dimanche 29 mars 2015

3333 Code Ste Rita #5

C'est l'heure du mantra.

3333 code Ste Rita
fais que je vende mon Berlingo qu'est sur le parking.
Le temps s'écoule,
parfois vite,
un jour chasse l'autre, les cours, les enfants, le linge, les courses, le chant, les amis, le ciné, la piscine...
parfois lentement
préparer l'entretien
collecter les informations
comprendre que la réponse d'un éventuel détachement dans le secondaire n'arrivera qu'au début de l'été,
quand tout sera déjà bouclé pour la Louisiane,
s'ils m'embauchent.
Ils vont m'embaucher.

3333 code Ste Rita
fais que je vende mon Berlingo qu'est sur le parking.
La culpabilité est toujours là,
mais je prépare les boys (et leur père) à la séparation,
à l'autonomie,
à la réalité de la vie.
Même si je restais, il faudrait : je ne peux pas continuer comme ça,
c'est trop lourd.
Quand un enfant cesse-t-il d'être trop jeune ?
Je ne sais pas.
Moi j'ai pas eu le choix.
Réunion de famille pour en parler.
A mon initiative, encore.

3333 code Ste Rita
fais que je vende mon Berlingo qu'est sur le parking.
Je regarde mes enfants,
je regarde ma mère,
je regarde les Chavans,
je regarde le jardin.
Je dis un peu au revoir chaque jour.
Mon cœur s'envole,
rien ne le retient.
Ça me tourmente et ça me porte.

3333 code Ste Rita
fais que je vende mon Berlingo qu'est sur le parking.




Killing chair

Je travaille désormais souvent debout.


D'abord parce que j'utilise le rebord de la fenêtre de mon bureau,
pile poil à ma hauteur,
avec une vue sur le jardin,
qui,
même lorsque le temps est maussade
me ravit.

Ensuite (mais surtout en fait)
parce que j'ai zéro personnalité.
Non seulement tous les geeks de Silicone valley travaillent comme ça,
Mais aussi, comme pour le bullet journal
j'ai suivi la recommandation de Michel,
le créatif collègue, auteur de Tilekol.
qui affirme que la chaise tue,
et qu'elle tue plus que la cigarette
(heureusement qu'on oblige les fumeurs à pratiquer leur vice debout au grand air ...
on leur sauve la vie ...)


De la même manière que tout en pratiquant la méditation qui m'apaise,
je m'interroge sur une mode qui vise quand même à nous faire accepter notre situation,
issue d'une philosophie s'accomodant parfaitement de la notion de castes,
je dois dire que je reste un peu partagée sur le concept.

D'un côté, je suis convaincue que visser des gamins à leur chaise en classe,
c'est pas bon,
et je suis très heureuse devant ma fenêtre, d'utiliser mes jambes, au lieu des roulettes de mon fauteuil,
pour me déplacer jusqu'aux dossiers et autres papiers.
J'aime cette mobilité de la mécanique du corps.
C'est presque un peu addictif.

On the other and,
c'est un phénomène de mode directement importé des Etats-Unis,
et je me méfie de tout ce qui actionne des mécanismes de peur
et vise à nous faire consommer,
en l'espèce un bureau ergonomique avec un tapis de marche dessous.
Quand la petite voix dans ma tête me souffle de passer moins de temps sur l'ordi
et un peu plus dehors, à faire autre chose que travailler,
j'aurai plutôt tendance à l'écouter.
Tous ces tableaux épinglés me laissent une impression de gêne,
j'aime pas bien la frénésie collective généralement.
Mais peut-être que ma no-personnalité et moi,
un jour, on se laissera circonvenir ?


Illustrations internet
Edit : j'espère que la chaise ne tue pas les chats...



mercredi 25 mars 2015

Un tour dans le bois...

A l'occasion des journées européennes des métiers d'art



venez donc vous faire un tour dans le bois
ce week-end


pour boire un coup déjà
pis
vous initier au tournage
manier les outils
ou simplement admirer les objets qui naissent sur le tour.
Le bois c'est très doux, et ça sent bon.

L'atelier de Jean-Louis est à la Chapelle Taillefert
tout près de Guéret
( 05 55 41 12 81)
et si vous êtes trop loin
alléluia !

dimanche 22 mars 2015

Fais-moi un signe #10

La vitrine de ma boulangerie,
aux couleurs du carnaval 
de la Nouvelle-Orléans...



Images comme ça

Des images pour rien
des images comme ça.
Penchée à la fenêtre,
j'écoutais la joyeuse mélodie de la récréation
les cris, les rires.
Je voyais les ombres s'étirer et courir sur le bitume.
Je me disais,
s'il y a de l'ombre,
c'est qu'il y a de la lumière,
et juste à ce moment,
j'ai senti la chaleur du soleil sur mon visage.





Provisions

De quoi je profite en ce moment ?
Du fromage de chèvre, des œufs frais
et de la crème crue....
Des spécialités françaises
inconcevables aux Etats-Unis...



mercredi 18 mars 2015

Ciné plus, ciné moins

On y court...
Une fiction très documentée,
autour de l'histoire de Many, un jeune sikh téléporté en France pour y travailler,
rembourser son passeur et envoyer de l'argent à sa famille.
Émouvant, attachant
dans un univers qui n'a rien de manichéen,
celui des mineurs isolés.
Je ne vous en dis pas plus,
à part
allez-y les yeux fermés.
Euh non, pas fermés en fait,
c'est du cinéma...



On oublie...
Enfin moi,
je vais l'oublier très vite,
contrairement aux petits bijoux eastwoodiens
qu'ont été
La route de Madison
Grand Torino
Mystic river
Million dollar baby.

Alors
en vrai
j'ai pas tout détesté,
vu sous l'angle de mon projet d'expat,
tout ce qui parle de l'Amérique profonde
le drapeau devant la porte
le patriotisme
Dieu...
Tout ça m'intéresse bien sûr.
Mais c'était long
et pas bon.
C'est quand même sur fond de guerre en Irak,
dont l'exposé des causes est soigneusement évité,
juste vaguement évoqué par un soldat
peu avant de se faire tuer.
Conclusion du héros : c'est bien fait, c'est le doute qui l'a tué...

Le pire moment :
soucieux de maîtriser son budget plombé par les effets spéciaux,
Clinty a opté pour l'emploi d'un poupon de plastique.
Une véritable scène d'anthologie : la femme du héros allaite le poupon,
le refile à son mari (pour une fois qu'il est là),
lequel lui bou-bouge un peu la main pour faire plus vrai.
A part ça, j'en garderai pas un souvenir impérissable
si ce n'est peut-être que, bien souvent,
les gens meurent comme ils ont vécu : connement...