Teddy Bear, la petite voix qui monte, avec une jolie chanson sur l'amour de soi...
Loup y es-tu ?
Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
samedi 10 octobre 2026
vendredi 9 octobre 2026
Pareil et pas pareil
Aujourd'hui était une journée spéciale. À l'autre bout de la France se déroulaient les funérailles d'une vieille dame que je ne connaissais pas, mais dont les enfants pleuraient la perte, et, parmi eux, une amie dévastée par le chagrin. Comme je dis toujours, ce n'est pas parce que c'est dans l'ordre des choses qu'on a moins de peine. Il faudra se déshabituer de toutes ces petits rendez-vous qu'on avait avec le défunt, traverser les premières fois sans sa présence. Même si on s'était préparé, ce sera dur, triste, poignant.
Alors je suis entrée dans la cathédrale, pour allumer un cierge devant la puissante Vierge noire, la bonne dame de Moulins. Une petite flamme pour éclairer le chemin de l'âme, et pour étendre sa lumière sur ceux qui restent, qui nourrissaient un attachement sincère, loin de l'hypocrisie de ceux qui versent des larmes de crocodile pour maintenir leur réputation auprès des voisins. Voilà pourquoi certains deuils me touchent, quand d'autres me laissent de marbre.
Aujourd'hui était aussi un jour de froid. Au moment où la météo automnale annonce le temps des soupes de citrouille, j'ai déballé, de mes cartons, doudounes et pulls de laine.
Je les accroche dans mon nouveau nid, où je suis installée depuis dimanche, en me réjouissant de la prochaine venue de Vania, puisque les vacances d'octobre sont déjà à l'approche.
D'après moi, une vie c'est naître et renaître chaque jour. Tous les matins sont uniques, en ce sens que, 365 fois par an, ils sont l'occasion unique d'opérer d'autres choix, plus éclairés. On continue sa vie dans un nouveau lieu, en la considérant sous un angle différent, borné à la fois d'habitudes anciennes auxquelles on tient, et de routines récentes, de retrouvailles avec les visages familiers, et de rencontres touchantes.
C'est pareil et différent à la fois. Pareil parce que je fais toujours de la gym, de yoga, de la natation. Différent parce que, c'est au cœur de la belle ville de Moulins, avec son centre ancien de briques et de bois. Au détour de chaque rue, surgissent les flèches de la cathédrale, ou du Sacré-Cœur, ce qui me procure toujours un élan de joie, de réconfort, une sensation profonde de sécurité.
Différent parce qu'hormis la danse, toutes mes activités sont à quinze minutes maximum de pédalage de chez moi. Les cyclistes sont assez nombreux ici, et je découvre un tas de pistes cyclables dont je n'avais jamais remarqué l'existence. Alors qu'en trois ans j'avais à peine parcouru trois cents kilomètres en Bretagne, j'ai allègrement franchi le cap des mille !
Du chaos surgit heureusement le changement !
Self confiance
Comment redevenir capable de faire confiance à la gente masculine quand on a essuyé ça :
Je viens de découvrir que c'est simple : d'abord il faut en fréquenter, et en fréquenter beaucoup.
Je m'en suis aperçue tout à fait par hasard.
Il y a d'abord les hommes de mon entourage familier, mes Chavans, qui étaient au rendez-vous dimanche, pour mon emménagement. Mais ceux-là, je les pratique depuis longtemps. Je sais ceux qui sont fiables.
Et puis il y a tous les nouveaux visages, à la danse, au sport.
Or, il se trouve que j'ai dû renoncer au tir à l'arc, dont les horaires variables n'étaient plus compatibles avec ceux imposés pour les disciplines les plus demandées.
Je me suis rabattue sur le self-défense : une vingtaine d'hommes, quatre femmes.
La séance commence et se clôture par la mise en place puis le rangement des tapis, et de rituels d'ouverture et clôture. Entre les deux, on est vraiment dans l'espace de l'autre, mais c'est très différent du rapport de danse. C'est du contact physique permanent, de la coopération pour apprendre les gestes techniques, des conseils, des suggestions. D'une part il n'y a pas de meneur / mené, D'autre part, l n'y a aucune place là-dedans pour une éventuelle séduction, des minauderies, ou des gloussements de dinde. On n'a du reste pas le temps de discuter, l'enchaînement des gestes exige une grande concentration, une heure et demie durant. On change simplement régulièrement de partenaire, avec tous niveaux de ceinture.
Est-ce le fait que nous soyons tous en kimono, l'unicité de silhouettes ? Ou simplement l'esprit sain des pratiquants d'arts martiaux ? En sortant de la séance d'aujourd'hui, je pédalais jusqu'à la piscine, et il m'est revenu cette même sensation d'abandon et d'échange neutre que j'avais ressentie au festival Limous'ines, qui n'était ouvert ... qu'aux femmes !
C'est très secure.
Réparateur.
Je trouve ça très cool de retrouver la compagnie des hommes sans me poser de question.
jeudi 1 octobre 2026
Fontaine, reboirai-je un jour de ton eau ?
Les jours raccourcissent nettement. La nuit légère et frissonnante est encore bleu profond, au sortir de la pleine lune, dont la clarté laiteuse adoucit les contours du paysage au retour du bal.
J'aime pédaler dans cette douce lumière déclinante, qui annonce l'automnal repli chez soi, sur soi.
Je me sens forte, je me sens calme, je me sens stable.
Mon berger, qui se sentait si seul, a trouvé une gentille compagne. Je me réjouis de le revoir sourire.
J'écoute une amie me parler de son cœur encore en charpie. Nous ne traversons pas toutes de la même manière le traumatisme de la duplicité.
Autour de moi, j'observe.
A ma grande surprise, sur les tapis et chemins alentours, j'en vois qui sont toujours parées, maquillées et bijoutées à la gym, à la marche et au yoga ; prêtes à tout, écumer les sites de rencontre, aguicher les hommes en couple, frétiller comme de vieilles poules pour séduire et hameçonner le coup d'un soir ou d'une saison. Je ne sais pas si c'est mon regard qui s'est aiguisé depuis ma regrettable expérience, mais chez les soixantenaires, ça semble assez répandu. Je ne sais pas comment elles font, être en représentation et en chasse permanente demande une énergie constante. Qu'elles triomphent ou pas, il leur faudra se faire craindre pour ne pas toucher aux lendemains amers et ridicules, de méfiance et de jalousie.
Il y a celles qui, hantées par les souvenirs, disent "plus jamais" ; et parmi elles, celles qui ferment porte et cœur à tous les possibles, à toutes les rencontres, en rejetant les hommes, voire en perdant coquetterie et soin de soi. C'est là que l'on mesure l'impact de ce qu'elles ont subi, pour en être réduites à terminer le travail de sape psychique engagé par un autre, en achevant de s'autodétruire.
Il y a celles qui déclarent aussi sincèrement que plus jamais, mais ne s'y résignent pas, papillons et fantasmes au moindre regard, alors qu'elles sont en pleine convalescence de l'âme. Pour avoir été de celles-ci, je sais qu'elles ne sont pas prêtes, et qu'elles auront à subir encore quelques mésaventures avant de s'accorder suffisamment de valeur pour se montrer sélectives, à la hauteur de ce qu'elles méritent.
Et puis il y a celles qui disent "pas maintenant". Peu importe mon âge. Pas maintenant, je me tiens bonne compagnie.
Pas maintenant je suis occupée à réfléchir, à faire des projets, à m'occuper de mes grands et petits, et de moi-même. Laissez-moi profiter de mon temps précieux, de mon corps, mes muscles, de mon équilibre et de ma verticalité retrouvés ; de mes journées sans douleur ; des bras sans ambiguïté d'Hervé, de Thierry, de Jean-Luc, François, Pascal, Michel, Yves, dans lesquels il n'y a pas de rôle à jouer. C'est le temps de la légèreté.
Pas maintenant, je reste moi-même, mais je suis autre.
Laissez-moi être.
mercredi 30 septembre 2026
Le goût des mots
Je n'utilise jamais l'expression "Belle journée" pour clore une conversation ou un courriel.
Au même titre que l'ignorance du subjonctif, c'est un marqueur social, mais à la fois terriblement et subtilement insidieux, car la formulation est syntaxiquement correcte.
C'est tout au plus un tic de langage, qui n'écorche ni les yeux, ni les oreilles. Mais c'est l'anglicisme de ceux qui ne parlent pas anglais, visant à démontrer que l'on aurait un bel usage des mots, un niveau de langue sortant de l'ordinaire, quand il relève au contraire de la médiocre culture des réseaux sociaux et des messageries, surtout si l'on considère la vitesse à laquelle il se répand, repris d'abord par toutes les lectrices de chick lit, puis par tous les moutons qui s'en inspirent en communiquant avec elles, croyant s'élever par mimétisme.
Autrement dit, un émoji avec des mots creux, sorte d'injonction péremptoire à la pensée positive. C'est la formulation de clôture de tout le monde et n'importe qui, une mécanique faussement emphatique, laquelle ne remplacera jamais le "profite bien de ta journée", "que cette journée te soit agréable", bref la peine que l'on se donne à utiliser autre chose qu'une suggestion du correcteur whatsapp.
Depuis que j'ai entrepris d'étendre mon champ de lecture à des classiques oubliés (je vis dans le Centre France, où l'on commémore tout au long de l'année, le 150ème anniversaire de la mort de Georges Sand), mes sens ont soif de la délicatesse dont je m'étais moi-même privée.
Au risque de passer pour un peu snob, je ne m'en plains pas. Le défi post-it, qui vient de franchir son 61ème jour, exige d'élargir un peu les champs lexicaux comme les petits et grands sujets.
C'est une gageure intellectuelle qui me nourrit et me ravit.
mardi 22 septembre 2026
Catherine et la caisse à outils
Quand ma petite fille sera en âge, je lui offrirai une caisse à outils. Je sais bien qu'elle est à moitié russe et donc supposée trouver un homme équipé, mais elle est aussi a moitié française et je suis sa grand-mère. Donc elle saura se débrouiller par elle même, sans dépendre du bon vouloir, des compétences, et du pénis d'un chromosome tronqué (je plaisante les hommes hein, je vous aime).
Car le même jour j'ai monté des étagères pour mon garage 
mardi 15 septembre 2026
Les belles rencontres et retrouvailles du festival Trad à la Source
Et puis un jour il y a un billet de cinquante euros ramassé dans une rue de Genève.
Et, quelques semaines plus tard, une escapade supplémentaire, de dernière minute, offerte par ce billet oublié dans une boîte.
Et deux flaques brillantes, d'un bleu clair et pur, un regard droit, un sourire sincère qui n'attend rien que la danse, te tend la main et t'invite à la poursuite. Ces yeux là ont lu la Mare au Diable, la Petite Fadette, Mauprat et François le Champi. Les Maîtres Sonneurs sont encore dans le fourgon. Ce regard là n'est pas toujours sûr de lui. Il cherche un nouvel endroit où se poser, plus près de chez ses enfants, où il y aura un vrai jardin, parce que ces mains sont celles d'un naisseur d'arbres, et elles aiment vraiment la terre. Ses paroles sont limpides et mesurées. C'est une conversation qui débute doucement, pendant un pique-nique, sans victime, sans complainte, sans précision intime inappropriée. Ses pieds aiment les chemins où contempler la nature, marcher hors des groupes et s'attarder un peu à découvrir. Son âme aime les églises, dont il porte le prénom fondateur.
En Limousin, on la pratique plutôt en quadrettes.
Ces deux soirs là, il y avait le magnifique danseur vellave, Christian Frappa, avec lequel j'ai ainsi eu le plaisir de m'enlever avec bonheur. Il semble toujours en équilibre sur un coussin d'air, le comble de la grâce, pour une danse aussi ancrée que la bourrée.

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