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jeudi 31 octobre 2024

Россия2024 #18 Escale moscovite

Москва
Des trottinettes et des vélos.
Comme partout.



Москва
Красная площадь


Гум, le goum, ancien magasin d'état, reconverti en centre commercial de grand luxe
Plaisir des yeux...

Parmi les luxueuses devantures, Cartier, Dior, etc, ont toujours leur vitrine et ses lumières.

Mais les boutiques sont vides : il n'y a rien à vendre.


En revanche chez Max Mara (marque italienne), c'est carton plein.


Москва
Étape ultime du jeu "Trouver Lénine" : le mausolée de la place Rouge.



Ah mince, encore des travaux, c'est carrément fermé.
Gros show en mode défilé et musée en plein air pour les commémorations du 4 novembre (c'est écrit : Moscou ville héroïque).


Je ne suis pas fan de Moscou, capitale froide et distante pour le touriste de passage.


C'est cependant une très belle ville, où j'apprécie de passer deux nuits, dans un quartier où je me sens à l'aise, Tchistye Proudy, à deux stations de métro du centre ville. 


Il me reste un tas de lieux à visiter, comme le musée d'histoire de l'Etat, très riche et intéressant, qui a hélas renoué avec les pratiques d'avant Covid : 600 ₽ pour les Russes, 2000 ₽ pour les étrangers. Cela me fait 20 €, mais je ne regrette pas, car on y trouve beaucoup de très belles pièces

Allez, un échantillon de ma propre sélection avec ce sceau d'Alexandre Nevski, ce prince qui, pour moi, symbolise un de ces paradoxes qui font le sel de la Russie : un héros sanctifié, dont on trouve des reliques un peu partout (à croire qu'ils l'ont découpé...), vainqueur des Tatars et des Teutons, figure emblématique du roman national. Un pilier de la féodalité tsariste, mais adoubé par le soviétisme.



Cette petite toile de la fin du XVIIIème sur l'équilibre entre les pays...


À droite, plusieurs pays européens, qui ne pèsent pas lourd dans la balance, même avec toutes leurs bourses pleines.
À gauche, allez, je vous laisse deviner quel pays pèse plus lourd que tous les autres à lui tout seul...(en écrasant la Turquie qui crie на помощь! Au secours !)

Au deuxième étage, une exposition temporaire sur le petit père de la dictature du prolétariat : j'ai quand même trouvé Lénine !




Москва
Le musée Pouchkine n'est pas du tout consacré au poète, mais il est comme un petit Ermitage.
Un bâtiment séparé est consacré à la peinture européenne, avec une collection incroyable d'œuvres impressionnistes.
Parfois je me demande si nos plus belles pièces ne sont pas à l'étranger finalement
Beaucoup de Matisse en Russie, car sa secrétaire, muse, modèle Lydia Delectorskaya, était sibérienne.







Elle a fait acheter beaucoup de de ses œuvres à des collectionneurs russes, et prodigué des dons après le décès d'Henri.


Monnet
Notamment une suite de vues de la cathédrale de Rouen.





Degas
Les danseuses bleues




Tableau La Kermesse
Peinture flamande
David Teniers II - 1650



Le cornemuseux bien sûr, mais aussi le type qui vomit contre la palissade....





Magnifiques Van Gogh







mercredi 30 octobre 2024

Россия2024 #16 AndreÏ Roublev

Il faut que je vous raconte l'histoire de cette icône du moine Andreï Roublev (1360-1428 ?), dit St André l'iconographe. C'est un de mes chouchous, je n'y peux rien.
Il aimait jouer avec l'espace, les formes, les couleurs, exprimer une certaine liberté spirituelle.


Il faut savoir que, quand on entre dans un lieu de culte orthodoxe, l'icône en bas à droite de la porte de l'iconostase est celle qui donne son nom à l'église.
Celle-ci date du XVème siècle, 1m de large sur 1,5m de haut. A l'issue d'une longue errance, elle est revenue dans la cathédrale de la laure de Serguiev Posad, dernière étape de ma visite des villes historiques de la Russie moscovite.

Après l'incendie de la cathédrale par les Mongols, puis sa reconstruction (les Russes sont d'infatigables rebâtisseurs), Roublev en a peint les fresques (disparues aujourd'hui) et cette icône.
La Trinité, le père, le fils à sa gauche, et le Saint esprit à sa droit, est représentée par les trois anges venus annoncer à Abraham la venue d'un fils.
À part une vague tristesse du fils, ils ont le même visage, et on ne voit ni Sarah, ni Abraham autour de la table.
La perspective est inversée : elle n'est pas au fond du tableau mais vers le spectateur.

Décision ultra politique en pleine guerre contre l'Ukraine, ce chef d'œuvre a été rendu l'an dernier à l'église orthodoxe russe par Poutine, pour continuer à s'assurer de son soutien.
Il a quitté la galerie Tetriakov où il était conservé depuis 1929 (et une évacuation à Novossibirsk pendant la deuxième guerre mondiale) pour être exposé un an à la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou.
Finalement, l'icône est revenue en son giron initial, la cathédrale de la Trinité de Serguiev Posad, où j'ai pu l'admirer derrière sa vitrine climatisée (elle est très fragile), un peu éclipsée par la file d'attente pour embrasser le tombeau d'argent de Serge de Radonège.
C'est drôle, c'est un peu comme si, au fil de mes voyages, je l'avais suivie.

Les photos étaient strictement interdites, celles-ci ne sont pas de moi.
La deuxième : Maxim Shemetov pour Reuters parue dans la Croix.
La première : Wikipédia.


Comme Alexandre Nevski, Andreï Roublev est un peu partout.
Par exemple ici au musée d'histoire de l'Était de Moscou, deux évangiles enluminés par son art.



Donc Andréï Roublev, le voilà représenté presque sur ses terres, à Vladimir, première étape de mon tour des villes de l'Anneau d'or.


En 1408, avec un autre moine, Daniil dit le Noir, il y a peint les
fresques de la cathédrale de la Dormition.



Les fragments de ce jour du jugement dernier sont remarquables. Aucune épouvante face au châtiment. Plutôt une représentation du triomphe et du pardon.

Ici, l'immanquable film d'Andrei Tarkovsky sur Roublev.