lundi 20 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole # 36 La voile au vent


Aujourd'hui,
au détour d'un chemin croche, j'ai jonglé que, juste avant le confinement,
dans les petits groupes de CE1 décrocheurs,
on travaillait à partir du mythe de la boîte de Pandore.

Ils étaient bien soulagés de savoir qu'en dernier, après tous les maux, la souffrance , la maladie, la haine, la vieillesse....c'est l'espérance qui sortait de la boîte.

Aujourd'hui,
ce sera une bourrée deux temps.
Pourquoi pas avant ? Parce que c'est dur sans la Chavannée, la danse, Embraud.
Mais aujourd'hui,
il faut penser à l'espérance...
Et que serait le bocage sans la bourrée ?




Aujourd'hui,
j'ai reçu un petit message de Padna.
Un petit signe anodin qui m'a fait bien plaisir.
Car aujourd'hui,
j'étais supposée m'envoler pour Lafayette, LA.
Je serais arrivée le soir,
et on aurait été souper et danser à Artmosphere.
Parce qu'aujourd'hui,
ça fait quatre années, jour pour jour, qu'on a dansé ensemble dans ce pub pour la première fois.
Il y avait un concert de Bonsoir catin.
C'était le mercredi juste avant le Festival international de Louisane.


C'était le bon moment.
C'était il y longtemps déjà.
Tout passe.
Mais heureusement, pas tout ne s'efface...

dimanche 19 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole # 35 Drôles d'oiseaux


Autour d'un petit étang habituellement peu fréquenté, l'herbe a poussé drue.
Tout est clôturé pour les vaches mises au pré.
Je ne peux plus m'approcher.
Dans ce temps suspendu, le plan d'eau se peuple d'un tas d'oiseaux qui font un peu durer leur escale.

Je pense à une danseuse, Sylvie Berger, une danseuse professionnelle, dans mes âges ou un peu moins.
Asteure, elle est après tailler les vignes.
Toutes les manifestations annulées, pas d'alternative.
Alors elle est partie travailler dans les vignes de sa région, pour rentrer un peu de braise quand même...


Je rentre à travers bois, le blé est après pousser lui aussi.
Il ondule doucement sous le vent de pluie qui menace sans venir vraiment.


samedi 18 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole #34 Le jour de la cigogne et des haikus

La fenêtre ouverte
L'écho des oiseaux de nuit
Sommeil délicieux

Matin de lumière
Le tilleul reprend ses feuilles
Vent et ombres dansent

La vie éclatante
Parce qu'il a plus cette nuit
Bruissements joyeux

Chemin creux nouveau
Bouchures et froissements d'ailes
Envol apeuré




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Pas de jour 32 (journée de garde..), ni 33 ( pas envie). Pour le reste, bah, ça viendra...

mercredi 15 avril 2020

Caminho Portugues # 12 De Caldas de Reis à Padrón - Mercredi 4 mars 2020

Ah là là, je vous fais attendre.
Non je ne vous ai pas oubliés en chemin.
Mais vous allez rire, je suis débordée.
Si, si.
Je vous raconterai ça une autre fois.

Ce mercredi là, toujours sous la pluie battante, j'ai quitté Caldas de Reis, où l'heure n'était pas au bain dans les sources chaudes.





Magnifique chemin de sous-bois, et délicieux villages de granit...





















Je voulais m'arrêter à Pontecesures après la fatigue d'hier.
Finalement, après tant de grâce, c'était tellement moche, et l'albergue isolée, loin de toute commodité... Trempée pour trempée, j'ai acheté de l'ibuprofène et j'ai poussé trois km plus loin, à Padrón.

Je n'ai pas regretté.
Albergue monument historique, protégée par une imposante église de granit, et la présence joyeuse d'autre pèlerins, dont Antonio, un portugais qui parle très bien français, et qui trace 40 km par jour ; chauffage, grand dortoir où on peut s'isoler un peu.
Un café sympa à 20 mètres, avec cette soupe locale, la calda gallega.



On trouve ici,  comme dans le nord du Portugal, dans tous les jardins, des choux "cavaliers", dont on utilise les feuilles au fur et à mesure que la tige grimpe.



C'est la base de cette soupe.
On parle beaucoup du virus à la télé, dans les cafés.
Mais il n'y a aucun cas en Galice.
C'est peut-être la soupe ?
Je m'en fais une intraveineuse tous les jours...

En regardant mes courriels, je trouve un petit mot de Padna.
Un message d'encouragement, avec des mots de fierté et d'admiration.
C'est tellement rare que j'en suis très troublée.
Au moment où je m'apprête à le quitter, je doute fort.

Et puis surtout, je reçois une information sur un de mes petits cousins.
Une information qui tourmente violemment ma petite fille intérieure.
Double désarroi.
Double peine.
Quelque chose s'étire et se déchire entre le passé et le présent.

Mais je suis à 25 km de St Jacques.
Un jour, deux jours...on verra.
Je sais désormais que je finirai avec mes pieds et pas en bus.

Et ça me laisse encore du temps pour réfléchir.

Le grand confinement de Madame Nicole # 31 Le jardin des amours


Encore un joli cadeau aujourd'hui.
J'ai reçu un fichier son tout simple, avec une voix amie en contrepoint d'une de mes vidéos.
J'arrive pas à le mettre iciMais pour toi Hilly,
Jour 31 : le jardin des amours
Tourné à proximité immédiate de chez moi, un champ qui donne sur les anciennes douves du village, derrière la butte.

mardi 14 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole # 30 Il faut hisser ces voiles


Il y a d'abord eu les cigognes après muloter en harde...



Et puis le gué quand je me suis trompée de route...
Et qu'au retour j'ai dû pousser mon vélo dans un délicieux chemin aussi raviné que pentu.


Chanter les pieds dans l'eau.
C'est toujours interdit.
Mais c'est pas grave.
Je pense un peu à Padna.
De moins en moins.
Jour 30, un bon cru : une valse collectage Lomax auprès de Julien Hofpauir, dans la paroisse de Nouvelle Ibérie.
Avec un peu de sauce bibiche, version Madame Nicole.





lundi 13 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole # 29 Un an déjà


C'est lundi mais je ne travaille pas.
C'est férié, c'est lundi de Pâques.
J'explore cinq nouveaux centimètres carrés sur ma carte IGN.
Et je me dis : "Lundi de Pâques ? Je faisais quoi à Pâques l'an dernier ?"
Je ressors mon carnet.
L'an dernier, à cette date, c'étaient les Rameaux.
J'ai encore la branche d'olivier bénie... par l'évêque d'Oran.
Je venais d'arriver dans ma ville natale, 
pour y retrouver quelques pièces de vie, des pans de mémoire.
Comme des balises sur le chemin qui m'a conduit jusqu'à aujourd'hui.
Il y a les coups de blues, si lourds qu'on n'a pas envie de chanter,
et il y a les journées formidables.
Même confinée.
Les petits bonheurs, l'odeur du lilas...