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mercredi 10 septembre 2025

La jolie noce

C'était prévu depuis le début de l'année, la bague de fiançailles offerte par Thibault étant apparue au doigt de Gabrielle au rendez-vous de l'un de nos concerts de Noël.

Embraud avait revêtu son habit de lumière. Le premier samedi de septembre, sous un soleil amical, avec nos beaux habits de noce, nous avons marché en procession jusqu'à la petite mairie, puis la petite église de Château-sur-Allier.

Ils s'y sont pris pour époux, après sept années de vie commune, un petit garçon et une petite fille, ainsi qu'un petit pied à terre, comme un nid patiemment restauré par le mari charpentier, au cœur de ce petit bourg qui a vu devenir la mariée.

C'était doux, c'était joyeux, c'était souriant, simple et pourtant rythmé d'un tas de petites surprises. Nous avons dansé sur le parquet de la fête qui n'avait pas été démonté, nous avons dîné, sous notre halle, et nous avons rangé, dans nos besaces, le petit pot d'un miel crémeux récolté par Thibault qui nous attendait sur notre assiette.

Tout était à l'image de ce couple que nous étions tous réjouis de voir s'unir. Des touchants discours des mariés et des témoins, j'ai retenu cette jolie phrase de Gabrielle : "Tu es ma carte chance dans la vie".

N'est-ce pas ce que nous devrions toujours être dans un couple ?




vendredi 1 janvier 2021

Madame Nicole se jette à l'eau

Ce matin, avec la joyeuse complicité de deux autres chavouisses et un chavan, madame Nicole a, pour la première fois, sacrifié à la tradition du bain de l'an neuf dans les eaux glacées de l'Allier.

Madame Nicole a peur.
Mais elle se jette à l'eau.
Et qui l'aime la suive.


Ne croyez pas que Madame Nicole n'ait peur de rien.

Madame Nicole a le cœur qui cogne, la paupière qui tressaille. Elle hésite à trancher : anxiété latente ou grave maladie neurologique ?

Ne croyez pas que madame Nicole ne craigne pas le temps qui passe.
Elle s'est un peu appesantie, avec ce deuxième confinement. Elle a repris le poids sur lequel elle comptait pour remplir un peu plus son sac, avec le bivouac de l'autonomie, et réentrer en chemin.

Ne croyez pas que madame Nicole n'ait pas froid aux yeux. 
Elle a peur de vieillir seule, elle a peur de vieillir mal. De ne plus jamais ni chanter, ni danser, ni marcher.

Mais elle se soigne.
Elle savoure sa liberté nouvelle, les fous rires et les petits riens de l'amitié, en bichonnant ses pieds qui s'apaisent.
Elle fait de petits et grands projets. 
Un pique-nique amical de rivière, bientôt, si le grand blanc est aussi beau qu'aujourd'hui.
Des bivouacs de jardin pour apprivoiser le matériel.
Courir les futaies et guérets alentours, pour tester sa capacité à faire du feu, s'endurcir à la vie de plein air sans douche et en mérinos.
Apprendre sérieusement le russe, pour un projet de périple au long cours.

Ecrire enfin, écrire VRAIMENT.

Dans ses nouvelles aventures, Madame Nicole devra affronter ses peurs.
Croire en elle, ses possibles, sa créativité.
Et que l'amour la trouve et l'accompagne.
Elle vous souhaite le meilleur de vous-même, et que cette année 2021 s'efforce un peu de réparer le grand gâchis de 2020, dont elle ne veut garder que ce qui a été bon, que ce qui a été beau.

Oui, cette année, espérons que la routourne elle va tourner !




vendredi 3 juillet 2020

A l'heure où je vous écris...

A l'heure où je vous écris,
j'entends le tac-tac-tac-tac des pas de mon petit-fils dans le couloir envahi d'un tas de sacs.
Je suis arrivée hier soir tard, et nous partons ce matin pour l'océan.

A l'heure où je vous écris, je voudrais avoir l'esprit libre,
mais ma situation n'est pas réglée, bien que le rectorat m'ait redonné un peu d'espoir.
Dans ma tête l'échéance est repoussée à la fin de l'été.
Et j'ai posé dans mon jardin ce joli cadeau de l'équipe de mon école de rattachement,  trouvé hier en arrivant dans mon bureau.
J'ai un peu pleuré, et puis je me suis mise au travail.
Car, à l'heure où je vous écris, j'ai rédigé des synthèses jusqu'à 2 heures du matin, et il m'en reste une avant de partir. La situation depuis le confinement s'est encore aggravée.
Je suis déjà un peu en route, mais la sortie officielle c'est ce soir, et je veux que tout soit clair.
Evidemment, il me faudra revenir pendant l'été, ranger et inventorier le local, puis faire un bilan de l'année... Mais ce sera la dernière fois !



A l'heure où je vous écris, je repense à Embraud, 
où la préparation de la fête de l'été devrait battre son plein.
Tout était si bêtement vide et silencieux, mercredi, quand je suis repassée au jardin pour la dernière fois.


A l'heure où je vous écris,
je me sens bien moins triste
En conduisant hier soir, je voyais la lune gibbeuse me regarder,
dans un ciel d'azur sombre,
vaste et lumineux,
bien qu'un peu tourmenté de nuages épais.
J'ai eu la conviction profonde que tout ira bien,
éprouvé un sentiment de liberté incroyable devant cet été sans rentrée qui commence, ressenti une confiance profonde dans l'idée que tout est possible,
même dans les temps difficiles.
Mais je pense encore trop souvent à Padna, qui me manque cruellement.
Une semaine que je tiens bon, depuis qu'il ma annoncé l'annulation de son voyage en France.
Une semaine sans écrire, sans entendre sa voix, c'est pas bien long.
Il me faut rester cramponné au bastingage, attendre sans lutter contre les éléments, que le navire ait fini de virer de bord, vers une autre latitude, et que le chagrin,
comme tout, s'efface.


lundi 11 mai 2020

Jardin d'amour

Tu te souviens de cette lettre du bout du cœur ?
2013
2017
2020, j'ai rempilé presque trois années.
Et toujours la même attente, insatisfaite.
C'est drôle, mais bien souvent, on s'enferre dans une situation, parce que ce serait trop dur d'admettre qu'on s'est trompé.
J'ai un peu honte d'avoir été naïve, de m'être laissée bercer par quelques jolis mots, rares et touchants,
qui ont pesé lourd dans ma compréhension et ma confiance accordées au bénéfice du doute.
Une fausse sensation de liberté.
J'ai déjà investi beaucoup de moi,
ce serait pour rien ?
A ce moment là, probablement pas pour rien non.
Se rendre utile et se laisser utiliser pour se sentir aimée.
C'est l'histoire d'une vie.
Mais aujourd'hui ?

Je relis cette lettre, et je me dis,
ces derniers jours, quand je commençais à accuser le coup,
de tout, du confinement, de la solitude, de l'école,
le jardin d'Embraud m'a sauvée.
Un jardin sur mon chemin, juste au moment où j'en avais tout spécialement besoin.
Un jardin pour avoir le nez dans l'herbe et la terre.
Pour respirer.
Sentir le soleil sur mon dos, ou l'odeur de la pluie qui s'annonce.











Pendant ce temps, Padna, ce merveilleux compagnon de voyage,
brille par son absence.
Asteure qu'il n'y a plus de voyages, il est juste... loin.

Dans ma mémoire à géométrie variable s'édifient de nouveaux souvenirs.
Des souvenirs ancrés ici.
D'une friche, j'ai fait un formidable terrain de jeu.
J'ai fauché, greliné, couvert, semé...
J'attends des plants pour compléter

"Adopte le rythme de la nature, son secret est la patience."
Ralph Waldo Emerson


Hier, Jean-Baptiste m'a parlé de la Louisiane,
puis il s'est senti gêné, pensant avoir commis un impair.
C'est là que j'ai compris que j'ai mes propres souvenirs heureux de ces trois années magnifiques.
Un peu avec lui, beaucoup sans lui.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que c'est plutôt bon signe.

En dépit de cette attraction incroyable et inexplicable,
de tous ces signes du destin qui semblaient applaudir à ce spectacle de funambules,
comme une volonté extérieure à la mienne, contre laquelle je n'ai jamais réussi à lutter,
je crois bien bien que Padna ne peut pas être le destinataire de cette lettre, vieille de sept ans déjà...

Avec mon nouvel appartement, j'aurai aussi un petit jardin à moi.
Padna n'a pas de vrai jardin.
Il n'en aurait pas la patience.

lundi 14 mai 2012

Ascension


LE VEURDRE Maison de la Batellerie (3 rue du Trou Gandou)
10h - 12 h. Ouverture de la saison 2012
Première salle : Accueil du public. Iconographie. Objets divers.
Deuxième salle : Intérieur bourbonnais XIXe d’un charpentier en bateaux.
Troisième salle : L'ancienne batellerie de l'Allier à la Loire.

CHÂTEAU-SUR-ALLIER Embraud
FÊTE DE LA RIVIERE
15h00  Les Chavans chantent la rivière       Chants traditionnels du Centre de la France
16h00  Toues, fûtreaux, bachots                   Démonstrations de bateaux sur l’Allier
17h00  Les Cousines                                     Concert (2e partie) : chansons Berry-Bourbonnais
18h00  Bal trad. sous la halle d’Embraud     

A l’auberge : cuisine en matelote, vin de Riousse et Saint-Pourçain…
Maison d’Embraud ouverte au public.
Entrée gratuite

lundi 26 juillet 2010

Dis-moi que tu m'aimes

- "Tout à l'heure, vous avez dansé avec un copain à moi, vous voyez ?
- Heu oui, sans doute .. (je crois bien qu'il parle du type qui ressemble à Guilhem Lopez et qui a un doctorat de SQG *, mais je n'en suis pas sûre parce que j'ai beaucoup dansé).
- Oui, Xavier, enfin, bref, il vous a dit qu'il a beaucoup aimé ce que vous faites et vous avez répondu que c'est bien de vous le dire.
- Oui
- Ben moi je vous le dis, c'est vachement bien ce que vous faites !"
Il a ce grand sourire d'enfant, avec des yeux qui brillent. Alors ça me touche, bang, là en plein cœur. Je ne peux pas résister, je l'embrasse.
Et il s'en va.
 .../...
Elle est jeune, belle, gracieuse et toute fine dans sa robe blanche. Elle s'assoit à côté de moi, et me dit en souriant :
-" Tout à l'heure, Mathieu, il vous a dit que c'est vachement bien ce que vous faites.
- Oui (et déjà ça me fait un grand sourire calme à l'intérieur).
- Alors moi je voulais vous dire aussi que j'aime beaucoup ce que vous faites, parce qu'il paraît que vous avez besoin qu'on vous le dise. Vous avez un CD ?"
MDR
Je l'embrasse aussi.
Normal.
Il y a des gens comme ça, ils savent faire des câlins gratuits juste avec leurs mots et c'est fort.
Très fort.
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* SQG : scottish qui groove

dimanche 21 février 2010