Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
mercredi 1 mai 2013
Icônes
En quittant l'Abbaye du Rivet
quelque part sur le chemin...
Ancienne église d'Auros...
En quittant Bazas (Saint-Martin)
Madeleine, à Mont-de-Marsan
???
d'Ostabat à Saint-Jean-Pied-de-Port
A Soyarce,
une vierge à l'enfant sous plexiglas...
???
A l'entrée de Labastide-de-Chalosse
croix de Lissandre
Les figures les plus courantes,
après Notre-Dame,
ce sont les saintes Thérèse et Bernadette...
Bernadette, c'est la locale de l'étape,
mais Ste Thérèse, je ne sais pas pourquoi..
Toujours est-il que certaines représentations me touchent
alors que d'autres pas du tout.
dimanche 28 avril 2013
La main tendue, le cœur ouvert
Longtemps j'ai cru qu'il ne fallait rien attendre de personne.
Quand j'écris longtemps, ça veut dire l'essentiel de ma vie.
De mon enfance,
de ce père qui ne disait rien à personne de notre détresse,
tout en se désolant intérieurement de notre solitude,
j'avais cru apprendre qu'il est préférable de se débrouiller seul.
La facture est salée,
un sentiment d'abandon permanent,
l'impression terrible de ne pouvoir compter que sur soi-même,
d'être seule au monde.
En un sens,
ça forge le caractère.
Mais encore aujourd'hui,
j'ai beaucoup de mal à demander de l'aide,
et encore plus à l'accepter.
C'est pourquoi l'amitié impromptue m'est un cadeau somptueux,
sur lequel je ne me pose plus guère de question :
je l'accepte et c'est tout.
Il y a eu,
ces dernières années,
via ce blog notamment,
des rencontres extraordinaires,
des soutiens inattendus,
des voiles levés entre l'ombre et la lumière.
Du coup, quand Mamina - une lectrice de ce blog- m'avait proposé,
pour mon premier périple déjà,
d'être là en cas de besoin,
ça ne m'a pas paru étrange.
J'ai soigneusement noté son numéro,
mais je ne m'en suis pas servi.
Elle a réitéré sa proposition pour ce deuxième tronçon,
et comme finalement je ne me suis pas arrêtée à Orthez,
ça aurait pu encore être partie remise.
Mais elle est venue à ma rencontre à Sauveterre,
juste pour un moment au soleil et quelques mots autour d'un verre,
tant il est vrai que les soirées pérégrines sont essentiellement axées autour des trois préoccupations vespérales quotidiennes : la douche, manger, dormir.
Une surprise dont je me souviendrai toujours.
A Saint-Jean-Pied de Port,
elle était là aussi,
et si j'ai pu rentrer chez moi dès le samedi après-midi,
c'est grâce aux kilomètres qu'elle a avalés pour venir me chercher,
à l'asile dans sa maison,
la soirée douce,
et le lever aux aurores pour me conduire à la gare.
Elle a dit :
"Toi tu ne me connais pas,
alors que moi je te connais, à cause du blog."
Mais en vrai,
ça ne faisait aucune différence.
Moi je dis,
les miracles d'internet,
faut les prendre comme ils viennent.
Il y a eu aussi Michel,
à peine croisé sur le chemin,
qui m'a laissé son numéro,
au cas où je me retrouverai en rade à St Jean.
Et que dire de Noëlle,
qui marchait comme elle respirait,
depuis Vézelay,
depuis début mars,
depuis 900 km,
avec fureur parfois ?
Noëlle n'a pas seulement inventé le sandwich à la sardine avec un œuf mollet dessus,
et le tractage de Coline à flanc de montagne.
Noëlle, elle a grimpé la dernière côte d'Ostabat pour aller faire les courses à l'épicerie du village,
et quand je suis arrivée fourbue,
prête à me jeter sur le lit sans dîner,
elle a déballé une boîte de petit salé aux lentilles qu'elle a mélangé avec des coquillettes,
et je peux vous dire que c'était chaud, bon et réconfortant.
Noëlle, elle n'a pas fait de grandes études,
mais à la distribution de cervelle, elle avait pris une grande gamelle
elle parle cash
et parfois ça coince.
Elle est drôle, belle et courageuse,
elle ne fait pas de tralala,
et surtout, elle était là pour moi.
Moi je dis,
les miracle du chemin,
faut les prendre comme ils viennent aussi.
La main tendue, le cœur ouvert.
Quand j'écris longtemps, ça veut dire l'essentiel de ma vie.
De mon enfance,
de ce père qui ne disait rien à personne de notre détresse,
tout en se désolant intérieurement de notre solitude,
j'avais cru apprendre qu'il est préférable de se débrouiller seul.
La facture est salée,
un sentiment d'abandon permanent,
l'impression terrible de ne pouvoir compter que sur soi-même,
d'être seule au monde.
En un sens,
ça forge le caractère.
Mais encore aujourd'hui,
j'ai beaucoup de mal à demander de l'aide,
et encore plus à l'accepter.
C'est pourquoi l'amitié impromptue m'est un cadeau somptueux,
sur lequel je ne me pose plus guère de question :
je l'accepte et c'est tout.
Il y a eu,
ces dernières années,
via ce blog notamment,
des rencontres extraordinaires,
des soutiens inattendus,
des voiles levés entre l'ombre et la lumière.
Du coup, quand Mamina - une lectrice de ce blog- m'avait proposé,
pour mon premier périple déjà,
d'être là en cas de besoin,
ça ne m'a pas paru étrange.
J'ai soigneusement noté son numéro,
mais je ne m'en suis pas servi.
Elle a réitéré sa proposition pour ce deuxième tronçon,
et comme finalement je ne me suis pas arrêtée à Orthez,
ça aurait pu encore être partie remise.
Mais elle est venue à ma rencontre à Sauveterre,
juste pour un moment au soleil et quelques mots autour d'un verre,
tant il est vrai que les soirées pérégrines sont essentiellement axées autour des trois préoccupations vespérales quotidiennes : la douche, manger, dormir.
Une surprise dont je me souviendrai toujours.
A Saint-Jean-Pied de Port,
elle était là aussi,
et si j'ai pu rentrer chez moi dès le samedi après-midi,
c'est grâce aux kilomètres qu'elle a avalés pour venir me chercher,
à l'asile dans sa maison,
la soirée douce,
et le lever aux aurores pour me conduire à la gare.
Elle a dit :
"Toi tu ne me connais pas,
alors que moi je te connais, à cause du blog."
Mais en vrai,
ça ne faisait aucune différence.
Moi je dis,
les miracles d'internet,
faut les prendre comme ils viennent.
Il y a eu aussi Michel,
à peine croisé sur le chemin,
qui m'a laissé son numéro,
au cas où je me retrouverai en rade à St Jean.
Et que dire de Noëlle,
qui marchait comme elle respirait,
depuis Vézelay,
depuis début mars,
depuis 900 km,
avec fureur parfois ?
Noëlle n'a pas seulement inventé le sandwich à la sardine avec un œuf mollet dessus,
et le tractage de Coline à flanc de montagne.
Noëlle, elle a grimpé la dernière côte d'Ostabat pour aller faire les courses à l'épicerie du village,
et quand je suis arrivée fourbue,
prête à me jeter sur le lit sans dîner,
elle a déballé une boîte de petit salé aux lentilles qu'elle a mélangé avec des coquillettes,
et je peux vous dire que c'était chaud, bon et réconfortant.
Noëlle, elle n'a pas fait de grandes études,
mais à la distribution de cervelle, elle avait pris une grande gamelle
elle parle cash
et parfois ça coince.
Elle est drôle, belle et courageuse,
elle ne fait pas de tralala,
et surtout, elle était là pour moi.
Moi je dis,
les miracle du chemin,
faut les prendre comme ils viennent aussi.
La main tendue, le cœur ouvert.
samedi 27 avril 2013
J+11 Ostabat - Saint-Jean-Pied-de-Port
Non, non
St Jean n'a pas des pieds de cochon.
Le port,
ça veut dire le col.
On passe donc par St Jean-le-Vieux,
et on arrive au pied du col.
Sous la pluie.
Et par 12°.
Impossible de passer à Roncevaux,
il neige au dessus de mille mètres...
Cette étape, c'est l'autoroute pélerine.
Les trois voies se rejoignant à Ostabat,
c'est un défilé de ponchos de pluie qui se déroule le long des chemins et des routes.
On est loin de la quiétude des jours derniers, et j'ai l'impression de croiser pas mal de gens qui se la pètent.
Je ne sors quasiment pas mon appareil,
il pleut trop,
tant pis pour les drôles de moutons à tête noire,
avec leurs yeux qui brillent comme des billes.
Même mouillé,
le paysage est splendide.
C'est dit, je reviendrai,
là, j'ai juste envie d'arriver.
Et l'arrivée à St Jean justement m'oppresse.
Une ville très jolie,
dans laquelle je n'ai pourtant aucune envie de m'attarder à faire du tourisme.
Afflux de "pèlerins",
ambiance commercialo-jacquaire
l'affut des propriétaires de gîtes privés
"vite, vite, pour les chambres, le train arrive.."
et en effet,
en allant chercher mon billet de retour à la gare,
à la vue du TER qui vomit un flot cosmopolite de sacs-à-dos,
je me demande si je suis toujours aussi motivée pour la partie espagnole...
L'accueil jacquaire déconcertant,
glacial envers les Français - on sent le gaz ou bien ?-
et limite poli,
bien urbain avec les autres.
Un type à l'air peu amène, nous intime l'ordre de chuchoter,
je lui demande si quelqu'un est mort.
Pour la peine,
je devrai attendre quelqu'un d'autre :
il me tourne ostensiblement le dos et ne tamponnera pas mon crédential.
Je ne me fais pas prier pour embarquer dans la voiture de Mamina, vers le havre de paix que sera pour moi sa maison.
jeudi 25 avril 2013
J+10 Sauveterre-de-Béarn - Ostabat
Franchement,
ça aura été l'étape la plus dure du parcours.
26 km en pleine cagne,
on entre en pays Basque,
c'est-à-dire
les contreforts des Pyrénées.
Je sens que je devrais couper le parcours en deux,
mais je n'ai pas le choix si je veux arriver vendredi à bon port.
A St Palais,je retrouve Noëlle pour la pause déjeuner.
Elle sent bien mon appréhension.
Elle décide de rester avec moi,
et je dirais,
heureusement.
Parce que, quelques kilomètres plus loin,
quand j'aperçois un chemin empierré luisant au soleil brûlant,
agrippé au flanc d'une colline déboisée,
je me dis, non
ça ne doit pas être ça.
Ben si.
Je m'arrête dans une ferme pour mouiller mon chapeau,
et on attaque.
Elle me dit : ne regarde pas devant, et grimpe en zig-zag !
Elle m'attend, elle me parle.
On se pose un moment sous l'ombre d'un unique petit bosquet d'arbustes.
On croise un malade mental qui revient d'un jogging.
Un pervers sûrement.
Je compte des cycles de 21 pas.
A un moment,
je me retourne,
la ferme est devenue minuscule en bas.
Mon sac pèse une tonne tout à coup.
On aperçoit enfin la chapelle de Soyarce.
la croix jacquaire
et la table d'orientation
Elle se retourne
avec un petit signe.
Je suis littéralement effondrée sur un banc.
Elle me dit : "Bon, ça va aller maintenant, je te laisse hein".
Et elle s'en va toute légère comme elle sait faire.
mercredi 24 avril 2013
J+9 Orthez - Sauveterre-de-Béarn
Jolie surprise aujourd'hui
en rentrant dans Sauveterre
après 24 km de cagnard
de chemins qui grimpent
d'arbres en travers à escalader
une femme klaxonne :
je m'approche
c'est Mamina
une de mes lectrices familières et inconnues.
Elle est venue m'attendre,
et a reconnu mon chapeau et mon sac...
On les devinait en partant hier
de la Bastide-Chalosse
- quatre lits dans la salle polyvalente -
mais maintenant on les voit bien

les Pyrénées nous attirent comme un aimant
alors
à Orthez

j'ai décidé de continuer jusqu'à St Jean-Pied-de-Port.
Depuis quelques jours
je fais un bout de chemin avec Noëlle
qui est partie de Vézelay en mars.
Je l'aime bien.
On se lève très tôt
j'aime partir dans la lumière douce et transparente du matin
et parfois marcher pieds nus
dans l'herbe mouillée...
demain c'est Ostabat
puis Saint-Jean-Pied-de-Port.
Merci à tous pour vos encouragements.
@bientôt
en rentrant dans Sauveterre
après 24 km de cagnard
de chemins qui grimpent
d'arbres en travers à escalader
une femme klaxonne :
je m'approche
c'est Mamina
une de mes lectrices familières et inconnues.
Elle est venue m'attendre,
et a reconnu mon chapeau et mon sac...
***
On les devinait en partant hier
de la Bastide-Chalosse
- quatre lits dans la salle polyvalente -
mais maintenant on les voit bien
les Pyrénées nous attirent comme un aimant
alors
à Orthez
j'ai décidé de continuer jusqu'à St Jean-Pied-de-Port.
***
Depuis quelques jours
je fais un bout de chemin avec Noëlle
qui est partie de Vézelay en mars.
Je l'aime bien.
On se lève très tôt
j'aime partir dans la lumière douce et transparente du matin
et parfois marcher pieds nus
dans l'herbe mouillée...
demain c'est Ostabat
puis Saint-Jean-Pied-de-Port.
Merci à tous pour vos encouragements.
@bientôt
mardi 23 avril 2013
J+8 La Bastide-Chalosse - Orthez
La nuit un peu fraîche
dans la salle polyvalente de la Bastide-Chalosse
présentait surtout l'intérêt de raccourcir l'étape suivante,
jusqu'à Orthez.
dans la salle polyvalente de la Bastide-Chalosse
présentait surtout l'intérêt de raccourcir l'étape suivante,
jusqu'à Orthez.
Je chante toujours beaucoup
pour me redonner courage.
Depuis que nous sommes en Béarn,
c'est du couleur locale : les sept sauts, se canta, a l'entorn de ma meison...
La lente répétitivité des rondeaux de neuf soutient mon pas.
En dépit des chemins entravés d'arbre,
j'avance vaillamment et je retrouve Noëlle à l'Hôtel de la Lune,
le refuge pélerin d'Orthez,
sis dans un monument historique.
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