samedi 14 mai 2022

Le jugement de Pâris


 En visionnant ce reportage j'ai pensé : L'Ukraine ? Un confetti jusqu'ici dévoré par la corruption, sous couvert de nationalisme. Rien d'autre que la pomme de Pâris d'une guerre de Troie qui voit s'affronter deux hydres capitalistes.

D'une certaine manière, les fortunes obscènes dominantes occidentales, tout aussi écœurantes, en deviendraient.. acceptables.
Propres.
Certes, moins 250 milliards €, en deux mois, c'est la perte essuyée par les grandes fortunes russes.
Sans aucun effet sur les décisions du Kremlin.
Néanmoins, j'attends avec impatience le jour où "une centaine d'agents de Bercy" travailleront à temps complet sur le financement des biens, le "mélange argent public et entreprise privée" , le "recours à des prête-noms pour s'abriter derrière des montages complexes", ainsi que l'appropriation ses espaces publics littoraux de nos oligarques français.
Pendant que l'on regarde à l'est,
🤔 qui finance la chasse aux yachts de l'ex-agent de la CIA ?

Vous reprendrez bien un peu de laïcité ?


 

On s'est fait la malle

 Récemment équipé d'une malle Campinambulle, fabriquée au sud de mon département, Berlingo chéri avait hâte de prendre la route.

En attendant notre road trip en Toscane, nous sommes donc partis le tester à une heure et demi de chez nous, sur la presqu'île de Crozon, qu'aucun de nous n'avait déjà exploré. Elle est parcourue, le long des côtes découpées, par le GR34, et la pointe nord fait face à la rade de Brest. 




On a beaucoup aimé.

La malle comprend une couchette, dotée d'un matelas pliable en 3 parties de l'atelier de Morphée. Confort impeccable, surtout vu le prix.

Nous avons aussi deux oreillers Action, en fibres de bambou, de 40x 60 (8.95€ pièce), ainsi qu'un auvent Wing / Vaude de hayon.
J'ai enfin deux déflecteurs sur mes vitres avant, qui me permettent de les laisser entrouvertes, même s'il pleut. C'est mieux contre la condensation. Pas encore de rideaux, je coince des paréos dans les fenêtres, et on complète avec notre habituel pare-soleil de pare-brise.
En dehors de la magnificence des lieux, nous avons apprécié le couchage, la cuisine de plein air, la douche sous l'auvent.



Sur deux jours, il nous a manqué notre habituelle glacière électrique (Lidl...), trop haute pour passer sous la couchette. (Nous n'avons pas le budget pour un frigo plat). Pour la Bretagne au printemps ça passe, pour l'Italie en juin, il faudra trouver une solution.
Il nous manque encore de petits ustensiles, un grille-pain pour le gaz par exemple, petit miroir pour le rasage de monsieur, crochets magnétiques caoutchoutés, mais on était pas mal.
A propos du gaz, énormes différences de prix (6 à 10 euros) sur la 907. Les moins chers : brico dépôt (52 €) et Leclerc (55 €) On a fait le choix de ne pas en avoir d'avance.
Petite erreur d'appréciation, on n'était pas tout à fait à plat... on n'avait pas de cales, il était tard, et on avait déjà monté l'auvent. Donc, on a dormi à l'inverse de nos habitudes, et surtout coincé la tiroir de cuisine, qui ne restait pas ouvert.
J'ai une cuvette pliante achetée chez Lidl l'an dernier, ainsi qu'une autre normale pour la vaisselle.
Pour l'eau, j'ai deux bidons gratuits de 5 L (qui contenait du vinaigre et de l'eau distillée). C'est un bon choix : plus facile à entreposer, moins lourd à porter. Cependant il nous faut un autre bidon de 5 L, avec un large goulot, plus pratique qu'une cuvette pour la douche. En attendant une bouteille coupée peut faire l'affaire.
Ravitaillement aux cimetières.
Nous avions pris nos sacs de couchage, mais la prochaine fois on aura une couette. C'est plus sympa.
Quant au choix du lieu, je ne recommande pas trop Park4night. Tout le monde l'a, et les lieux proposés sont blindés de camping cars en rang d'oignon, même hors saison. Une bonne carte IGN, ou tout simplement google maps par satellite, permet de repérer des chemins sympas. Alors ça aussi beaucoup de gens l'utilisent, mais ce n'est pas tout le monde qui se lance.
Nous avons dormi plage du Lostmarc'h, vers la pointe de la Chèvre.



L'avantage de la voiture c'est qu'on passe sous les portiques. Ensuite, au parking du bas, il y a des groupes de surfeurs, mais aussi un tas de recoins herbeux où se poser. Certains sont barrés, et je comprends, car, hélas, on trouve toujours des détritus. Je ne comprends pas les gens qui laissent leur PQ et le reste. Si un chat est capable d'enterrer ses popos, on doit pouvoir le faire aussi, et ramener les papiers dans une poubelle.
Dîner et petits déjeuners somptueux dans ces paysages magiques.



On a hâte pour l'Italie, même si on sait qu'on doit se préparer à probablement aller en camping.
Voilà !
Si vous avez des questions, des suggestions...

jeudi 21 avril 2022

Pour le plaisir

C'est drôle, moi qui avais rabâché sans cesse à mes fils qu'ils devaient apprendre à repasser eux-mêmes leurs chemises,
à moins d'envisager de s'acheter une bonne indonésienne,
je me suis aperçue que j'éprouve une forme de joie à défroisser et plier le linge de mon homme.

Je n'aurai pas pensé écrire cela un jour.
Mais c'est justement parce qu'il y a une naturelle réciprocité dans les services rendus, 
et aussi parce que l'on sait le plaisir procuré à l'autre par de petites attentions, que certaines corvées s'accomplissent dans la légèreté et même avec beaucoup d'amour. 

Je voulais partager cette réflexion, nouvelle pour moi.
Je connaissais la valeur du temps accordé.
Je découvre celle des petits bonheurs simples du quotidien.

Parce que le monde bouge

 Le Kid ne va pas fort.

Recruté en alternance, pour son master, il tombe de haut, à l'issue d'une licence accompagnée par deux employeurs chez qui il n'avait eu que des éloges.

Il y a un delta énorme entre le discours à l'embauche d'employeurs pressés de percevoir les aides à l'apprentissage, et les missions réelles dans les deux agences où il répartit son temps.

Un temps très long, il y a très peu à faire, à 9.15 la journée est bouclée. Si le directeur est présent, toute l'équipe, friande de pauses en journée, reste jusqu'à 19.00. S'il est absent, à 18.30 l'agence ferme, à 18.34 la grille est fermée et les employés dans leur voiture. Le cauchemar pour un apprenti à qui l'on a fait miroiter de nouvelles compétences à construire, pour le persuader de choisir cette banque plutôt qu'une autre, lorsqu'il avait le choix.

Mais le pire, c'est d'aller travailler la boule au ventre, au sein de deux équipes qui se connaissent et se complaisent dans une forme de maltraitance, considérée comme normale concernant les stagiaires et les apprentis.

Vantardises sur le sort fait à un jeune prédécesseur, provocations diverses -le Kid est boxeur, allons voir s'il sortira de ses gonds...-, insultes sous couvert d'humour. Jugez-en plutôt : "Tu ne veux pas de viennoiseries ? Va te faire enculer !" Si le jeune s'offusque de ces propos à tout le moins peu professionnels, c'est lui qui a l'esprit mal tourné. Il faut savoir accepter, c'est l'usage. Surtout si, troublé, on a un peu perdu ses moyens et commis quelques erreurs, même tout à fait bégnines voire totalement normales dans le cadre d'une formation professionnelle.

Et surtout ne pas faire de vagues.

Personnellement, je ne vois pas en quoi les erreurs d'un apprenti justifierait le mépris, l'insulte, et l'humiliation. Je savais que cela existait hélas dans la restauration et le bâtiment. Je ne m'attendais pas à ce qu'il en soit de même dans une banque qui affiche des valeurs de "solidarité et d'égalité, valeurs qui seraient inculqués" à tous ses salariés. En même temps, les mots "confiance" et "banque" dans la même phrase, comment dire, ça ressemble à du blanchiment social.  

Je me sens triste pour lui, et fière aussi. Après une conversation avec moi, il a réalisé que tout cela tombe en fait sous le coup de la loi. Certes, il ne reste plus grand chose du code du Travail, mais ce sont des faits constitutifs de harcèlement.

C'est ce qu'il a écrit dans une lettre à la DRH, pour demander à changer d'agence, voire d'entreprise.

Le directeur de son école, très compréhensif, lui a assuré qu'il n'y aurait aucun problème à terminer son master dans une autre société. Mais lui a bien demandé de ne pas faire d'histoire, de ne pas envoyer cette lettre. 

Le Kid a un peu atermoyé, dans une tension très déprimante. Je lui ai fait remarquer que le seul remède, c'est l'action. Nous vivons dans un pays d'écrit. Les faits, le droit, tout le reste n'est que polémique. La lettre, finalement, est partie. 

Il attend dorénavant une rupture conventionnelle, quelques mois de chômage, à la recherche d'un établissement aux meilleures pratiques.

Désolant.




dimanche 17 avril 2022

Un beau dimanche de Pâques

 Une messe partagée.

Un déjeuner de soleil, le premier au jardin.



Un peu de terre, de foin, de désherbage et de plantation.

Six betteraves et quatre capucines.

Tout recouvrir. Il fait si sec déjà.

Puis prendre la route pour aller voir Franzouski, Maiiouchka et Vania. 

Il conduit.

Je le regarde.

Ma jambe emmaillotée d'une opération bégnine vendredi.

Je vous souhaite un beau week-end de Pâques !


mardi 12 avril 2022

Keeping in moving

 


Tu vois cette statue ? C'est le bouddha couché de la pagode de Noyant d'Allier (03), un petit village qui a accueilli, dans les anciennes maisons des mineurs, les rapatriés d'Indochine en 1955.


J'aime beaucoup cette statue, car elle représente le Bouddha âgé de 80 ans, attendant son passage, souriant et paisible, à l'issue d'une vie pleine et utile.

Je me figure que, quand mon heure viendra, j'aspirerai moi aussi paisiblement à quitter un corps devenu trop vieux pour me permettre encore de rester en mouvement.

Mouvement de l'esprit, j'apprends le russe, j'écris pour quelques clients en attendant ma retraite automnale et le temps d'écrire pour moi-même ; mouvement du corps, qui se lève toujours pour marcher, pédaler, danser, aimer, nager. Mais avec un partenaire exceptionnel : mouvement de l'âme, qui nous tire tous les deux vers le haut.

Voici plusieurs semaines que j'ai délaissé ce blog. Clairement, j'ai d'autres priorités qu'un suivi quotidien. Mais il me reste l'envie de partager encore quelques émotions avec vous.

Qu'ai-je donc fait tout ce temps ? J'ai chanté oui, ici et là, avec beaucoup de plaisir. 

Photo Le Télégramme

Aux Brandons nous avons retrouvé la joie de préparer une fête ensemble, et je me suis sentie fière de voir mon amour passer le feu.

Photo Patricia Bouffard

J'ai travaillé un peu, en attendant ma retraite, qui n'arrive qu'en novembre.

Et j'ai commencé à explorer la Bretagne, où j'envisage de m'installer.

Saint Goustan


Guidel

Quimper

Poul Fetan

Sauf que les prix, au secours, nous interdisent tout projet de type  "nouvelle maison, nouveau départ".

Le petit plain pied, avec sa véranda cosy, son modeste jardin à cultiver et les commodités à proximité , ne restera-t-il qu'un rêve, évanoui dans la bulle immobilière hallucinante de la crise sanitaire ? Il faut jouer avec les cartes que l'on reçoit. Et j'ai une bonne main.

Deuxième sujet de déception, l'annulation du grand voyage que je voulais entreprendre en juin, en Russie.

Je devais acheter les tickets le jour où Poutine a décidé d'envahir l'Ukraine. Un moindre mal au regard de la terrible situation des Ukrainiens. Cela étant, bien que j'aie le cœur serré devant ce désastre et le sort des populations jetées sur les routes, je reste aussi très agacée par l'engouement magique, et parfois déplacé, qui a relégué l'épidémie de covid aux oubliettes, pour la remplacer par du folklore jaune et bleu, de l'argent et des logements qui sortent de nulle part.


 Apothéose ce dimanche, avec les élections.


Et deux belles rayures profondes sur la carrosserie de mon véhicule neuf, pendant le va et vient aux urnes.


Dimanche prochain il faudra choisir entre la peste et le choléra.
Heureusement j'ai donné procuration à un ami, car je serai de nouveau partie danser.
Loin.

Et pourtant, j'ai le cœur joyeux.
Joyeux de rester en mouvement !