La vie, c'est plein de surprises.
Je pensais titrer "Lafayette me voilà !"
ce sera
"Vis ma vie dans le bayou".
La douche froide.
Avec un alligator et plein de moustiques dedans ...
Vendredi,
en rentrant bienheureuse
de la
fête de la Rivière,
j'ouvre ma boîte mail,
où quelqu'un a le grand plaisir de m'annoncer que je suis affectée à l'école élémentaire de Pierre Part (paroisse d'Assumption, Olé !)
Faut être franche : à cet instant précis, le plaisir n'est pas partagé.
A une heure de Bâton-Rouge,
une heure trente de la Nouvelle Orléans,
et pas mieux de Lafayette.
Le fin fond du bayou,
le pays des
Je regarde le fil du forum,
les affectations pleuvent : Lafayette et NOLA, c'est avec enfants ou conjoint à caser, y compris les listes complémentaires.
J'ai choisi de venir seule,
et mince, j'ai pas tapé dans l’œil de la superviseuse.
Mon projet d'un coup s'écroule,
faut tout remettre le puzzle en place.
Adieu donc les cours de danse,
les tables de paroles,
les ateliers d'écriture,
les petits-déjeuners dansant,
le club de sport avec piscine
l'université de Lafayette,
et même la perspective de faire venir le Kid dans un an.
L'aspect culturel, c'était le fondement même de ma motivation...
J'ai carrément eu une attaque de panique.
Pourtant, je le savais qu'on ne pouvait pas choisir.
Et j'avais clairement dit que je ne voulais pas être à la Nouvelle-Orléans.
Et surtout,
je devrais avoir appris que,
pas plus qu'on ne doit ressasser le passé,
on ne doit échafauder des plans sur le futur.
Un coup on gagne,
un coup on perd.
J'ai écrit à mes collègues sur place.
Une qui rempile pour une deuxième année, une qui part au bout d'un an,
deux vécus différents,
et moi au milieu.
Heureusement,
les crises d'angoisse ça finit toujours par passer,
il suffit de ne pas s'accrocher à ce qui part en fumée,
de regarder devant,
et d'attendre un peu,
le temps de se réorienter.
Alors qu'est-ce qui reste ?
- explorer le bayou
sans se faire bouffer par les gators ;
- une maison en coloc, à petit prix, avec un jardin ;
- 1 réseau de téléphone (et 1 seul : A&T) ;
- une équipe d'école sympa ;
- moins de dépenses au quotidien, s'il faut ravitailler les boys en plein vol ;
- quand même une salle de sport ;
- la possibilité d'aller à l'école en vélo (quand il n'y a pas d'inondation ou de tempête) ;
- passer quelques week-ends à Lafayette, Nola ou Bâton-Rouge, le temps d'un festival, d'un fais-dodo ;
- prendre du temps pour lire, écrire
et bosser tout le temps ;
- découvrir une petite communauté américaine, où finalement, il y a encore des gens qui parlent cadien.
A mon avis, Pierre Part, faut le voir sur soi !
Edit : vous voyez sur la carte, toute cette eau ? Je crois que ça, ça me plaît.