dimanche 31 janvier 2016

On est là pour voir le défilé



Une parade à Lafayette, en attendant d'aller à Nouvelle Orléans
Des chars pleuvent toutes sortes d'objets, mais surtout des colliers
Le but c'est d'en attraper le plus possible en criant et en s'agitant à fond les ballons.
Quand le défilé commence, tu n'as plus d'ami c'est chacun pour soi.
Aussi c'est le plaisir
d'attraper soi -même.
Ceux qu'on te donne c'est pas pareil.

Après tu rentres à la maison, tu ne sais plus quoi en faire.
Mais c'est pas grave ..

La grossitude ça n'existe pas #6 King cake party

La période de Mardi - Gras c'est une grosse affaire en Louisiane
On a même un break de 3 jours pour ça la semaine prochaine
(et certaines paroisses toute la semaine).
Le plus difficile c'est de choisir ce qu'on va faire et avec qui.
Il y a des King cake party toutes les semaines, un pot lock autour d'un gâteau tricolore
que j'aime pas mais que j'ai quand même mangé
en évitant les couleurs qui me dégoûtent.
Celui ci avait le goût d'un gros donut.
Le principe c'est que si c'est toi qui trouves le bébé,
tu organises celui de la semaine suivante.
Hier l'heureux élu est resté anonyme....
Ce qui est chouette c'est qu'après s'être gavés de bonnes choses (je valide le guacamole de Dany )
on marche tous ensemble jusqu'à la parade.
Très cool.
Anyway,
tout ça pour en arriver au fait que,
dans un pays dont la nourriture n'est pas le premier atout,
et où une maman a dit à Martine qu'elle payait son fils pour qu'il mange des légumes (vi vi vi....)
j'ai trouvé moyen de perdre 20 kilos
sans régime et sans me poser de questions.
Je pense que je m'en étais assez posé jusque là,
et que ce grand bouleversement qu'est l'expatriation
à fait le reste question habitudes alimentaires.
Par exemple, ce matin, avant la piscine et le hammam
dont je me gave aussi dès que je peux
(tout est plus intense quand on en est privé)
j'ai fait un truc mal, que je reproduis très souvent :
je n'ai pas pris de petit déj.
J'attends que la faim revienne, et après des années de plans alimentaires et de prises de tête caloriques,
pouvoir juste faire comme on le sent,
c'est un confort sans nom.



Pleine de grâce #2

29 janvier
Outdoor pool in the night ( chauffée j'avoue)
hammam
Elle est pas belle la vie du week-end qui commence ?

Ce matin
Martine me fait tirer trois cartes.
À droite, l'exilé...
Oui je suis bien loin de chez moi.
Mais ici aussi je me sens chez moi, surtout depuis que je suis dans mon shotgun.


Au centre la mère nourricière
Celle que les boys appellent un peu gênés désormais,
quand ils ont besoin d'une rallonge.
Mais aussi juste pour s'abreuver de mots doux.
"Tu sais maman, quand tu es partie,
tu ne m'as pas manquée.
Mais quand tu es repartie après les vacances de Noël, là je me suis dit qu'on avait eu trop peu de temps. "
Alors j'ai appelé Air France et j'ai avancé mon retour au 15 juin.
Pis à gauche, l'union d'amour.
Si ce n'est pas vraiment de l'amour c'est quand même d'une infinie tendresse.
Ste Rita ayant rétabli les relations diplomatiques avec la Belgique (trop forte...) Hilly dit que la distance entre nous est un bonus
On a du temps, rien ne presse.


vendredi 29 janvier 2016

Absolutely and definitely bayou # 1

C'est interdit (et très dangereux) de rouler sur la grille en fer de la partie basculante.
Le matin et le soir,
sur le pont,
je mets pied à terre, et je traverse sur le trottoir.
J'aime l'odeur de l'eau,
j'aime les canards, les hérons bleus, les aigrettes, les aigles et les pélicans.

Et j'aime ça


ça un peu moins, mais la propreté n'est pas l'atout majeur de la Louisiane malheureusement...



jeudi 28 janvier 2016

lundi 25 janvier 2016

Absolutely and definitely bayou



Greetings cards

Les Américains ont de la papeterie généralement pourrie,
mais ils ont des cartes de vœux à peu près pour tout.
Anniversaire, condoléances, naissance, mariage bien sûr, mais aussi baby shower,  dire merci, dire qu'on aime un père, une mère, un mari, une femme, un ou une amie, un sibling, souhaiter un prompt rétablissement,
et ...
annoncer une rupture !














Avouez quand même que c'est autrement plus classieux qu'un sms...


Week-end plus size #8 Les Mardi-Gras s'en vient de tout partout...

J'étais après de commencer à pleurer.
Les larmes coulaient déjà.
Le téléphone a chanté, c'était Dan.





Dan, c'est comme Hilly,
il appelle toujours au bon moment.
Mais il est américain.
"- Tu es à Bâton Rouge ?
- Oui
- Tu vas danser ce soir ?
- Oui 
- Je vais venir aussi."

C'est la saison des bals de Mardi-Gras, le bon moment pour reprendre une vie.


Il m'a donné rendez-vous.
J'ai ravalé mes larmes, et j'ai démarré.
Dan est un ami d'une délicatesse et d'une élégance rare.
A lui je peux parler de mon chagrin d'amour.
Et c'est en plus un danseur incroyable.
On a enfilé nos colliers, et on a fait chauffer le plancher.
Ça fait j'ai passé une bonne soirée, et j'ai souri tout le temps, sans me forcer.


Pis j'ai découvert les danses rondes, une tradition devenue rareté,
entre la maraîchine et la bourrée...





vendredi 22 janvier 2016

Pleine de grâce #1



Je veux saluer ici, avec gratitude,  la persévérance du personnel de la maison de retraite de Mainsat dans la Creuse.
J'avais écrit une lettre avant de partir,
et il aura fallu ce temps pour que je puisse enfin,
ce matin,
pendant mon petit déjeuner,
communiquer avec ma mom
(qu'heureusement j'avais entre temps vue à Noël).
Mais l'équipe a réussi à trouver une solution, ce qui n'est pas si évident,
et on a donc un rendez-vous régulier pour se parler et s'envoyer des bisous par delà le grand océan.

mercredi 20 janvier 2016

Ride

Déménagement OK
Révision de la voiture OK
Récupération de sommeil OK.
Je reprends mon vélo...


Donnez-nous notre pain de ce jour

Depuis que j'ai quitté le camp de base,
j'ai retrouvé l'envie de cuisiner.
Dans la grotte, on  n'invitait jamais personne,
c'était d'une tristesse.
Ici c'est différent, surtout depuis que j'ai rencontré Arlette.
Je reprends du début :
après le stage de samedi, Will, un américain très francophile et très musicien, m'a invité à venir à Thibodaux.
Il avait arrangé un rendez-vous avec la bibliothécaire de l'université,
pour voir ça :



Une sorte de vielle à roue,
en réalité une copie de chiffonnie.
Mais dont la plupart des pièces sont en plastique
et surtout dont le chien est bien collé dans la table,
ce qui fait que tu n'as aucune chance de t'en servir correctement.

Cependant ce fut l'occasion d'un moment de partage exceptionnel sur la musique traditionnelle, nos instruments, nos bals,
qui s'est donc terminé par un dîner chez Arlette, une française qui vit ici depuis plus de 30 ans, avec son mari américain, en compagnie de Will et de son épouse qui parle aussi français.
Et elle est chouette Arlette... et sa cuisine aussi.
Elle m'a redonné le goût du pain...
Et j'en ai cuit un hier (en plus de mon granola).



Une belle journée...




Notre père qui êtes aux cieux

C'est ce ciel aussi,
qui te choppe et ne te lâche plus.
Comment résister ?

Week-end plus size # 7 N'oubliez pas les paroles

Samedi j'ai animé mon premier stage en Louisiane,
un atelier intitulé "d'un bord à l'autre",
commandé par l'Atchafalaya national heritage area.

Un pur moment de bonheur.
Sur le thème "Comment les chansons traditionnels ont franchi l'océan",
on a refusé du monde, l'effectif étant limité à 30 personnes,
ce qui est déjà pas mal.



J'ai donné,
mais j'ai beaucoup reçu.
Déjà, pour monter l'atelier, Ashley ma commanditaire,
m'avait envoyé Daniel, un bougre que j'adore et qui a gros à transmettre et partager.
Depuis, j'aime vraiment bien roder avec lui.
Mais là, en plus, il y avait tous ces gens venus de Nouvelle Orléans, Bâton Rouge, Thibodaux, et même du ... grand Texas ! Qui avaient envie d'apprendre,
mais aussi avec lesquels tu fais ton instruction en français local.




Ensuite on a dîné (akka déjeuné) chez Landry, une joyeuse tablée de vingt,
puis on a fait un tour dans le village.
Bien sûr pour moi qui vis ici, tout est normal,
mais finalement, c'est comme en France,
les gens de la ville ne connaissent pas forcément leur campagne.


 les sculptures en bois flotté d'Adam Morales

Vue du pont sur Bayou (gauche) et Lee (droite)  drive

Pis le dimanche,
bah je suis allée au bal du dimanche pardi !
A Vermilion ville, près de Lafayette.



Le grand avec le diato, c'est Zydeco Joe.
93 ans.
Quand je vous dis que la musique ça conserve...

Pleine de grâce

"T'es parée ?"
Ils ont amarré le butin dans le truck et l'ont apporté éyou que je reste.
Voilà comment j'ai désormais une table et des chaises.


Bien sûr ils sont américains, et ça compte dans leur culture.
Mais les cadjins, comme tous les peuples malmenés, ont une sorte de mémoire atavique du déracinement.
Et ils font tout pour t'aider.
Ils ont le cœur grand comme leur ciel, ça fait tu ne te sens pas seule.
Ajoute à ça la gentillesse et le soutien de mes deux collègues belges, qui restent ici depuis fort longtemps,
et tu comprendras que le blues du retour ne soit plus qu'un souvenir,
dans ma maison pleine de fenêtres


où pour la première fois depuis six mois,
je me sens vraiment à ma place, à la maison.
Peut-être à cause de la vue sur vaches ?




mardi 12 janvier 2016

La petite flamme bleue

Panne de batterie ce matin .
Démarrage aux cosses avec mon voisin proprio.
J'ai précisé que bien qu'habituée à la campagne,
je trouvais le chauffage un peu insuffisant..
En rentrant ce soir,
j'ai vu qu'il avait isolé la surélévation avec des rôles,  mais surtout en poussant la porte, j'ai vu ça :


Classique chauffage à gaz des shotguns..
Jolie flamme bleue et douce chaleur..


Pis j'adore la cuisine,
et surtout la générosité de tous ceux qui m'ont prêté ou donné une table, des casseroles, de la vaisselle...

Mais là faut que je bosse.

lundi 11 janvier 2016

Je vous salue Marie...

Et sainte Rita aussi ...

Aujourd'hui j'ai chanté là



Cathédrale de Bâton Rouge
Jésus c'est toi le pain rompu
pendant la communion de la messe internationale célébrée par l'évêque himself.
Bilan : un chèque de ... 150 dollars.
Vi, pour une chanson.
Comme quoi la vie peut être bien faite,
puisqu'hier en prenant congé de mon propriétaire
j'ai eu la mauvaise surprise de me voir retenir le dépôt de garantie de 400 dollars...
C'était pas prévu comme ça et ça m'a un peu gonflée.
Pareil pour les charges : il me paraissait juste d'en régler deux mois et demi sur 5 et j'avais laissé un acompte pour ça, mais j'ai pas revu la différence avec le montant réel.
Anyway, laissons les coeurs amers se raidir en contexte monétaire et tournons la page.
Arrivée dans mon shotgun, hier.
Il manque plein de meubles,
et c'est roots notamment question chauffage
mais je m'y sens super bien et j'ai même du plaisir à en prendre possession ...

 Vue d'en avant depuis la porte en arrière
Une enfilade et trois petites pièces sur le côté.
 La lueur des bougies
Une suggestion de Martine

Premier réveil sur Bayou drive.


Dans la salle de bains  un savon ange offert par Franzousky
  (et dans ma chambre un livre offert par le kid)
Après la messe je suis allée rodailler avec Daniel, 
pis apporter son cadeau à Amélie.
Retour au nouveau camp de base avec le sourire, 
surtout que - allez je vous le dis -grâce à notre nouveau sponsor AT&T  on s'est parlés hier, lui et moi. Et c'était bien.
 Paraît que demain il va glacer (-1 degré, alerte froid extrême...) mais dans mon coeur il ne fait pas froid et il ne pleut plus.
Je crois bien que vous y êtes aussi pour beaucoup.


mercredi 6 janvier 2016

Cafarday


Me voilà donc presque back home,
transbordée à Lafayette une vingtaine d'heure après avoir quitté l'hôtel de la zone aéroportuaire
dans un petit matin encore noir .
Toute la journée j'ai poursuivi le soleil,
avant de me jeter dans les bras de Martine.
Maintenant, après la table de français du déjeinet chez Dwyers, je suis après naviguer vers le bayou dans mon gros char , avec des pointillés pour régler quelques formalités.
Je dois encore préparer la classe pour demain, aller voir le propriétaire et tâcher voir d'arrêter de pleurer.
J'ai la gorge serrée.
Le cafard ça s'appelle.
Angèle me dit que c'est normal,  ça lui fait tout pareil aussi, même si elle est ici en famille.
La bonne nouvelle c'est que ça va passer.
Des bises, je plonge.


lundi 4 janvier 2016

Fly back road


La route défile de la pluie battante au ciel bleu.
Les kilomètres avalés, mais cette fois-ci, ce n'est pas moi qui conduis.
Les morceaux défilent aussi, la musique occupe l'espace autour de nous.
Entre nous, ça c'est comme creusé un peu, une sorte de distance affectueuse et sans retour.
Parfois, les larmes me viennent, mais il ne les voit pas.
Ce n'est pas du chagrin, juste une profonde émotion. Quelque chose de l'ordre de la gratitude.
Demain, la parenthèse ouverte cet été se refermera doucement,
et nos chemins se sépareront de nouveau.

Je crois pour de bon cette fois.

Je n'ai pas envie de changer un mot de ma lettre du bout du coeur.
Ce n'est pas comme si on allait se revoir.
Ce n'est pas non plus comme si on ne s'était jamais connus.
C'est l'attraction d'une rencontre,
l'émotion de se laisser approcher,
les surprises du temps des accordailles,
les bonnes et celles qui te refroidissent un peu,
la légèreté d'une bulle,
l'insouciance d'un bout de chemin sans but précis.
Du bonheur sans arrière-pensée.
Un de ces cadeaux inattendus que la vie t'accorde quand tu es chanceux.

Jour de pluie

Un jour de froid et de pluie
à quelques heures de refermer la parenthèse.
Un jour qui n'a envie ni d'être enfermé, ni d'être tout trempe.

Un jour pour revoir la cathédrale saint Etienne
d'où j'étais partie il y a trois ans et demi...



St Jacques, merci d'avoir guidé mes pas jusque là...

Prière à Ste Rita...

Au musée des Beaux-Arts de Limoges
(gratuit le premier dimanche du mois)
la découverte d'Elie Lascaux.


Et dans les collections permanentes,
l'image émouvante des gisants dits du Bon mariage (14ème siècle).
Elle meurt sur le chemin de St Jacques,
est ensevelie à l'abbaye St Martin de Limoges.
Il poursuit son pèlerinage et revient mourir de chagrin là où elle repose.
Au moment de l'inhumer auprès de sa douce, elle se pousse pour l'accueillir à ses côtés.
Elle a la main posée sur son cœur...

Demain je reviens back dans ma douce Louisiane.
Mais je n'oublie pas ma douce France.

samedi 2 janvier 2016

D'une année à l'autre

D'une année à l'autre,
il y a la rivière Allier, 





les amis




les bonnes choses à manger,




et la musique,
bien sûr...