie mes dérisoires petits soucis d'occidentale trop bien nourrie
et je mesure la chance que j'ai de vivre ici
en liberté.

mercredi 5 décembre 2012

Qu'est-ce que c'est ?

Je parle de l'assiette à droite au premier plan...


dimanche 2 décembre 2012

Le samedi c'est yummy, le dimanche aussi # 15

La vie c'est pas yummy
quand
je vais à la piscine (bien que ça, ce soit yummy)
j'oublie ma serviette, je m'essuie avec mon t-shirt
en sortant mes cheveux . . . gèlent sur ma tête !

Mais la vie c'est yummy yummy
quand
- je pars en formation et que j'en profite pour aller voir ma cousine
celle avec qui on peut parler de tout
et de rien
qui me donne toujours un pot de confiture quand je repars
et qui coud des doudous jusqu'à point d'heure
pour le marché de Noël d'une association caritative

ma cousine
elle donne du sens aux heures de route


- je rencontre des lecteurs de ce blog
des lecteurs inattendus je veux dire
un collègue
une voisine de chœur 
qui me le disent comme si on les avait pris la main dans le pot de confiture
moi ça m'intimide un peu
et ça me réjouit beaucoup
être à un clic les uns des autres
trop cool

- Il neige
mon covoitureur est en panne
pas envie de prendre la route pour coussiner
je suis obligée de me replonger sous la couette
et de rattraper un peu de retard de sommeil,
pendant que ça bloubloute dans la cocotte en fonte.
Je me réveille
il ne neige plus
mais je suis contente d'être là.

- Il y a des ribates au petit déjeuner.
Des petits pains de Noël
cuits dans le four à pain d'Embraud
chaque matin de concert.
Les spectateurs les achètent à la sortie
pendant qu'on se les gèle dehors dans nos sabots
et parfois -comme hier soir-  il en reste.
Alors
sur les conseils de Jacques
on peut nous aussi les "trempouiller avec amour" dans le chocoboum ou le café au lait
après les avoir tartinées de confiture.
Moi j'aime pas trempouiller
et je bois du thé
mais Jacques, je te le jure, la confiture c'est moi qui l'ai faite...


Sinon, la recette des ribates
c'est
bien que sans le four à bois
ce ne soit pas tout à fait le même goût.
Attention, c'est de l'Embraud made, c'est du qui tient au corps...