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jeudi 3 janvier 2013

Mondialisation





pains d'épices finlandais et biscuits suédois










sablés anglais







chocolats finlandais

gaufres hollandaises (avec du miel à l'intérieur)


gâteaux arméniens

Des nouvelles du matin calme

J'aime la radio et j'aime la PQR.

Les infos télévisées me gonflent, et internet c'est très vite, très loin et très n'importe quoi.
J'aime prendre le temps de lire, et j'aime savoir ce qui se passe autour de moi.

La presse quotidienne régionale, c'est celle du feuilleton, des avis d'obsèques, de l'assemblée du club de Péta-boules, mais aussi des programmes de cinéma, de l'adresse de la pharmacie de garde, de la soupe de champignon à l'huile de noisette, du portrait de l'épicier corse d'Anzème, des tournages de film avec casting local, du vivier présidentiel corrézien, et du seul média qui sache que le Limousin, ce sont trois départements.
Dont le mien.

Non, dans la PQR, les nouvelles ne sont pas mauvaises d'où qu'elles viennent.

Or,  le journal, je ne le lisais plus depuis le décès de mon père,
à qui Noëlle, son auxiliaire de vie, l'apportait tous les jours.

Voilà que la Montagne vient d'avoir la bonne idée de redécouvrir le portage.
A domicile.
Avant 7 heures.

Et je retrouve une délicieuse habitude découverte en Allemagne il y a 25 ans,
la lecture du journal local en prenant le petit déjeuner.
Une entrée douce et silencieuse dans le jour qui se lève
et le calme de la maison endormie.

Un sas de décompression avant même d'être con pressée, c'est pas la fête ça ?




Édit 1 : le petit déjeuner de la semaine, c'est juste une tasse de thé. J'ai décidé de ne remanger que quand j'aurai faim. Depuis que j'ai découvert le blog de Caroline, j'ai compris que, non ce n'est pas mal de sauter un repas si on n'a pas envie, et non, ce n'est pas grave de ne pas finir son assiette.

Édit 2 : Les Limousins en plus, c'est pas en Creuse. Bien que le solde migratoire soit positif, il ne compense malheureusement pas les décès. Venez les jeunes...


Si la photo est bonne - Barbara - 1967 par Petite-Rigolote


Stephan Eicher - Déjeuner En Paix par Stephan-Eicher

vendredi 28 octobre 2011

Karaoké

Hier soir
à la télé, ils avaient programmé un show télévisé, avec en vedette, Calimero.
Calimero, président de son état, est la malheureuse victime de tous ces vilains banquiers, socialistes, et même -le complot est vaste- ses prédécesseurs à l'UE, qui l'ont empêché de nous conduire sur les voies de la croissance et de la sécurité qu'il se faisait fort de nous garantir en 2007.
N'est pas visionnaire qui veut.
Tandis que -très certainement- il expliquait à mes compatriotes comment rajouter un trou à la ceinture déjà serrée au dernier cran, j'ai décidé d'accompagner S. au karaoké.
Certes, n'ayant prévu aucune sortie, vu l'état de loque dans lequel je suis arrivée lundi, je n'avais aucune tenue adaptée. Je n'étais même pas maquillée, c'est dire. Néanmoins, une modeste tunique sur un jogpant a fait l'affaire, de toute façon je n'étais pas venue pour me faire remarquer, mais j'ai quand même pas pris la polaire. Il y a des limites au laisser-aller.
Ah, le dernier karaoké de la saison thermale !
Peu d'appelés, beaucoup d'élus, hier soir, tout le monde avait sa chance, et franchement, je n'ai pas regretté ma soirée.
D'abord, il y avait un type absolument fabuleux, le genre qui pèse 150kg, et que la scène transcende. Le look rock'n roll attittude, veste cuir à franges, bottes western, et lunettes noires,
mais qui assume.
Et vachement bien même.
Voix du tonnerre, champion toute catégorie de Johnny à Aznavour.
Le genre  de type qui peut te chanter même le bottin, et que tout le public se lève pour faire les chorus girls.
Classe et respect.
Toutes celles qui sont là pour se marrer et choisissent des chansons drôles, des trucs que tu savais même pas que tu les connaissais par cœur, qui te rappellent plein de trucs, de la maternelle au lycée, en passant par ton premier baiser (avec la langue of course).
Les deux ado prépubères qui voudraient bien, mais qui n'osent pas, et que, même à deux micros, on n'entend pas.
Le type de 25 ans qui a un coup dans le nez, et qui demande un deuxième micro sans arrêt pour accompagner. Il connaît tout, même les vieux nanards, il meurt d'envie. Mais trop les flipettes pour venir tout seul sur scène. Pourtant, avec ce qu'il avait ingurgité, il aurait dû être largement déshinibé.
Et, la cherry on the (cup)cakes : celle qui chante faux. Mais alors faux. De quoi dérégler les sonotones les plus high-tech.
Faux
oui
mais qui y va
et qui y va franchement qui plus est.
Et ça, moi, j'admire.




Édit : j'avais malheureusement oublié mon appareil photo, et de toute façon, j'ai pas mon câble USB. Mais en hommage à tous les karaokéistes du monde, j'ai choisi ce morceau d'anthologie, sans lequel une soirée karaoké n'aurait certainement pas la même saveur.

mardi 25 octobre 2011

Fin de saison

C'est la dernière semaine de la saison.

Samedi, le centre ferme ses portes, et ne les rouvre qu'après Noël pour les skieurs.

Une station thermale en fin de saison, ce sont essentiellement des retraités, des places vides, le calme.
Des soldes à tout casser dans des boutiques habituellement hors de prix, parce que, dans quelques jours, ils virent tout, accrochent les racks de skis et de chaussures. De toute façon, non seulement j'ai raclé les fonds de tiroirs de mes derniers chèques vacances pour venir, mais en plus, la petite enveloppe bonus de mes ventes sur le Bon coin va financer mon passage chez le suédois de St-Etienne.

Plus de robe d'été, légère, qu'on enfile rapidement, même avec les cheveux un peu humides. Je frissonne parfois un peu. Mais enfiler un pull en cachemire à même la peau, c'est juste divin.

Les horaires qui changent, la piscine qui ferme plus tôt, personne sur le chemin, j'ai l'impression d'être seule au monde. La nuit qui vient vite, je n'aurai pas le temps de remonter à pied. Mais quel délice de pouvoir pour quelques jours encore, marcher le nez au vent, respirer le grondement du torrent, et me glisser dans l'eau thermale, rouge et tiède comme un bain romain.

Je prends mes repas en solo. C'est drôle, pour une fois, je n'ai pas envie de parler (si, si, ça m'arrive). J'entends les conversations des tables voisines, qui tournent essentiellement autour de la nourriture et des bonnes résolutions du retour, qui évaluent les calories de tout le menu. Moi je n'ai plus envie de m'interdire quoi que ce soit et je n'ai pas envie de parler de bouffe non plus. Juste de profiter de ce cadeau somptueux : pas de course, pas de qu'est-ce-qu'on-mange-ce-soir-y-a-rien-d'autre ?
Le serveur me demande à chaque repas si j'ai demandé un changement : ça ne risque pas, je ne sais pas ce qu'il va me servir...
On ne peut pas dire que l'énergie économisée du fait de mon abstinence verbale soit dédiée au silence intérieur. Ce serait même le contraire et c'est un vrai plaisir que de pouvoir laisser vagabonder mon esprit sans péril, ni souffrance, ne rien faire, lire, écrire, beaucoup, parce que j'ai le temps.
Le temps m'est un luxe, le seul auquel je ne puisse renoncer.