On est passé sous les 15 degrés,
alors, quand j'arrête de marcher,
j'ai un peu froid,
j'entasse toutes mes fringues les unes sur les autres,
call me Bidendum.
Ce qui n'empêche pas d'avoir des soirées réjouissantes.
Avec parfois un parasite italien qui gloutonne tout mon turrón avant que j'ai eu le temps d'en offrir aux autres...
Et Min-Young qui joue de la flûte coréenne.
En fait, elle ne connaît qu'un seul air.
Elle dit que la prochaine fois qu'elle fera le chemin, elle en apprendra un deuxième.
Je les aime bien ces Coréennes. Elles sont ouvertes, elles pensent aux autres, oui, je les aime bien.
On gagne une heure,
une heure de jour le matin,
le temps de voir se peindre les couleurs de l'automne.
J'aime la tache mouvante que fait le sweat de la pèlerine qui me précède.
S'il y a une chose que je déteste,
ce sont les interminables entrées,
et par le fait sorties, de ville.
Quand j'arrive à León, et que je vois ça :
Il reste encore 3 km pour arriver là :
J'ai pas envie de rester dormir dans cette grande ville effervescente,
je visite, c'est beau ... (sauf la cathédrale qui, une fois de plus est payante...)
Le temps de fantasmer un peu
(que Georges m'attend avec ça bicyclette, et me propose :
"Do you want to have sex with me in this Parador ?"
Oui, je suis comme ça moi, c'est ça ou rien...)
Et je repars pour l'interminable sortie de cité, 7 km...
jusqu'aux maisons de hobbits (des caves je pense) sur les hauteurs.
Un type me suit, il a pas l'air du genre parador...
Encore une demi-heure plus tard je pousse la porte de l'albergue de Virgen del Camino,
propre, tranquille, peu fréquentée, juste ce qu'il me fallait ce soir.
Quand on décale les étapes, on ne croise pas les mêmes personnes.
Le pèlerin économiquement faible et pas très propre continue son chemin.