Affichage des articles dont le libellé est Coline écrit. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coline écrit. Afficher tous les articles

mercredi 12 août 2020

Le bonheur c'est maintenant

Le matin, la moitié du jardin reste dans l'ombre de la muraille et du puits.
M'est venue la douce habitude de m'y installer pour écrire, 
en attendant que le linge sèche au soleil.
Protégée.
Inspirée.

 
Il suffit de lever les yeux pour croiser le vol d'un oiseau,
ou surprendre la lune décroissante qui a oublié de se coucher.

Un moment d'intense vie intérieure.
Une échappée créatrice, qui entraîne les mots et les phrases dans son sillage.



Créer exige du temps, de la disponibilité intellectuelle.
Il ne me semble pas en avoir eu suffisamment jusqu'à aujourd'hui.
Enfin je peux commencer et terminer une histoire, et puis une autre. 
C'est un peu comme respirer à fond après des années d'apnée.
Je m'apprête à écrire, et tout est calme en moi.
Pas de chagrin, pas de solitude, rien d'autre que l'étonnement, 
la stupéfaction délicieuse d'être libre et là.
Une immense confiance.
Suis-je prête pour le bonheur ?
Je suis déjà heureuse je crois.


vendredi 12 juin 2020

Les parfums du souvenir

Encore un atelier d'écriture à distance, animé par Claire Garand.
Sur le thème du souvenir.
Plus précisément du souvenir olfactif.
J'aime beaucoup ces ateliers, dont les textes reflètent bien la diversité des auteurs.
Ceux de ma plume sont signés Madame Nicole.
C'est mon nom de scène, et aussi de plume désormais.



jeudi 30 avril 2020

Le grand confinement de Madame Nicole # 46 Ailleurs de coeur


Jour 46 Pas de chanson aujourd'hui.
Mais de la lecture pour Ailleurs....
Madame Nicole a l'habitude de participer, une fois par mois
à un atelier d'écriture organisé par la galerie Arko de Nevers.
et animé par Claire Garand.
Le principe : deux consignes qui délient la plume, à partir de souvenirs,
et on se lance, dans l'imaginaire...

Vous pouvez lire mes deux textes
(Wahran vous rappellera quelque chose, et Urbex c'est parce que je viens de découvrir qu'il existe des explorateurs urbains..)
mais aussi les touchants écrits des autres participants en feuilletant le livre numérique (gratuit évidemment).
Il se trouve que pour le texte final, Claire avait proposé seize photos, et une autre participante a choisi ...
la même que moi. 
Et ça c'était vraiment la cerise sur le clavier : il est clair que chacun voit l'ailleurs à sa porte et à sa manière.


samedi 27 décembre 2014

Bull'help yourself #1

Essayé, adopté, le top des geeks qui aiment le papier,
la révélation qui me permet de gérer mes carnets chéris,
mes to do lists, mes idées de nouvelles, de chansons, de séances pour la classe.
J'ai nommé le "bullet journal".
C'est comme un agenda, mais en mieux, espace modulable pour un jour, une idée, un projet...


Le concept est bien expliqué par Michel (une mine, ce collègue qui travaille à la Réunion)  là :

http://www.tilekol.org/le-bullet-journal-un-systeme-dorganisation-moderne-a-lancienne


et là :
C'est ce qui m'a décidé à me lancer.
C'est joli, propre, créatif,
pour l'instant, je savoure juste le plaisir de retrouver facilement tout ce que je note.
La clé, c'est l'index en fait,
et le foliotage des pages.

Ici, un petit complément
je n'ai rien l'intention d'acheter.
D'abord je ne sais pas ce que j'en ferai : je n'ai pas de smartphone (si, si)
Et puis j'ai plutôt envie d'exploiter le stock de ce qui m'a été offert ou que j'ai ramené d'un peu partout.
Donc je me suis lancée avec le cahier américain que je traîne depuis septembre, et ça m'a changé la vie.


Avant :  le chaos


Après : ordre et clarté



Zéro angoisse
Zéro post it


dimanche 7 septembre 2014

Letter box

On mangeait un sandwich et une pastèque au café tribal.
Il nous a demandé d'où on venait,
et puis il a dit " Vous voulez bien m'envoyer une carte postale ? Avec la tour Eiffel ?"

Il n'avait pas l'air follement joyeux, mais les natifs ne sont pas très expansifs avec les touristes.
J'ai dit oui bien sûr,
une de Paris, qu'on a envoyée de l'aéroport,
et une de chez nous.
J'ai choisi une enveloppe un peu kitsch, mais avec le pont de Senoueix, et aussi beaucoup d'eau,
parce que l'eau, c'est un peu l'ADN des Supai.

Et si vous aussi vous aimez l'idée que votre carte traversera l'Atlantique,
puis l'Amérique,
pour arriver jusque là, à Hualapai Hilltop


et puis qu'elle descendra dans le fond du canyon à dos de mule,
avant d'arriver dans la boîte aux lettres de la poste tribale,
à droite de la photo,



et qu'Eljean marchera dans le sable rouge,
aura la surprise de la trouver,
et s’assiéra  pour la lire,
à la terrasse du café, de l'autre côté de la place,

si ça vous fait un peu rêver
vous aurez peut-être vous aussi envie de lui écrire un petit mot,
avec des bouts de France (ou d'ailleurs) dedans...



Eljean HANNA
P.O. Bx 177
Supai AZ 86435

Edit 1 : J'ai gardé dans un coin de mes rêves un peu d'Havasupai,
et une idée de post sur cette tribu,
que j'écrirai dès que j'en aurai le temps.

Edit 2 ; écrivez votre adresse, peut-être qu'il vous répondra ?

vendredi 6 juin 2014

Des nouvelles de ma nouvelle # 14

Il touchait le fond.
Depuis quelques jours, vraiment, c'était devenu trop difficile de continuer à vivre.
Il se sentait oppressé en permanence, un poids terrible sur sa poitrine. Avec les années, il pensait s'y être habitué.  Mais il n'était pas né ici lui, et chacun de ses pas nécessitait un effort considérable, alors que les autres semblaient glisser dans l'onde.
Il se souvenait que petit, il faisait un rêve récurrent. Il tombait du haut d'un gratte-ciel. La chute était vertigineuse, à peine le temps d'être horrifié. Et puis soudain, dans un réflexe ridicule, il se mettait à nager la brasse, rencontrait la résistance de l'air. La chute s'interrompait, la peur s'évanouissait, il était sauvé et finissait immanquablement par nager longtemps et sans crainte dans l'azur accueillant.
Mais depuis qu'il était arrivé là, il ne rêvait plus.
Il dormait peu.
En fait, il avait toujours peur de mourir noyé dans son sommeil.
Il ne nageait plus non plus. Ça ne se faisait pas, c'était même assez mal vu. Tout le monde marchait sur ses deux jambes, c'était le signe. Le signe qu'on était encore humain malgré les circonstances.
Ça n'était pas nécessaire, franchement.
Parfois, il se rappelait l'eau bleu vert des lacs et le ballet des vagues sur la grève des plages, les embruns et le fouet des tempêtes sur le quai, le goût du soleil salé sur la peau. Un jour qu'il était en plongée au large, le vent s'était levé. Il s'était senti doucement bercé entre deux eaux, comme un fœtus par le pas de sa mère.
Il ne restait que le sel.
On avait oublié jusqu'au souvenir de la houle et de la lumière.
Pas d'aube, et pas de crépuscule.
Ce matin là -mais était-ce un matin ?- il avait parlé avec son voisin, il n'aurait su dire exactement de quoi. Pas du temps qu'il faisait en tout cas., ah ah ! Personne ne savait plus ce qu'était la météo. Et ce type, habituellement un peu limité dans ses propos, avait soudain glissé cette phrase dans la conversation :
"Il faut suivre le cours naturel des choses".
C'était si clair, si évident.
Il s'arrêta devant le bar, hésita à peine, commanda une bouteille de vin, repoussa le verre. "Je vais le boire dehors."
"Heu, vous êtes sûr, dit le barman ? Plutôt chez vous non ? "
Il ne répondit pas.
A peine passé la porte, il décapsula le flacon.
Immédiatement, le vin s'échappa, comme un filet de sang clair.
Suivre le cours naturel des choses ?
Il lâcha prise, mais pas la bouteille.
Ses pieds quittèrent le sable, il ne quittait pas des yeux le mince filet rouge qui commençait à se diluer, mais qui restait bien visible.
Suivre le cours naturel des choses.
Il montait toujours quand il aperçut la lumière. Elle l'appelait, et ses jambes se mirent à battre plus vite.
Son cœur s'apaisait pourtant.
Il apercevait maintenant ce qui devait être la surface.
Et soudain, il y eut ce moment incroyable où il sortit la tête hors de l'eau.
Il aspira l'air d'un coup, cracha un peu, puis se contraint à respirer calmement.
Le soleil était toujours là, comme dans son souvenir.
Devant, derrière, partout l'eau vert noir.
Profonde.
"Je suis chez moi".
Solide, libre.
Et seul avec sa bouteille vide.

dimanche 30 mars 2014

Des nouvelles de ma nouvelle #13

Je veux savoir.
Je veux savoir ce qui va se passer maintenant.
Il n'est pas loin pourtant, juste à portée de main. Il suffirait de tendre le bras pour renouer avec le dénouement.
J'aurais dû faire comme d'habitude. Commencer par la fin.
C'est malin !
Maintenant, je suis là, à un bras à peine de l'épilogue, et c'est comme si un océan nous séparait. Un océan de ténèbres et de voiles, un océan d'interdits. J'entends le souffle de mon frère, là-bas de l'autre côté de la chambre, autant dire sur un autre continent. Il ronfle un peu. D'habitude, ça me berce. Mais là, ça m'agace. Il dort. Comment peut-il dormir pendant que l'autre court encore ?
Il faut que je sache.
Je me tourne et me retourne dans la moiteur des draps déjà trop chauds.
Pour ne pas suffoquer, je dévire l'oreiller, il est plus frais de l'autre côté, celui qui n'est pas encore marqué de l'empreinte de ma joue.
J'ai peur de sombrer dans l'océan tiède de notre chambre. Mon lit est comme un radeau, à une toute petite encablure de l'île au trésor, de ces pages pas encore tournées, de ces lignes pas encore lues.
Tant qu'on ne les a pas lues, est-ce qu'elles ont vraiment été écrites ?
Je tends la main dans l'obscurité, mes yeux se sont habitués à la pénombre, mais je les garde fermés. Si je ne vois rien, je sais que ne me ferais pas prendre. Mes doigts s'insinuent sous la couverture, rampent sur le drap, retrouvent soudain l'air du large, balaient l'espace au-delà de mon embarcation, avancent à tâtons sur le rivage, débarquent sur le lieu du crime, harponnent finalement le pavé de papier. Mon bras est une gaffe, qui ramène contre mon cœur, les pages naufragées.
Je retiens mon souffle.
Argh ! C'est le pas de mon père dans le couloir. Il va, il vient. Pourquoi ne va-t-il pas se coucher ? Je l'entends ouvrir la grande fenêtre du salon. C'est bien le moment d'aller prendre l'air sur le balcon !
J'entends les cordages se tendre sur le pont.
On est vendredi.
C'est jour de lessive.
Il vient de tirer le séchoir à enrouleur pour étendre le linge.
Il s'en retourne à la cuisine. Son pas encore, puis un petit hublot de silence. Le moment est venu.
Je débarque à bas de mon lit, mon homicide toujours serré contre moi. De ma main libre, j'ouvre la porte de l'armoire, farfouille derrière les chaussures. Ça y est ! Je l'ai ! Nage libre jusqu'au radeau, le cœur en accélération. Le balcon se referme, les pas se rapprochent, ça tangue un peu.

Je me contorsionne pour tirer les draps sur ma tête et m'installer à plat ventre. J'allume la lampe : je suis sauvée, voilà les secours...

------------------
Une consigne d'écriture, la mémoire d'un moment de lecture,
et 45 minutes pour produire ce texte.
Puis, tout le reste de l'après-midi pour découvrir ceux des autres.
Il y avait deux toutes jeunes filles, et j'ai été profondément touchée par le présence et leur texte.

Deux autres sessions
toujours à la médiathèque de Guéret
le 26 avril et le 17 mai.
Ne pas hésiter à se faire mettre sur liste d'attente, c'est comme ça que j'ai eu la place.
05 87 63 00 08 / contact@bmi-gueret.fr 

L'animateur, c'est
Fabien Bouvier, 
auteur-compositeur aussi
de l'association Les Serruriers Magiques
Allez voir leur site là.
C'est vraiment chouette leur travail.

Si j'ai bien compris, c'est lui qui a écrit cette chanson,
qui me fait penser que,
tant que mes doigts pourront  faire courir la plume, 
ma chandelle ne sera jamais morte.

jeudi 27 mars 2014

Simple comme un coup de fil...

Il est tard,
mon portable sonne.
C'est la médiathèque de Guéret.
Une place vient de se libérer pour l'atelier d'écriture de samedi après-midi,
et je n'étais pas la première sur la liste, loin de là.

Le seul samedi où je suis à la maison ...

J'ai dit oui.