jeudi 30 mai 2013

Ciel my playlist # 7

Conseillée par Lolobobo
qui dit - comme il se dit partout - qu'il a quelque chose de Brel
et je trouve que oui,
on parle toujours de l'âme slave,
mais moi j'aime l'âme belge
de la chanson française,
et encore plus,
avec un peu d'Afrique dedans.






 





Lui aussi,c'est un grand acteur : avec son numéro de mec largué-paumé-bourré
il a renouvelé le genre du canular Carambar.
La tête des invités de Taddei ...


Régalez-vous !

mercredi 29 mai 2013

Pétitions mentales #2

Je vous le confirme
le concept de pétition mentale
ça marche.
Anne-Laure et moi,
on a eu notre certification.
Donc,
ça c'est fait.

Je vais pouvoir consacrer mon énergie
à faire rendre gorge à Kinedo,
fabricant de cabines de douche,
dont celle qui m'a coûté un bras il y a six ans,
et qui ne fonctionne plus correctement depuis deux,
autant dire qu'à ce tarif,
mieux vaut s'offrir une daube neuve de Brico-Dépôt chaque année pendant dix ans.
Tant qu'à faire travailler des enfants en Chine...


Kalevala

Une différence notable entre l'enseignement du Français langue étrangère (FLE)
et du Français langue seconde (FLS)
c'est que ce dernier doit permettre
à la fois de communiquer, d'interagir pour s'intégrer socialement
et à la fois d'accéder aux autres disciplines scolaires.

En dehors des difficultés propres à la langue elle-même,
les élèves sont confrontés
six heures par jour
à un discours pédagogique
dont on n'imagine pas à quel point il peut être obscur
quand on ne dispose pas des clés.
Prenons l'exemple de la grammaire.
Une leçon au cours de laquelle est prononcé 50 fois le sigle G.N. ou P.P.,
sans redire de quoi il s'agit,
un laïus sur les propositions subordonnées,
des aller-retour incessants entre nature et fonction,
c'est la garantie que l'élève allophone aura décroché au bout de 5 minutes.
Les élèves français en difficulté (20 % de la classe...) : 10 minutes.

A cette période de l'année,
maintenant que la communication est bien installée,
je ritualise de courts moments réflexifs sur la langue,
qui ne feront l'objet,
dans le cadre de mon cours,
ni de leçons formelles,
ni d'exercices d'entraînement systématiques,
ni d'évaluation.
Je leur explique, dès le début, que ce sont des clés,
qui ouvrent les portes du cours de français,
pendant lesquels ils sont bien souvent
laissés au placard.

Dictée, production de textes, lecture : à chaque regroupement, on prend un moment pour souligner les verbes conjugués, qu'ils repèrent très bien.
C'est simple :
un verbe conjugué = une proposition
au début ça s'embrouillait : proposition ? préposition ?
et puis on monte une marche
le chef, le morceau qu'on ne peut pas enlever, c'est la proposition principale
les autres, les subordonnées.
Relatives s'il y a un pronom relatif,
conjonctives si c'est une conjonction de coordination.

Un autre rituel :
que remplacent les mots encadrés ?
où l'on découvre que "le, la, l'" ne sont pas toujours des articles
et que  "lui" peut être féminin.
La compréhension des pronoms,
c'est bien souvent le décodeur pour la compréhension des textes.

Tous les jours on décortique, on coupe, on colorie,
on flèche.
Ces routines grammaticales quotidiennes finissent par produire leur effet.
Mais elles exigent bien plus de concentration,
et sont largement moins ludiques que les rituels précédents sur la météo ou la tenue du jour.
Autant dire qu'une fois ajoutées aux autres leçons,
il n'y a pas de temps morts.

Parfois,
je les vois décrocher.
Une association d'idée qui leur vient,
une image qui surgit,
ils ont envie de parler,
et je laisse filer le cours.
Pause.
J'écoute leurs voix, leur accent.
C'est moi qui dois me concentrer maintenant.
Être attentive, bien tout comprendre, reformuler pour les autres.
C'est le moment pour moi d'apprendre.

Que dans tous les pays,
les vaisseaux spatiaux sont des sous-tasses volantes.

Que dans les collèges suisses,
il y a des classes à plusieurs niveaux,
que les profs sont polyvalents,
qu'ils ne crient pas, ne sont pas injustes,
qu'ils sont proches de leurs élèves,
et que ces derniers les respectent.

Qu'en Finlande,
il n'y a pas une église dans chaque village comme ici
et
il n'y a plus beaucoup de chênes,
à cause de... l'église.
A cause de l'église ?
C'est parce qu'elles sont construites en bois ?
Non, non,
elle cherche vite dans son dictionnaire.
Ils sont saints, mais c'était il y a très longtemps !
Ah, sacrés, ils étaient sacrés.
Oui, il y a un homme, il s'appelle Tapio, c'est l'esprit de la forêt.
Et une femme, Ilmatar, pour l'eau.
Je comprends à ce moment qu'elle me parle de la mythologie finlandaise.

En rentrant à la maison,
j'ai cherché un peu
et j'ai découvert que les Finnois ont une grande épopée de 23 000 vers,
collectée dans toutes les régions finlandaises
écrite et complétée, au XIX ème siècle, par Elias Lönnrot, un médecin érudit.
Un peu comme les instituteurs et les notaires qui ont collecté les musiques, chansons et histoires traditionnelles chez nous, à la même époque, permettant ainsi la sauvegarde d'un patrimoine oral en perdition.
Elias, c'est un peu leur Achille Millien, leur Barbillat et Touraine,
sauf qu'en Finlande,
ce collectage du Kalevala a eu un impact très fort.
A un pays longtemps asservi à la Suède ou à la Russie,
il a donné un mythe fondateur,
et redonné sa place au finnois,
deux éléments sans lesquels une identité nationale ne peut pas se construire.

Voilà les petites pépites que je découvre grâce à mes élèves,
et qui ne calment pas les fourmis que j'ai dans la tête...



Tryptique d'Aino (1891)

 Le Kalevala était déclamé par deux bardes, alternativement,
chacun reprenant le dernier vers de l'autre,
en ajoutant une nuance grâce à cette spécificité de la langue finnoise,
qui permet de donner une information supplémentaire juste avec un affixe.

Édit : photos et explications internet, et surtout de ces excellents articles sur Sibelius.









lundi 27 mai 2013

Le méga kiff du jour #2

Enfiler un chemisier en coton blanc
parce que c'est de saison.

Écouter mes deux élèves finlandaises parler français,
je veux dire parler vraiment.
C'était pas gagné...

Boire un thé dehors
sans pull
lentement
à petites gorgées.
Froid le thé.

Déranger un crapaud bouffeur de limaces,
et entendre le crissement joyeux des grillons.

Laisser la porte ouverte toute la fin d'après-midi.

Tondre la pelouse, mais sèche cette fois-ci...



dimanche 26 mai 2013

La playlist de Cédille (c'est du propre...)







Complétée par Geneviève



Merci les filles
j'ai bien ri..
je retourne au jardin
s'il vient pas
au moins
j'aurai des tomates...

Laisse les symboles à Denise...

Des phénomènes étranges se propagent dans certaines familles de copines.
La première nous raconte :
"décollage 6 h 05
atterrissage 8 h 05
pont du Rialto 10 h 30
"
trop cool
il y a encore des mecs qui ont de la classe
(et des villes où il y a pourrait y avoir du soleil...)


Pis
voilà pas que sa sœur,
pourtant exportée à l'autre bout de l'Hexagone,
nous annonce
"je suis invitée à Venise !"
et qu'elle ajoute :
"quand il a dit Venise, j'ai hurlé de rire (intérieurement, je ne voulais pas lui faire peur non plus!!!) "

100 % de progression dans le taux de mecs élégants qui savent y faire
c'est encourageant.

C'est là aussi
que je m'aperçois
que,
même vieille
- oui quand on s'aperçoit qu'on connaît tout le répertoire de Georges Moustaki, parce qu'on l'a appris en colo, c'est qu'on a définitivement basculé dans la catégorie des vieilles -
et même usée
- par les années plus que par les baisers -
on attend toujours le prince charmant,
qui va poser deux billets d'avion sur la table
(que perso je peux me contenter du train de nuit)
sans que tu aies à en payer la moitié.

Oui
le prince charmant
celui à qui on n'a pas besoin de tout dire
parce qu'il sait
celui qu'on n'aura pas besoin de sauver
celui qui nous emmène au lieu qu'on le traîne
celui qui n'est pas aussi économiquement faible que nous
celui qui n'est pas déjà marié
celui qui conjugue au présent plutôt qu'au futur proche (ou pire, au conditionnel)
bref
celui qui éveille un peu plus que notre intérêt.

En attendant ?
Ben c'est long.
Mais il y a toujours les nains.


Rammstein - Sonne par Alanaya

Édit : notez le message subliminal des paroles...



jeudi 23 mai 2013

Ciel my playlist # 6

Maintenant qu'il est mort
je sais que
désormais
je suis vieille



 





Barbara et Moustaki  La dame brune par paradixman




 







mercredi 22 mai 2013

Le méga kiff du jour #1

ou plutôt du soir
c'est laver le sol (non ça c'est pas kiffant)
en rentrant du jardin
et pouvoir ouvrir en grand porte et fenêtres pour laisser sécher,
et tout d'un coup
dans la lumière qui décline un peu
ce moment de grâce
qu'on voudrait partager
mais qui n'appartient qu'à nous

entre chance et bien-être
sentir l'odeur de l'air dans la maison
l'herbe et la terre humides
saisir les trilles des merles qui se répondent de haie en haie
applaudir au ballet des mésanges, des pies, des geais

puis
prendre mon assiette
et dîner dehors,
pour la première fois
sous des bandeaux d'azur traversés de chevaux blancs
à la poursuite d'improbables équipages de dragons moutonneux

un peu
comme si c'était..
comment dire ?
le printemps ?


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaalors, j'raconte...

Côté examen,
j'ai retrouvé Anne-Laure,
et on pense toutes les deux que ça s'est bien passé,
même si je suis restée sèche sur une ou deux questions
trop light sur les nouveaux textes et la nourriture théorique,
alors qu'il ne s'agit pas juste de valider une expérience
- j'ai quand même été mignonne en m'abstenant de faire remarquer que le temps était dépassé -

ça m'a permis de me rendre compte
que
c'est clair,
je n'ai plus les mêmes priorité professionnelles qu'avant,
plus ce besoin d'occuper chaque parcelle de mon temps avec du lourd.
C'est-à-dire que si je ne l'ai pas cette année,
ça attendra l'an prochain.
Cela dit,
on n'était que trois candidates,
et la dernière, qui ne savait pas ce que voulait dire FLS,
n'avait jamais non plus ouvert de manuel de FLE...

Après,
on a bravé la pluie pour aller boire un coup
- pas en terrasse, vous pensez bien -
et on s'est raconté des trucs
et c'était cool.


Côté maison,
un dernière visite d'agence hier,
une estimation de notaire,
demain,
et plein de doutes.
Pas trop sur le prix : j'ai zappé l'agence à 110 000 euros nets vendeur et mandat d'exclusivité,
on est plutôt entre 125 000 et 130 000.
Comment mettre en vente ?
Entre particuliers : c'est le défilé de curieux garanti, mais une somme moins élevée à afficher.
Les agences  : frais variables de 6% à 9%.
Le notaire : moins de dynamisme commercial, mais pas de frais qui majorent le prix.
Je prendrai ma décision finale, prix et partenaire (s) ce week-end.
Après tout, rien ne presse.

Et puis
en vrac
côté jardin,
il ne pleut plus depuis, allez, quatre bonnes heures.
On n'en est pas au soleil,
mais je vais peut être réussir à passer une heure dehors sans me mouiller.

Côté boulot,
j'ai obtenu 30 heures de stages d'été pour mes élèves
les fameux RAN "remise à niveau", mais fléchés pour eux,
(et des heures sup pour moi.)

Le CDDP va aussi me prêter, à long terme,
deux tablettes pour mes cours.
Deux heures de formation début juillet,
zéro investissement,
zéro maintenance,
apps payées sur leur budget.

Côté sensible
une commande d'une heure de concert a capella,
pour la rentrée.

Elle est pas belle la vie ?

Édit : la pétition mentale, déjà, ça a marché pour LGV, qui a eu ce concours qui lui résistait si fort.
Vous Zêtes trop forts !



lundi 20 mai 2013

Blog roll

Deux blogs pro que j'aime bien :

Celui de Stylo rouge et crayon gris,
surtout les onglets "cartes mentales"
et "dysférences".


Et le
Petit abécédaire de l'école 
dont l'auteur,
qui a lu Serge Boimare et réfléchi à l'empêchement d'apprendre,
travaille sur les feuilletons d'Hermès et de Thésée,
et met à votre disposition les fiches qu'il a créées pour travailler sur ces supports
(onglet "Myhthologie")


Pétitions mentales #1

Pendant que je finis de calibrer mes dix minutes de soutenance,
j'ai reçu un message d'Anne-Laure,
camarade corrézienne de français langue seconde,
croisée en formation pour la pénitentiaire,
immédiatement intégrée dans mon réseau de sympathie,
du coup inscrite en même temps que moi,
et qui sera aussi sur le grill à Limoges demain matin.

Un coucou qui tombe à pic.

Comme ça avait bien marché,
il y a deux ans de ça,
dans des circonstances difficiles en plus,
je vous invite de nouveau à envoyer des ondes positives,
et même à les faire envoyer par des gens que je ne connais pas.
Vous, ceux qui commentent,
et les autres,
les silencieux,
les qui n'écrivent pas,
mais les qui n'en pensent pas moins.
  • Oui, je signe la pétition mentale,
    pour qu'Anne-Laure et Coline réussissent leur certification ce mardi 21 mai.
    A 9h10, demain matin, je cliquerai dans mes pensées pour la soutenance
    et l'entretien.



    Pis,
    comme on ne va pas s'arrêter en si bon chemin :
  •  Oui, je signe la pétition mentale,
    pour que Coline vende sa maison au lieu de ses reins.
    Je clique tout de suite, en y pensant très fort,
    et je cliquerai chaque matin,
    jusqu'à ce que vente s'ensuive.
    Mention spéciale pour mes Z'aides : c'est le moment d'envoyer Ste Rita au 33 33...

samedi 18 mai 2013

Des nouvelles d'Anita et Willy

"hallo vandaag vertrokken in roncesvalles met veel sneeuw ong 15cm
onderweg veel modder en smeltwater de tocht van 25 km was enorm 
veel dalen en stijgen
zijn nu in zubiri
morgen zien we wel 
kan vandaag op internet in ons verblijf 
grts aan iedereen van anita en willy"
 
 
 
Vous vous souvenez de Willy et d'Anita 
qui avaient dû s'arrêter à Ste Foy-la-Grande
pour cause de quasi-gangrène des pieds d'Anita ?

Ils sont repartis en avril cette année,
de Ste-Foy
et ils ont passé les Pyrénées
avec 15 cm de neige apparemment 
des grimpettes et des descentes dans la gadoue et sous des trombes d'eau.
Soit ils sont déjà à Zubiri, l'étape suivante, soit ils y arrivent demain, 
je ne comprends pas toutes les conjugaisons,
mon flamand n'est pas fluent...

 
 
 

Spring spleen

A peine le temps de tondre la pelouse,
et de nouveau le froid, le gris, la pluie.
Pourtant, j'ouvre la fenêtre et le parfum de l'herbe coupée,
mêlé à l'effluve entêtant des lilas,
envahit le bureau.

Des fenêtres de ma chambre,
le spectacle est plus coloré,
d'habitude,
plus terne cette année.
Mais j'aime toujours bien
ouvrir les volets
et me replonge cinq minutes sous la couette
le temps d'avoir l'impression
de me réveiller dans le jardin.
J'aime ce moment,
venu tardivement il est vrai,
où les arbres sont fleuris,
et étalent leurs couleurs crémeuses sur le bleu le blanc glacé d'un ciel si bas.


On ne peut pas dire que je sois top motivée
par le jardin pour l'heure.
Rentrée de mes douze jours de marche,
j'ai retrouvé une jungle,
que j'ai eu le plus grand mal à reprendre en main,
entre un emploi du temps serré,
et la météo pourrie.
Je n'ai taillé l'hortensia qu'hier soir,
et sévèrement,
parce qu'il a bien morflé cet hiver.
J'ai pensé au bleu magnifique qu'il déploiera dans quelques semaines
et ça m'a boostée.
En levant la tête,
j'ai remarqué que les deux cerisiers sont pleins de petites pampilles vertes,
la pluie et le froid ne les ont pas étouffés comme l'an dernier,
c'est déjà ça.

J'ai décidé aussi d'occuper ces trois jours de week-end
(enfin ce qui en restera : je passe aussi ma certification de Français langue seconde mardi matin)
à mettre en place le potager,
comme d'habitude.
D'abord parce que
pour l'instant, je vis ici,
et que j'ai envie que ça continue d'y être vivant justement ;
Je n'ai aucune idée du temps qu'il me faudra pour vendre,
pas question de m'imposer un panorama de bidonville,
dans le cas où le provisoire devrait durer.
Ensuite,
je me dis
que ça peut faire une différence au moment des visites,
un jardin qui donne envie de faire péter le barbecue,
par rapport aux no man's land des maisons inoccupées.

Hier,
j'ai reçu deux autres estimations, à 15 000 euros de plus environ.
Soit elles sont trop optimistes,
soit le premier a sous-estimé pour vendre plus vite.
De toute façon,
je la mettrai dans deux agences,
pas plus,
et je choisirai au feeling,
en fonction du contact avec mes interlocuteurs.
J'aime pas bien les brasseurs de vent
qui imposent un mandat d'exclusivité,
et forcent la main en actionnant le levier de la peur.
Je n'ai pas peur, de toute façon :
j'ai un toit au-dessus de ma tête, et un jardin qui m'apaise.

Je suis aussi passée devant une maison-témoin de Bâtidur,
un constructeur limousin de bonne réputation.
Jusque-là,
j'avais fait une croix sur l'idée d'un pavillon neuf,
je les trouve affreux.
Mais celui-là m'a plu, avec ses lignes contemporaines, ses fenêtres en alu, sa terrasse couverte.
Ce serait un gros investissement d'énergie,
surtout seule,
mais ensuite pas mal d'années de tranquillité.

Pour arbitrer entre fantasme et éventuel projet,
j'ai pris rendez-vous avec la responsable de l'agence locale.
Il se trouve que c'est elle qui m'a vendu ma maison actuelle,
quand elle était commerciale chez celui-là même qui l'estime au prix le plus bas.
Ces raccourcis, ça me plaît.

jeudi 16 mai 2013

Sauvageon

"- Moi madame, j'arrive pas à trouver de boulot.
Dès qu'ils voient mon nom, les gens, ils veulent même pas me voir.
J'l'ai dit au juge, hein, de toutes façon, moi je resterai au chômage toute ma vie.
- Au chômage ?
- Non madame, un sauvage -il ne prononce pas correctement, chuinte les s et les j, équalize les u comme des i, nasalise tous les an/on/in dans le même son- un sauvage vous voyez. Toute ma vie je resterai un délinquant.
- Mais enfin, vous ne pouvez pas dire ça. Vous avez quel âge ?
- Vingt ans.
- Vingt ans, ce n'est rien. Vous n'êtes même pas fini. Vous pouvez changer beaucoup de choses encore.
- Non madame. C'est quoi ce monde, où on ne peut pas être comme on est ?  Les gens, ils ont peur de moi, et moi, ils me font peur aussi. J'aime mieux rester à part, pas me mélanger. On est comme des sauvages de la forêt"
Je me sens touchée par la profondeur de cette phrase "ils ont peur de moi, et moi ils me font peur".
Je n'ai jamais entendu ça de la bouche d'un détenu, et encore moins d'un qui ne sait ni lire, ni écrire.
-  Mais enfin, délinquant toute votre vie, c'est pas un projet ça. Déjà vous serez en état de récidive, vous prendrez des peines de plus en plus lourdes, de plus en plus longues ; ça doit être insupportable d'être enfermé tout le temps, non ?
- Ah ben non. Je suis pas malheureux en prison moi. J'ai du boulot déjà. Et puis, il y a des règles, je les respecte, on me laisse tranquille. Non, franchement, j'aimerais mieux être dehors c'est vrai, mais je suis bien ici. Non, je ne suis pas malheureux en prison. Je m'adapte. Les animaux, ils s'adaptent bien, pourquoi pas nous ?

L'autre proteste : "ah non, moi je suis pas bien, j'ai pas ma femme, mes gosses, ma famille, j'ai besoin de les serrer contre moi." Il dit ça en refermant ses deux bras dans une étreinte câline.
Et c'est vrai que n'est pas la première fois que je remarque ça, cette façon qu'ils ont de manifester leur affection pour leur famille, d'exprimer facilement l'odeur des leurs, la chaleur et le contact qui leur manquent. Ils le font avec des gestes d'enfant, d'une manière presque animale, une sorte d'évidence naïve que beaucoup d'hommes hésiteraient à exprimer ainsi.

Mais le premier, il insiste :
"- Moi j'ai pas encore de femme, alors je m'en fous d'être ici. Vous savez, nous, on voudrait juste un boulot pour vivre. Mais puisque c'est pas possible, ben on se débrouille, et puis on va en prison, c'est comme ça. En plus, moi, j'ai la foi, je crois en Dieu, ça m'aide. Pas la foi de l'église hein, juste la foi. Je crois, c'est tout ; si on a du cœur, du courage, c'est moins difficile."
 Les gitans, c'est vrai, ils sont souvent à part. En détention, comme dans la vie, on ne les mélange pas. On les mets en cellule avec d'autres gitans, et c'est rare qu'ils posent des problèmes. Ils ont leur langue, leurs codes, tournent ensemble à la promenade.
Et finalement, moi aussi j'ai intégré cette singularité : au lieu de les associer à des groupes en fonction de leur niveau, je les appelle ensemble, quitte à gérer l'hétérogénéité. Ils n'aiment pas montrer aux gadjés qu'ils ne savent pas lire, et puis ils aiment bien travailler sur des sujets qui leur parlent, des contes manouches, le planisphère, les pays.
"- C'est quoi ça madame ?
- C'est le Maroc, l'Afrique du Nord. 
- Et l'Espagne, elle est où ? Son compagnon pointe un index vers la péninsule ibérique.
- Lisez moi les noms s'il vous plaît.
- Séville, Barcelone, Bilbao, l'Andalousie, la Catalogne, le Pays-Basque.
- Moi, je veux aller voir ça. L’Espagne. Oui, faut que j'y vais."
Ses yeux brillent.
C'est drôle qu'il soit focalisé comme ça sur l'Espagne.

A force de travailler avec eux,
et de me creuser le ciboulot pour tenter de les intéresser,
j'ai commencé à saisir pas mal de leurs difficultés,
à commencer par le fait que le français ne soit pas leur langue maternelle,
ce qui explique probablement que certains aient autant de mal à apprendre à lire.
Ce n'est pas pour autant que j'ai des solutions.
" - Vous savez madame, moi je viens au cours parce que j'aime bien. Mais j'apprendrai jamais à lire. Je veux vivre à l'ancienne;
- A l'ancienne ? Mais à l'ancienne, ça voudrait dire reprendre la route, aller où il y a du travail. Il y a encore beaucoup de voyageurs qui font ça : ramonage des cheminées l'été, bûcheronnage l'hiver... Mais vous, vous êtes sédentarisés, ça me paraît difficile que vous viviez à l'ancienne, surtout ici où il n'y pas pas de travail.
- Ouai, madame, c'est bien ce que je dis : à part, et à l'ancienne. Pas besoin de savoir lire. Des sauvages de la forêt je vous dis, c'est ce qu'on est."

Longtemps, je me suis figurée que, pour eux, les barreaux, les portes fermées, c'est encore plus insupportable que pour les autres.
Mais je commence à changer d'angle de vue, et à comprendre que la prison peut être intégrée logiquement à un parcours de vie
Qu'ils ont une forme de liberté intérieure, qui leur fait accepter dans une sorte de fatalisme, ce qu'ils ne peuvent pas éviter.
" - Vous savez pourquoi je suis ici ? Parce que je ne me suis pas présenté au contrôle judiciaire.
- Juste pour ça ? Mais vous avez pris cher, cinq mois, c'est beaucoup. 
- Ah, mais ça c'est parce que j'avais un sursis qui est tombé.
- Ok, mais pourquoi vous n'y êtes pas allé au contrôle ?
- J'ai pas le permis, pas de voiture, j'habite loin de tout, je peux pas y aller. Mais franchement, c'est bien comme ça vous savez.
- Je ne comprends pas.
- Ben si, regardez : je fais ma peine, je leur dois plus rien. Je sors : plus de contrôle, plus d'obligation de travailler, que de toute façon je trouve pas de travail. Voilà."

Van Gogh - Les bohémiens

mercredi 15 mai 2013

Lâcher prise et principe de réalité

Si j'étais jeune, je pourrais dire : "Chuis dég."
Si j'étais un mec, je devrais avoir les boules,
ce que Colinetranslator résume en général à :
ça craint !

Je savais que le marché de l'immobilier est à l'étiage.
Sauf que,
dans la Creuse,
il s'est plus qu'effondré.
30 %
au bas mot.

Autrement dit,
ma maison
acquise en 2007 -au plus fort du marché donc-
qui m'est revenue à quelques 180 000 euros.
je peux espérer en tirer 110 000 euros.
Perte sèche : 70 000 euros.

J'ai même pas pleuré,
ça sert à rien,
tout le monde est dans la même situation.
Je dirais même : il y a pire.

Je n'ai pas décidé d'attendre non plus, ça risque de baisser encore davantage.

Je me suis pensée que
nous avons fait un joli bout de chemin ensemble
nous y avons très bien vécu à 5,
mon père a pu y profiter de ses dernières années
sans passer par la case maison de retraite,
j'ai pris goût à tripatouiller la terre du jardin
elle n'est juste plus adaptée à mon mode de vie actuel.

Qu'il y a des pièces dans lesquelles je ne vais jamais.

Que je veux finir ma carrière à l'étranger,
et que je n'y emporterai pas ma maison sur mon dos.

Que les charges sont proportionnelles au volume.

Que l'éboulis que je compte acheter ensuite
sera aussi à un tout petit prix,
sans compter que les taux de crédit également sont au plancher,
ce qui est une conjonction assez exceptionnelle.
Entre les deux,
ce sera location + garde-meubles.

C'est là que je mesure à quel point mon mode de pensée s'est modifié.

Jusqu'à la semaine dernière quasiment,
je me torturais l'esprit à la vue de mon bulletin de salaire qui affiche un montant toujours plus bas.
Comment gagner plus ?
Je suis déjà au taquet.

Et puis là,
j'ai changé d'angle de vue,
et ça m'est apparu comme une évidence :
pas besoin de gagner plus
si je dépense moins :
il me suffit de m'alléger de cette maison dont je n'ai pas vraiment besoin.

Et là
l'équation est très différente.

Ce ne sont pas 70 000 euros de perte.

Ce sont 110 000 euros
moins 50 000 de remboursement de crédit,
soit un capital de 60 000 euros,
une somme que j'étais loin d'imaginer avoir dans mon escarcelle quand j'avais 25 ans
moi qui avais été élevée dans une caisse à savons.

J'ajoute à ça un crédit de 30 000 euros maxi,
à moins de 3% sur 10 ans
et tadam !
ça fait
moins de remboursement d'emprunt,
moins de chauffage,
moins d'électricité,
moins d'impôts locaux,
bref, des charges diminuées de moitié.
On vivra correctement avec mon salaire,
sans stress,
et je pourrai partir en retraite avant d'acheter un déambulateur.

Je ne sais pas s'il y a une faille dans mon raisonnement.
Mais je sais que je me sens toute calme à l'intérieur.




mardi 14 mai 2013

Familles recomposées

Je vous présente :

la grand-mère électrique !


Expression suisse (allemande).
J'apprends plein de trucs,
avec mes élèves.

dimanche 12 mai 2013

Fête anti-crise des mères

Très cher collègue,

Désormais délivrée de la corvée annuelle
du cadeau de fête des mères,
par la grâce de l'enseignement spécialisé,
je te suggère cependant
un cadeau classique certes,
mais néanmoins remis au goût du jour,
pour être bien en phase
avec le contexte morosico-maniaco-dépressif de la crise :

la robe en nouilles
celle que la famille pourra détricoter à partir du 15 du mois
pour la manger.

Si tu manques de temps,
pour mettre en œuvre le concept
dès cette année,
commence déjà par le chapeau spaghettis,
qui est plus simple,
à mon avis.


Édit : inspirée par un com sous le dernier post de Caroline
tant il est vrai que je suis de moins en moins alléchée
par les propositions onéreusement modesques de la blogosphère.

samedi 11 mai 2013

Dommage collatéral : maison à vendre #1

Avant d'attaquer le Camino Frances,
il me reste à franchir ça :



C' est décidé.
Elle pèse trop lourd dans mon sac.
Je ne continue pas avec elle.



Je sais que ce n'est pas le moment,
que l'immobilier est au plus bas.
Mais quand je l'ai achetée,
nous y vivions à cinq,
et nous n'y sommes plus que deux,
même plus pour très longtemps.

Trop de mensualités,
trop d'entretien,
trop de jardin,
trop de ménage,
mes revenus qui ne cessent de diminuer depuis quelques mois,
mes fils pas encore autonomes,
et l'envie d'une vie plus simple.

J'aime les sardines,
mais pas au point de ne manger que ça les dix ans qui viennent.

L'idée aussi de craquer un peu mes économies
pour ce que j'ai vraiment envie de faire : voyager,
le contraire de boucler les fins de mois,
avec les noisettes entreposées chez l'écureuil.
Décider tranquillement,
avant que ça ne devienne urgent.
Vendre si je peux,
et m'offrir quatre murs et un toit plus petits,
à ma mesure.

Je réserve ma décision définitive,
pour la fin de la semaine,
après les deux rendez-vous d'estimation.
Mais ce ne sera qu'une question de date.

Le seul truc qui me gonfle,
c'est l'idée de déménager.
Autant dire que ça me galvanise pour continuer à vider mon sous-sol.

Pour le reste,
j'ai la chance de ne pas être attachée aux biens matériels.

Attachée,
quel vilain mot...



Girly pèlerine

Deux ou trois trucs
indispensables
dans le sac de congélation zippé
qui me sert de trousse de toilette
ou dans la poche extérieure de mon sac à dos, à portée de main (crème Nok et crème solaire) :

Le shampoing solide Lush (55g)
qui sert pour les cheveux, mais aussi le corps et le linge.
Cela dit, cette année, j'avais aussi une poignée de lessive en poudre : ce n'est pas lourd, et ça dépanne bien.
une pierre ponce et une brosse, deux en un ou pas
pour la sauvegarde des pieds





La crème Nok : à utiliser quotidiennement quelques jours avant le départ,
mais aussi quand on marche. C'est une barrière antifrottement : il faut donc en mettre dès que ça chauffe.
Le truc du frère de Noëlle, qui marche très bien : on soigne ses pieds chaque fois qu'on s'arrête pour manger.


 L'huile d'argan : dans un mini-flacon.
- le soir, mélangé à la crème Nok, et au Cicaplast pour les pieds ;
- le soir aussi, après la douche sur tout le corps (à mélanger avec du Cicaplast en cas de coup de soleil) ;
- le soir enfin, avec la crème pour le visage, ou tout seul.
Attention : jamais le matin, c'est photosensible.

Moi j'achète la mienne au litre chez l'épicier marocain du marché,
et je m'en sers toute l'année.


 Les pastilles de dentifrice : léger, léger....



C'est comme l'huile d'argan, j'en ai toujours chez moi, et à plus forte raison quand je pérégrine : le tube est hyper light, on en met très peu,
et c'est hyper efficace.
Irritations, ampoules en cours de cicatrisation, sous un pansement, peau burinée par un coup de soleil,
seul ou en mélange avec la crème de jour, de nuit, et tutti quanti.
(pour lesdites crèmes : des échantillons, très facilement renouvelables en pharmacie)



Visage, cou, décolleté, bras et mains (et pour moi le dessus des pieds) : très difficile de ne pas s'infliger le bronzage dit "de chantier" ou "agricole".
On peut quand même s'efforcer de ne pas brûler en un mois, dix ans de capital soleil : ce serait con de revenir avec un cancer de la peau...
Éviter d'en mettre sur le front, ça pique les yeux quand on transpire,
et avec un chapeau, ce n'est pas la peine (les lunettes de soleil aussi sont inutiles avec un chapeau).

jeudi 9 mai 2013

Chemin de choix


Je n'attends rien de la vie. Je vais à sa rencontre.
Je chemine ainsi vers l'avenir, le possible, l'incertain.

Abdellatif Laâbi
 ***

En marchant vers Saint-Jacques,
je me suis souvent fait cette réflexion sur la typologie des pèlerins :
- les croyants ;
- les qui ont besoin de réfléchir, criseux de milieu de vie ou frappés par un événement difficile ;
- les touristes, qui pensent avoir trouvé le bon plan pour des vacances pas chères.

C'est clair,
j'ai mis mes pas dans la deuxième catégorie.
C'est la mort de mon père l'an dernier, qui m'a fait fermer la maison et chausser mes sandales.
Mais ce ne fut que l'élément déclencheur, puisque l'idée me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà.
Je ne suis pas pressée d'arriver au bout.
Qui est pressé de mourir ?

Je raccourcis, parce que, de mon point de vue,
quand on est une totale mécréante comme moi,
ce chemin reste le symbole de la vie, des épreuves qu'il faut affronter,
des moments de grâce et des rencontres qu'on y fait.
The way you manage your way, the way you manage your life.
Je me suis inventé cet adage.

En dehors de s'étonner que je marche seule (première des questions posées aux femmes)
on me demande souvent ce que ça a changé pour moi.
Je devrais plutôt dire, ce que ça change,
puisque je n'ai pas fini.

La première chose importante que ça modifie,
c'est le rapport à mon corps.
Ce fardeau qui m'insupportait,
lourd,
déformé,
malmené par les régimes successifs,
les reprises de poids, le vieillissement,
je l'ai d'abord remercié chaque soir de m'avoir conduite jusque là.
J'ai commencé avec mes pieds, puis mes jambes,
mes genoux, qui supportent un poids bien trop élevé,
et ces hanches trop larges qui se sont fadées le sac à dos
(que je porte très bas)
sur 250 puis 230 km ;
mes bras qui tenaient les bâtons,
et enfin mon dos, qui peut être si douloureux parfois
et qui s'est toujours tenu droit.
Dans certaines situations,
j'ai vraiment SENTI les " engrenages",
l'air, le sang, les muscles.

C'était dur,
et il avançait quand même.

Je peux dire, véritablement, que désormais,
j'éprouve de la reconnaissance pour ce corps ,
qui a survécu, vaille que vaille,
à tout ce que je lui ai infligé toutes ces années,
et avec lequel je peux encore aligner 25 km de marche,
60 longueurs de piscine, 
ou tout une nuit de danse.
C'est cadeau.


La deuxième chose,
et c'est en lien avec la première,
c'est le rapport à la nourriture.
J'avais déjà décidé,
bien avant,
que jamais, plus jamais,
je ne ferai de régime,
vu que si je n'avais jamais commencé,
je n'en serais certainement pas là aujourd'hui.

Mais sur le chemin, on  ne retourne pas en arrière,
et dans la vie non plus.
En revanche, on doit penser à se ravitailler,
ni trop, parce qu'il faut porter, ni trop peu, parce que c'est dangereux,
boire, un peu avant d'avoir soif,
manger quand on a faim,
ce qui nous fait envie -parce que c'est avec certitude ce dont notre corps a besoin-
et pas au-delà de la satiété,
parce qu'après, il faut se lever et marcher encore.

Je ne me pose pas la question du diététiquement correct :
les sardines sont dans l'huile,
et c'est très bien comme ça.

Le reste du temps,
je ne pense pas à la nourriture.
Je marche,
je respire,
je peine,
je profite,
je parle,
je rigole,
je pleure,
je pense,
parfois aussi,
je compte juste mes pas,
jusqu'à 21,
et je recommence ;
ça c'est dans les montées un peu raides.
Concentrée je suis,
sur un pied devant l'autre,
ça et rien d'autre.
Chez les bouddhistes,
ça s'appelle de la méditation,
la pleine conscience.

Manger quand on a faim,
s'arrêter à la satiété,
ne pas penser à la nourriture toute la journée :
toutes les grosses,
toutes les minces rationnées,
et
tous ceux qui mangent avec leur tête,
et jamais avec leurs sensations
m'auront comprise...


La dernière chose,
mais pour le coup,
elle n'a été que confortée par le chemin,
c'est la manière d'opérer des choix.
Depuis mes 50 ans, et encore plus depuis que j'ai été spectatrice des dernières heures de mon père,
il m'arrive souvent de penser à la mort,
ou à la dégradation du corps qui n'obéit plus.
Entendons-nous bien : ce n'est pas une source d'angoisse.
Parfois,
j'enrage un peu de devoir attendre pour m'expatrier par exemple.
Mais de plus en plus, je tâche voir de me focaliser sur maintenant plutôt que sur avant ou après.
C'est-à-dire que
la plupart du temps,
le petit scarabée que je suis encore,
se contente d'arbitrer sa vie pour ce qu'elle est au présent,
et de trier ses priorités différemment,
comme il trie ses placards et son sous-sol.
Ce n'est pas aisé,
et même, pour l'entourage, c'est assez déroutant.
Sur le plan professionnel,
je ne me lance plus de défis impressionnants,
j'aime juste ce que je fais,
et je savoure cette forme de plaisir.

Sur le plan personnel,
j'ai choisi aussi de marcher seule,
plutôt que d'imposer mon chemin à quelqu'un qui souhaite emprunter une autre voie,
ou de suivre un sentier qui ne me convienne pas.

Ce n'est pas toujours facile.

Mais il me reste tant à apprendre :
presque 900 km de Camino Frances !....








mercredi 8 mai 2013

Demain, il fera beau !

Si, à Embraud, il fera beau.
J'emporte mes bottes quand même...
mais c'est juste pour le bateau !






Si vous avez envie de voir les Chavans (avec des filles dedans qui rament aussi) descendre la Loire,
allez voir là :

Hors du temps



je ne m'en lasse pas





dimanche 5 mai 2013

Cousinade

Tous les deux ans on se retrouve
un week-end de trois jours
- mais là deux seulement -
plein de rires, de musique et d'émotions
(heu... et de trucs très bons, très gras et très sucrés aussi...)
J'aime bien retrouver mes cousines,
parce qu'elles ont mon âge
mes cheveux
et des enfants comme les miens.
J'aime bien mes cousins aussi.
Cette année, c'était dans la Drôme.
5 h aller
5 h retour
on se dit que ce n'est pas raisonnable
et en effet
ça ne l'est pas.
Mais c'est trop bon.

 ***

Cérémonie pleine d'humour
aux couleurs des deux drapeaux
pour ma cousine australienne et sa seconde chance...
Tous les espoirs sont donc permis !







pas de fiesta sans paëlla...
mais ce n'est qu'une miette des tonnes de victuailles
des fois qu'on manquerait...



ça mitraille de tous les côtés...



 flash mob des jeunes...
& night dancefloor



plein de coins nurserie
pour la marmaille


mercredi 1 mai 2013

Sauve qui pieds

Que ce soit pour remplir mon sac
ou pour le choix de mes chaussures,
je n'ai eu qu'à me féliciter 
d'avoir suivi, dès l'an dernier, les conseils de Sylvie.
Oui, je marche en sandales,
pour la bonne raison que je porte une semelle correctrice à gauche
qui fait qu'il y a toujours une chaussure soit trop grande,
soit trop petite.
J'appréhendais notamment les descentes,
qui finissent par traumatiser le gros orteil,
d'un hématome douloureux.

J'ai essayé avec des chaussettes :
pas terrible, ça chauffe.


Décidément, je préfère comme ça :



Même, si les premiers jours,
ma semelle de droite ne tenait pas,
ce qui m'a valu une ampoule alors que je n'en avais pas eu l'an dernier.
Sinon, quand les pieds gonflent avec la chaleur, on desserre un peu les lanières,
et hop !

Le seul souci,
avec les sandales,
ce sont les chemins comme ça :
de boue, d'herbe et d'eau...


Cette fois-ci,
je n'ai pas lutté à tenter d'éviter de me mouiller les pieds :
j'ai déchaussé, et marché pieds nus,
ce qui est un bonheur confinant à l'orgasmique
quand tu sens glisser la boue entre tes orteils.
Et je ne parle pas de la douceur de l'herbe humide contre une voute plantaire échauffée.

Après, ça sèche,
et pis c'est tout.


Quelques précisions quand même :
- la sandale tient quand même moins bien le pied qu'une chaussure, et la boue ça peut glisser : les bâtons sont donc indispensables, sans compter qu'ils réduisent de 30 % l'impact de la marche sur les articulations, et permettent d'équilibrer le mouvement grâce au balancier des bras ;
- il faut des sandales de marche, et surtout pas de lanières de cuir ;
- la prochaine fois, je prendrai quand même des tongs légères pour après la douche. Là j'utilisais des chaussettes, et ce n'est pas terrible ;
- la fameuse crème Nok, il faut en mettre aussi le matin, contrairement à ce que font beaucoup de marcheurs : c'est une véritable barrière anti-échauffement, qu'on peut aussi poser directement sur une ampoule. Perso, j'en ai remis à chaque pause ;
- j'ai aussi dans mon sac une brosse et une pierre ponce - un vieux truc de légionnaire - je m'en sers tous les soirs dans la douche. C'est bon pour tout : hygiène, cal, circulation du sang...
- enfin, en rentrant, les sandales sentent un peu la brebis qui se néglige : je mets tout dans la machine à laver.

Ombres et lumières