mercredi 7 septembre 2022

Retrouver notre rivière

 Mercredi 7

Allier Adieux Jour 5
de pluie, d'herbe tendre et de ripisylve.
On quitte Châtel-de-Neuvre,


en longeant la rivière,



qui s'étire en courbes majestueuses.


Il faut refaire le chemin inverse de la veille, quand nous avions fuit le camping de l'horreur...

Ravitaillement à Monétay-sur-Allier, où la mairie s'investit sur ce GR jacquaire, en restaurant le presbytère pour ouvrir un accueil.



L'épicier, originaire de St Jean Pied de Port, nous dégotte du pain.
Une heure plus tard, sous un ciel menaçant, on cherche un abri pour déjeuner, vertement tancés par une dame surgie de son pavillon avec son chien.
Qui nous invite sous son auvent...
C'est que Martine a du chagrin.
Alors après notre casse-croute, on se laisse offrir un café (j'aime pas trop le café...) le temps qu'elle nous confie sa peine.
Je ne le sais pas encore, mais, quelques jours plus tard, à l'arrivée Clermontoise, je penserai fort à elle qui ne connaît même pas ses petites filles (qui vivent dans le même village qu'elle).
Puis c'est Verneuil-en-Bourbonnais,







avant la chambre d'hôte de Jeannine, dont le jardin de cocagne s'épanouit 2 km avant Saulcet.


C'est à l'écart du chemin, on se perd, encore des pas en trop.
Nous passerons une bonne soirée. Généreuse, notre hôtesse nous offre le repas, simple et bon.
Elle s'intéresse à des milliers de choses, les plante, les gens...
Le lendemain matin, elle fera, hélas, une réflexion très outrancière et sans nuance, sur le sort des non vaccinés contre le Covid, qui gâchera un peu l'image que nous nous étions faite, mais que je ne relèverai pas.
Je lui dirai juste : "Daniel est vacciné, mais pas moi."






mardi 6 septembre 2022

Entre vigne et rivière

 Mardi 6

Allier Adieux jour 4
Revigorés par la gentillesse de notre hôtesse, et une belle nuit de sommeil, on plie la tente...
mouillée !
Le paysage change, au rythme des canons affolants d'étourneaux.
C'est toujours de l'élevage, mais on entre dans le vignoble Saint Pourcinois, en devinant la rivière au loin.




Le baliseur a dû se faire plaisir à rallonger inutilement le parcours, sur encore plus de bitume...
Du coup, il a oublié quelques croisées de chemin.
Ravitaillement eau chez Rando-bylette...
Et échouage à Châtel de Neuvre, dans un camping de l'horreur, en bord d'Allier pourtant (la Courtine, fuyez...). Rubalise partout, sécurité nulle part.
Hélas, je n'avais pas vu les avis Google, en allemand dithyrambiques (le propriétaire est allemand...), on se demande s'ils sont réels. Les photos parlent d'elles-mêmes. Broussailles envahissantes, rien pour s'asseoir, sanitaires douteux.
Sous couvert de concept "nature" inutile (car un peut camper directement à la rivière...), l'endroit est juste... beurk !
Nous nous sentons très inconfortables.
Notre rivière porte conseil.
On recule, exceptionnellement, d'1km5, sur le sentier du val d'Allier, pour s'installer dans un confort qu'on avait oublié, dans une bulle en bois, avec un vrai lit, chez le concurrent.





lundi 5 septembre 2022

Le jour du découragement

 Lundi 5

Allier Adieux Jour 3
Le jour du découragement.
On avale en rigolant St Menoux-Souvigny., sur des chemins doux au pied, dans un paysage encore familier.






A Souvigny, il est encore trop tôt pour boucler la journée.
On trouve le seul bistrot ouvert pour déjeuner.
Prochaine étape, Châtel de Neuvre, 29 km.
Trop loin.
On se lance, on plantera la tente à mi-route.
Il faut absolument traverser la forêt des Moladiers.
Elle s'étire en longueur, interminables routes forestières dures au pied.
À la sortie, impossible de s'installer nulle part.

"Vous ne planterez pas votre tente sur mon domaine, et il est grand !"

On essuie des refus définitifs,
on échoue in extremis, avant la la nuit, avant la pluie, chez Claire, maire de Chemilly, qui nous ouvre sa porte et son jardin.
Le lendemain, elle nous prépare café et thé.
On reprend foi.






dimanche 4 septembre 2022

Premier refuge

 Dimanche 4

Allier Adieux Jour 2
On retrouve nos chères rues creuses.
Fouler l'herbe douce aux pieds, entre chênes et bouchures.


Détour.
Le balisage n'est pas toujours à la hauteur d'un GR.
Couzon
Agonges


Sur la liste officielle, pas d'hébergement accessible.
Nous avions demandé à poser la tente au Château de Cluros, qui se trouve sur la liste officielle, avec des chambres à... 100 euros !
Le propriétaire avait dit oui.


Grosse déception à l'arrivée. Nous n'attendions pas qu'ils nous mette en façade ou nous offre un lit.
Mais tout de même, un champ avec une herbe mouillée de 50 cm, à cinquante mètres d'un tuyau dans le mur pour l'eau. On ne pourra pas se laver, ni même préparer à manger.
Alors on pousse plus loin.
Le petit hôtel local ne veut pas louer de chambre le dimanche soir...
Pas de ravitaillement non plus, mais nous avons des provisions.

Alors Cc soir on dormira au cul de l'église de St Menoux, après y avoir rechargé nos portables.



Derrière le mur, la débredinoire....
On se sent protégés et heureux.



La pluie éclate au petit matin, nous sommes à l'abri.
Au réveil, tout est sec.
Et nous prendrons un délicieux petit déjeuner, à la Panetière, excellente boulangerie bio.




samedi 3 septembre 2022

Se remettre en chemin

 Il en rêvait, marcher à deux.

J'avais encore sur le cœur d'avoir dû renoncer à un grand projet de traversée. J'avais même revendu ma tente ultra légère d'une seule place. Alors j 'ai dit d'accord. 

Même si j'ai mal aux pieds maintenant, et que c'est plus dur, j'ai ressorti mon sac. Les rêves, faut pas trop les faire attendre. Encore moins s'ils sont multipliés par 2.


J'aurais voulu avoir le temps de vous raconter un peu mon été,

les festivals


les aller retour en Bretagne


Le stage de chants russes (et urkrainiens, pas de panique ...) dans les Cévennes,




Mais j'ai pas le temps, on part.
Je vous biche et à bientôt !





mardi 19 juillet 2022

Synchronicités

Nous sommes de retour du festival Le Son Continu, où nous étions bénévoles après deux ans de parenthèse sanitaire.


La vie prend des détours, rien ne sert de forcer, mais parfois le destin ne tient qu'à un fil ténu.

Comment savoir si c'est le bon moment ?
Je viens de recroiser, dans un festival, un danseur lozérien, qui avait attiré mon attention, lors d'un bal dans le Tarn (loin de chez moi) en août 2020, entre deux confinements.

Très agréable, à l'époque il m'avait dit m'avoir remarquée, dans ce même festival où nous nous recroisons, car j'y avais chanté.

Nous nous étions quittés au petit matin, chacun de son côté, sans échanger de numéro de téléphone. Et, chose étrange, je ne l'avais jamais revu avant cette semaine.



Il se souvenait très bien de moi, et s'est montré souriant de me retrouver.
Sauf que j'ai un compagnon, que j'adore, et que je lui ai présenté. Il n'a pas pu cacher son air dépité.
Nous nous sommes toutefois offert une petite valse. En dansant je lui explique, parce que cela m'est venu spontanément, qu'il avait beaucoup compté à ce moment. J'avais une relation peu satisfaisante avec un homme qui n'était jamais là.
Ce bal, ce fut la première fois où je m'étais dit, à cause de sa manière de danser :"tiens, voici un homme qui pourrait me plaire". Et c'est en repensant à cette rencontre, absolument sans lendemain, que, quatre mois plus tard, j'avais trouvé la ressource de rompre. Parce que je SAVAIS qu'il y a des hommes bien et libres.
La valse s'est terminée.


Et il a eu cette phrase : "pour moi aussi ça a été important, mais on était trop loin l'un de l'autre" et il m'a serrée dans ses bras.
Alors voilà,


Extrait d'une série de BD "Le jour où..."

1. Aujourd'hui j'ai le meilleur partenaire de toute ma vie. Nous avons entamé notre relation alors que nous vivions à 6 heures de route...mais lui, il a ouvert la porte vers un chemin possible, quand l'autre était passé devant sans l'ouvrir.




Quand les plans de l'univers nous transportent d'une terre à l'autre.
Ici un fest deiz morbihannais.
Au Son Continu, nous étions avec une bénévole de mon futur village. 
Un premier contact amical, un nouvel hasard heureux.

2. Que ce serait-il passé si moi, j'avais ouvert la porte en demandant son téléphone ?
3. Pourquoi ne l'ai-je pas fait ?
Sûrement parce que ce n'était pas le plan de l'univers pour moi (merci l'univers...).
Un petit crush ouvre un tas de possibles. Pas forcément amoureux.
C'était juste comme...un point à la fin de l'épilogue d'un livre déjà refermé depuis longtemps.

Edit de juin 2026
Avec le recul, je n'interprète pas les choses de la même façon.  Cet homme était juste. Avec moi, et avec lui-même. Je ne réalise que maintenant que cette porte, il ne l'a pas ouverte en ne pensant qu'à lui-même. Contrairement à Ouin Ouin ou au Roi des Cajuns...