Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
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samedi 16 mars 2013
jeudi 15 novembre 2012
Retour sur le plateau
j'ai pensé
partir à 7h30
pour 1h15 de route
c'est pas humain.
Mais l'air était doux
le temps magnifique
et même si je sais que, dans quelques semaines, ce sera nuit noire
j'ai profité de la route jusqu'au plateau
encore paré de ses couleurs d'automne
quand plus bas la plaine a viré au brun, juste avant l'effeuillage en noir et blanc.
J'éprouvais cette petite joie intérieure qui te fait prendre le sillage pelucheux des avions pour des étoiles filantes en plein jour.
Pour une fois,
je n'étais pas en retard.
Et puis cette année
c'est différent
je monte pour 3 heures de rang.
Alors je me suis octroyée une petite pause.
C'est vrai ça
je suis souvent dans la voiture
je vois comme c'est beau
les chemins creux m'appellent
mais je n'ai jamais le temps.
Là je suis sortie
pour sentir et pour regarder.
L'air plus frais m'a sauté au visage
l'odeur d'herbe et de feuille
et ce silence bruissant de la forêt vivante
juste un moment
je me suis sentie à ma place là
entre ciel et terre
comme suspendue dans l'infini du présent
un temps de grace
rien avant
rien après.
Puis je suis repartie vers l'école.
jeudi 16 février 2012
Barrière de dégel
Je n'avais jamais réalisé à quel point l'hiver, même les jours de gris brumeux et de froid humide, pouvait être magnifique.
Sur la route je remarque les troncs noueux
et le gris vert de la mousse qui se détache sur les bouquets rougeâtres des branches levées au ciel.
Les chênes sont comme une gravure déployée sur fond blanc,
leurs branches comme des milliers de doigts plantés dans le ciel laiteux.
La silhouette des bouleaux s'élance et puis se ravise
au bout de leurs branches de graciles breloques pendillent.
Des chutes d'eau se figent,
des pièges de glace enserrent quelques arbres au milieu d'une prairie
dans une sorte d'étreinte amoureuse et cruelle.
Je n'ai pas le temps de m'arrêter pour shooter,
mais ma mémoire embrasse de nouvelles palettes
un nuancier infini qui redonne au gris sa noblesse.
Conduire sur les routes de neige et de glace m'exténue
mais j'aime ces images qui donnent une autre dimension à ces paysages familiers.
Photos prises de la fenêtre de la salle de Gioux, au bout du bout,
pendant que mes élèves écrivaient.
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