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lundi 3 août 2015

Carnet d'adresses

En stage d'accueil à Bâton-Rouge,
dans un hôtel pour séminaires,
j'ai la chance de ne pas partager ma chambre,


et 
ne riez pas...
le bayou me manque déjà....(sacré Pierre Part...)


Mais c'est l'occasion de rencontrer mes camarades de promo,
et de constituer le carnet d'adresses
pour le couchsurfing de week-end en ville.
J'ai l'instinct grégaire.

C'est également une parenthèse avant le rush de la rentrée, dès mon retour,
ici tout est décentralisé
aucune paroisse (district, comté...)
n'a les mêmes règles,
les autres rentrent parfois deux semaines après moi
(mais finiront plus tard hé hé).



La bonne nouvelle ce sont deux semaines de vacances à Noël...

jeudi 30 juillet 2015

License to drive

Pan dans ta face l'assureur.
Ce matin me suis levée, je suis gone  à Abbeville
j' ai passé mon code, mais j'avais pas de RV pour la conduite
et c'est là que l'Amérique est facile : l'employée du DMV m'a envoyé à une auto école où j'ai passé la partie pratique.
Ça m'a coûté 40 $ de plus (que les 30, oui, vous avez bien lu) mais voilà :
                                                                                             
J'ai donc désormais un permis, une assurance que je me suis fait un plaisir de prendre avec un collègue de celui qui m' avait reçue hier,
(adieu ta commission mon garçon), ( je l'ai payée avec un money order de la poste )
un titre de propriété de ma Chevrolet,
et l'esprit tranquille pour rejoindre le bayou demain, où j'ouvrirai un compte en banque
Pour les ceusses qui seraient confrontés à la même situation, je précise que j'ai eu une substantielle réduction en faisant traduire mon relevé d'information Mais sur papier à en tête de l'Etat louisiannais  (au Codofil  donc ).
Et la blague du jour : pourquoi t'embêter avec un char , c'est plutôt une pirogue qu'il te faut...

Gooooooooood moooooooooorning Louisiana.

Je ne le ferai pas tous les jours, j'aurai pas le temps,
mais là c'est spécial.
Petit déjeuner avec table de français chez Dwyers.
Premier collectage d'expressions locales.


 Rencontre avec Lester qui, dans son bureau d'avocat un peu plus tard m'arrangerait l'affaire du titre de propriété de la voiture.

"Je vous dois combien ? Rien, vous êtes en Louisiane maintenant..."





Gérés aujourd'hui en plus mon numéro de téléphone américain, mon numéro de sécurité sociale , de la paperasse...
Mais malheureusement pas d'assurance pour ma voiture, je suis pas tombée sur le bon gars.
Donc demain je dois tenter le permis louisiannais ..
Pas de compte bancaire non plus : il me faut une preuve de mon domicile que je ne peux avoir qu'à Pierre Part, où je ne peux pas me rendre sans mon véhicule assuré...

Bon acceptons que tout ne soit pas simple : allons danser chez Randols.

Î


En sortant on fait la connaissance de David, un jeune séminariste cadien
qui a appris le français dans sa famille
écrit des livres cadjins pour enfants
et donc vient danser tous les mercredis.

On termine la soirée au Blue Moon où m'espère Doug, mon futur maître à danser.


Les violons me font repenser à lui.
Faudrait pas.
Ce serait quand même trop fort que Ste Rita ait répondu à ma prière de la dernière chance en me l'envoyant...

Envoyez moi des ondes pour le permis dans l'aprèm

samedi 18 juillet 2015

Fais moi un signe # 8 Femme de peu de foi

Sacrée communion des saints !
Il suffit que j'entre dans une église de plus de mille ans 
pour que la mécréante que je suis soit submergée par l'émotion.
Celle - ci est le plus ancien édifice chrétien du Bourbonnais
malheureusement défigurée en façade par d'affreux joints saillants en ciment.


Juste sur la gauche en entrant
Sainte Rita m'attendait.
Ah ben là j'ai  mis un cierges forcément
- en pensant bien fort à mes amies du clubs des fans-
pour une cause vraiment désespérée :
trouver  le cavalier round-up free et free tout court, qui fera le reste du chemin avec moi.


Asteure je connais pas si je vas le croiser avant de revenir back.
Mais ça fait j'ai pas été much étonnée de trouver sur un vitrail de l'abside
le pélican et ses petits
li on retrouve sur le drapeau louisiannais.


Ça fait
je suis repartie back et beaucoup tranquille
sous le bienveillant regard d'eau claire
de notre dame de Lourdes.





mardi 7 juillet 2015

Final countdown

Le compte à rebours a commencé
samedi dernier par un déjeuner avec Angélique (et son mari), ma collègue qui rentre de Louisiane.
Une chouette rencontre :
j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur elle.
J'ai maintenant un hébergement pour mon arrivée à Lafayette,
une vaillante Chevrolet,
et un carnet d'adresses de cadjins au grand cœur.


Dimanche j'ai déposé de petits bouts de ma vie
dans une grande malle
qui restera un an ou deux dans le grenier d'une amie.

Les boys trouvent que ce n'est pas assez :
ils auraient voulu se débarrasser de tout ce qui me concerne.


Il faut bien le dire,
l'ambiance avec mes fils n'est pas au beau fixe.
C'est à la fois normal et triste.
J'aurai voulu passer du temps avec eux avant de partir.
Mais je les emmerde.
C'est peut-être la facture de ma décision,
c'est peut-être normal.
Ils n'écoutent rien, n'anticipent pas davantage, et n'écoutent aucun conseil
puisqu'ils continuent à compter sur moi pour tout et n'importe quoi.

Alors, j'ai noté toutes les informations importantes dans un carnet que je leur laisserai.
Maintenant que le départ approche,
il est peut-être tout simplement temps que je m'en aille
pour que chacun respire un peu,
y compris, de temps en temps, le nez dans son caca...

Pour le permis de conduire le code du Kid
j'ai lâché prise et passé les dépenses déjà engagées par pertes et profits.
Je m'en lave les mains, ça lui fera les pieds.
Puisque je suis laxative,
je ne me gêne plus : black out sur l'uber mama taxi...
Si tu avais ton permis, je t'aurais prêté ma voiture.
Comme toujours depuis 20 ans,
son père brise ma grève....
Mais c'est pas grave puisque c'est lui qui reste avec eux !

Heureusement, après une désolante année 
il est désormais bachelier,
au ras des pâquerettes, mais du premier coup
une chance qu'il n'y ait pas de justice...

Depuis la publication des résultats ce matin, 
c'est vraiment le final countdown...

5
Déménagement de Franzouski
Dîner d'au revoir avec mes fidèles camarades de promo

4
Quatre jours de bénévolat au catering du festival Le Son Continu
(mais cette année je dors en dur...)

3
Retour pour louer le camion de déménagement des boys,
me faire remettre d'équerre par l'osthéopathe
gérer l'assurance...
remplir le frigo
et sûrement me retaper la palabre avec la CFE et la MGEN qui n'ont toujours pas réglé mon dossier...

2
Trois jours pour moi toute seule à une heure de la maison (et des boys)
mes seules vacances avant longtemps



1
Fête de l'été à Embraud


0
13.55 le mardi 28 juillet
Fly away...
Loup y es-tu ?
Dans le bayou...

dimanche 28 juin 2015

Cela commence par un peu de chagrin, l'Amérique # 3 Hilly





Mercredi matin on s'est dit au revoir.
Une dernière fois, elle était venue dormir chez moi le mardi,
après sa séance de chorale.

Elle dort toujours sur le canapé du salon,
là où j'ai posé le tableau qu'elle a peint
et qu'elle m'a offert quand j'ai emménagé ici.
Je lui rapproche la petite lampe,
et le lendemain matin,
on prend le petit déjeuner en bavardant,
avant que je ne l'accompagne au train.

Elle était là pour écouter,
elle était là pour inventer,
avec cet autre regard qu'elle a.
Elle était là quand Franzouski allait si mal.
Le chantier collectif après une grosse bêtise,
le service volontaire européen pour aller voir le monde,
c'était elle,
Hilly les bons tuyaux.

Devant la gare,
on s'est dit au revoir,
avec les larmes aux yeux.





Mes amis je devrais vous pleurer un peu,
pardonnez-moi si je n'ai dans les yeux 
que l'Amérique."
Si Joe Dassin avait eu Skype,
vous croyez qu'il aurait écrit ça ?

Panik attack # 2 J- 30: c'est dans un mois je m'en irai

Je m'envole dans un mois jour pour jour
et j'aurai pu titrer cet article "Panik attack, le jour du bullet journal" :
parce que c'est en préparant le planning mois de juillet, 
que dans ma tête, 
le compte à rebours a vraiment commencé !


On ne dirait pas comme ça, mais ça prend forme.
Pour l'instant, c'est fouillis, Bon Coin et cartons à tous les étages.

Il faut trier finement :
- j'emporte ;
- je n'emporte pas ;
- je récupère à Noël ;
- je déstocke ;
- je donne, je jette, je vends.

Un air de déjà vu ?
Normal, il y a deux ans, je vidais ma maison en vente et je me demandais déjà comment c'est possible d'entasser autant.
Depuis, je n'ai pas réencombré, au contraire.
J'avais encore gardé trop de "ça peut".
Et croyez-moi, remplir deux valises de 23 kg maximum,
dont le contenu devra courir sur plusieurs saisons,
et comporter du matériel pro,
c'est très différent d'un déménagement
et même du très simple sac pour le chemin.



Demain, Franzouski visite le T3 que nous propose un bailleur social
375 euros chauffage, eau froide, eau chaude compris
(on notera au passage que non, les logements ne sont pas réservés aux immigrés, la preuve...).
On ne va pas faire la fine bouche :
c'était mon dernier gros stress, que les boys n'aient pas une nouvelle adresse ferme au moment de mon départ,
alors on va le prendre (merci Ste Rita).

Mercredi, visite II, pour plan avec le Kid en vue du casage mental des meubles.
Plus qu'à croiser les doigts en attendant les résultats du bac.

Et dimanche, je déstocke mon vélo, les outils de jardin, et le matériel d'école chez une copine.

dimanche 14 juin 2015

Un an et plus si affinités

En Louisiane ? Mais pour combien de temps ?
J'ai à peu près la même conversation dix fois par jour,
et c'est la question qui revient le plus souvent.

Eh bien j'ai un contrat possible de trois années maximum,
mais là, tout de suite, je vais déjà m'assurer que je survis un an :

- sans famille et assimilés ;
- sans bourrée deux temps (et sans Chavannée)  ;
- sans piscine ;
- sans fromage de chèvre au lait cru ;
- sans pain ;
- sans vacances.
Impossible pour l'heure de me projeter plus loin que cette année,
alors la suite...
Surtout que je viens par deux fois d'être bien rappelée à l'ordre : pour mon affectation dans le trou du bayou
et par un nouvel accident de Franzouski,
qui ne conduisait pas cette fois,
mais qui s'est fait bien peur.

Et moi aussi, bien égoïstement,
et bien rétrospectivement :
je ne suis pas encore partie...


La photo vient de l'album d'un Louisianais là (Paul Moline)

mardi 9 juin 2015

Panic attack #1 Le tracas du visa

Petit flip consulaire
et première occasion de tester mon sang-froid en cas de coup de chaud.

J'avais tout bien fait comme il faut,
bien rangé mes papiers dans l'ordre,
joint la photo 2 x  2 pouces...
passé les contrôles de sécurité.
Et j'attendais que s'affiche mon numéro 532,
assise bien en face de l'écran.
525
526
527
528 
529 
530 
531
????
533
534..
Je commence à m'inquiéter.
Au haut parleur, on appelle quelques personnes inattentives,
mais ni mon nom, ni mon numéro.


Je retourne voir l'agent d'accueil.
Elle me dit, on n'appelle pas les numéros dans l'ordre,
attendez.

C'est une française.
Mais je sais qu'aux Etats-Unis, 
on déteste autant les gens qui tentent de gruger un tour,
qu'attendre trop longtemps.
Donc en général, c'est bien organisé pour limiter l'impatience.

Et je commence à flipper.
Je repense à notre arrivée l'an dernier,
et mon petit passage au contrôle supplémentaire.
Parce que je suis née en Algérie ?
On en est au numéro 565 et une heure s'est écoulée depuis mon arrivée.
Je retourne voir la même employée,
qui me redit la même chose.
Cette fois j'insiste, je sens qu'un truc n'est pas normal.
" Vous n'avez pas été appelée pour le première fois ?"
Elle s'enquiert de la chose à un guichet,
où l'employée me dit tout de suite "Vous n'avez pas entendu".
"heu, ben j'ai surtout vu les numéros 531 et 533 ..."
Elle me cherche, ne me trouve pas.
Il y avait donc bien un souci.
Finalement, elle m'envoie à un autre guichet, 
ou je patiente encore devant le volet clos,
jusqu'à ce qu'arrive une blonde glacée très hitchcockienne 
(mais sans les gros corbeaux noirs..)
qui me met la misère, sur un ton assez colère
"on vous a appelée plusieurs fois, vous n'êtes pas venue.."

Et le 531 qui passe au 533, on en reparle ?
Bah non finalement, moi, je veux juste mon visa,
et quelque chose me dit qu'il vaut mieux ne pas faire la comédie à un guichet de l'ambassade,
même si je sais bien que ce n'est pas vrai.
A ce moment, j'entends "numéro 532, guichet 7".
"Ah, on m'appelle maintenant ?"
Réponse glaciale mâchoires serrées : "C'est parce que je viens de débloquer votre nom"
Merci madame, au revoir madame, avec un large sourire.

Téléportation au guichet 7.
"Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous dormiez ou vous étiez partie ?"
En anglais, of course.
Hum, comment dire, ça devient lourd.
Ben, croyez moi si vous voulez,
j'ai été bien mignonne,
j'ai répondu "I'm soooooooooooooooooooo sorry, I think there was a SLIGHT misunderstandig".
(Coline translator = m'en fous, veux mon visa.)
et tout le reste des questions en anglais.
J'ai pas calé.

Délai de réception du passeport tamponné: 5 jours max.

Le temps de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir mettre dans ma valise.


Edit 1 : si on compare avec la Russie, l'étape du visa américain, bien que beaucoup  plus chère, reste quand même plus simple et ne nécessite ni attestation d'assurance, ni multiplication des aller-retours..

Edit 2 du 11 juin : YEEEEEEEEEEEEEEEAAAAAH ! Je l'ai reçu... l'incident sera vite oublié.

dimanche 7 juin 2015

Huiles de Rose

Rose, c'est chou comme nom pour une sage-femme, n'est-il pas ?
Elle était là, pendant le déjeuner avec Géraldine,
et elle nous a fait la phytothèque minimaliste idéale.
On a parlé des maringouins, qui ne la piquent pas,
et quand elle m'a dit que sa crème de jour, c'est une goutte d'huile de géranium, j'ai compris pourquoi...
Par contre, elle connaît pas d'huile spéciale alligator...

dimanche 24 mai 2015

Être cajun, quoi qu'c'est ?

Une collègue
qu'est asteur chez eux autres,
pis qu' est restée deux ans éyou,
pis qui m'vend son char,
vieux de 10 ans
avec beaucoup de miles inside,
avant d'rentrer chez elle,



elle m'envoie ça
c'est bon
c'est bien bon !


"Le ou la cajun : c'est beaucoup d'humour et infiniment d'amour. Ils aiment sans retour, donnent sans compter, se marrent tout le temps, prennent la vie du bon côté. Philosophes, patients, ils peuvent tout perdre sans s'effondrer après chaque ouragan, ou chaque inondation. Tout reconstruire sans râler; ils savent accepter leur sort sans ruminer, ils savent devenir riches en partant de rien, sans rien changer pour autant a leur comportement. Simples, sincères et bons, ils ont une foi intacte et un optimisme que j'aime. Ils m'ont transmis ce cadeau fabuleux, ce bonheur de vivre au fond du cœur, ils m'ont offert leur joie, leur art de vivre, leur façon de voir et d'appréhender les choses bonnes ou mauvaises. Je crois qu'ils m'ont encore plus ouvert l'appétit de vivre et la joie d'être,  que je pouvais avoir avant de les connaitre. Quand je leur dis, "Je voudrais tellement vous rendre quelque chose en retour.", ils répondent : "Mais pourquoi faire? Ca ne sert a rien, on n’a pas fait ca pour ca! On n'attend rien, on donne parce parce qu'on aime donner. On est comme ca et puis on t'aime bien". Et ils vous conduisent, vous invitent, vous offre le gite et le couvert, vous raconte  tout ce que vous voulez savoir, et ils vous offrent des cadeaux et pleurent même votre départ prochain... Comment peut-on passer a cote de tels gens? Comment les ricains anglo-saxons ont-ils pu mépriser de si belles personnes? Et avoir tout tenté pour leur "nuire... 


Angélique

samedi 23 mai 2015

En attendant le visa...

Voilà
Etape paperasse number one : well done !
Rendez-vous le 8 juin à l'ambassade, pour l'entretien et le dépôt du passeport.
Le site US est très bien fait, il suffit de bien lire toutes les instructions pour se laisser guider
(enfin j'espère).
Moins .... ergonomique, l'étape number two : le dossier assurances maladie et complémentaire.
La MGEN s'est donnée du mal, mais côté CFE  (Caisse des Français de l'étranger)
c'est démerden sie sich !
Le souci étant que le combo n'est plus compatible Obama Care,
et que pour s'y conformer, il faudrait prendre une assurance locale américaine en plus.
Pis manger des chips.
Pendant trois ans.
Heureusement qu'il y a les collègues déjà sur place, pour recadrer un peu :
- la retraite CFE tu ne la prends pas, ce n'est pas le régime général, lequel nous sera proposé à Bâton Rouge  (mais je devrai sortir 2300 € en juin 2016...)
- le risque de payer une amende c'est que dans deux ans, et ce sera de toute façon moins cher qu'une cotisation américaine ouvrant droit à une couverture mitée ;
La MGEN précise que de toute façon on sera remboursé,
et que, grâce à la compagnie d'assistance (notre bien aimée IMA...), en cas d'hospi sur place,
on n'avance pas de frais.

Bon ben
tant qu'on est dans les dépenses ;
TADAM !

J'ai mon premier smartphone !
(celui recommandé par Nathalie et Justine)


300 € 
le Bon coin décidément est mon ami.
Je suis très contente de cet achat,
parce que maintenant,
il me sera vraiment utile.
Je n'emporte donc ni mon appareil photo qui fait des images tachées
(Lumix Panasonic : trois ans et à jeter...)
ni d'enregistreur pour les collectages.
En arrivant, une carte prépayée,
et hop !

Et enfin
chez Décathlon,
le sac bandoulière
qu'on peut bourrer en cabine en plus du sac à main,
qui a un compartiment portable,
qui se porte en bagpack dans les couloirs si on a déjà deux valises à roulettes à gérer,
et qui sur place sera sac de sport, de cours, de vélo...
50€
(en revanche, c'est dommage que les couleurs en 30 L ne soient pas aussi sympa qu'en 10 ou 20L).







Il me reste à acheter une graaaaaaaaaaaaaande valise.
Je sais déjà que ce ne sera pas une Samsonite....



mercredi 20 mai 2015

Le jour du Fedex...

En mains propres
comme dans "Seul au monde"
mais pas par Tom Hanks,
le sésame qui donne le coup d'envoi de l'inévitable opération paperasse.


Aujourd'hui,
mon bullet et moi on a descendu pas mal de pictos...
et notamment l'imprimé de demande de visa.
Demain, je paie les frais.
Oui, l'Amérique ça commence par pas mal de frais :
le billet d'avion
l'achat de la voiture
180 $ de frais de SEVIS (ne me demandez pas ce que c'est)
pis 150 euros de frais de visa...


dimanche 17 mai 2015

Panic attack, le jour du trou dans l'bayou...

La vie, c'est plein de surprises.
Je pensais titrer "Lafayette me voilà !"
ce sera
"Vis ma vie dans le bayou".
La douche froide.
Avec un alligator et plein de moustiques dedans ...



Vendredi,
en rentrant bienheureuse
de la fête de la Rivière,
j'ouvre ma boîte mail,
où quelqu'un a le grand plaisir de m'annoncer que je suis affectée à l'école élémentaire de Pierre Part (paroisse d'Assumption, Olé !)
Faut être franche : à cet instant précis, le plaisir n'est pas partagé.
A une heure de Bâton-Rouge,
une heure trente de la Nouvelle Orléans,
et pas mieux de Lafayette.

Le fin fond du bayou,
le pays des



Je regarde le fil du forum,
les affectations pleuvent : Lafayette et NOLA, c'est avec enfants ou conjoint à caser, y compris les listes complémentaires.
J'ai choisi de venir seule,
et mince, j'ai pas tapé dans l’œil de la superviseuse.
Mon projet d'un coup s'écroule,
faut tout remettre le puzzle en place.

Adieu donc les cours de danse,
les tables de paroles,
les ateliers d'écriture,
les petits-déjeuners dansant,
le club de sport avec piscine
l'université de Lafayette,
et même la perspective de faire venir le Kid dans un an.
L'aspect culturel, c'était le fondement même de ma motivation...
J'ai carrément eu une attaque de panique.

Pourtant, je le savais qu'on ne pouvait pas choisir.
Et j'avais clairement dit que je ne voulais pas être à la Nouvelle-Orléans.
Et surtout,
je devrais avoir appris que,
pas plus qu'on ne doit ressasser le passé,
on ne doit échafauder des plans sur le futur.

Un coup on gagne,
un coup on perd.
J'ai écrit à mes collègues sur place.
Une qui rempile pour une deuxième année, une qui part au bout d'un an,
deux vécus différents,
et moi au milieu.

Heureusement,
les crises d'angoisse ça finit toujours par passer,
il suffit de ne pas s'accrocher à ce qui part en fumée,
de regarder devant,
et d'attendre un peu,
le temps de se réorienter.

Alors qu'est-ce qui reste ?
- explorer le bayou sans se faire bouffer par les gators ;
- une maison en coloc, à petit prix, avec un jardin ;
- 1 réseau de téléphone (et 1 seul : A&T) ;
- une équipe d'école sympa ;
- moins de dépenses au quotidien, s'il faut ravitailler les boys en plein vol  ;
- quand même une salle de sport ;
- la possibilité d'aller à l'école en vélo (quand il n'y a pas d'inondation ou de tempête) ;
- passer quelques week-ends à Lafayette, Nola ou Bâton-Rouge, le temps d'un festival, d'un fais-dodo ;
- prendre du temps pour lire, écrire et bosser tout le temps ;
- découvrir une petite communauté américaine, où finalement, il y a encore des gens qui parlent cadien.
A mon avis, Pierre Part, faut le voir sur soi !

Edit : vous voyez sur la carte, toute cette eau ? Je crois que ça, ça me plaît.


samedi 9 mai 2015

T'as dépassé la speed limit !

Il ne reste plus beaucoup de francophones en Louisiane,
150 000 à tout casser
et 150 000 autres "passifs",
c'est-à-dire qui ont entendu la langue quand ils étaient jeunes,
mais qu'ils ne l'ont pas pratiquée,
parce que c'était interdit.
Toute une génération a été ainsi écartée de sa langue,
dans laquelle les jeunes reviennent grâce au programme de préservation du français en Louisiane,
le fameux Codofil qui nous a recrutés.
Mais le mal est fait,
parce qu'on enseigne le français normatif,
et qu'on participe ainsi au fossoyage du français cadien.

Qui est pourtant un bien beau français,
avec ces tournures anciennes qui me sont familières grâce à la chanson traditionnelle.

Le jour de l'entretien,
j'avais étalé devant moi la carte mentale où j'avais fourbi tous mes arguments.


C'est passé tellement vite,
j'ai pas eu le temps d'en dire le dixième,
mais j'étais au taquet.

Surtout sur la question "Why Lousiana ?".
J'y avais bien réfléchi,
vu que ce programme,
tu n'y postules ni pour les vacances (rentrée en août, 1 semaine à Noël...),
ni pour les conditions financières (paie ton assurance maladie, ta voiture, ton billet d'avion, etc.)
ni pour le chaud-froid sauna (dehors), frigo (clim dedans),
ou alors c'est que t'aime les cafards (pour toi Aline), les fourmis venimeuses et les araignées gangreneuses (les crocodiles je vous en ai déjà parlé ?),


Moi mon truc,
c'est la langue
et la musique.
C'est clair.
Je leur ai pas précisé,
mais j'avais quand même fait un stage de danse avant,
pour vérifier que ça justifiait d'être infidèle à la bourrée 2 temps.
Et à cause de ça,
j'ai demandé Lafayette.
Pas la Nouvelle-Orléans.
J'ai jamais mis les pieds dans aucune des ces deux villes,
mais je suis tombée en amour de Lafayette, pis c'est tout.

alors,
quand elles m'ont demandé pourquoi,
j'ai porté l'estocade,
en sortant de mon bullet ce poème que je traîne depuis des mois,
depuis que j'ai découvert :

KIRBY JAMBON 
poète louisianais VIVANT (merci Evelyne...)
(C'est pas pour autant qu'on trouve ses livres en France malheureusement...)

Ah ben oui, il est prof ... Guess where ?
Crédit photo Le Figaro

Je peux dire que c'est vraiment ce passage qui m'avait décidée

extrait de Qui'c'qu'on est ?
Ecole Gombo

Ce truc qu'il a d'un aller retour permanent entre les deux langues,
entre les outils grammaticaux très articulés du français,
le langage pour débattre,
le langage pour ciseler les images,
et la fluidité légère de l'anglais qui permet de faire saisir un concept ou une émotion en associant deux mots (avec un peu de forme progressive inside).
Et c'est souvent qu'on les entend mixer les deux,
et peut-être que c'est ça leur identité finalement,
une langue unique, avec deux versants.

Edit : je vous ai dit qu'à Lafayette ils ont aussi Zachary Richard ?

vendredi 8 mai 2015

Cela commence par un peu de chagrin, l'Amérique ... #1 Mum

J'y avais pensé avant bien sûr.
Mais je ne lui en ai pas parlé.
Je vais devoir annoncer à ma mère que je pars.

Il faut que je dise une chose indicible déjà :
ma mère, en tant que mère maternante et protectrice,
confidente et référente,
cette mère là est morte quand j'avais onze ans,
dans un accident de voiture qui l'avait laissée un mois dans la coma.

Les dix années suivantes,
j'ai appris à détester le futur :
chaque fois que j'envisageais de faire quelque chose,
de m'inscrire dans une assoc,
de vivre un peu quoi,
mon père me disait :
"quand votre mère sera guérie".
Elle a jamais guéri.
Jamais nous n'avons retrouvé cette femme explosive,
pleine de vie,
d'une jalousie infernale,
mais tellement attentive à ses enfants.
Mon père a perdu sa compagne,
nous notre maman.
Et moi j'ai pris sa place,
comme j'ai pu,
et en commettant beaucoup d'erreurs.
C'est pas ben facile d'être adulte à 11 ans.

 Je sais pas pourquoi je boudais sur cette photo,
c'était un mois avant de la perdre ...



Je vous passe la souffrance de ces années,
cette solitude extrême,
le handicap étant particulièrement contagieux comme chacun sait,
l'enfance brisée,
et cet effarement de petite fille devant une maman devenue un monstre,
qui faisait des choses monstrueuses,
avec lesquelles on restait seul dans notre douleur.

C'était pas le temps des cellules psychologiques...

Un jour, elle a disparu,
elle s'est sauvée avec un type,
un pervers,
je ne m'étendrais pas sur le sujet,
mais autant le dire :
ce fut un soulagement.

Je l'ai retrouvée à plus de 30 ans,
grâce à une assistante sociale.
J'étais enceinte de Franzouski.

Il m'a fallu de nombreuses années pour intégrer qu'elle est toujours vivante.
Pour accepter la douleur de la voir,
telle qu'elle est,
le visage et le corps déformés,
l'esprit qui disjoncte,
à peine dix minutes de conversation familiale
puis la boucle,
mais
aussi ce truc qu'elle m'a transmis :
une dépression latente permanente contrebalancée par une indéfectible joie de vivre,
celle qui nous empêche de mettre fin à nos jours aux heures les plus sombres,
celle qu'on partage avec les autres quand on perçoit que leur souffrance est plus terrible que la nôtre.

Il m'a fallu de nombreuses années pour faire accepter à mon père que je n'avais pas à choisir entre l'un et l'autre au motif que c'était trop dur pour lui.

Il m'a fallu des années, et la mort de notre père, pour renouer la communication avec mon frère,
dont je reste persuadée que, sans l'admettre, il a été aussi profondément blessé que moi,
et que me voir, c'est comme rouvrir une plaie béante mal cicatrisée.

Oui parce qu'en plus, je lui ressemble trait pour trait.

Quand les boys seront à Limoges,
ils seront à deux heures de route de la maison de retraite
(pour environ 10 minutes de conversation et un repas ou un goûter), puis deux heures retour.
Et ils devront se gérer eux-mêmes.
J'ai pas trop envie de leur laisser la responsabilité de leur grand-mère,
très bien prise en charge par ailleurs,
en sécurité affective et physique au sein d'une des meilleurs maisons de retraite de la Creuse
(avec des activités même le dimanche...)
Je suis donc allée voir la tutrice pour lui dire déjà que le nouveau référent ce serait mon frère,
que personne ne se souvient d'avoir vu ici...

Puis je me suis tourmentée, et encore plus depuis que la réponse est tombée.

La rapatrier sur la Haute-Vienne ? C'est très risqué, les établissements peuvent être le pire et le meilleur, j'ai pas le temps d'enquêter.
Su Guéret ? Un centre super, mais qui n'accepte pas l'aide sociale, et une grosse usine très moderne, très impersonnelle, et très inappropriée.

Alors ce matin,
j'ai écrit à mon frère.
Parce que j'ai tout assumé jusqu'à maintenant,
et que j'ai atteint les limites de mon sens du sacrifice.
Parce qu'il est temps aussi qu'elle voit ses autres petits enfants.

Mais j'ai rien dit de tout ça.
J'ai juste expliqué que je pars,
que je lui passe le relais
et que le mieux, ce serait qu'elle vienne dans sa région à lui maintenant,
après qu'il ait trouvé un établissement sur place.

Il n'a pas dit non.
Je vais maintenant lui demander son avis à elle,
car il me semble que c'est à elle de décider,
pis on verra.




mercredi 6 mai 2015

Good morning Louisiana, how are you ?

Aujourd'hui,
le kid a eu 18 ans.
C'est un bon âge pour que ta mère quitte le nid,
non ?




Bon,
je sais pas si je serai à Lafayette
ou au fin fond du bayou,
anyway, je serai en Louisiane...


J'ai bien fait de préparer mon permis...





Restent :
- à vendre le Berlingo,
- donner mon préavis pour le logement (le plus dur)
- attendre les formulaires pour le visa
- acheter un Galaxy S5 qui remplace mon téléphone premier prix/enregistreur/appareil photo,
- une paire de Birkenstock qui passe pas entre les orteils (dress code)
- et une Samsonite ultralight.

L'Amérique, ça coûte un bras...