samedi 27 novembre 2021

Liberté, fraternité, humanité


Il n'est donc plus possible d'aller voir sa femme et son bébé à la maternité,
d'accompagner un proche vers la fin,
ou d'aller consulter en établissement de soins
si l'on n'est pas vacciné,
ou si l'on n'a pas les sous pour se faire tester toutes les 24 heures.
Le prix de la pression à accomplir une démarche non obligatoire (pourquoi d'ailleurs ?), 
en plus de favoriser la fraude de ceux qui se sentent pris à la gorge,
c'est la perte de la joie de vivre et de notre humanité.
Et un clivage terrible,
fondé sur des jugements réciproques,
aussi stériles qu'insupportables.
Comme si la lutte des classes ne se suffisait pas à elle-même.
J'étais là, perdue dans mes réflexions sur les moutons/collabos/traîtres vs les criminels/inconscients/égoïstes, quand j'ai engagé Berlingo chéri (neuf...) dans une ruelle de Nevers, interdite sauf aux riverains.
Une partie de mon cerveau de mouton a allumé la sirène d'alarme, tandis que ma cervelle de rebelle haussait les épaules : si ça passe pour les riverains, ça passera pour moi.
J'étais distraite, j'étais pressée, j'ai donc fait la connerie de l'année : y aller franchement, alors que c'était ... tout simplement interdit !
Jusqu'aux premières bornes de pierre -il y en a partout dans la vieille cité neversoise-  assez habilement négociées, sauf pour la jante avant gauche,.
Et me voilà arrivée à la sortie, victoire !
Gloups ! Non ma fille, pas du tout !
D'abord, les bornes de pierres sont ici surdimensionnées.
Il doit rester comme deux centimètres d'aisance...
Et surtout, il y a une vicieuse petite butée, que mes roues, mêmes bien droites, n'arrivent pas à franchir sans déraper.
Me voilà bien coincée, entre ma peur et ma bêtise, je ne sortirai manifestement pas de cette rue.
Je ne saurai pas non reculer jusqu'à mon point de départ. J'ai, du reste, rabattu mes rétroviseurs qui frôlaient l'entonnoir de ciment des murailles.
Un monsieur sympa essaie de me guider, l'embrayage chauffe.
Dans deux minutes je pleure et j'appelle l'assistance.
Je ne peux même pas sortir du véhicule, les portières sont trop proches des murs.

C'est là qu'arrive, tadam ! Le chevalier blanc !
Un couple passe, lui évalue rapidement la situation : 
"- Vous ne passerez pas, reculez plutôt !
- Je n'y arriverai pas.
- Vous voulez que je prenne le volant ?
- Oui je veux bien."

Avec ce grand type là, on ne s'est pas demandé notre statut vaccinal. On n'a pas mis de masque.
Il ne m'a pas reproché ma stupide imprudence.
Il a grimpé de la borne sur le capot de ma voiture, où il est souplement entré par la fenêtre pendant que je changeais de siège.
Il a dit : "ne paniquez pas, tout va bien."
J'ai fermé les yeux, et prié silencieusement pour qu'il me sorte de ce merdier.
Sa compagne, et l'autre monsieur, mon premier supporter, l'ont patiemment guidé jusqu'au bout de la loooooooongue ruelle. 
Il a remis la voiture dans la bonne direction.
"- Vous êtes policier ?
- Non.
- Pas de souci vous savez ! Pénitentiaire, impôts, vous êtes le bienvenu, croyez-moi !
- Non, non, je suis un simple cuisinier."
Sportif, calme, courageux, patient.
A mon avis, il a raté sa vocation.

Et moi, quand ils sont tous les trois repartis tranquillement, j'avais retrouvé foi dans cette fraternité coopérante qui fait de nous ce que nous sommes.
Qui tend la main pour te tirer d'un mauvais pas.
Capables du pire, oui, mais surtout du meilleur.
Et sans jugement inutile.


Photo d'une autre rue de Nevers, prise sur le blog "LE VOYAGE DE JéNORME"

Non, j'avais quand même pas pris cette rue là...
J'en profite pour remercier ici Barbara,
qui ne partage pas mon point de vue sur la gestion de la crise sanitaire,
mais qui reste fidèle, humaine et aimante, dans ses messages comme ses commentaires.
Et ça, vraiment, c'est le cadeau inestimable de cette situation affreuse : on voit le vrai visage de chacun...

mercredi 17 novembre 2021

Tout était déjà la

C'était le 20 juin 2017.

Je venais de mettre à jour ma lettre du bout du cœur, malmenée que j'étais par un séjour canadien doux amer avec le roi des Cajuns. 

J'étais à l'aéroport de Lafayette - Lousiana, où je m'apprêtais à rentrer en France pour l'été, le cœur gros et léger à la fois. Je fouillais dans les carnets et les cartes de vœux. Et je suis tombée là-dessus :

Je ne l'ai pas achetée. Pour l'envoyer à qui ?

Je l'ai prise en photo, avec ce petit pincement, quand tu dois bien admettre qu'avec cet homme là, tu n'accompliras jamais ces gestes qui comptent tellement pourtant.

1. Tenez-vous la main,  peu importe quel âge vous avez.

2. Dites "Je t'aime" chaque jour.

3. Ecrivez des petits mots d'amour, que votre personne spéciale trouvera.

4. Oubliez les erreurs.

5. Pardonnez les paroles sorties trop vite.

6. Ménagez-vous du temps à deux.

7. Concentrez-vous sur les choses que vous aimez chez l'autre.

8. N'attendez pas la perfection.

9. Efforcez-vous d'être la personne de vos rêves.

10. Soutenez-vous mutuellement à travers les défis de la vie.

11. Dites "merci". Tout le monde a besoin de se sentir apprécié.

12. Envoyez des courriels qui disent " je t'aime".

13. Sortez marcher ensemble.

14. Embrassez-vous et câlinez-vous chaque jour.

Il y a eu des retrouvailles, des départs, des montagnes russes émotionnelles, des bons moments, pour beaucoup (trop) de chagrins.

Il y a eu, avec courage, une décision définitive et sans retour. Et puis de belles rencontres, qui m'ont fait goûter à autre chose. Le temps de la réparation, de la tranquillité de l'âme, de la confiance en mon étoile.

Il y a eu, enfin -ou au commencement ? - trois jours magiques sur une île au couchant.

Et voilà que je retrouve cette photo.

Que je relis les quatorze items.

Et que le compte y est.

L'univers n'a rien à nous refuser, le champ des possibles est à l'infini. Mais c'est à nous de refermer et d'ouvrir les portes. De reconnaître le chemin qui nous mènera à la vie que l'on veut vraiment.










samedi 13 novembre 2021

Impasse sanitaire



Je me suis demandée ce que seront les statistiques de mortalité des prochaines années, puisque les plus faibles, les plus âgés, ceux qui représentaient déjà 3/4 des décès annuels courants (en France) sont partis cette année 2020 (perte d'espérance de vie moyenne de 6 mois).
🤔

Covid, évidemment, mais aussi...canicule, plus longue et plus sévère qu'en 2003.
La population la plus touchée reste la tranche d'âge la plus âgée, comme en année ordinaire.
La mortalité est surreprésentée dans les régions à forte densité, où l'état sanitaire de la population est le moins bon (pollution, conditions de vie, alimentation, stress...)
La mortalité est en recul chez les jeunes.
Dans les pays où l'espérance de vie n'est pas aussi longue que chez nous, les statistiques sont différentes.

Sur 600 000 morts annuels en moyenne, on enregistre une progression annuelle de 10 à 14 %. Une évolution ordinaire imputable au vieillissement des baby boomers

Or, en 2021, à ce jour, en France, la surmortalité comparée à 2019 n'est que de 3 à 4% environ.

Même si les données n'incluent pas encore l'hiver du dernier trimestre, c'est un pourcentage qui est très en deçà de ce qu'il devrait être.

Pourquoi ?

Parce que sont prématurément décédés, en 2020, ceux qui n'auraient pas vu la fin de 2021 de toute façon.
Alors oui, un an de moins ça compte pour chaque individu et sa famille.
Mais cela justifie-t-il de vacciner à tour de bras, tous les six mois, et sans recul, la totalité de la population, en ostracisant ceux qui ne veulent pas, en révélant hélas le kapo qui sommeille chez trop de citoyens ?

Conclusion personnelle sur ces données : sont décédées, certes trop tôt, mais néanmoins inéluctablement, ceux qui auraient dû terminer le voyage un ou deux ans plus tard.
Ce qui est triste et sérieux. Mais pas surprenant.
N'importe quel décideur sensé mettrait les moyens sur la protection de cette population là, et notamment les pensionnaires des ehpad, vulnérables à cause de leur âge, mais aussi (et surtout ?) de la promiscuité et de l'enfermement.
C'est une option inverse qui a été choisie.

De même pour la gestion hospitalière : quand la presse menaçait de voir les hôpitaux "trier" les patients, il se révèle que les cas Covid n'ont représenté que 2% des hospitalisations en 2020.

Alors je résume le discours de notre bien aimé commandeur : prolongation de l'impasse sanitaire, subordonnée à une dose (de Pfizer bien sûr) tous les six mois.

Les hôpitaux ...on attend la fin de l'enquête pour savoir comment se fait-ce donc que des lits soient fermés, déjà qu'on n'en avait pas assez ? (À cause des mise à pied de soignants peut-être ?).

Les énergies renouvelables : on va construire des réacteurs nucléaires.

Les personnes âgées : en France aujourd'hui, tout existe pour le maintien à domicile.
Une chance qui coûte.
Demain on aura plein d'Ehpad, à gestion privée.
Les travailleurs, qui auront peiné jusqu'à 67 ans, finiront leurs jours dans ces
lieux de maltraitance institutionnelle, résultant d'une gestion des personnels à flux tendu.
Une magnifique avancée sociale...

J'ai hâte de connaître le prochain préliminaire électoral : un confinement à mettre sur le dos des non-vaccinés responsables d'un tsunami de covid chez les personnes protégées par le vaccin ?
Un attentat non déjoué par les champions de la police occupés à contrôler les restaurants ?


(Source des données : Insee, et Agence technique de l'information sur l'hospitalisation, organisations complotistes)


3333 Code Ste Rita # 6 Tour de pass pass



Me voici donc en liberté surveillée jusqu'au 21 avril prochain.
Titulaire d'un pass à mon nom, valable 180 jours.
Comment ?
Par la grâce de l'univers.

Je vous raconte cette histoire incroyable.
Alors que ma petite voix intérieure me souffle, depuis des mois, de ne surtout pas me faire vacciner, puisque je ne suis pas à risque, j'avais finalement pris rendez-vous le 21 octobre, pour une primo injection.
De guerre lasse, totalement découragée par une ostracisation de plus en plus pesante, excédée par les tests coûteux et inutiles dans la plupart des cas, j'étais prête à lâcher l'affaire.

Mais le matin même, j'ai besoin d'un antigénique pour le week-end. 
Je me rends dans une pharmacie où j'ai mes habitudes. J'y vais en priorité pour sa neutralité, sachant qu'on sent un jugement dans les gestes brutaux et exagérément prolongés de certains préleveurs, une sorte de "tiens prends-ça puisque tu ne veux pas te faire vacciner !". Je suis parfois obligée de rappeler que la loi ne criminalise pas l'absence de vaccination, et que je ne suis donc pas une délinquante.

Devant moi, Luc Arbogast, avec un ami, furieux. Le copain est positif au Covid, il va devoir se confiner dix jours, Luc est cas contact. Je glisse :
"- Si vous ne vous sentez pas malade, soyez contents, dans onze jours vous aurez le pass.
- Je suis vacciné...".

Le préleveur me demande de patienter un peu, le temps de tout désinfecter après ce cas positif.
On discute un peu pendant l'opération. J'en profite pour le remercier de sa délicatesse.
"- J'ai pitié à force...".

Trente minutes plus tard, je n'ai toujours pas les résultats. C'est inhabituel. 
La pharmacie m'appelle :
"Vous êtes positive, mais le résultat n'est pas très clair, il faudrait valider avec un PCR. Ce sera gratuit, mais il faut aller dans un laboratoire".
Je ne suis pas ravie.
Mais je m'exécute. Certes je ne suis pas vaccinée, néanmoins, contrairement à ce que voudrait faire croire la presse, j'ai une conscience. Or, j'ai participé à un rassemblement le samedi précédent et on ne sait jamais. Je sacrifie donc cette fois mes deux narines...
Je vous passe le harcèlement culpabilisant et menaçant de l'employée de la CPAM qui mène une enquête quasiment policière sur mes fréquentations.
A 22 heures, je reçois une notification : PCR négatif.
Oui, mais...
L'antigénique positif déclenche automatiquement, 11 jours plus tard, la validation du certification de rétablissement du covid. Franzouski insiste : le PCR ne l'invalide pas. Et il a raison.

Alors voilà, ce test m'a empêchée de me faire vacciner au moment où je n'en pouvais plus.
Deux jours avant mon anniversaire.
Il me rouvre les portes de la piscine, des restaurants, des cinémas.
Après une telle synchronicité, il est certain que je n'aurai pas un second moment de faiblesse.
Je suis même désormais convaincue qu'hélas beaucoup pleureront des larmes de sang.

jeudi 11 novembre 2021

Calucada

 Je rentre d'un nouveau stage dans les Cévennes


au cours duquel j'ai vraiment écouté et dansé la musique irlandaise.

Sylvie  Berger, notre maîtresse à danser,  et ses complices faiseurs de musique vivante, Serge Desaunay et Kieran Fahy, touchent et abreuvent mon âme, avec autant de talent que de complicité.



Kieran a su trouver les mots pour encourager ma manière de chanter "avec cœur". Il a dit cela avec un de ces petits gestes qui s'impriment dans la mémoire, le poing refermé contre sa poitrine. Et bien sûr, venant d'un grand musicien, c'est un de ces compliments qui nourrissent le courage et alimentent la créativité, comme tout ce qui nous a été passé par ces artistes.

Ce fut encore une belle semaine d'imaginaire et de voyages à travers l'Europe.

Un caluc en occitan, c'est un fou.

La stage s'appelle la Calucada et porte bien son nom.

Des jours de liberté, de partage, de joie, d'amour. Un séjour magnifique, de belles rencontres,,. Accompagnée cette fois d'un partenaire certes débutant, mais néanmoins tenace et déterminé à apprendre. 


To be continued...

Session de rattrapage

 Il a mis la radio.
Variété rétro sixties, seventies.
"- Ce sont les airs de mon enfance."
Léo Ferré, C'est extra...

"- On allait au patronage, tous les jeunes du bourg. On dansait des slows, j'étais timide, c'est comme ça qu'on draguait.
- Tu veux danser un slow avec moi ?
- Oh oui, j'aimerais !"
Le temps de poser le couteau qui épluchait les pommes de la compote, de se rincer les mains, de tamiser la lumière, et d'accueillir ses bras qui se referment sur moi.

Le temps d'un flash boum. Un flot de larmes monte malgré moi, et je m'y abandonne.
Cet homme partage ses souvenirs d'enfance. Avec moi qui en ai si peu.
Je me rappelle quelques slows oui. Mais, la plupart de mes journées adolescentes, je les ai consacrées à étudier, puis à rentrer chez moi, pour faire à manger, laver le linge, tenir la maison.

Lui, il sortait en cachette, malgré la porte fermée, fuyant l'ambiance malsaine d'alcool et d'insultes
Au fil de ses escapades, il a tissé toute une toile de moments heureux, qu'il me livre avec confiance et douceur.
Ses paroles ouvrent les vannes qui laissent filer les derniers chagrins. Elles sont un baume qui me répare, impressionnant des bobines entières d'images qui m'inspirent et m'obligent à écrire vers de nouveaux points cardinaux.
La plume aux vents.




mardi 2 novembre 2021

Identités remarquables

C'est étrange comme la vie parfois prend de drôles de tournants.

Un jour tout a l'air tranquille, calme, comme si le monde n'avait pas définitivement changé.

Alors que, même en Braud, rien n'est pareil, depuis que nous sommes supposés présenter un pass, y compris en l'absence de public.

Un autre jour on lâche prise, On exprime clairement, ouvertement et sans reproche, à quel point on se sent blessé et malheureux de voir des camarades sortir un téléphone pour nous contrôler. Puis, quand c'est dit, et entendu, on peut reprendre là où on en était resté. 

Le chemin bifurque, entre la vie qui va, les répétitions des concerts de Noël qui reprennent, les repas tous ensemble, et le regard qui voit plus loin. On décide qu'il n'y a aucune obligation à accepter l'inacceptable, que nos racines reprendront vie n'importe où il y aura de l'eau, de la musique, des bois, des amis, des oiseaux.

Et de l'amour.

On oublie qu'un jour on s'était sentie seule, triste, médiocre.

Qu'il a fallu reconstruire l'amour de soi et affirmer une farouche détermination que rien n'aurait su entraver.

On a repris de la vigueur, sans craindre le temps qui passe, l'automne, l'hiver... On pose quelques jalons, une toute dernière baignade dans une eau froide d'octobre.


C'est le moment que choisissent les Moires pour croiser les fils de deux destinées.

Bien que les événements aient un parfum de déjà vu, la distance, le veuvage, tout est différent.
Tout prend une nouvelle saveur.
Sur son bord.
Une grande marche main dans la main.


Une sortie kayak surprise.


Sur le mien, un pique-nique en bord de rivière.
Et tant de petits et grands bonheurs à partager.

Deux identités. 
Deux parcours.
Remarquables.

Tels les chênes en forêt de Tronçais.


Vous me pardonnerez, c'est certain, de venir ici moins souvent...
Je vous embrasse.

mardi 21 septembre 2021

Automne couchant

Vingt ans que j'en rêvais : septembre à la plage.

Les boulassiers



Cap à l'ouest, au soleil couchant, s'envelopper de la lumière déclinante, 

goûter la chaleur et le sel sur la peau, avant le repli de l'hiver.

Sentir le vent en sillonnant les pistes cyclables, le long des plages, des forêts, des marais salants.

J'avais choisi le bout du bout, la presqu'île de Crozon, avant de renoncer raisonnablement, devant le temps de trajet, incompatible avec les suites d'une opération bénigne et qui doit le rester !

Ce fut Oléron. Une belle surprise.

Quatre jours de bonheurs simples, avec juste ce qu'il faut de fantaisie pour avoir envie de se souvenir de chaque minute.


D'abord seule...

puis gentiment accompagnée


La chaussée de Fort Louvois







Les couleurs du port de la Cotinière

.



Les graffitis des citadelles



Le phare de Chassiron








Le village fortifié de Brouage, ancien havre aujourd'hui enfoncé dans les terres



Jusqu'à la dernière minute... plage du Douhet






lundi 20 septembre 2021

Stardust memories

Me voici réconciliée avec les étoiles filantes.

Par la grâce d'une plage sur laquelle se déroulait le velours de la nuit, 

dévoilant des cortèges de constellations,

la lune en son premier quartier,

Vénus doucement éclairée,

des mots chastement échangés,

la garde baissée,

le clapotis des vagues,

au loin le ressac ...

Elles sont venues.

Deux étoiles.

Qui ont emporté, dans leur sillage, le sel d'anciennes larmes enfin oubliées, le souffle glacé de paroles inconséquentes, et tous les chagrins passés.

La douceur inédite d'un bonheur simple.




Opportuniste

En ces temps troublés, profiter de chaque instant.
Pragmatique.
Je nettoyais les fichiers de mon téléphone ce matin, prête à effacer mon pass du week-end.
Halte-la madame Nicole !
Vendredi 15.42 
+ 72 heures.
Tu peux aller à la piscine !
Le temps de sauter dans mon maillot, d'attraper les clés de Berlingo chéri.
1500 mètres de pur bonheur.
Et retour.
C'est une des activités qui me manquent le plus.
Et je prie que les restrictions soient effectivement levées dans les départements épargnés.
En attendant l'antigénique du vendredi est mon ami.






lundi 6 septembre 2021

Cabannée

Dieu, nous as-tu abandonnés ?
Que devra-t-on accepter demain ?
Nous croyions vivre dans une imprenable forteresse de liberté et de fraternité.
Hier nous travaillions, nous riions, nous buvions et nous mangions ensemble.  Dans ce monde changeant, il restait un espace où cultiver la joie.
Et c'est cette joie qui nous protégeait des fureurs du monde. Quand on nous prédisait l'apocalypse, il restait une arche de terre, de pierres et de chansons.
Épargnée.
La vie y suivait simplement son cours.

Les naissances, les morts, les saisons, et rien d'autre.

Et voici que cette arche s'est échouée sur les hauts fonds de la peur. Au nom de la loi (une loi qui ne s'applique même pas en l'espèce) c'est la quarantaine pour de fidèles camarades d'équipage.
Demain, au nom de la loi  seront-ils aux arrêts ?
Non je ne croyais pas vivre un jour cela :  être contrôlée, au bout d'un chemin familier, par mes compagnons d'hier.
 

jeudi 26 août 2021

Au détour d'une fin d'été

 Oui je dois l'admettre, mon assiduité à ce journal peu intime se dissolve progressivement dans la joie de vivre.

Paradoxe : je me prépare à une rentrée malmenée, sans cours de gym (bien moins de 50 personnes, la plupart vaccinées, mais ceinture et bretelles sanitaires). ni piscine. On est puni, mais on ne sait pas bien pourquoi.
Le contexte s'est fait déplaisant, tout le monde contrôle son voisin, son client, un autre membre de son association, avec une application. On marche sur la tête, on applique plus que la loi, c'est comme si le monde baissait la tête d'un air coupable, onze mois de l'année, en n'aspirant plus qu'à consommer et partir en vacances comme avant.

Comme avant.

Rien n'est comme avant. Jamais.

Il y a ceux qui partent, et ceux qui arrivent.

Les chemins qu'on emprunte et ceux qu'on délaisse.

Des pages qui se tournent, des chapitres qui s'écrivent.

Le soir, je me repasse le film des instants de bonheur. Le matin j'ai hâte du quotidien. J'ai toujours à lire, à écrire, à explorer, à chanter, à danser, à camper, à pédaler, à nager, à rencontrer.

Se lever sans douleur, pour mener la vie que l'on s'est choisie, à l'âge d'en profiter encore, moi je dis, n'en perds pas une miette !

Rien à faire, je me sens heureuse et chanceuse.

Alors pour vous résumer un mois, je vais prendre au plus direct :


Madame Nicole a pignon sur rue.
Elle refuse du travail.
Et ne s'investit que dans ce qui lui fait envie.


Madame Nicole manifeste un peu partout où elle se trouve (ici avec un poète aveyronnais)
Il y a de tout.
Des allumés de l'apocalypse, des militants d'extrême droite, des vieux, des jeunes, des soignants comme Franzouski, et un tas de gens... comme elle.
Madame Nicole n'a pas de pass. C'est son choix, et pour l'instant, ce n'est pas illégal.
Ce qui est illégal ce sont les exigences excessives d'un tas d'adjudants qui s'ignorent.
Mais on n'est pas obligé de perdre son énergie à les affronter, le monde est assez vaste et les chemins suffisamment nombreux...




Madame Nicole a souvent les pieds dans l'eau. 
A la source et au-delà.







Même quand il faut grimper dur pour trouver les espaces sans pass.


No pass à ânes !


Madame Nicole aura beaucoup chanté et dansé.
Personne autour n'est tombé malade.
Son village n'a pas été rayé de la carte.
La chance ? La joie ? Le destin ?
Je ne sais pas. 
C'est toujours ça de pris.





Madame Nicole aura beaucoup campé, marché, admiré, pris les chemins de traverse.
Et ça, c'est cadeau.





Madame Nicole aura beaucoup roulé.
Avant de revenir au camp de base manger ses légumes.
Le jardin c'est la vie, la patience, les bonnes graines...



Ah pis je suis sûre que ceux qui suivent ont envie de savoir.
Que votre patience soit récompensée : j'ai tenu bon.
C'est tout bien réparé dans ma petite mécanique palpitante.
Le roi des cajuns est rentré chez lui, après s'être acquitté d'une petite dette envers moi.
Grâce au meilleur des gestes barrières -une distance sanitaire de deux bonnes heures de route- et à mes partenaires de danse et de brebis, je n'ai pas vu passer l'échéance.
Ce fut un bel été, sans rentrée.
L'automne  arrive sans appréhension.


Et cette question existentielle à considérer...😏
C'est l'heure de relire ma lettre du bout du cœur !
Elle est à jour...