dimanche 14 avril 2013

J-1 L'heure du sac

C'est l'heure du sac... 


Poids total en charge
5kg


Je maudis
jusqu'à la septième génération
le petit branleur qui vient d'annuler
le covoiturage d'aujourd'hui...

M'en fous,
je prends le train cet aprèm,
je dors chez ma cousine ce soir,
et demain matin,
je repars de là.

vendredi 12 avril 2013

Baloches

Moi, j'y vais pas,
parce que, mes pieds et moi, on s'apprête à partir
mais il y a :

au nord


au sud


mercredi 10 avril 2013

Un coup de maître


Quand j'ai dit : "on va faire de la poésie",
ils se sont regardés d'un air gêné.
Quand j'en ai lu,
hum...
Mais quand j'ai proposé les images,
ils ont joué le jeu.
Ils en ont choisi une, et c'était définitivement celle-là.

Avec S. et L., voyageurs,
on a donc fait parler les personnages de la Bohémienne et ses enfants (Gustave Courbet).
C'est-à-dire qu'ils ont parlé,
et que moi j'ai écrit, 
parce que S. ne sait pas,
que L. ne va pas vite,
et qu'on n'avait qu'une grande heure pour tout boucler.

Je n'ai pas donné le titre tout de suite : ils étaient attirés par la solitude, la souffrance, le sentiment d'abandon, l'incertitude, la misère et la fatigue, qui rendent le père méconnaissable.

L. a d'abord fait parler la femme, puis S. s'est soucié de la petite fille, et de l'homme aussi.

C'était très spontané,
très affectif,
toute une histoire qui a surgi d'un coup.
Au début,
ils n'osaient pas
et à la fin, mes doigts ont eu du mal à suivre sur le clavier.

Et puis,
S. a dit :"Mais ?... Ce sont pas des voyageurs des fois ?"
J'ai dit oui, et j'ai donné le titre.

A ce moment, la maison est devenue une roulotte.
Ensuite, on a imprimé des bulles et le tableau, et on les a collés sur une petite affiche,
qu'ils ont ramenée, tout fiers, dans leur cellule.

L. a dit, "ah non, moi je signe pas, ça porte malheur, si jamais je l'oublie quand je quitte la prison." (comprendre : ça fait revenir...)
S. a dit: "mais c'est quelque chose de bien qu'on a fait, ça ne peut pas porter malheur".
"Oui, mais quand même."
Alors on a paraphé à deux et on a rajouté "anonyme".
 

Un coup pourri



Ah !
Ce matin
atelier poésie...

Un festival de poche en vue
initié par notre ancien inspecteur d'académie.
Une réunion pour le préparer,
où on a beaucoup parlé,
mais oublié de regarder le calendrier.
Résultat : entre les mercredis fériés, et les mercredis travaillés,
il me reste une matinée
pour la méga production de l'année.
Et c'est aujourd'hui.
Je le sens mal.

Allez
une boule de neige,
vite faite
pour me chauffer
les neurones :
A
LA
VIE !
QUEL
CHAOS
MORTEL !
JOYEUSE
ANARCHIE
HEUREUSES
RENCONTRES
DÉCONVENUES
PROGRAMMÉES
DÉCEPTIONS
NAVRANTES
INSTANTS
DÉLICES
LISSES
PEAUX
VOLE
VAS
Y !


Les illustrations
Georges de la Tour
et Marc Chagall
ce sont des lanceurs d'écriture.

En principe.

dimanche 7 avril 2013

Un coup pour rien

Hier
Paris


 c'était manif de la lose
symptomatique du climat actuel
entre plainte et résignation
dans le car, on pouvait choisir plusieurs places,
et même changer en cours de route...


au rythme des bandas


 Retour
ambiance karaoké
entre deux pauses
et grosses rigolades


A priori et au delà

Les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit

à la radio
j'entends parler de ce type étrange
qui
enfant
collectionnait les cadavres d'animaux
puis
adulte
inventa de meurtrières machines de guerre
avant de découper des femmes sur la fin de sa vie

ce type
il aurait fallu l'éliminer dès sa naissance ?

peut-être
mais alors
il n'aurait pas peint ça


ni ça


Et l'autre jour
je passe devant cet étang
que j'ai toujours vu à ras d'eau

Il a été vidangé
et je vois des rivières dans leur lit

Elles ont creusé des sillons et des méandres sinueux


Je n'avais jamais pensé 
que sous la peau noire de l'eau dormante
couraient des artères pulsatiles claires et vives 




J'imaginais des courants
la faune, la flore
la vie qui vient
la vie qui va
mais rien de ce flot suffisamment puissant pour redessiner des contours invisibles à nos yeux


On ne voit que ce qui est donné à voir
mais que sait-on de ce qui anime vraiment le fond des êtres ?
Et nous,
que donnons-nous à voir de nous ?
Et que voyons-nous de nous-mêmes ?

dimanche 31 mars 2013

Changements de programme

Hier soir,
bal à Ahun,
sympa.
Aujourd'hui, concert à l'arboretum de la Sédelle et lundi studieux.

Mais non finalement.

Ce sera travail en pointillés pour être prête mardi,
bal ce soir à Neuvy-St-Sépulchre,
et visite à une amie demain.


Pour les vacances,
tout était au point : samedi, train jusqu'à la Réole, camino le dimanche, arrivée à Sauveterre-en-Béarn 10 jours plus tard, et peut-être le temps d'aller au stage de chant des Thiaulins le dernier week-end.

Mais non finalement.

Ce sera Chavannée le samedi, covoiturage le dimanche, camino le lundi, et si je n'arrive qu'à Orthez, tant pis.

Call me girouette...

Depuis quelques mois
je goûte à ce plaisir incroyable de changer mes plans au dernier instant.
Ou de ne pas en faire.
De décider comme ça, dans l'humeur du moment,
sans avoir à anticiper toute une organisation.
Cette liberté délicieuse de n'avoir d'autres contraintes que les miennes,
de traîner au jardin jusqu'à point d'heure,
d'ouvrir un livre au petit matin, et de ne plus le lâcher,
de commencer à écrire sans regarder la pendule,
d'aller à la piscine sans me mettre la pression pour préparer un repas avant,
de déjeuner avec une copine,
de traîner un peu.

J'aime par-dessus tout,
quitter ma maison,
et aller voir là-bas,
comment j'y suis.
Et puis revenir.
Chez moi.
Retrouver mon fils, déjeuner en discutant avec lui,
ou entendre son pas, dans la cuisine,
quand il se coupe une tranche de brioche,
ranger un peu,
sentir le propre.
Et ne pas trop faire attention à ce qui n'est pas (encore) fait.

Les journées sont très différentes.
Elles sont longues,
dans cette succession de petits riens dont j'apprécie chaque instant,
et jamais ennuyeuses.
Cette angoisse,
cette boule étouffante qui m'étreignait la gorge au saut du lit,
a fini par s'évanouir.
Fermer les yeux, le soir,
en cochant mentalement ma to do list de kifs,
en revoyant quelques sourires,
ça fait filer le temps moins vite.

Il y a eu les circonstances,
et il y a eu les choix.
Les tris.
Les priorités.
+ Urgent, important, court, moyen, et long terme.
- Pas réaliste, fantasmatique, inutile, sans intérêt, pur ego
---------------------------------------------------------------------
= quelques heures de lumière en plus


Parfois,
l'idée de la vieillesse et de la mort gagnent du terrain.
J'ai peur, oui.
Il me faut me me concentrer de toutes mes forces sur le présent,
et accepter qu'il n'y aura pas de retour en arrière.
Que cet âge-là,
non, je ne l'aurai plus jamais.
Que les changements de programme,
ça ne peut être que maintenant,
sans retour possible en arrière.



Barbara - Le mal de vivre (Pantin 1981) par hypenothype