jeudi 9 avril 2026

Gagn a verc'h, ba he revr...

A toi, la chaudasse de Kernascleden ...

Après avoir découvert le petit compte facebook, que tu croyais bien planqué, je sais désormais comment tu nous espionnais. Il se trouve que j'ai désactivé le mien, mais en le suivant, il est probable que tu sois déjà arrivée jusqu'ici.

Cela n'a plus guère d'importance, car, réjouis-toi, la voie est libre me concernant.
Je te laisse les miettes. Elles sont rassises.

Cependant, sache que la culotte défraîchie, que tu as "oubliée" dans mes draps, quand tu t'y faisais sauter avec l'alliance de ton mari mort autour du cou, ben c'est moi qui l'ai. Je me ferai un plaisir de te la rapporter un soir, au cours de danse. A moins que ce ne soit pendant un fest-noz ? Toutes les dames comprendront qu'elles feraient bien mieux de crocher solidement dans leur mari, au lieu de te plaindre.

Je pars danser dans la cour des puissantes. Quand tu me vois, recule d'un pas, ravale ton dentier et va écarter les cuisses ailleurs. En enfer par exemple...








Photos personnelles des magnifiques fresques de l'église de Kernascléden
La danse macabre, l'enfer, les anges musiciens, la vie de Marie

PS. Je ne te traduis pas le titre en breton, c'est sale. Mais c'est tout à fait ton profil...

Marcher - Pleurer - Ecrire - Chanter - Danser - Sourire - Recommencer -

C'est le plan.
Chaque jour faire au moins une chose que j'aime.
Et il y en a beaucoup.
Même si parfois, je me sens très triste. Comme hier, quand je suis allée récupérer le reste de mes affaires chez lui. Ce qui restait dans la chambre, mes draps, mon attrape-rêves, le tableau de plume et fleur séchée, souvenir de notre rencontre à Oléron, je les ai laissés. Irrémédiablement salis.
Mais j'ai aussi revu, au fond du jardin, le plaqueminier planté pour moi, comme il a bien pris racine. Intangible. Cela m'a fait du bien.


Grâce au tuyau d'une de mes amies, il a trouvé un terrain. Il va faire construire une jolie maison de bois. Je l'ai accompagné pour choisir son lot, puis chez le constructeur, pour le devis et les plans. Je ne l'avais jamais vu prendre une décision ferme si rapidement.

Même si nous nous revoyons, et nous entraidons, je me détache. Doucement.

Vous l'aurez peut-être compris, je m'apprête à entrer de nouveau en chemin, à fermer la porte et à m'éloigner. J'ai grand besoin de cette coupure que j'aurais voulu opérer immédiatement. Mais j'ai envie d'aller voir ma famille, il y avait une enquête publique à boucler, l'enregistrement du CD de Noëls à la Chavannée, et, ce dimanche 12 avril, ma participation à la finale du Kan ar Bobl (le chant du peuple), un grand concours de chant breton, pour lequel j'ai été sélectionnée deux fois, en pays gallo, et en pays bretonnant.

Malgré le chagrin, je me sens fière, motivée, portée. Peut-être que, finalement, ce ne sont pas des années perdues, mais des pas de plus vers moi-même, vers la femme que je suis vraiment, et que j'ai un peu de mal encore à qualifier. Je réfléchis à cette question. Beaucoup.

En attendant, je prépare mes étapes, mon matériel, je casse mes nouvelles chaussures, plus légères, je pèse mes culottes. Lundi, en rentrant d'Embraud, je suis allée marcher. Douze kilomètres sans douleur, que je n'ai pas vus passer. Depuis janvier, j'ai perdu deux fois le poids de mon sac. J'ai compris que, même avec les années en plus, je pourrai le refaire.





Le parfum, la vue, des champs ondulant de colza, me font penser à une série coréenne que j'ai adorée :  " La vie portera ses fruits"


Six kilomètres ? Déjà ? Exploration de ma première étape. D'ici il me restera cinq heures de marche.
Allez, demi-tour.
Une heure et demi plus tard je suis chez moi, légère et optimiste.





dimanche 22 mars 2026

Lettre à moi-même

Madame Nicole,

Je veux veux te dire un grand merci. 

Merci d'être qui tu es, droite dans tes bottes, merci de t'être choisie. 

Merci de ne pas avoir cédé à la peur, au chantage affectif ; de ne pas avoir accepté de rester dans une maison délétère, au service d'un gentil garçon.

Cela t'a coûté la relation, la trahison, l'humiliation ? Sois fière ma petite Nicole, le contraire aurait été encore plus cher payé.

Merci d'avoir choisi ton histoire plutôt que la sienne. Merci d'avoir des valeurs et des principes.

Je veux te féliciter d'avoir réalisé que tu dors mieux sans lui ; de ne pas céder à la fugace angoisse de la nuit qui tombe, de te nourrir à nouveau de ce qui apaise ton âme, de marcher, de pédaler, de nager, de chanter et de danser. Je t'encourage à persévérer dans ce qui est bon pour toi, à faire de petits et grands projets, à te créer de nouveaux repères familiers pour te défaire de ceux que tu avais avec lui.

Photo Café Charbon Nevers

Je sais que le temps passe. Que tu flippes un peu à l'idée de vieillir seule. Mais patiente tout de même. Mets à profit ce nouveau contretemps pour guérir plus complètement. Reste la femme que tu es vraiment, et rayonne; car il te faudra être prête quand une rencontre vraiment épanouissante se produira.

Je te remercie aussi de prendre soin de notre corps, pour qu'il nous porte longtemps. Tu es capable de te relever, de croire en toi, de t'aimer et de te prendre par la main pour te soigner.

Merci d'être où tu en es, de faire de ton mieux pour reconstruire ta vie, malgré les traumatismes dont tu gères les conséquences depuis trop longtemps.

Merci pour ton élan, ta force, de rester debout, digne et belle, toujours là.

Merci d'avoir regardé la réalité en face et d'avoir remis de la beauté dans notre vie. Tu en es la personne la plus importante et je suis heureuse que tu te prodigues l'amour et l'attention que tu mérites ; car tu n'as pas à mériter la place que tu occupes dans le cœur de ceux qui t'aiment vraiment.


Edit : merci aussi à Marielle qui m'a suggéré de me trouver un doudou pour m'endormir, ça marche très bien:-)

lundi 16 mars 2026

Deux moi(s)

Je me dois d'admettre que cette relation me fait souffrir, qu'elle vampirise mon énergie et éteint ma créativité. Qu'à ce moment, elle ne survit que dans l'illusion et l'idéalisation de ce qui a été.

Bien sûr qu'il n'a pas fait exprès d'avoir eu un père maltraitant et une mère qui n'a su protéger ni elle-même, ni ses enfants. Je n'ai pas non plus fait exprès d'être violée par tonton Pilou. Mais je suis responsable de ma santé mentale, pas de la sienne.

Je me dois, à moi-même, à ma lignée, de faire de ma propre guérison une priorité. Sinon, encore et encore, je renouerais des relations de ce genre : combler les besoins d'un autre, le sauver, et avoir ainsi une forme de contrôle de la situation. Il paraît que c'est un comportement de survie, mais moi je veux vivre. C'est la seule responsabilité que je me reconnaisse : celle de m'être oubliée en me suradaptant.

Je crois toujours sincèrement que l'on peut grandir et guérir ensemble. Mais, pour cela, il faut être deux. Deux volontés, deux déterminations. La tromperie, au contraire, c'est l'évitement. C'est quand j'ai recommencé à me considérer qu'il s'est senti abandonné et m'a trahie.

Je vous passe les errements et les souffrances de ces deux derniers mois, en résumant :

- il revient sans arrêt, a des "sentiments pour moi", se victimise, se justifie ;

- quand il repart, je suis épuisée ;

- la charge d'une réconciliation repose entièrement sur moi, sur ma capacité à pardonner et à refaire confiance, il ne témoigne d'aucun engagement à guérir -lui-même- de ses traumas sévères ;

- si nous avons une nouvelle relation, elle sera exclusive, il n'ira plus -c'est juré- avec personne d'autre (comment dire ... déjà vu ?) ;

- en attendant, il ne la bloque pas, ne l'efface pas de ses contacts, prend un café avec elle s'il la croise -par hasard- en ville, lui fait la bise... elle reste donc dans le lit avec nous, comme pendant notre récent séjour à St Malo ;

- je dors mieux, je vis mieux, je souris mieux, je danse mieux, je chante mieux, j'écris mieux, quand il n'est pas là.

Ma créativité, mon monde intérieur s'étaient effondrés. Un an depuis que je suis rentrée de Russie, et je n'ai pas écrit une ligne. Mon corps me parle clairement : il ne crie plus, s'allège, me tient bien droite. Guérir est le travail d'une vie, je veux, clairement, en finir.

J'ai des projets aussi. Je les étudie sans avoir à attendre les décisions d'un procrastinant professionnel.



En attendant, je vais régulièrement reprendre une vie en Braud (où nous allons enregistrer un nouveau CD), ou faire étape à Limoges.



Je profite des bons moments, même si parfois, l'angoisse de l'avenir me retourne un peu l'estomac.
De moins en moins longtemps.
De moins en moins souvent.

J'ai écrit dix raisons de rester avec lui, je n'arrive même pas à six, puis dix raisons de partir, la liste semble interminable. L'ego surtout est un fourbe conseiller, quand il me souffle que je suis venue en Bretagne pour lui.

C'est loin de tout, dois-je en partir ? 
Mais j'y ai une vie aimable, dois-je y rester ?
Je ne prends aucune décision à ce sujet, alors que je suis encore fragile.


mardi 24 février 2026

Robert

 Parfois je me dis : "ça pourrait être pire. Il pourrait être mort. Et je ne le verrais plus jamais".

Cette semaine, un courriel de Barbara, ma fidèle lectrice et commentatrice, est venu me rappeler qu'il faut savoir remettre les choses à leur place. Elle qui vient de perdre son cher Robert, le partenaire de toute une vie.

Alors si vous passez par là, ayez pour elle, que vous ne connaissez pas, une pensée amicale, qu'elle percevra j'en suis sûre.

Reprendre une vie en Braud

Tous, à leur manière, ont trouvé les mots qui font du bien.

Anne m'a demandée : « Depuis combien de temps n'êtes-vous pas partis ensemble ? »

R. a évoqué sa propre douleur : « Moi aussi tu sais, j'ai été assailli d'un flot de douloureuses images intrusives. C'est comme une spirale qui t'entraîne toujours plus bas. Comment j'ai fait pour pardonner ? J'ai regardé au-delà de ce chaos, et je me suis vu, je nous ai vus, plus tard, vieillir ensemble. C'est ce que je voulais, et je n'avais pas de temps à perdre dans d'éternels reproches. »

Une Cécile a affiché soutien et bon sens ; « Malgré ce qu'il a fait, il a l'air d''être quelqu'un de bien ». Une autre Cécile, en partageant son expérience ; « Ce sont des moments bien difficiles à analyser et accepter. Je ne sais pas si je suis forte ou folle. Je sens que ma place est ici je pense. Sois courageuse, mais ça, on sait que tu l'es ».

J'en ai un peu marre d'être courageuse.

Et j'en ai marre de pleurer.

Après une escale limougeaude en famille et en amitié, j'ai prolongé mon voyage en rejoignant mes terres bourbonnaises, pour la fête des Brandons.

J'avais hâte, mais, sur la route, j'ai appris l'annulation des réjouissances. Bien que la pluie ait momentanément cessé, les talus, les prairies, tout est détrempé. Impossible d'accueillir du public dans ces conditions.



Alors nous avons répété pour l'enregistrement de notre prochain disque de Noëls, nous avons mangé ensemble, et j'ai trouvé du réconfort dans les sourires et les chants.

Chaque jour, je suis retournée voir mon berger, qui récupère doucement, mais vaillamment, depuis un an, de son avc. J'apprécie toujours autant son intelligence d'homme de la terre. Comme mes amies de Limoges, il a su trouver les mots pour me manifester de la compréhension et de la compassion.

Quarante jours.

Quarante jours que ma vie a explosé.

Quarante jours qu'on avance de trois pas, pour reculer de deux.

Quarante jours que cette femme malsaine, jalouse et possessive, avec laquelle il a, paraît-il, coupé les ponts, continue de hanter ma vie.

Je me sens parfois comme ce pauvre petit futreau, submergé mais pas encore coulé, amarré par sa chaîne à un arbre vaillamment dressé, qui l'empêche de sombrer définitivement.



Heureusement, je peux conter ses peines à la rivière qui prend ses aises, en emportant mon chagrin.

En attendant, dans notre égrégore silencieux, 


en rentrant le bois pour entretenir le poêle, en bouillassant mes bottes près de la rivière, 


en cueillant des orties et des blettes pour la soupe et l'omelette, 



j'ai quand même eu la sensation de reprendre une vie.



de m'ancrer
un peu...


Un bon coup de rame entre les oreilles ?


Non, finalement le soleil se lève sur Embraud,


Un nouveau jour, une nouvelle chance.

vendredi 6 février 2026

Les petites victoires

Ce matin, pour la première fois depuis des semaines, je me suis réveillée apaisée.
Je l'ai retrouvé à la gym, où nous transpirons et rigolons toujours beaucoup.
Il m'a demandé si j'avais bien dormi. J'ai dit oui, nous avons pris la bonne décision.
Couper le contact quelques jours, quelques semaines, quelques mois, le temps de récupérer nos esprits, sa clarté, notre énergie. Nous nous croiserons comme des grandes personnes, et puis on verra bien.

Parce que c'était devenu impossible de continuer à supporter ce terrible balancier émotionnel.
Nous avions eu le choix entre trois voies : partir dans la colère pour emprunter deux routes séparées ; continuer comme si de rien n'était vers une explosion certaine en différé ; redémarrer quelque chose ensemble, patiemment. Et on avait vraiment envie de cette troisième voie.
Alors nous avons passé beaucoup de temps à échanger, comprendre, s'apaiser.

Puis, la semaine dernière, il lui a donné rendez-vous dans un café, pour mettre un terme à tout ça. Je l'ai vécu comme une petite victoire inattendue. On la croisait dans les festou noz, au cours de danse. Je dansais avec lui, elle l'approchait tant qu'elle pouvait encore, il gardait ses distances. J'ai pensé "à ton tour de souffrir" tout en éprouvant une forme de compassion pour une femme qui, certes l'avait bien cherché, mais avec qui il a couché au lieu de dire non, avant de l'écarter.
Sauf qu'il n'a été ni ferme, ni clair. Quand, de mon côté je refusais tout usage de la messagerie pour évoquer des émotions et des sentiments, elle lui écrivait encore.
Il ne la bloquait pas. Il lui répondait. Il pensait à elle, je ne sais pas trop comment, ça ne me regarde pas. 

Depuis bien avant le jour du grand aveu, il n'avait plus aucun geste spontané à mon égard. Il disait être accablé par la honte, incapable de se pardonner lui-même.
Je m'étais écrit :
"Laisser les choses se faire. Attendre qu'il soit de nouveau capable de me prendre dans ses bras et de m'embrasser.
Nous permettre de rester debout dans la tempête.
Et si ça ne vient jamais ? Je partirais.
En attendant, profiter de la vie qui est toujours là."


Et puis, mardi, à midi, dans le jacuzzi après la piscine, j'ai demandé : "je peux mettre ma tête sur ton épaule".
Il a répondu "oui, si tu veux". Et il n'a pas passé son bras autour de mes épaules. C'est comme si le silence chuchotait "ça ne me dérange pas". J'ai ravalé les larmes qui montaient. Il n'a rien vu.
Nous somme allés déjeuner à la cafétéria, comme d'habitude. Il parlait de l'excellence de mes résultats au concours de chant de dimanche. J'étais inscrite hors concours, le jury m'avait donné la Truite de bronze et m'avait sélectionnée, à l'insu de mon plein gré, pour le Kan ar Bobl.
Encore une petite victoire.



Je me sentais triste, même ma moitié d'endive au jambon ne passait pas.
C'est sorti tout seul.

"- Renée et toi vous avez détruit ma vie. J'en suis réduite à mendier un geste d'affectation.
- Je n'y arrive pas, je n'arrive pas à me pardonner. Tu me manques quand tu n'es pas là, mais je pense tout le temps à ce que j'ai fait."
- Elle t'écrit encore, et tu lui réponds ?
- Oui, un peu.
- Après la rupture tu aurais dû la bloquer. Tu ne l'as pas fait, c'est que ça te convient. Cela a marché une fois, donc elle continuera. Je ne peux pas vivre comme cela moi. Attends-tu que ce soit moi qui prenne l'initiative d'une vraie rupture ?
- Non, ce n'est pas ça. Je voudrais juste que tout cela s'arrête, même si je ne peux pas m'imaginer ne plus te revoir. Je suis complètement perdu.
- C'est à toi de mettre un terme à tes tourments. Mais je vais te faciliter les choses. Je lui laisse la place, profitez bien. Allez, salut !
"

J'ai pris mon sac, mon blouson.

Il ne m'a pas suivie.

Je n'ai pas pleuré.

Je me suis sentie triste, fatiguée.

J'avais encore des affaires à récupérer chez lui. Le lendemain, le jeudi, il y avait danse, et ce week-end aussi. J'ai pensé que je les croiserai, avec cette petite satisfaction malsaine de savoir que jamais elle ne pourra lui faire confiance, être sûre qu'il ne soit pas avec moi, ou une autre. J'ai pensé encore que je le verrai à la gym, qu'à la piscine j'irai seule, et qu'à la cafétéria je ne commanderai qu'un plat. J'ai pensé que le chagrin ne faisait que commencer.

Mais le soir, il m'a téléphoné alors que j'étais en ligne. Mue par un pressentiment, je l'ai rappelé et j'ai entendu quelque chose d'éprouvant, presque hagard, dans sa voix. Il était dans sa voiture sans pouvoir me dire où il se trouvait. Je lui ai dit de venir. Il a passé la porte en tremblant violemment, dans un état second, et j'ai compris qu'il avait failli faire une très grosse bêtise. Le courage des lâches...

On s'est assis.

"On ne peut pas continuer comme ça. Tu es déchiré entre toi et toi. Tu es en train de laisser ton père et ton instituteur gagner. Moi je t'aimais pour ton courage et ta droiture. Depuis des semaines tu te comportes comme un étranger à toi-même, lâche et méprisable. 
Tu dois accepter ce que tu as fait, te pardonner et te retrouver.
Et puis, cette femme, tant que tu ne fermes pas clairement la porte, alors que tu ne veux pas de vraie relation avec elle, tu lui laisses nourrir un espoir stérile et tu l'empêches de passer à autre chose.
Il te faut aussi prendre un rendez-vous urgent avec la psy, parce que moi, je ne le suis pas.
Me concernant je ne veux plus que tu viennes me voir, que tu m'appelles, tant que tu n'auras pas réglé cette question
."

Il est reparti chez lui un peu recentré et épuisé.

Deux jours plus tard, il m'a rappelée ;
"- Je suis prêt à sortir de tout cela, mais j'ai besoin de quelques jours seul avec moi-même.
- Oui, bien sûr, c'est la solution la plus raisonnable depuis le début. Mais tu ne devras pas me dire après que je t'ai abandonné.
- Non pas du tout, j'ai juste besoin de temps seul.
- Et tu mettras un terme clair et net à ces histoires de messages ?
- Oui, je suis prêt.
- Est-ce que tu as peur d'un nouveau grand vide, que je parte définitivement ? C'est pour ça que tu la gardes sous le bras.
- On ne peut pas dire ça comme ça tout de même."

Ce qui veut dire oui....

Alors bien sûr, je le connais, je sais qu'il lui faut bien plus de temps qu'à moi pour quitter un chemin et en emprunter un autre.

Je sais aussi que, soit il ment encore et va retourner faire un tour de manège, soit il préfèrera rester seul à la fin de sa réflexion. Dans les deux cas, ce sera définitivement sans regret me concernant.

Soit il est redevenu sincère avec lui-même, et reviendra vers moi quand il aura remis de l'ordre dans sa vie et ses actes. 

En attendant une issue sur laquelle je n'ai, et je ne veux, aucun contrôle, je l'ai remercié pour ces derniers jours passés ensemble, avant de retourner à ma vie ordinaire, les nuits de sommeil en plus.

Et ça,  je suis sûre que c'est aussi une petite victoire...


Edit du lundi 9 février

La magie des algorithmes m'a mis sous le nez cette vidéo, un dialogue (doublé et sous-titré en français), entre Fabrice Midal et Bessel Van Der Kolk.

En gros, ça dit que, comme le corps n'oublie rien des traumatismes, l'apport de la psychanalyse dans la résolution de leurs conséquences à long terme est très limité. C'est plutôt dans le mouvement (mais pas que) que se mettent en œuvre les processus de réparation.

Cette vidéo éclaire à propos ce télescopage de nos traumas, que j'évoquais dans le post précédent.

Je pense qu'elle peut aider beaucoup de gens à comprendre pourquoi, après des années de thérapie, alors que l'on connaît les causes de nos somatisations, addictions, compulsions, dépressions, on n'arrive toujours pas à s'en débarrasser.  Ce qui nous conduit à répéter de mauvais choix.

Il existe d'autres voies.