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dimanche 14 mars 2021

L'étoffe des songes #5 Nouvelle lune

Il y a les nuits d'une traite.
Les nuits calmes et secures, sans trace engrammée de rêve, qui ouvrent les yeux sur un petit matin, avec la certitude qu'il faut agir.
Démissionner.
Quitter.
Aimer.
Ecrire.
Parler.

Et il y a les nuits animées d'images étonnantes.
Les nuits de grand incendie blanc, de fumée blanche, couvant sous une couette immaculée.
Les nuits de Christ en croix aux pieds duquel s'élève un rameau fleuri.
Les nuits où il faut, en pédalant, se frayer un chemin parmi des voitures, pour rejoindre la bonne voie,
dans MA direction. Se défaire des autres cyclistes en travers de mon chemin, qui m'empêchent d'avancer.
Quand la voie est libre, je m'élance, mais ça descend sec, et je dois, finalement, freiner un peu.

Au réveil de ces nuits d'inconscient mis à nu, rien n'est certain,
sauf l'énergie à canaliser, la colère à transformer,
l'acceptation de ce qui est, l'amour universel et puissant.

Il règne dans mon cœur une confiance immense.
Ce n'est pas l'euphorie.
Ce n'est pas le chagrin.
C'est cet état léger et ancré qui fait considérer chaque jour avec curiosité.
Comme si j'étais arrivée à destination.
Il ne me reste qu'une seule petite valise à poser. et je me donne deux lunes pour la vider.
Car la lune est de mon côté.
Elle me rend brave, elle me rend forte, même quand elle est cachée.

Aujourd'hui, en courant les bois, je me suis trouvée à une croisée de chemins.
et j'ai dû choisir.


Un peu plus loin, le chemin était devenu mare,


mais je n'ai pas rebroussé chemin, j'ai pris un petit bois de traverse,
lui aussi gagné par les eaux.
C'est drôle, comme d'être partie si loin, me fait mesurer la présence de tout ce qui m'est cher,
oiseaux et ruisseaux.



Tout était déjà là. 
Parfait.
Et je ne l'aurais pas su, si je n'avais pas traversé un océan.

Les chemins sont des guides,


bordés de signes hermétiques à d'autres expériences que la mienne.


Je vois dans cette alliance parfaite du masculin et du féminin,


un encouragement à marcher plus loin encore, sans crainte et à mon pas.
Tout est bien dans le monde qui est le mien.
Je me sens protégée et en sécurité.

mercredi 3 février 2021

L'étoffe des songes #4 Mémoire vive et mémoire morte

Je suis aux Etats-Unis, dans le métro, accompagnée de la femme qui m'héberge. Elle m'explique où changer, avant de partir de son côté.
Je suis paniquée. Je viens de m'apercevoir que je n'ai ni mon ordi, ni mon téléphone.
Oubliés ?
Perdus ?
Il me faut acheter  des cartes du métro New-Yorkais pour le Kid et moi. Elles aussi oubliées, je vais devoir les racheter au lieu de les recharger.
J'arrive enfin chez mon hôtesse, mes portables n'y sont pas. Je me repasse le film de la journée. Je les avais encore dans sa voiture, quand nous nous sommes engouffrées dans le métro.
Comment les retrouver ? Plus aucun moyen de communication, de mémoire, de lien. Subitement, mon coeur s'étreint de tristesse et d'angoisse. Elle arrive, essaie de me rassurer. Je ne suis pas vraiment seule.
Je capte mon image dans le miroir, mon ventre est nu, plat et musclé.
C'est sûr je rêve...

Occupée à rassembler mes différents états afin de prendre un nouveau départ,

je suis déjà dans un processus de reconnaissance de mon inconscient.

Je sais ce qu'il faut changer, couper, afin d'être plus consciente et capable de vivre dans le présent.

Pourtant, je reste tentée de revenir en arrière : je n'arrive pas encore à me tenir à ma décision.

J'ai sous-estimé la mémoire morte de mon cerveau. Ses fonctions inconscientes, qui résistent, trient dans les souvenirs.

J'ai l'impression de perdre la tête, de m'égarer dans des pensées obsessionnelles. 

C'est mon introspection qui m'a permis de mettre un terme à cette situation. Mais j'ai perdu mes repères habituels de fonctionnement, je dois me recentrer. C'est la fin de l'histoire, sans que je sois débarrassée encore de l'attente et du fantasme.

Patience mon âme, je réfléchis.

Arrête-toi un instant, occupe-toi de toi, de toi seule et de la reconstitution de ton énergie vitale.



lundi 1 février 2021

L'étoffe des songes #3 Le sens du rêve

Je revenais d'un cambriolage, avec mon sac noir bourré de billets, et je rejoignais ce groupe que je voulais aider. Mais il était trop tard. Au moment même où j'arrivais, il s'est saisi du sac, pour s'en aller avec son contenu.

Un peu plus tard, sur une belle et grande avenue, je cherchais mon chemin, et je l'ai revu. L'homme noir était là, au grand jour. Il ne se cachait pas. Avec l'argent du sac, il avait monté une affaire florissante et utile. Je lui en voulais de ce qu'il avait fait, de ce qu'il nous avait pris. Mais, finalement, il l'avait utilisé pour en faire quelque chose de bien, de bon. Alors, même s'il aurait dû en laisser un peu aux autres, je l'ai félicité, embrassé, et je lui ai pardonné.

Et puis voilà qu'un homme qui me devait de l'argent, a sorti une liasse de billets, qui lui a échappé pour tomber dans mon sac à main ouvert. où il s'est mélangé avec le mien. Comme il plongeait la main pour le récupérer, je lui ai sèchement saisi le poignet, et j'ai moi-même récupéré le tout pour trier.

Heureusement, mes billets étaient bien organisés, certains avec de petite intercalaires, d'autres dans des ziplocs. Et nous avons chacun pu récupérer notre dû, sans que personne ne soit lésé.

Qu'est-ce que je cherche dans ma vie éveillée ?  Chaque jour est une quête vers mes désirs profonds. Je  sens bien que je traverse une période particulière, solitaire et pleine, qui me conduit vers une autre dimension de vie. Il n'est plus temps de percer des secrets, de résoudre les vieux tourments. Rien ne peut se construire sur le souvenir du malheur. L'immiscion dans ma vie, de quelqu'un qui n'aurait pas dû y être, prend un sens nouveau, celui de la prise de conscience des douloureux schémas répétitifs auxquels il est temps de mettre un terme.

Une plaie ancienne, toujours un peu à vif, se referme enfin. Propre. Nette.
C'est le temps de la guérison.

Ces dernières années, pour me sentir aimée, j'avais nourri le pauvre qui est en moi. Celui qui étouffe sa créativité, celui qui sert les besoins de l'autre, comme s'il était indigne que l'on respecte les siens.


Mais voilà qu'une autre partie de moi, veut devenir riche. Masculine et obscure, refoulée derrière les amours de substitution, elle est sortie de l'ombre pour rafler mes pensées les plus intimes, cachées, secrètes. Et dans ce sac de pensées, il y avait le désir profond de me sentir aimée pour moi-même, mon identité de femme farouche qui court avec les loups. Grâce au travail d'introspection, je me réconcilie avec ma nature première.


Je suis devenue entière.

C'est comme si mon cerveau s'était emparé de l'assurance que donne la confiance en l'avenir.

Depuis le début de cette année, je multiplie les rencontres inspirantes, avec ceux qui ont des valeurs, ceux qui réalisent leur rêve, ceux qui me poussent à réaliser les miens, ceux qui croient en eux, et ceux qui croient en moi.


Le glouton de B-gnet dans mon Bujo. 


Chaque matin me voit curieuse des surprises de la journée. Chaque soir me trouve curieuse de m'endormir sur l'étoffe où se tisseront mes songes.



mardi 26 janvier 2021

L'étoffe des songes #2 Chemin de faire

 C'est un train, un train rouge vif, très beau, en station dans une belle gare.

Je suis là, assise, en attendant le départ, quand, à la dernière minute, une femme belle, jeune, assurée, monte à bord et s'assoit assez brutalement face à moi.

Elle me parle, elle sait où elle va. En l'écoutant, je m'aperçois que je me suis probablement trompée de train. Mais il a déjà démarré, il roule vite. Le contrôleur me confirme que, non, il ne va pas à Moulins, nous prenons même la direction opposée. Je perds un peu mes moyens, je demande si on ne peut pas s'arrêter immédiatement, pour me laisser descendre.

Au réveil, j'en conclus que la voie est libre, et que la seule urgence désormais sera de ... prendre le temps, d'être en phase avec le mouvement de la vie.

Faire, avec cœur, ce qui me tient à cœur,  sans me préoccuper de mon âge, des jours qui filent.

Une partie de moi, cette femme pleine d'assurance, sait où elle va.

Un nouveau départ exige de se poser un peu avant de s'orienter, de vérifier la destination avant de s'engager. Or, mes choix, quand ils sont guidés par mes émotions rouge passion,
me conduisent dans une mauvaise direction.

Rarement concernant ma vie professionnelle, 
toujours, jusqu'ici, dans ma vie sentimentale.

En route pour la pleine lune, sur le chemin, 


j'ai regardé cet arbre abattu, dans la lumière,
je l'ai trouvé beau.


et j'ai décidé de garder quelques mois mon cœur en jachère, 
en mode omnibus, 
ne plus jamais me laisser utiliser,
ne pas infliger à un autre ce que j'ai subi en essuyant les plâtres.
Me réparer, me respecter.







lundi 21 mai 2012

L'étoffe des songes #1 Clés en main

Je cherchais la clé.
Frénétiquement.
J'en avais tout un trousseau, quatre clés dorées, de toutes tailles, et de toutes formes.
Je les introduisais une par une dans la serrure, et à chaque fois, j'étais certaine que c'était la bonne.
Je les ai toutes essayées, une par une.
Je procédais méthodiquement, reléguant au fur et à mesure, sur un arc de l'anneau qui les retenait, celles qui ne faisaient pas l'affaire.
La tout petite clé tournait presque à vide.
Impossible d'introduire la grosse clé.
Une longue clé plate s'enfonçait jusqu'à la garde, me laissant espérer que, cette fois-ci, ça allait marcher.
Mais las ! Elle ne tournait pas.
La clé ronde, ça ne pouvait être que celle-ci.
Pas davantage.
Impossible de déverrouiller ce satané tiroir.
Il le fallait pourtant : impossible de faire quoi que ce soit avant qu'il ne soit  ouvert.
J'ai recommencé plusieurs fois, toujours le même entêtement, à reproduire les mêmes schémas, les mêmes erreurs.
Je demandais de l'aide, mais personne ne venait : ça ne concernait que moi.

Épuisée, totalement désespérée, je me suis réveillée
et ça m'est apparu comme une évidence.
 

Désirer être heureuse, ce n'est pas la clé.


Cœur sous clé, bien caché
interdit de briser les scellés
de mettre la clé sous la porte
de réviser les amours mortes.

Verrouiller la clé d'accès
sur le clavier des jours passés
du bonheur clé en main
ne pas trop penser à demain

Conjuguer au présent
c'est le temps de la clé des champs
laisser la clé sur la porte 
et partir où le vent s'emporte.

Tombées à bas des nuages
les clés du paradis enragent
de voir les clés de sol en vol
pour s'accorder avant de jouer.

Épingler à la clé de voute
les étoiles du mois d'août
Mettre la clé de contact
Pour prolonger le dernier acte.

Clé à molette dans mes chaussettes
prête à me fracasser la tête
si jamais je sucrais les fraises
filer d'un coup de clé anglaise.