Arrivée hier dans cette école
un des gamins dont je m'occupe,
arrivé début mai,
pleure sans discontinuer depuis 9h00,
la main sur la bouche, prêt à vomir.
Entre deux hoquets,
je comprends qu'il a mal au ventre et veut rentrer chez lui.
Il a souvent mal au ventre
et veut tous les jours rentrer chez lui.
On se téléporte à la bibliothèque avec sa sœur .
Dans la cour, on fait le tour des camarades de classe, pour leur demander comment ils s'appellent et compléter le trombinoscope qu'il a refusé de faire seul. Les collègues se prêtent au jeu de bonne grâce, raison pour laquelle j'aime beaucoup cette école.
Lui il dit non et ne veut pas écrire.
D'ailleurs, la mine du crayon se casse au moment opportun.
Je remets la mine.
Je lui parle (presque) cash : "Je comprends que tu sois triste, c'est difficile. Je te crois quand tu dis que tu te sens malade, c'est normal. Mais j'ai bien peur (j'adore cette expression anglaise pour dire non, c'est un peu comme notre "on verra") que tu n'aies pas le choix. Tu peux travailler, ou pas, mais je n'appellerai pas ta mère."
On retourne à la bibliothèque, je sors un jeu. Genre jeu de l'oie sur le matériel scolaire. A chaque case, pour gagner une carte, il faut dire le mot en français, et moi en anglais of course. Je suis nulle, on se marre bien, il gagne.
Il sourit.
Sa sœur - en CM1- est très coopérante. Elle apprend vite, et m'aide bien à improver mon english. Le lavabo c'est "sink", et 80 "four grapes of twenty".
Ah ah, moi aussi j'apprends vite. Elle est surtout fortiche en numération.
Quand je remonte, la maîtresse manifeste une reconnaissance éternelle.
Mon ego remonte la pente, le chien.
En sortant je croise la maman.
Je me présente, on discute devant le gosse du petit garçon qui criait au loup : l'histoire existe aussi chez eux, pont culturel qui tombe à pic.
Elle ajoute avant de partir :"you're very popular at home".
Mon ego gonfle ses biceps avec un sourire narquois.
La voie de la sagesse, c'est pas gagné.
Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
Affichage des articles dont le libellé est Shambhala. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Shambhala. Afficher tous les articles
mercredi 6 juin 2012
lundi 5 mars 2012
Peut-on rayonner en pyjama dans le soleil couchant ?
Hier j'ai appris que
- je peux rester 15 minutes sans bouger ni parler ;
- je ne suis pas toute seule à essuyer la crise de la cinquantaine ;
- il y a des jeunes qui ont la crise de la cinquantaine ;
- c'est vachement difficile de rayonner en pyjama dans le soleil couchant, mais que méditer c'est un peu comme être dans la lumière du soleil levant ;
- la méditation c'est bon pour ce que j'ai et, peut-être, un jour, je saurai rester impassible comme un bouddha de jardin, même si pour l'instant je me sens plutôt dans la peau d'un nain (de jardin).
Source photo
Shambhala
Ecouter
Contempler
Méditer
Attention au corps
Attention à la vie
Attention à l'esprit
Attention aux objets de l'esprit
Inscription à :
Articles (Atom)
