lundi 25 mai 2026

La valse c'est la vie...

"- Elle vient d'où cette chanson ?
- Je l'ai écrite
- Les autres aussi ?
- Pas toutes. La mazurka et la valse oui.
- On peut les trouver où ?
- Sur ma chaîne Youtube. Il y a de vieux enregistrements créés pendant la crise sanitaire.


- Vous allez en écrire d'autres ?
- Maintenant que j'ai ranimé ma petite flamme ? Oui, certainement. Il paraît qu'écrire c'est la seule chose qui apaise l'âme (merci Jacky).
- Pas que, tout de même...
- Non c'est vrai. Chanter et danser aussi."


À Lautenbach j'ai retrouvé quelques visages amis, découvert un tas de personnalités curieuses et attachantes et ...valsé, valsé, valsé. J'ai tellement dansé, qu'à la fin  mes pieds semblaient ne plus toucher terre.



J'étais venue pour animer les interplateaux de la salle de l'ancienne gare et du grand chapiteau, portée par l'énergie du généreux et enthousiaste public alsacien, allemand et suisse (qui apprécie beaucoup le breton, j'ai pas bossé pour rien...)


Alors oui, l'écriture est un exutoire, une mise à distance, un pas vers toute guérison.

Mais le chant lui, transmet l'émotion sans médiation, tandis que la danse, calée dans la fluidité des pas, le flux et le reflux des mouvements collectifs, le coeur battant des rondes, le cadre ferme des bras d'un partenaire habile et joyeux...
La proposition de l'un, l'attention au corps de l'autre, la fugace connexion sensuelle d'une mazurka chaloupée, d'une valse infinie, d'une scottish enlevée : chaque partenaire est une nouvelle aventure, un nouveau territoire à explorer.


Il est temps de rentrer.

vendredi 22 mai 2026

En avant seule, traverser, rassembler ...

 Tu connais ce livre "Mange, prie, aime" ?

L'héroïne commence par reprendre un élan de vie en dégustant l'Italie. Je ne sais pas si, quand ni où j'aimerai, mais pour les deux premières étapes, j'ai choisi l'Alsace. Plus de mille kilomètres entre hier et demain, toute la France de l'intérieur.

Et les retrouvailles avec la sensualité. Le froid d'une aube brumeuse au bord d'un étang bruissant du bavardage des poules d'eau ;


Bivouac sur le plateau de Langres 

les jambes nues pour une longue marche dans les vignes, le torse encore prudemment emmitouflé dans le duvet rouge et soyeux d'un blouson neuf, l'effleurement de la robe de laine fine dans la chaleur d'un soleil qui se faisait attendre, les épaules qui retrouvent la caresse des cheveux, les tourbillons chauds et les courants glacés entre le sauna et le hammam, le saveur du gewurztraminer qu'on redécouvre, le parfum de la mirabelle des Vosges en canard.

J'aime ces road trip qui réaniment le quotidien. Une longue route, et la douceur. Celle de la fête de la rivière en Braud, des cigognes des champs. 




Puis des retrouvailles avec les Z'amis, Virginie, Christine, Nathalie, Jack. Les cigognes de la ville.


Un bivouac lacustre en nouvelle lune, un repas qu'on te prépare, une bonne crise de rigolade, des bredele en forme de cœur,

retrouver la vue au tellurique Mont St Odile,



Ouvrir les yeux au Mont Ste Odile
Un peu de hauteur, pour retrouver la vue
Voir ce qui est beau, voir ce qui est bon
Et puis voir les choses et les gens tels qu'ils sont, pas forcément ce qu'on voudrait qu'ils soient

barboter au spa, partager les tartes flambées, les patates aux fromages, et les asperges de printemps,

 flâner autour de la cathédrale. 





Sauras-tu trouver le Blosarsch ?

Le choix des mots qui remettent les choses à leur place, pour donner chair et corps à maintenant. 

Comme si on s'était quitté hier, on parle des enfants, les grands et à venir, des vacances, des projets. On évoque les jolis souvenirs.

L'amitié c'est pas le bureau des plaintes. C'est de la vie en plus. 

Oups, j'ai fait tomber la clé dans l'eau. 
Fermeture définitive de l'accueil des blaireaux et pleurnicheurs en tout genre.



mercredi 13 mai 2026

À eux

Petits, on s'occupe d'eux. On est fier de tenir leur petite main pour la première fois dans la rue. On n'oublie jamais leur premier rire aux éclats, leur premier mot.

Ados, on se demande parfois qui est cette grande asperge dans notre cuisine. Toujours un enfant ? Déjà un adulte ? Un sérieux virage à négocier, les hauts, les bas, les grands n'importe quoi. Une période de turbulences, qu'on veut les voir traverser sans s'abîmer, même s'ils font déjà leurs propres choix. 

On les soutient, on les conseille du mieux qu'on peut. Déjà ils ont leur propre personnalité qui se distingue de la nôtre.

Et puis un jour, on se retourne. Et ça fait 30 ans qu'on a fait leur connaissance, leur petit corps chaud et glissant posé sur notre ventre. Le premier regard, la première tétée. 

On échange maintenant entre adultes, deux vies, deux expériences qui s'entremêlent. Un autre regard. Quand ils vont mal, on a toujours l'estomac retourné. On ne peut plus vraiment les aider. On n'a plus de conseils à donner, ils en savent plus que nous sur tellement de choses. Mais on reste leur confidente, qu'ils traversent le désert ou essuient un violent grain.

On s'accroche fermement à notre confiance en eux et on reste tellement fier quand ils se donnent les moyens pour atteindre l'objectif qu'ils se sont eux-mêmes fixé.

Franzouski a eu le courage de quitter l'hôpital pour le libéral. Sa vie, celle de sa famille, en est changée. En beaucoup mieux. 

Le Kid, rentré en novembre de son expérience new-yorkaise, vient de décrocher le poste en Suisse dont il rêvait.  Et il en a refusé des offres sous-payées ou inintéressantes. Il n'a rien lâché.

À mon tour de prendre une leçon. Quels critères est-on prêt à négocier ? Quelles sont nos attentes profondes ? Ne mérite-t-on pas mieux que la médiocrité ? Comment dépasser l'appréhension de se retrouver sans rien ?

Eh bien un job, un appartement, une relation minables, c'est, à tout moment, possible de s'y résigner. Mais est-ce que c'est ce qu'on veut pour le temps qu'il nous reste à vivre ?

Quand ce sont eux qui ravivent ta petite flamme et ta confiance...

My turn now.

dimanche 10 mai 2026

Alsace en vue, message personnel...

 Anne, si tu traînes par là, envoie moi un courriel, je passe bientôt en Alsace et je vais visiter Nath et Gren vers Strasbourg... avant de descendre sur Guebwiller.

Si tu veux te joindre à nos retrouvailles...

samedi 9 mai 2026

#9 La grossitude ça n'existe pas - À mon corps défendant

Mon cher corps,

Je t'aime désormais tel que tu es. Je te laisse changer vers l'équilibre, à ton rythme, comme tu le sens. Je te fais confiance.

Tu as tout bien fait depuis que mon âme est venue au monde.

Tu m'as permis de vivre des expériences incroyables, telles que la naissance de mes enfants, la Louisiane, les chemins jusqu'à Saint-Jacques, l'envol de la danse, les pieds nus dans la nature, la nage en eau vive, le goût du soleil et du vent sur la peau, les voyages. Celui en Russie notamment, qui a sonné la fin d'une histoire factice. Nous en ferons d'autres.

Je suis désolée de ne pas t'avoir écouté quand tu me signalais un danger avec beaucoup d'à propos. Je serai plus attentive désormais à tes signaux, et peut-être que toi et moi nous connaîtrons l'amour vrai, simple et confortable que nous méritons.

Je te demande pardon pour ce que je t'ai infligé : les régimes ridicules, le sexe inutile, la compagnie délétère de ceux qui ne me méritent pas ou se servent de moi.

Tu es redevenu fort et sain. Je t'en remercie sincèrement. À soixante-six ans, après ce que nous avons traversé, c'est remarquable. Notre peau qui s'adapte aussi.

Mes pieds, mes jambes, qui arpentent le monde, mon cerveau qui apprend. Vous m'avez protégée, et protégé mon âme du mieux que vous pouviez. Ce n'était pas si facile quand je tirai dans l'autre sens, et vous avez tenu bon.

Alors oui, je t'aime. Continue de me soutenir. J'en ai besoin, tu es mon meilleur support, le plus fidèle.




Les doigts dans le nez, 17 km de marche, mon propre itinéraire le  long du Scorff
C'était lui le bon marcheur, et moi toujours un peu à la ramasse. Pourtant, avant de le connaître...


jeudi 7 mai 2026

Mauvaises rencontres, bonnes leçons

Le destin tisse et entrecroise des fils. Le destin ou nos schémas répétitifs...

Il place sur notre route des cailloux plus ou moins lisses, plus ou moins tranchants. Parfois nous en avons plein les poches, parfois on y écorche nos pieds, parfois on les garde en souvenir, parfois on en bâtit des forteresses, parfois on les laisse au bord du chemin.

Si les pierres pouvaient choisir d'être heureuses ou malheureuses, il faudrait que ce soit sans nous. Les pierres des autres en tout cas, n'ont rien à faire dans notre besace.

Enfant de remplacement, j'ai été conçue pour éponger le deuil de mes parents, spécialement celui de ma mère. Ça n'a pas tellement bien marché.

Quatre années durant, jusqu'à l'arrivée d'un garçon, non seulement j'ai été une fille de plus, mais je n'ai pas pu choisir entre le rire et les larmes. Avais-je le droit d'être triste, d'être joyeuse, d'être qui je suis ? Suis-je condamnée à errer de deuil en deuil, de chagrin en chagrin, lorsqu'ils ne sont pas les miens ?

Ce malentendu qu'est ma venue au monde fait de moi une proie facile, comme me l'a fait remarquer un ami. Il a généré une empathie exagérée, qui me conduit à piétiner le respect de moi-même. Je perds un temps précieux à essayer de comprendre ceux qui préfèrent le confort de la victimisation à l'inconnu de la guérison, à entrevoir un potentiel dans les mots creux plutôt qu'à admettre la vérité du comportement.

Ma première leçon c'est qu'il faut se barrer au premier red flag, même joliment emballé, pas au bout de quatre ans, Le désir d'un homme, la peur de me perdre, ce n'est pas de l'amour. L'amour commence par prendre soin de ne pas blesser.

La deuxième c'est que je vais devoir m'aimer avec la même intensité que je mettais à sauver les autres. Ne plus avoir peur de ne pas être appréciée telle que je suis. Je ne dois plus m'interdire d'être vulnérable pour apaiser l'insécurité d'une autre personne.

La troisième emporte de ne pas rester avec quelqu'un qui met mon système nerveux en alerte. Je dois faire confiance à mon corps quand il s'alourdit, s'endolorit, ne veut plus marcher ou danser.

La quatrième me ramène à mon point d'ancrage. Là où sont ma lignée, ma descendance. Plus jamais je n'engagerai de relation susceptible de m'éloigner de ce qui compte pour moi, pour m'exiler dans les repères et les besoins de quelqu'un qui lui ne sacrifiera rien.

La cinquième c'est que je ne suis pas le faire valoir des tocards qui me veulent dans leur ombre...



Les prédictions du Yogi Tea

lundi 4 mai 2026

No contact

Ma petite Nicole,

Ne lui écris pas.

Ne le conseille plus quand il te sollicite, ne lui donne plus ce temps qu'il t'arrache avec ses « sentiments profonds » pour toi. Ne te laisse plus berner par ses jérémiades.

Ne rachète pas de café, puisque tu n'en bois pas.

Ne réponds pas à ses sollicitations pour « parler calmement » et « rester amis ». C'est un prétexte fumeux. Il veut récupérer la culotte, et s'assurer que tu ne révéleras pas plus avant ce qu'il est vraiment : un mensonge sur pattes.

C'est un lâche et il a peur. Il n'a jamais été amical avec toi, juste manipulant et très hypocritement irrespectueux. Souviens toi qu'il ne t'a jamais protégée des attaques frontales de Circé ; qu'il est venu te rejoindre à la messe de Noël juste après avoir couché avec elle, et qu'il a communié ; qu'il t'a gâché le stage de chant, le réveillon, tout un automne, tout un hiver et l'entrée dans le printemps. N'oublie pas qu'elle venait chez lui à la nuit, planquée dans sa voiture, pour échapper à la vigilance de la voisine. Qu'il a enregistré, il y a plus d'un an, son numéro de téléphone sans mettre son nom. Qu'il lui écrivait sur WhatsApp,  et a toi sur Messenger. "Ma belle Nicole", "Mon amour", alors qu'il te juge trop grosse...

Qu'il t'a empêchée d'écrire pour t'occuper de lui, de ses repas, de sa maison.

Il a volé quatre ans et demi de ta vie. Quand tu le croises, ignore-le. Tu ne lui dois rien, pas même la politesse. Tu as envie de savoir s'ils seront à la danse, ou à la rando ? Change ton programme pour les éviter. Il fait rempart en plus, quand il est là, entre tes amis et toi, il scrute et jalouse une possible nouvelle rencontre. 

Il ne t'a pas rendu le reste de tes affaires ? Laisse-les aller. Ce n'est pas juste, c'est vrai. Mais toi, tu seras en paix. Il affiche un air malheureux, se plaint de toi ? Ce n'est pas ton problème.Tu aurais pu te faire construire une piscine s'il avait payé toutes les consultations gratuites que tu lui as accordées.

Il ne peut pas s'empêcher de mentir, sur les plus petites choses. Comme ce livre sur la table basse, qu'il avait soi-disant chez lui. C'est bien évidemment elle qui le lui a donné. Sait-elle qu'il ne lit jamais autre chose que son téléphone et Ouest-France édition de Pontivy ? Qu'il prétendra ne pas avoir eu le temps avec tout ce qu'il a à faire ? Que son jardin qu'il a créé de ses mains et qu'il pleurniche de quitter, c'est un paysagiste qui l'a fait ? Que les phrases des autres lui tiennent lieu d'idées personnelles ? Que c'est moi qui ait relooké la cuisine, et sa copine précédente qui a vidé les affaires de sa défunte femme avant de choisir le nouveau canapé et la tête de lit ? Croit-elle qu'il changera pour elle ? Lui avoue-t-il qu'il n'a pas dit non au test de la langue dans la bouche ? Se doute-t-elle qu'il a retrouvé son amour de jeunesse, son troisième atout quand il sera de nouveau insatisfait ? Qu'il drague carrément de jeunes femmes dans les bals, pour peu qu'elles soient à son goût physiquement ? Il n'est pas le timide derrière lequel il se planque.

A-t-il jamais été honnête avec les quelques femmes sur son chemin ? Son épouse ? Sa partenaire de confinement ? Toi ?

Ma petite Nicole, tout cela tu ne le sauras jamais, alors laisse ces questions derrière toi. Et, même si ça pique un peu, remercie-la. Sans son comportement prédateur, tu y aurais cru encore trop longtemps. Tu vois bien que même après la trahison, tu as voulu y croire encore un peu, lui trouver des excuses, prendre ta part de responsabilité.

Non ma petite Nicole, il ne t'a pas trompée parce que tu es trop ceci et pas assez cela. Il a choisi la trahison à grande échelle parce que ça le flatte de voir deux femmes se batailler pour lui. Elle t'a juste ouvert les yeux, et il est temps d'admettre la réalité : malgré ses grands discours et ses déclarations enflammées, tu n'as été bonne qu'à combler le vide abyssal et la solitude à l'issue d'un couple qui, pourtant, n'en était plus un depuis très longtemps.

Tu as eu raison de t'enfuir, admets-le. Comme dit Hilly, tu ne lui dois rien du tout. N'attends rien de lui non plus. Chaque service qu'il te rend, il s'en sert pour redorer son blason. Il lui faut rebâtir sa réputation écroulée.

Ne lui demande rien, ne lui donne aucune prise sur toi. Réjouis-toi de ta chance, de ton corps en bonne santé. Tu t'es toi-même trop longtemps interdit de pleurer pour donner de la joie.

Mais, ma petite Nicole, tu as le droit d'avoir du chagrin, d'éprouver de la tristesse.

Tout va arriver au bon moment.

Ne t'inquiète pas.

Et envole-toi...