lundi 3 août 2026

Guérir # 8 Retour vers la Russie

Le 31 janvier 2025, je m'envolais pour un périple de sept semaines en Russie, essentiellement sur la ligne transsibérienne. 


Arrivée par Pékin, 


j'étais ressortie par l'enclave de Kaliningrad, pour rejoindre une liaison aérienne européenne à Gdansk, après quelques 10 000 kilomètres, de Vladivostok à Moscou.




Surtout en cette période troublée, au retour, il y aurait eu matière à écrire et écrire encore. D'autant plus que, l'automne précédent, j'avais déjà fait le tour des villes de l'Anneau d'Or.
J'ai raté ce rendez-vous avec moi-même.

L'atterrissage en terre bretonne fut brutal. Ouin Ouin avait encore changé d'avis. La maison étant propre et rafraîchie, et puisque j'avais posé des limites claires (énorme red flag ça, devoir poser un ultimatum pour être entendue quand on souffre...) il avait eu le temps de réaliser qu'il n'avait plus besoin de moi, de mes bourrelets et de mes "exigences". 
Pour les services cependant, il lui fallait ne prendre aucun risque de se retrouver seul en assumant ses responsabilités. Plutôt que de tenir l'engagement pris deux ans avant pour me faire venir combler le gouffre de ses insécurités, en relookant sa cuisine, ou tout simplement de mettre fin à une relation qui ne lui convenait plus, il avait passé ce temps à s'apitoyer sur son sort ici et là, statue de la désolation aux tristes bajoues.
Encombré par une femme pas assez complaisante, mais soucieux du qu'en dira-t-on, il avait joué la carte du dolorisme, jusqu'à ce que, bam, coup de foudre d'une candidate à l'excitante stratégie de l'ombre, bien décidée à le sauver de mes griffes, avec ses paroles venimeuses, étoupe des incroyables capacités  de cet homme à tromper, tricher et mentir, bien planquées, mais soigneusement cultivées depuis près de quarante ans.
Qui plus est une femme "bien", prête à légitimer tout et n'importe quoi. Le rêve narcissique enfin réalisé.

Bref, pendant que je me croyais encore naïvement gâtée par la vie, en abordant une nouvelle phase de ce que je vivais toujours comme une belle relation, chacun chez soi, lui avait anonymement enregistré le numéro de téléphone d'une fausse blonde morte de faim, et commençait à échanger des messages enthousiastes avec l'une comme avec l'autre, sur deux messageries différentes, pour éviter les fausses manip.

Mon corps avait flairé la duplicité, mon cerveau la niait. Difficile pourtant de ne pas voir. Elle le draguait ouvertement devant moi, s'asseyait systématiquement près de lui, me parlait hargneusement, attisait sa jalousie en grouillant auprès de l'animateur de danse. J'étais l'intruse, la vilaine qui s'interposait entre eux. Il ne lui mettait pas de stop. Bêtasse que je suis, je pensais qu'il était trop timide pour être clair, et je ne voulais pas lui faire honte en la taclant publiquement. Bien que très mal placée, ma confiance restait curieusement intacte (encore un gros red flag ça, un homme dont l'absence de limite avec les autres femmes te met mal à l'aise et en insécurité).
Qu'attendait-il ? Bah d'être sûr d'avoir ferré sa nouvelle proie, pas question d'avoir la honte de se faire quitter sans avoir de remplaçante sur l'oreiller.

Ce qui est certain c'est que dans l'obscurité de mon aveuglement, ma source s'était tarie en un mince filet où mes quelques mots survivants trouvaient encore moyen de se noyer.

Un traumatisme ce ne sont pas des faits. C'est ce que nous ressentons quand nous les subissons. La sidération, le déni, la colère, la tristesse, l'acceptation, ne se traversent pas en en claquement de doigts. Sans eux, la reconstruction sera toujours boiteuse.

Donc, ne vous imaginez pas que  depuis six mois je radote en réécrivant cette histoire sous différents angles. Cela fait partie des processus de guérison. Le cerveau est plastique, il se reconfigure en permanence, et pour cela, il a besoin d'un peu d'aide. Notamment que le verbe soit. C'est le principe éprouvé de mettre des mots sur les maux, pour effacer tout particulièrement les images intrusives, et ne se souvenir de ce qui est utile, le reste, leurs choix, leurs mots, n'appartient qu'à leurs auteurs. J'en retiens qu'on peut mentir droit dans les yeux. Que seuls les actes comptent et qu'il faut savoir tourner les talons, même bercée de belles paroles. Que le blâme systématique des ex si vilaines avec un si gentil garçon est une alerte rouge. Qu'un mec de 70 balais pour lequel seul compte le physique -genre qui compare les rides et les kilos quoi...- et qui se comporte comme à 25 ans, ça pue.


C'est bon, j'ai bien enregistré. 
La routourne elle peut tourner là...


Après, on peut passer à l'action, sans craindre de recommettre les mêmes erreurs d'appréciation.

Or, magie des synchronicités, de l'action, j'en ai. Il se trouve qu'après avoir trituré l'affaire dans tous les sens, au moment où je me sentais prête à construire de nouveaux projets, mais sans trop savoir par où commencer, Marjorie Talhouet, qui m'avait presque remis les neurones à la création pendant un atelier "Déclic", nous a invités à participer à un nouveau projet : un jour, un post-it.
Une expérience de neurosciences sur l'intelligence humaine. Et devinez ce qui m'est revenu en plein cœur dimanche ? Non, pas encore eux 😱😅🤣 !
Mais la Russie. Ma belle échappatoire qui m'a révélé un peu de la femme que je suis vraiment, au prix c'est vrai, d'un arrachement. Mais qui mérite le détour.


J'ai pérégriné dans une vingtaine de villes, toutes différentes, et toutes un peu semblables. Que m'en reste-t-il ? C'est le fil de ma nouvelle série sur ce blog : Une ville russe, c'est ...
Pour les post-it, c'est une autre dimension, qui se construit dans un joli carnet courge.
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PS. Si ça vous intéresse, Marjorie a créé un compte Insta, pour faire participer un groupe plus étendu que notre petit comité. Je me suis fait violence, pour en ouvrir un aussi. J'ai aucune idée de comment ça fonctionne, j'en suis aux tutoriels...🤪

1 commentaire:

Barbara a dit…

Pose tes mots oui pour guérir les maux (et en plus tu le fais bien ).
je t'embrasse fort.