lundi 23 novembre 2015

Affaire d'Etats

Je commence une collection.
Je viens d'apprendre qu'il existe des quarters d'Etat (25 cents), qui commémorent sois l'entrée sous la bannière étoilée,
soit un parc national.
Dorénavant je trie soigneusement les pièces qu'on me rend.
oui, parce que les pièces voyagent loin de là où elles ont été émises bien sûr.
Ceux avec un aigle, c'est pas bon.
Enfin si c'est bon, mais pour le car wash et les distributeurs.
Les autres, je les mets de côté.
J'ai déjà :
Colorado 1876, Hawaï 1959, Indiana 1816, Kentucky 1792, Nebraska, Tennessee 1796, North Carolina, North Dakota, Ohio 1803, Pennsylvanie 1787...
Il m'en reste donc trente à trouver...



dimanche 22 novembre 2015

Not sad, even grey





Temps gris aujourd'hui, je change un peu mes plans, et je décale Highline et Chelsea pour demain.
New York est cette ville formidable toujours vivante,
toujours paisible (oui)
jamais ennuyeuse.
Challenge du jour :
remonter la 5th avenue jusque là où on s'est arrêté hier en revenant de Central Park,
en partant de Whashington square, que j'aime beaucoup.





Nombreuses haltes dans les secondhand shops des 25ème/26ème rue : Goodwill (entreprise de réinsertion), une autre dont j'ai oublié le nom, et Crossroads où tu vends tes fringues avant d'en acheter d'autres (plus chic mais pas forcément plus cher).



Goodwill, ce n'est pas le même prix qu'en Louisiane, et pas les mêmes fringues non plus, t'imagines bien.
Pas les mêmes tailles non plus : zéro plus size, jusqu'au L maximum, la new-yorkaise est fit.
Mais j'ai trouvé des trucs sympas.

Déjeuner goûter d'un panini avec du vrai pain à Eataly, au pied du flatiron building
(photo floue, mais panini excellent...)




Coucher de soleil attractif.

Vue sud Manhattan





vue nord Empire State Building






Vitrines décorées.



Arrivée à la cathédrale et au MET (Metropolitan museum),
défi relevé.


Retour rapide (mais prudent), grâce au citybike.


Un peu d'amour en plus

Je ne peux pas dire que j'aie été surprise.
Choquée oui.
Touchée oui.
Inquiète pour mes amis, évidemment oui.
Mais certainement pas surprise.

Si, depuis les années 80, tu as vu changer la banlieue où tu vivais, à Gennevilliers, quelques encablures de Saint-Denis, tu peux pas être surprise.

Si tu as quitté ce ghetto pour respirer mieux en 1999, tu peux pas être surprise.

Si tu as lu "Les territoires perdus de la République" en 2002, tu peux pas être surprise.

Si tu as travaillé sept ans en prison, tu peux pas être surprise.

Si tu as aussi enseigné le français à ceux qui ont fui leur village pour ne pas subir le sort des ces 200 gamins pakistanais tués dans leur école l'an dernier, tu peux pas être surprise.

Si tu t'es interrogée souvent sur le petit racisme ordinaire du quotidien, tu peux pas être surprise.

Et si parfois, depuis quelques années,  tu t'isoles quelques jour du flot continu d'informations, c'est que tu t'attends toujours au pire.

Et tu sais donc que ce n'est pas que le début.
Tu sais que c'était engagé depuis longtemps, et tu te dis que,
même face à un phénomène tentaculaire, et international,
la France aurait pu rester douce à elle-même si chacun, au quotidien, à commencer par l'école,
ne jugeait pas en permanence au lieu de faire de l'égalité et de la fraternité une réalité quotidienne.

Il faudra maintenant encore plus de d'amour et de patience,
et encore moins de jugements à l'emporte pièce,
pour traverser une période de fortes turbulences.
Encore plus d'éducation, encore plus d'effort sur le langage de ceux qui sont nés ici et ne parlent pas notre langue.
Un peu plus d'autorité, et beaucoup moins d'autoritarisme.

Pis je le dis clairement.
Je ne me sens pas particulièrement fière d'être française.
Disons plutôt que j'en suis très heureuse.

Heureuse d'avoir eu la chance d'y naître, d'y grandir, d'y aller à l'école, d'y être soignée quand j'étais malade.
D'y être pauvre et malgré tout de n'avoir connu la faim que très temporairement.

C'est pourquoi, sur mon profil FB, j'ai pas pris le voile tricolore.
Je dis pas ça contre ceux qui ont choisi de porter nos couleurs.
Juste qu'à ce moment, je me suis sentie mieux représentée par les drapeaux en berne.
C'est ma tristesse devant tout ce gâchis.


photo AFP -  Philippe Demaze - 2012

C'est pourquoi aussi, si ça s'aggrave, je resterais pas une deuxième année en Louisiane.
Ça me fendra le cœur, mais déjà je n'imagine pas être sauve au loin, si mes enfants ne le sont pas dans mon pays.
Et surtout, je crois que c'est l'heure de regarder devant pour voir ce que chacun peut faire, qui fasse un peu bouger les lignes.
Le battement d'ailes du papillon.




samedi 21 novembre 2015

Central Park

Tu l'auras compris ami lecteur,
je suis à New York pour les vacances de Thanksgiving,
cette ville incroyable et pourtant si paisible.
Quelques jours citadins,
un grand bol d'amitié, avec un peu de tequila dedans.
Le kid devait m'y rejoindre, mais il a des examens,
alors j'ai un peu changé mon programme.
Ce samedi, Central park.
Où que tu sois, c'est beau, voire même magique.






Thanksgiving n'est pas encore passé que tout est en place pour Noël.
Mais les lumières ne sont pas encore allumées partout.



Et le sapin du Rockfeller center ne sera dévoilé que la semaine prochaine.


Le soir, une très chouette pièce de théâtre.


dans une mini salle un peu avant garde

  
et avec des acteurs qui... fument des cigarettes !




vendredi 20 novembre 2015

Vue d'en haut

Je suis arrivée ici par Lafayette, la nuit.
J'étais fatiguée, un peu stressée et très surexcitée aussi.
Mais quand j'ai redécollé de Nouvelle-Orléans, ce vendredi, pour rejoindre New-York,
au crépuscule, on s'est enlevé au-dessus de de la ville et de toutes ses lumières.
Ça semblait des guirlandes de lampions, sur une mappe géante.
Ça m'a fait drôle un tas.
La route qui enjambe un bras de mer, les lampions suspendus à rien au bord de la terre mouillée,
c'est là que j'ai compris comme la Louisiane est encore plus fragile qu'elle est belle vue d'en bas,
ou de là-haut.
Oui Daniel, vraiment, ton bon Dieu t'a choisi une bonne place pour naître.
une place à aimer.
une place à défendre.


Tu choisis pas toujours.
Parfois, c'est la vie qui choisit pour toi.
J'avais choisi d'être dans cet avion,
mais j'avais pas pu choisir mon siège.
Ça fait j'ai écopé de ma favorite place :
celle contre le mur de cabine, avec un dossier quasiment fixe.
Contre de le hublot derrière l'aile.
Avec vue...



lundi 16 novembre 2015

De la théorie de la relativité

"Mais madame, pourquoi ils font ça ?
Ils sont mexicains ?"
Petit blanc à l'antenne à l'issue de la minute de silence.
Oui, 120 morts à Michoacan, ça serait considéré comme un bon bilan après un règlement de comptes entre cartellistes...
La Louisiane étant très proche du Mexique,
ça fait tout est relatif,
et parfois bien difficile à expliquer même aux adultes.

Non ce ne sont pas des syriens qui ont fait ça, mais des Français.
La fille qui s'est fait sauter à St Denis,
elle est née là où je vivais à l'époque où elle a vu le jour : à Clichy-la-Garenne...
Ce qui n'empêche pas la campagne d'un candidat gouverneur de basculer vers l'argument :"je suis le seul à m'opposer à Obama qui veut envoyer des réfugiés syriens en Louisiane..."
Non ce ne sont pas des enfants sans pères donc sans repères, qui seraient issus de familles de divorcés. Ça serait même plutôt le contraire.
Liban, Turquie, Pakistan, Mali, Syrie, il y a des pays où le sentiment d'insécurité est permanent.
Mais en France, on était supposés être en sécurité physique et sociale. C'est même pour ça que viennent s'y réfugier ceux qui fuient la guerre et la misère.

Mon cœur a saigné vraiment,
pour ces morts et leur famille, et tous ces discours haineux, c'est du sel sur la plaie.




Photos prises ce matin à Washington Square, New York.

mercredi 11 novembre 2015

Veterans day


C'est pas que je sois fana des films de guerre américains
ni même de leurs initiatives gouvernementales concernant la politique extérieure.
C'est juste que, pour ma génération, qui a encore en mémoire le récit de ceux qui ont connu une ou deux guerres,
et a perdu quelqu'un dans un camp,
c'est pas possible d'oublier que si les ricains n'étaient pas là,
on serait tous en Germanie...
(je suis pas fan de Sardou non plus, sauf de la maladie d'amour bien évidemment)
et de ne pas penser à ces petits mecs venus mourir sur nos côtes...
et même à ceux de la guerre d'avant.
Bref, aujourd'hui, c'est Veterans Day,
qui n'est pas férié,
mais célébré dans le gymnase de l'école.

A cette occasion, ils chantent des chansons : Amazing grace, Glory Hallelujah, etc..
Et moi je dois chanter une traduction (la mienne en fait) de America the beautiful,
après le chœur anglophone, toute seule a cappella devant tout le monde,
pour que les enfants entendent en français quelque chose qu'ils connaissent dans leur langue.

Bon allez,
je suis sûre que tu brûles d'impatience,
je te livre ma traduction
(la coccinelle peut aller se rhabiller)

"Oh belle pour tes vastes cieux,
les vagues ambrées du blé,
le pourpre des monts majestueux,
sur la plaine fertile.

America, America,
Dieu y a posé sa grâce,
Couronné sa bonté de fraternité,
D'un océan à l'autre".

Heureusement on ne chante que le premier couplet...

Et je vous mets la version de Ray Charles,
que j'aime beaucoup.