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lundi 4 octobre 2010

Sortir en Creuse

Dimanche 10 octobre
 Vent de galarne 
(la Chavannée)
est en concert à 
l'église de St-Loup (23)
à 16h00

et le 
samedi 9 octobre
c'est moi
Coline
qui chante dans l'église
à 17h00

 

dimanche 12 septembre 2010

lundi 26 juillet 2010

Dormir

 
je crois bien l'avoir déjà publiée
mais je n'arrive pas à la retrouver
alors je la remets

dimanche 18 juillet 2010

Le petit monde du trad

Quand je suis montée sur scène, il était 2h15.
Du matin.
Oui, mais on est à St Chartier quand même. Enfin Château d'Ars maintenant.
Blowzabella jouait sur le grand parquet, noir de monde, je me suis dit c'est mort.
Mais non, il y a toujours des pervers sur les parquets de scène ouverte, parce que de toute façon, à la Clairière, c'est pas dansable, on se piétine, et en plus il y a des gens debout qui se croient au concert en plein milieu.
Bref, je monte sur scène, et c'est toujours le même petit miracle : déjà, j'ai encore la voix, et puis, ils se lèvent, et ils dansent.
Je sens l'échange d'énergie déjà, sur la bourrée deux temps.
Je donne tout ce que j'ai, je reçois les vibrations de leurs pieds sur le parquet, et leur plaisir quand je relance, parce que la bourrée deux temps c'est ça, faut que tu mènes.
Et sur les valses, les mazurkas, ils ferment les yeux, ils balancent. Ce mouvement circulaire d'émotions, un peu pendulaire, entre eux et moi, c'est ça qui me nourrit.
Les applaudissements, les bravos, les encore, ça gâche pas non plus.
Mais il y a encore un groupe derrière moi, alors je redescends sur terre d'abord, l'escalier ensuite. Déjà que j'ai enquillé la place comme par miracle, faut pas abuser. Mais le gars qui m'a fait cette petite grâce, il est venu danser aussi, et je vois qu'il ne regrette pas. Sûrement qu'il avait eu un doute à un moment, mais là bon, je sais que je peux revenir l'an prochain ...
------------------
Sur le parquet, il y a ceux qui viennent me voir, et qui me disent merci, et ça me touche là, vraiment.
Et puis il y a un couple, elle dit :
- "Dommage, on est arrivé vers la fin, tu as chanté beaucoup ?
- Cinq, six chansons oui.
- Tu as un Cd, quelque chose ?
- Je viens d'en enregistrer un, une démo, mais je ne l'ai pas sur moi. Sinon tu peux écouter sur mon blog."
Je lui donne l'adresse. Elle est surprise.
- "Tu es en Creuse, Coline de la Creuse ? Parce qu'on connaît une Coline de la Creuse qui a une émission de radio ! ...
- Ben, c'est moi oui."
Trop fort, c'est la fille des Zrofs ...
celle qui joue du diato, la preuve :
     

 allez, encore un coup :

     



Leur site c'est là :
http://www.leszrofs.fr/index.php

lundi 28 juin 2010

Cadeau

J'ai eu toutes sortes de cadeaux de fin d'année.
Mais celui-ci, c'est le plus personnel, et le plus émouvant.
Une robe.
Offerte par les parents d'élèves vendredi soir après le spectacle (avec le sac assorti et d'autres petites choses sympas).
La marque bien sûr c'est Coline !
Et elle me va super bien (merci Élodie, trop forte ...)
La photo est floue et mal cadrée.
J'ai pas le temps de bien faire.
C'est que je veux la mettre tout à l'heure, que les enfants me voient avec.

jeudi 24 septembre 2009

Radio Coline : le retour



Radio Coline est de retour
en vrai ça s'appelle L'heure du trad
c'est sur Radio pays de Guéret 96.5
un dimanche sur deux de 18h00 à 19h00

et si vous êtes trop loin
ou pas à l'heure
c'est là :
http://radiopaysdegueret.fr/emissions/lheure-du-trad/indian-summer/
Vous cliquez sur la flèche bleue du podcast
et voilà...

vendredi 31 juillet 2009

Sun&flowers in my school


Trop cool.
Repasser à l'école,
en profiter pour faire mon marché.
Et du coup, zapper les mauvaises ondes,
que le PC est en panne
et qu'il ne sera sûrement pas réparé pour la rentrée.

vendredi 10 juillet 2009

Lo mal maridat

« Écoutez tous petits et grands
l'histoire du mal marié
qui a rêvé d'amour longtemps
sans pouvoir y toucher
 »

L' histoire de la mal mariée, tous vous la connaissez. Lo davantal pissou, lo cotilhon merdou, prisonnière de sa belle mère et battue par son homme, on vous l'a maintes fois chantée.
Mais pitié prenez de celui qui aimait, et qui jamais ne recevait, ni caresse, ni amitié.

Aqui l'historia de Gustau que amolherada femna de fusta.
C'est l'histoire de Gustau, qui avait pris femme de bois.
Oui, oui, une femme de bois, rencontrée dans son plus jeune âge.

« Tendez l'oreille petits et grands
le sort en est jeté
sur celui qui pour femme prend
une jolie poupée
 »

Elle était la fille unique et chérie d'un châtelain que la vie avait privé trop tôt de sa jeune épouse. Déchiré de chagrin, il lui avait semblé qu'aucune princesse, aucune reine, jamais, ne pourrait remplacer la sienne. Et comme elle était morte avant ses premières couches, et qu'il se sentait seul, il se fit faire un enfant de bois. Une petite fille, sculptée, à l'image de sa mère, dans un cep de vigne, par un maître ébéniste des environs dont on disait qu'il était issu d'une lignée de fées.
Et il devait y avoir un peu de vrai dans cette légende, parce que les années passaient, et que la poupée grandissait, prenant peu à peu tournure de demoiselle, puis de dame.
Et donc Gustau avait pris cette femme, qui trois enfants lui donna, qui n'étaient pas enfants de bois.

« Soyez patients, petits et grands
et apprenez comment
Gustau bientôt fut en tourment
d'une femme sans émotion
 »

Ce que Gustau ignorait, c'est que sa femme avait un secret, qu'elle n'avait jamais partagé avec lui, parce qu'avec son cœur de bois, elle l'aimait malgré tout.
Un cœur de bois, ce n'est pas un cœur de pierre.
Et lui, il ne savait pas que la vie, les couleurs et le semblant de chaleur de sa femme de bois lui venaient de sa sève fée. Et que chaque vie de chair qu'elle donnait, ça lui prenait un peu de ce sang magique et précieux.
Et des fois Gustau, quand il prenait la main de sa femme, il la sentait glisser et s'échapper.
Comme ça, pffff !
Et aussi, quand il voulait lui parler ou l'embrasser, elle tournait la tête.
Comme ça, pfff !

Et plus le bois séchait, et plus le cœur de Gustau se serrait.
Le sommeil de l'amour empêché n'est pas un refuge pour ceux qui ont besoin de chaleur dans leurs bras. Après de longues nuits de larmes silencieuses, il s'en fut dormir dans la grange, dans l'odeur chaude des bêtes et de la paille, qui lui rappelaient, il ne savait pas pourquoi, quand il était petit.
Et c'est une des ces nuits pendant laquelle il s'endormit sur son chagrin, qu'il la vit pour la première fois.
« Elle avait les yeux couleurs d'ambre
Et le ciel coulait de ses membres*
un manteau de nuit étoilée
qu'il faisait bon s'y enrouler
et quand elle ouvrit grand ses bras
lui il n'eut qu'à s'y réfugier
à s'y laisser envelopper
à voguer sur sa voie lactée
 ».

Et chaque jour, Gustau attendait la nuit, pour retrouver ce rêve de chaleur et de bienveillance.
C'est drôle pourtant, parce que, cette femme de rêve de nuit , il ne pouvait pas plus l'atteindre que sa femme de bois de jour …

« Tu voles aussi haut qu'une hirondelle
et mon cœur ne peut s'approcher d'elle.
Tu voles aussi haut qu'une hirondelle,
je voudrais qu'à mon cœur il pousse des ailes.**
 »

« Prenez pitié petits et grands
c'est une âme qui s'éteint
et dont le souffle dans le vent
dit la vie qui revient
 ».

Chaque nuit, dans la grange, il lui parlait à cette image aux yeux d'ambre qui lui semblait chaque fois plus réelle.
Et même, elle chantait maintenant.
« Tu chantes comme chantent les enfants,
et mon cœur en ferait bien autant.
Tu chantes comme chantent les enfants,
je voudrais la clef pour remonter le temps.**
 »

Elle chantait, elle chantait tant et si bien qu'une nuit, ce chant pur et clair réveilla la femme de bois, qui descendit l'escalier, sortit pieds nus dans l'herbe mouillée pour aller jusqu'à la grange.
Elle sentit, et c'était la première fois, l'odeur de l'herbe, du foin et elle leva même les yeux au ciel pour regarder les étoiles scintiller.
Elle ouvrit la porte, se faufila et trouva Gustau, son Gustau, les bras serrés sur son rêve de femme.
Il pleurait.
Oui il pleurait, comme peuvent pleurent les hommes.
Et ça lui fit mal à la femme de bois de voir son Gustau pleurer, en serrant l'image d'une autre.
C'était aussi la première fois qu'elle avait mal.
Enfin, c'est-à-dire qu'elle avait le vague souvenir d'avoir déjà eu mal longtemps auparavant, mais elle n'arrivait pas à se remémorer pourquoi.
« Tu voles aussi haut qu'une hirondelle,
et mon cœur ne peut s'approcher d'elle.
Tu chantes comme chantent les enfants,
et mon cœur en ferait bien autant. **
»

Elle s'approcha.
Elle leva sa main de bois, jusqu'à la main de ciel.
Et elles furent touchées.
Et comme elles furent touchées, elles basculèrent de l'autre côté.

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PS. * et ** parties écrites par André Ricros, à partir desquelles consigne était donnée de construire une histoire (atelier chant et conte) en les mettant en musique.
Les parties entre guillemets sont chantées.
Si j'ai le temps j'enregistrerais le tout une autre fois.

jeudi 9 juillet 2009

Cric-crac lo conte es commença

« Écoutez tous petits et grands
c'est une histoire d'un autre temps,
celle d'une fille dont les dentelles
furent souillées d'être trop belles
 »

Or donc, il y eut une fois un roi et une reine, dont la succession était déjà assurée, puisqu'ils avaient un fils.
Mais, leur bonheur n'était pas complet. Il leur manquait une petite fille, une jolie petite fille blanche et douce comme un lys.
Un jour qu'elle se languissait au bord d'une fontaine, parce qu'elle se savait proche de voir tarir sa source, la reine vit apparaître l'esprit de l'eau, qui avait pris la forme d'une écrevisse.

« Là-bas, là-bas dans le vallon
la blanche reine soupire
Elle raconte à l'eau s'écoulant,
celle que son cœur désire
 »

« Qui a salé l'eau de ma fontaine ? » grommelle l'écrevisse.
Et, elle voit que ce sont les larmes de la reine.

« Qu'as-tu, qu'as-tu à regretter
qui trouble mon eau vive ?
Aurais-tu donc le cœur blessé,
que t'empêche de vivre ?
 »

Touchée par le désespoir de la femme, elle la conduisit jusqu'à ses sœurs en leur château. Et comme elles étaient bonnes fées et que la reine vivait son automne au début de leur printemps, elles lui firent promesse et de l'enfant désiré et de leur présence bienfaitrice au baptême.
Et c'est donc baptisée du doux nom de Marguerite que la petite fille se vit douée de la beauté blanche et du cœur doré de de ces fleurs des prés.
C'est ce moment que – coup de théâtre !– l'écrevisse choisit pour faire son entrée, à reculons comme il se doit, en fouettant l'air de ses pinces.

C'est qu'il n'était pas content l'esprit de l'eau, ça non, de n'avoir pas été convié aux festivités. Et il le fit clairement savoir :
Bien négligents tous vous avez été
vous surtout mes sœurs !
Trop belle elle est,
beaucoup trop belle.
Pour qu'elle vive, si vous le voulez
des hommes il faudra la cacher
jusqu'en sa seizième année !

Et c'est le cœur bien marri que le roi et la reine firent édifier une tour close, sans ouverture aucune, pour y enfermer Marguerite, dont les cheveux d'or ne connurent désormais que la lueur des flambeaux pour les faire miroiter.
Mais,
il était un homme qui avait été oublié.
Un enfant d'abord oui, mais qui devenait un homme au fil des ans.
C'était son frère.
Son frère Renaud qui seul, avait le droit de venir la distraire.
Et pour la distraire, il lui parlait de la lumière du jour, de la lueur de la lune, de tous les attraits de ce monde totalement inconnu pour elle.
C'est ainsi qu'il lui appris les délices brûlants et les violents tourments du désir, alors qu'elle délaissait peu à peu les dentelles de l'enfance pour devenir femme sous les brocards.
----------------------
Ce désir de soleil et de vent, Marguerite, elle le plaçait tout entier dans un petit portrait qu'elle regardait chaque jour, et sur lequel elle promenait ses doigts fins pour s'apaiser.
Car Marguerite, si elle connaissait le désir, connaissait aussi l'amour depuis que le prince du portrait lui avait donné son cœur, lui qui ne l'avait encore jamais vue qu'en miniature peinte de couleurs fines.
Seule l'image du jeune homme parvenait à chasser la terreur des cauchemars de Marguerite.

« Ma mère j'ai grand peine en moi
d'un rêve qui me déchire,
car j'y suis fille chaque nuit
mais au jour blanche biche .

Les chiens de vos grands veneurs
sont toujours à ma suite,
mais celui de Renaud mon frère
sanglante est sa poursuite.
 »

Et de voir sa fille si triste, tant en peine, le roi et la reine acceptent, à trois jours seulement de ses quinze ans, qu'elle rejoigne son prince dans une litière entièrement fermée.
Personne, non personne, hormis l'inconscient de Marguerite, ne soupçonne à quel point les affres de la jalousie ont corrompu l'âme de Renaud.
Car jusqu'alors, sa sœur n'était qu'à lui. Et l'idée qu'elle puisse appartenir à un autre, ça le rend fou. Non, vraiment, s'il ne peut la garder pour lui seul, elle ne sera à personne.
De la pointe de son couteau, il découd le dessus de la litière. A la première branche basse, c'est le drame, le dessus s'arrache d'un coup. Dans un éclair gracieux de blancheur, l'image de Marguerite disparaît sous les frondaisons, dans les lambeaux de la brume d'automne.
Aucun cri, aucun pleur, aucune battue ne la ramène.
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L'hiver passe, puis de nouveau le printemps et avec ce printemps qui revient, dans le sous bois, Renaud, dont l'âme noire s'était éteinte avec la disparition de sa sœur, Renaud donc retrouve la fièvre du désir en apercevant une biche fuyant, une biche aussi blanche que neige.
Nuit et jour, oublieux même du sommeil, il s'acharne à la chasse. Et la reine, déjà très éprouvée par la perte de Marguerite, se souvient du rêve.
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« Où sont tes chiens Renaud mon fils
tes chiens ta chasserie ?
Mes chiens sont seuls dedans les bois,
chassant la blanche biche.

Rappelle-les, Renaud mon fils
rappelle-les bien vite,
la biche que tu poursuis
c'est ta sœur Marguerite.


Il prend d'abord son cornet d'or
sa trompette jolie
mais le sang lui bat bien trop fort
il sonne l'hallali

Elle a les cheveux blonds et peignés
et les seins d'une fille
Renaud prend son couteau d'argent
en quartiers il l'a mise


Il s'en va dire au cuisinier
ce soir qu'elle soit cuite
car j'invite pour mon souper
le roi, sa compagnie

Ne furent pas au milieu du repas
comme manque Marguerite !
Soupez messieurs, soupez donc là
je suis la première assise


Ma jolie tête est dans le plat
et mon cœur en cheville
et mon sang partout répandu
dans toute la cuisine

Entre ces deux plateaux d'or
mes poitrines sanguines
à ces jolis crochets d'argent
mon joli corps pendille. 
»

Fini le repas, oubliée la curée sur la biche dépecée.
En cette nuit noire privée d'étoiles, une forme de fille s'échappe par le fenestron, dans une nuée blanche et dorée.
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Comment souhaitez-vous que cette histoire se termine ?
Bien ?
Mal ?
Ah, le bien et le mal ! On pourrait en dire des choses là-dessus, hein ?
Cric, crac, mon conte es acaba
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PS. Conte réécrit d'après la chanson "la blanche biche", qu'on peut trouver sur le CD Jardin des mystères, là :
http://ulysse.ange.free.fr/JardinMysteres_accueil.html
et un conte d'Henri Pourrat...
tout ça pendant le stage conte/chant animé par André Ricros du 3 au 8 juillet 2009 dans le cadre du festival les volcaniques, organisé par les Brayauds.
Là :
http://brayauds.free.fr/

mercredi 20 mai 2009

Vacances en Creuse, vacances heureuses *

Deux ou trois trucs que j'aime par chez moi :

les vaches,
peinturées en brun
pour s'assortir au jaune des boutons d'or :
ça s'appelle la race limousine










la trouée du chevreuil
que je croise chaque matin
















les fleurs dans les sous-bois,
"plaisir des yeux, moins cher que gratuit"









les chemins d'amoureux que,
même si on n'est pas amoureux,
on peut suivre
(faut juste aimer les champignons)












les pleins et les déliés des collines, toujours vertes, même l'hiver (sauf quand il neige ) parce que chez nous il n'y a ni vignes, ni céréales




* les schtroumpfs grognons complètent par "vacances ailleurs, vacances meilleures ..."

mercredi 13 mai 2009

Débarquation dans le demon du rap *

Si jeune, pas fini, 4 mois pour un délit mineur.
La bougeotte, les yeux au bord des larmes.
- ça ne va pas monsieur ? Vous n'êtes pas bien ?
- Je ne suis pas sorti de la journée.
- Pourquoi n'êtes-vous pas allé en promenade ? Vous pouvez venir dans le groupe suivant.
- C'est le surveillant, il m'a pas dit. Je suis primaire (première condamnation, NDLR) c'est pour ça, je sais rien de toutes ces règles là. Déjà on n'est pas sorti ce matin parce qu'il pleuvait. Même s'il pleut j'ai besoin de prendre l'air.
- Pas grave. Je vais demander au surveillant de vous emmener en promenade, et vous reviendrez ensuite.
- Y va pas vouloir, y m'aime pas.
- Si, si il va vouloir, je vais le lui demander gentiment, ça va marcher, vous verrez.
Je sonne.
Trois fois en une demi-heure.
Heureusement qu'il n'est pas en train de m'étrangler.
On meuble.
Sa famille, quittée à 16 ans, ses études chaque fois interrompues au moment du diplôme, par peur d'échouer, la rue ... sa femme ... son ennui, rien, absolument rien à faire dans sa cellule où il est tout seul.
Il a l'âge d'être mon fils et il est prêt à pleurer.
Je lui prête des BD, je lui conseille la bibliothèque.
Il regarde la porte, il n'y croit pas trop à ce rattrapage de promenade.
- Alors, qu'est-ce que vous attendez de moi pour ces cours de français ?
- Je voudrais écrire.
- ...
- J'écris des chansons.
- Ah, super, bon d'accord on va faire ça.
- Oui, mais ...
- ????
- C'est du rap vous savez (je fais si vieille que ça ?)
- Pas de problème ! Du moment que vous écrivez.
- Oui mais ...
- ???
- Ils ont fouillé ma cellule, ils m'ont pris tous mes textes, et ils m'ont dit que si je recommençais j'irais au mitard.
- Ah ? Et ils parlent de quoi vos textes ?
- Ben de la justice de la police, (il oublie de dire de sexe - hardcord- ) vous voyez ? C'est du rap quoi ...
- Bon ben, je vous donne un cahier, vous écrivez dedans, je le garde ici, comme ça pas d'histoire, on ne pourra pas vous accuser de faire circuler.
- Je pourrai le récupérer en sortant.
- Bien évidemment.
Bruit de clé.
- Vous avez sonné ? (oui trois fois ...)
Mon sourire le plus avenant possible :
- Oui, ce monsieur ne peut pas travailler dans cet état, il faut qu'il sorte. Vous pouvez l'emmener en promenade et le reconduire avec le deuxième groupe ?
Le surveillant, un jeune type sympa et toujours courtois avec moi, a un peu le masque là. Mais il fait contre mauvaise fortune bon cœur, et il y retourne.

.................
Une heure plus tard, le même, aéré, me noircit cinq pages du petit cahier. Ma plus grosse production d'écrit (la seule ?) depuis que je suis là.
Pendant ce temps, syllabes à deux et trois sons avec un autre et masculin/féminin sur l'ordi pour mes deux FLE.
On rit.
On rit souvent pendant ce cours, parce que tout le monde en a bien besoin.
Et j'aime ces petits moments.
Voici venu le temps de la relecture et des corrections.
J'enrichis mon vocabulaire, je ne savais pas qu'il y avait autant de mots pour dire chichon et pétasse.
J'aime bien ce qu'il écrit, ça a du sens, même si c'est violent.
Mais je cale un peu sur la vision de la gente féminine.
- C'est vraiment ce que vous pensez des femmes ?
- Pas du tout, au contraire même.
- Ben alors pourquoi écrivez-vous cela ?
- C'est que si je disais des trucs gentils, ça plairait pas aux gens.
- Moi je n'écris pas des idées que je n'ai pas.
- Oui, mais vous madame, vous, vous ne faites pas du rap.
Et toc ! Bien envoyé ...
Et en plus c'est dit très respectueusement.
Un indice supplémentaire que j'ai atteint la date limite de péremption.

* Débarquement dans le monde (ou démon, au choix) du rap.

Faites le buzz ! Enfin du trad. aux Francofolies de la Rochelle

C’est pas trop tôt, pour la première fois les Francofolies de la Rochelle invitent les chansons de tradition orale française, et c’est Évelyne Girardon qui s’y colle. Elle a donc carte blanche l’espace d’un concert exceptionnel le 11 juillet prochain (17h : Salle bleue de La Coursive. 4 rue Saint Jean du Pérot, 17000 LA ROCHELLE)

Il faut absolument soutenir ce projet en leur laissant un mot sur le Blog du festival :
http://www.francofolies.fr/billetterie/commenter.html?numConcert=106

10 places sont à gagner, délivrées à ceux qui enverrons une copie leur texte laissé sur le blog à : contact{a}ciebeline.com

Créez le buzz et faites passer l’information à tous vos réseaux.

Pas de réchauffé, avec Evelyne ce n’est jamais le cas, mais une nouvelle création, « L’ailleurs de l’avant » : Soig Sibéril, François Lazarevitch, Gilles Chabenat s’y retrouvent réunis pour la première fois et accompagneront les chanteuses amies, aux cotés d’Évelyne : Sylvie Berger, Yannick Guilloux, Soraya Mahdaoui, Cécile Bach, Eva Durif, Christine Lurquin. « La tendresse, l’amour, la malice du folk français d‘Évelyne Girardon (Franck Bergerot) » seront au rendez-vous de cette création.

http://www.francofolies.fr/billetterie/artiste-262-une_creation_folk_develyne_beline_girardon___lailleurs_de_lavant.html

http://www.ciebeline.com/infos/l-ailleurs-de-lavant-aux-francofolies-de-la-rochelle-le-11-juillet-09-a-17h

mais pour réserver dès maintenant des places c’est là :

http://www.digitick.com/francofolies-salle-bleue-2eme-seance-festival-pop-rock-salle-bleue-la-rochelle-11-juillet-2009-css4-francofolies-pg101-ri209579.html

vendredi 8 mai 2009

Faux lit



Je suis passée près du chantier cette nuit. Tout avait l'air calme mais dans la lueur blême des étoiles il m'a semblé apercevoir une ombre fugitive.
Je me suis approchée et je l'ai vu. Il était penché au-dessus du futur pilier, si absorbé par ce qu'il faisait qu'il ne m'a pas vu arriver. Je me suis approchée encore plus près, manifestement il était en train de couler du béton dans l'un des deux caissons. Il a dû sentir ma présence parce qu'il a brusquement relevé la tête et même dans l'obscurité, j'ai senti son regard croiser le mien.
J'ai compris qu'il savait, parce qu'il n'a rien dit et il a poursuivi son entreprise comme si de rien n'était. J'ai emprunté la petite rampe pour descendre à son niveau, mes talons se sont accrochés dans la grille, j'ai dû ôter mes chaussures pour pouvoir continuer, je me suis penchée. Le béton n'avait pas tout recouvert encore, mais on voyait qu'il avait été soigneusement gâché. Il coulait lisse et régulier et bientôt il a fini par remplir totalement le moule en forme de pavé. Une fois sec, les ouvriers n'auraient plus qu'à empiler et assembler au-dessus de cette assise les pièces qui formeraient le pilier.
Dans le caisson contigu en revanche, la situation était préoccupante. Même bien emballé, on devinait sans peine de quoi il s'agissait à la forme non équivoque.
C'est que, m'étant laissée surprendre, je ne disposais pas de grand-chose sous la main. J'avais donc tout fourré en vitesse dans deux grands sacs poubelle et saucissonné l'ensemble avec du scotch d'emballage. Le produit fini avait le mérite d'être solide et en effet il ne semblait pas avoir souffert des diverses opérations de manutention qui l'avaient conduit jusque là. En revanche il surnageait pitoyablement dans le mélange de mon cru, qui l'avait emprisonné en séchant mais sans pouvoir le retenir dans les profondeurs du caisson.
Je me suis tournée vers lui. Comme s'il avait attendu ce signe il s'est approché et, toujours en silence, il a un peu appuyé. Le bloc a commencé à se fissurer et comme il insistait en appuyant plus fort, la croûte s'est brutalement fendue, puis effondrée, entraînant son fardeau avec elle, comme un amant fougueux dans une ultime étreinte.
Il ne disait toujours rien, mais il est allé chercher le reste de sa propre préparation, l'a lentement coulée dans le caisson. Puis il a soigneusement nettoyé ses outils, tout remis en place, et quand nous sommes remontés, il a éclairé mes pas de la lumière bleue de sa lampe à led. J'ai remis mes chaussures, il a attendu de croiser de nouveau mon regard pour me faire un petit signe de la tête, comme ça avec un air un peu penché. Il m'a tourné le dos, avant de s'enfoncer dans la nuit. J'ai regagné ma voiture, à quelques rues de là, et je suis rentrée. Le lit est toujours aussi petit, mais j'ai très bien dormi.


Voilà, c'est fait, j'ai changé toute ma literie. Il ne reviendra plus maintenant, c'est sûr voilà deux mois qu'il est parti et qu'il n'a donné aucun signe de vie.
J'ai acheté un grand lit indien d'1m60 de large, haut et spacieux, avec un matelas futon en coton. Oui, je sais que c'est pour y dormir seule, mais j'aime mieux.
Le lit à rouleaux tout étriqué qui lui venait de sa mère, je ne le supportais plus. Même avec un matelas neuf, il sentait le vieux. Et puis les draps, les couvertures, franchement, c'est d'un autre âge. J'ai investi dans une immense couette en plumes, dans laquelle je m'enroule égoïstement pour m'immerger dans les rêves enchanteurs qui berçaient mon enfance et que j'avais oubliés.
En fait, on peut dire que tout est parti du lit. Nuit après nuit, j'y étouffais, je me recroquevillais sur le bord, à la limite de basculer dans le vide. Et malgré tout je sentais sa présence dans mon dos, son souffle dans mon cou. Je restais des heures immobiles, sans trouver le sommeil, les yeux grand ouverts dans la pénombre, guettant le moindre changement de rythme dans sa respiration.
Après dix ans d'un mariage long, plat et maussade comme une digue hollandaise, il se croyait toujours obligé de m'honorer partout, tous les jours, tout le temps. N'importe qu'elle épouse en eût été flattée. Mais pour moi c'était l'horreur.
J'aurais dû m'en douter.
Il avait été mon premier vrai flirt. Physiquement assez commun, il savait cependant se montrer charmant et prévenant, et il me troublait c'est vrai. J'ai donc dû être amoureuse de lui. Mais comme je n'avais aucune expérience, quand il m'a embrassée pour la première fois et que j'ai trouvé ça plutôt baveux qu'excitant, je me suis dit que cela devait être normal. J'étais du genre introvertie, je restais donc à l'écart des instructives conversations chuchotées du vestiaire des filles au gymnase.
Quelle erreur ! Au fil des mois, la technique du baiser ne s'est pas améliorée. Au contraire : j'avais l'impression parfois d'être engloutie, parfois d'être récurée à fond. Il semblait très sûr de lui et a fini par s'enhardir en complétant sa succion par une nouveauté : l'imposition des mains.
Alors là, on peut dire que j'ai connu l'apothéose. Découvrant qu'il en avait deux, des mains, il les promenait partout sur mon corps avec une égale application appuyée quelque fut l'endroit. Je ne savais pas trop comment réagir, je le laissais donc m'explorer. Jusqu'au jour ou saisissant l'une des miennes, il l'a brutalement plaquée sur son entrejambe, où j'ai bien senti à travers le velours côtelé qu'il se passait quelque chose. Ne sachant trop que faire, je me suis calquée sur lui, j'ai trituré et malaxé l'affaire en tout sens, et ça devait être la chose à faire en effet puisqu'à mon grand soulagement il a fini par me lâcher, pour exprimer, dans un râle et les yeux révulsés, le sens de sa passion :
« - Ah ! Tu aimes ça petite cochonne ! ».
Enfin, c'est ce que j'ai cru entendre.
Puis il m'a raccompagnée à la maison, une main sur le volant, l'autre sur ma cuisse : j'étais devenue sa propriété.
Longtemps, très longtemps après - nous étions déjà mariés - en emballant des livres pour un déménagement, un classeur du « Chasseur français » m'est tombé des mains laissant échapper un petit traité de sexualité à l'usage des adolescents, qui avait dû être abondamment compulsé à en juger par l'état de la couverture et de la reliure. C'est en le feuilletant que j'ai enfin compris la progressivité de son mode opératoire.
Bref, au rendez-vous suivant, il a soulevé ma robe et glissé ses doigts dans ma culotte. Ce fut aussi intrusif que désagréable, du coup je me suis dépêchée d'en faire autant. J'ai trouvé le contact doux et chaud, c'était la première fois que je touchais le sexe d'un homme. Je n'ai pas eu le loisir d'y songer plus longtemps, il s'est déboutonné en gémissant, j'ai bricolé et de nouveau, cette fois-ci très nettement :
« - Ah ! Tu aimes ça petite cochonne ! »,
avec en plus cette sensation gluante et mouillée sur mes doigts, dont je n'ai su que faire jusqu'à ce qu'il me tende son mouchoir. Mais l'odeur fade est restée, tenace.
Durant tout le temps des fiançailles nous ne sommes guère allés plus loin, si ce n'est que je me suis aperçue qu'en émettant les mêmes râles que lui j'étais débarrassée plus vite.
Pourquoi étions-nous encore ensemble à ce moment de l'histoire ? Parce qu'il était toujours gentil et attentionné, si l'on fait abstraction de sa bouche et de ses mains. Je devenais enfin visible aux yeux des autres filles qui avaient l'air de m'envier cette relation durable, mes parents étaient contents, soulagés de me savoir casée avec un gars bien, qui disposait déjà d'un salaire, d'une voiture et d'un costume trois-pièces pour les grandes occasions. L'inconfort, le trouble associé à l'absence de plaisir, je ne pouvais l'évoquer avec quiconque. Je croyais que tout cela faisait partie de la relation entre un homme et une femme. Personne ne m'en avait jamais parlé et je n'en avais jamais parlé à personne. C'est quelque chose qui doit être bien ancré en nous.
Peut-être aurais-je dû l'aborder le sujet avec lui, lui faire confiance, mais je n'ai pas osé. Je ne savais pas qu'on pouvait parler de ce genre de choses. Mai 68 et la libération de la femme n'étaient pas arrivés jusque dans nos campagnes.
Six mois après nous étions mariés et dans le lit à rouleaux a commencé mon calvaire qui de l'ennui au dégoût, à chaque heure de chaque nuit, a peu à peu usé ma vie.
Il faut que je retourne à la gendarmerie, faire constater la durée de son absence, dont personne à part moi ne s'est inquiété.

Aujourd'hui je ne suis pas allée travailler, merci les RTT ! J'ai attendu les Compagnons d'Emmaüs qui ont emporté tout ce passé dont j'ai fait table rase.
D'abord les tables justement, et en premier celle de la cuisine, où nous prenions nos repas, côte à côte, devant la télévision, pour éviter d'avoir à se parler autant qu'à se regarder. Ce qui me convenait parfaitement.
Cette table était sa complice, je la hais, comme on peut haïr une personne.
Un soir, alors qu'il se préparait pour aller prendre son service de nuit, je me suis mise à chantonner debout près de l'évier, tout en essuyant la vaisselle. Je pensais au livre emprunté à la bibliothèque, que je pourrai lire jusqu'à point d'heure, et au moment délicieux où je plongerai dans un sommeil solitaire et paisible. J'ai ouvert la porte du placard pour ranger les verres et je me suis sentie brusquement happée par les hanches, écrasée contre la table de la cuisine, maintenue par la nuque comme un chat.
De sa cuisse il a forcé le passage, fait place nette avec sa main libre avant de m'embrocher sans autre forme de procès. Quand il a eu terminé, il s'est rebraillé. Bien sûr il n'a pas rangé les verres. À partir de ce jour j'ai toujours fermé la porte de la cuisine avant de faire la vaisselle, pour avoir le temps de l'entendre arriver.
Quant à la lourde table de la salle à manger, elle n'avait que très peu servi : depuis la disparition de sa mère, invitée obligatoire du repas dominical, nous ne recevions jamais personne. Le canapé qu'il était seul à utiliser, les fauteuils où je ne m'asseyais jamais, les trophées de chasse, sa caisse de vidéos qu'il croyait secrètes à l'abri qu'elles étaient dans son atelier, l'armoire de chêne, les torchons brodés, les draps, tout est parti.
Et puis le lit et son secret avec lui.
En les regardant charger le sommier dans la camionnette, j'ai repensé à ce soir-là. J'étais en train de défaire le couvre-lit, il s'était collé à moi, une main plaquée sur mon ventre et l'autre à me pétrir les seins. Il était très excité, sûrement l'effet escompté d'une de ses vidéos clandestines.
Il m'a forcé à m'agenouiller sur le lit, et j'ai senti sa main m'explorer au-delà des limites habituelles, chercher un autre passage. En fait, je n'ai pas compris immédiatement, seulement quand il a essayé de me forcer. Il m'a fait mal, il a insisté, avec son indélicatesse coutumière, encore, et encore. Et là, j'ai dit une chose que je n'avais jamais dite jusqu'à maintenant.
J'ai dit non.
Tout s'est arrêté. La scène s'est suspendue, et j'ai répété, NON, plus fort, plus fermement. Il m'a lâchée, s'est assis sur le lit. Il avait l'air d'un petit garçon pris les doigts dans le pot de confiture. Je me suis sentie soulagée, et même émerveillée par le pouvoir de ce « non ».
Il y a des moments comme ça dans la vie, quand le futur est border-line, quand un mot, un geste, peuvent vous faire basculer d'un côté ou de l'autre du bastingage, et que tout s'en trouve changé. S'il était resté assis, s'il s'était incliné devant le pouvoir de ce non....
Au lieu de ça, il s'est ressaisi, a capturé mes poignets et m'a obligée à m'accroupir devant lui. Je savais pourquoi, je l'avais déjà fait sa « petite gâterie » comme il disait. Mais là, j'avais dit non, et il ne m'avait pas vraiment écoutée, et alors, je ne sais pas ce qui m'a pris. Je crois que c'est quand je l'ai entendu dire « - Ah ! Je sais que tu aimes ça petite cochonne ! », qu'avant d'être complètement submergée par la nausée j'ai englouti son sexe et que j'ai mordu dedans. A pleines dents. Jusqu'au goût du sang.
Il a hurlé, m'a repoussée, s'est penché pour contempler sa misère. Tout est allé très vite. J'ai attrapé les ciseaux dans la boîte à couture et je les ai plantés dans sa nuque à lui, avec au moins autant de vigueur que quand il saisissait la mienne pour mieux me besogner.
Il est tombé en avant. Il ne m'a pas fallu longtemps pour constater qu'il était mort.
Je suis allée à la cuisine chercher deux sacs poubelles et le rouleau de scotch.
***
Dans la maison presque vide je me sens enfin chez moi. J'ai décollé l'immonde papier peint qui représentait des roses kaki grosses comme des choux dans le couloir, et une ribambelle de petits moulins orange et marron dans la cuisine. J'ai tout repeint en blanc et lin. La lumière est douce maintenant, tout paraît plus clair et plus grand.
Comme ça, s'il revient et qu'il trouve tout changé, peut-être comprendra-t-il ce que j'ai attendu toutes ces années : de la clarté, de la douceur et de la tendresse. Si ce nouveau décor ne lui plaît pas, ce ne sera pas grave, nous pourrons en parler. Oui, c'est ça, nous devrions nous parler. Nous ne l'avons jamais vraiment fait.
Je n'avais personne à qui parler.
Alors quand il reviendra, nous déciderons ensemble comment aménager la maison. J'espère qu'il n'aura pas envie de changer le lit quand même, j'y tiens. Mais justement, ce sera l'occasion de le lui dire .
Ce sera à propos du lit.
En parlant du lit, je crois que je pourrai lui expliquer qu'il ne faut plus me forcer jamais. A rien. S'il m'écoute, alors je trouverais la force de continuer, d'avouer que non je n'aime ni ce qu'il me fait, ni comment il le fait. Qu'il s'est mépris tout ce temps, et moi aussi finalement, puisque je ne savais pas qu'on pouvait s'y prendre autrement.
C'est que justement, l'autre jour, à la bibliothèque, j'ai emprunté un livre sur la sexualité des femmes. Je suis tombée dessus un peu par hasard. Non, en fait j'ai cherché et même assez longtemps, parce que je n'avais pas osé demander à la bibliothécaire de m'aider. J'ai quand même été très étonnée de constater qu'il en existait des tas sur le sujet. J'en ai feuilleté quelques uns. Finalement j'ai emprunté celui-là parce que les illustrations étaient belles, pas du tout vulgaires ou trop anatomiques. Je me suis dit que nous pourrions le lire ensemble, quand il sera revenu. Mais comme il n'a pas réapparu, ce livre, je l'ai lu seule et puis j'ai été obligé de le rendre, parce que la bibliothèque récupérait tout son fonds pour l'inventaire du grand déménagement. Je me souviens avoir rassemblé les bandes dessinées, les disques et romans pour les fourrer dans un grand sac et....
Je crois que je perds la tête.
Je n'ai personne à qui parler.


Il faut que je sorte, que je vois du monde, j'étouffe ici. Je vais aller voir cette nouvelle médiathèque. Il paraît que c'est un havre de paix, calme et gai à la fois. Je l'ai lu dans le journal.
En revenant je passerai à la gendarmerie, ils auront peut-être des nouvelles.
***
Ils sont là, assis dans le cabinet de lecture. Elle d'un côté de la table, et lui de l'autre. Quand elle est entrée, il n'a pas levé le nez de son livre et elle ne l'a pas vraiment remarqué. Elle avait un gros paquets d'ouvrages sous le bras, des carnets de voyage, qu'elle a commencé à lire lentement, en savourant chaque photo, chaque carte, chaque croquis. De temps en temps elle revient au texte pour quelques lignes, puis elle ferme les yeux et se repasse le film.
Quand il sera revenu, après avoir réaménagé la maison ils pourront peut-être s'offrir un joli voyage, pour voir ces images en vrai ?
Elle n'a jamais vraiment voyagé. Une fois quand elle était petite, elle est allée au Mont St Michel avec son école. Une visite au pas de course, entre deux très longs trajets en car, concentrée dans ses souvenirs, sur les innombrables boutiques de … souvenirs, visitées une à une par ses camarades, et devant la porte desquelles elle restait plantée, désœuvrée, faute d'argent à dépenser. Mais elle a gardé l'image flamboyante du soleil se noyant dans la mer, tout au fond, derrière l'immense étendue sablonneuse. Aujourd'hui encore, quand elle entend le mot « voyage » c'est le premier flash qui lui vient à l'esprit, la silhouette du Mont découpée sur la soie précieuse et mordorée du couchant.
Elle caresse du plat de la main les vagues de sable dans le désert, et dans le mouvement qu'elle fait pour explorer ce monde inconnu, rencontre de son pied celui de l'homme en face.
D'ordinaire, le contact involontaire d'un inconnu entraîne presque par réflexe un brusque et salvateur geste de retrait. Mais là, elle ne sait pas pourquoi, elle ne bouge pas.
Lui non plus.
Ils restent comme ça, un long moment, sans se regarder, avec juste ce point de contact entre eux, ténu et puissant. C'est juste à l'instant où elle sent monter comme une chaleur diffuse de ce point, qu'il bouge imperceptiblement et que la jambe de l'un vient épouser parfaitement celle de l'autre. Et puis tout s'enchaîne, doucement, inexorablement. Leurs cuisses sont à peine en contact que déjà ils s'emmêlent, se serrent l'une contre l'autre et c'est comme si leurs corps entiers se caressaient.
Pourtant rien n'a bougé au-dessus de la table. Si un visiteur entrait maintenant il ne remarquerait rien du feu qui les consume. Les deux bustes sont restés penchés, chacun au-dessus de sa lecture.
Elle est dans la sensation de ce désir brûlant, et en même temps hors de son corps, comme si elle se voyait sans que ce soit elle, mais elle ne peut pas lutter contre cette attraction. Jusqu'à ce que la main de l'homme, une main chaude, sèche et un peu rugueuse, se pose sur la sienne qui quitte alors le désert comme pour s'abriter dans ce refuge.
C'est ce contact nouveau qui lui fait rependre ses esprits. Elle le regarde du coin de l'œil, lui trouve un air vaguement familier, prend brusquement conscience de la situation, retire sa main, se lève, et s'en va.
Quand même, au moment de sortir, c'est plus fort qu'elle, elle se retourne. Il soutient son regard, ne baisse pas les yeux. Il lui fait même un tout petit signe de tête. Comme ça, avec un air penché.
***
C'est drôle, même à deux le lit reste immense. Ils s'y sont noyés toute la nuit, leur souffle emmêlé. Et maintenant apaisée, dans un demi-sommeil, elle sait qu'elle n'aura plus jamais besoin d'éviter le contact. Elle le cherche au contraire et se blottit contre lui, un bras sur sa poitrine d'homme confortable et accueillante. Elle sent son odeur, et c'est agréable. Agréable et rassurant.
Quand il s'était levé dans le cabinet de lecture, elle l'avait regardé venir, sans crainte, encore dans le désir qui faisait comme un halo autour des battements de son cœur. Il avait pris sa main entre les siennes, en la regardant toujours et en l'effleurant gentiment. Elle avait compris que c'était une question et comme elle avait laissé ses doigts au creux de ses paumes, il avait compris à son tour qu'elle était d'accord.

Ils avaient descendu ensemble l'escalier de bois sous la verrière. Elle se sentait légère, et même quand ils se furent arrêtés devant le grand pilier du hall elle n'avait pas eu peur. Ils étaient là, côte à côte, main dans la main, silencieux. Et dans ce silence il y avait tout : le lit, la folie, la vérité, la réalité.
Ils étaient restés silencieux tout le long du chemin.
Quand il l'avait déshabillée, elle s'était senti vierge, mais pas nue. C'était la première fois qu'elle s'exposait à la lumière, sans crainte, devant un homme qui la regardait. Il l'avait touchée du bout des doigts, délicatement, puis passionnément, avec une sorte de ferveur qui les emporta dans une dimension hors de l'espace et du temps, où le plaisir vint sans réticence, en contrepoint de tout cet amour. Dans cette intimité absolue, ils partagèrent tout, leur passé, leurs douleurs et leur terrible secret, qui, jusque là n'avait pas trouvé de mot pour se dire.
C'est ainsi qu'en une seule nuit elle connu le désir, le plaisir, la sincérité et la confiance.
Et parce qu'elle avait été touchée, parce qu'elle se sentait aimée, elle bascula du bon côté.
Elle était en sécurité, il lui suffit de se laisser glisser.



Ben oui, on peut faire des bêtises sans être punie ...
Les photos, réelles ou virtuelles, sont celles de la nouvelle médiathèque de Guéret, prises là :

http://mediathequegueret.wordpress.com/

mercredi 6 mai 2009

Câlins en promo, prix sacrifiés ! ...

Quand j'arrive au pénitencier de quartier, je dis toujours "Bonjour monsieur".
A tout le monde.
Et je les vouvoie. C'est écrit dans le code de procédure pénale et je trouve que cette distance maître / élève c'est normal.
Ils aiment bien qu'on leur serre la main.
Je le fais
Parfois, c'est Noël, ou le jour du jugement, ou un transfert, et ils ont les larmes aux yeux.
Mais ce sont des hommes, et les hommes ne pleurent pas.
Surtout ici.
Mieux vaut crier, ou cogner. Ou mordre dans son oreiller, la nuit.
C'est là qu'il faudrait pouvoir leur ouvrir les bras.
C'est interdit bien sûr. Et même, ce serait dangereux. Déjà que certains prennent pour de la séduction le moindre petit signe poli d'intérêt.
Un peu lourd.
Parler, écrire : très peu, ils n'ont pas les mots.
J'essaie de les leur apprendre.
Qu'ils s'autorisent à exprimer leurs émotions. Ce n'est pas facile
Mais de temps en temps, ça fonctionne, et ça devient dur pour moi, juste à ce moment : accueillir l'émotion, sans l'encaisser.
Après ils sont fiers.
Comme n'importe lequel de mes élèves.
Je crois que ce sont les clés : la dignité dans le regard de l'autre, l'estime de soi et la capacité à s'exprimer, de manière adaptée, dans n'importe quelles circonstances.
Il faudrait leur apprendre à chanter.


(J'ai mis celle-ci qui est la plus mon trip, mais il y a aussi la version originale des Compagnons de la chanson, top has been, celle d'Yves Montand trop "crucifié du traversin", et celle de Raphaël qui m'agace même si toutes les minettes croient qu'il sait chanter.)

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Quand mes enfants étaient petits, ils adoraient les câlins. Un chagrin, un coup de fatigue, un besoin de tendresse ? Il nous suffisait d'ouvrir grand les bras et ils venaient reprendre une vie dans notre giron.
Ils ont grandi.
Beaucoup.
Et ce sont des garçons. Bientôt des hommes, du moins l'aîné.
Il veut aller au Hellfest ! N'importe quoi ...
Et bien sûr, plus de câlins, sauf en cas d'extrême urgence. Et encore ...
Trop la honte, ça craint.



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Cette nuit j'ai rêvé d'un ami qui vit loin. C'était la première fois.
C'était dans une pièce lambrissée, on travaillait ensemble sur un projet.
Je cherchais la traduction d'un mot, dans une langue que je ne connais pas. Je ne la trouvais pas.
Ce n'était pas agaçant, mais fatigant.
Je me suis appuyée le dos au mur de bois, et j'ai pincé avec mes doigts là, entre les deux arcades sourcilières.
Il est venu, et il m'a prise dans ses bras. Pendant quelques secondes on est resté comme ça. Serrés très fort l'un contre l'autre.
C'était doux, c'était chaud, c'était bien.
Et après on s'est détaché.
Voilà.

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Ce monde serait très différent avec un peu plus de tendresse.
Pas de la pitié non, mais de la compassion.
Aucun enjeu.
Être ensemble, quelques secondes.
Respirer à la même allure.
Partager, pour un instant, même fugace, la joie, la peine.
Et s'envoler de nouveau, chacun de son côté.
Libres et légers.
Plus forts.


Il y a plein de vidéos là-dessus, mais j'aime bien celle-là :

Free HUGS
envoyé par FREE-HUGS -

La boutique de l'amour

(A) Dans la boutique de l'amour
On trouve des paniers de "toujours"
Des je t'aime, plein les poèmes
Des serments rebrodés de velours.
(A) Notre boutique de l'amour
Propose une vie pour chaque jour
Les enfants, les amants, les amis
Font leurs emplettes comme ça leur dit.
(B) On y trouve tous les plaisirs
Entrelacés d'éclats de rire
Des caresses et des promesses
De doux baisers prêts-à-porter.
(B) Les câlins sont en promo
Pour tous ceux qui ont le cœur gros
La tendresse et des princesses
Dans un joli papier cadeau

(A) Dans la boutique de l'amour
Certaines roses ne durent qu'un jour
Les blessures et les mésaventures
Ne sont pas garanties sur facture.
(A) Dans la boutique de l'amour
Les bons plans valent le détour
Les prix chocs des bagues en toc
L'amour courtois des tous premiers émois
(B) Pour les soldes chaque été
Les prix de l'amour sont cassés
Le désir et ses plaisirs
Sont certifiés haute qualité
(B) Si tu achètes à prix bradés
Assure-toi bien de tout consommer
Car ce qui n'est pas cher payé
N'est pas garanti pour durer

(A) Dans la boutique du bonheur
On vient parfois pour quelques heures
Le temps d'un joli cinq à sept
Un prix coquin pour une petite fête
(A) Dans la boutique de la vie
On fait de belles rencontres aussi
Des prix malins, des jours sans fin
Des promenades main dans la main
(B) Il y a des affaires à faire
Pour ceux qui sont en fin de carrière
Sois toujours prête à plonger
Et prends le risque de te tromper
(B) Même avec une fin de série
Tu peux aller au bout de la nuit
Attention ne te prends pas la tête
C'est souvent trop beau pour être honnête

(A) Dans la boutique du chagrin
Si tu en veux deux pour le prix d'un


Ben là, j'ai plus d'idée.
C'est sûrement que je n'avais pas envie de faire une chanson triste.

C'est une mazurka.
Écrite sur une musique de Dadou.
Notez qu'on l'a commencée avec mes copines des Ravaudeuses, sur une idée d'Hilly (qui avait utilisé la mélodie pour La boutique de Lison, une chanson sur sa petite fille, trop personnelle pour être chantée en bal.).
Puis je l'ai finie toute seule.




L'image -la seule, pas le temps de faire mieux- vient de là :

http://www.fond-ecran-image.com/galerie-membre,fleur-amour-en-cage,physalis-solanaceejpg.php

Vaqui lo polit mes de mai *

Quand je reviens à la maison - pas encore belle parce que pas encore assez de sous pour la faire peinturer - ça sent le lilas.
Partout.






On ne voit pas tout de suite les petits fouillis.
Il faut vraiment que je m'occupe de celui-là :
le chemin de pierres qui mène au potager a presque disparu ...




Mais il y a des petits coins de jungle que j'aime bien : les tulipes qui tiennent bon sous l'un des vieux pruniers,
les hostas que cette année les limaces n'ont pas entièrement dévoré (merci les feuilles de rhubarbe).













Le pommier d'Himalaya a explosé toutes ses petites boules sous le soleil.
On voit bien les fleurs rose pétard qui se détachent sur le fond du lilas.
J'ai bien fait de couper la viorne pas belle qui masquait cette vue.







Et puis il y a ce truc un peu doré.
Pris dans le jardin d'Estelle après la mort d'Yves.
Je ne sais pas ce que c'est.
Mais ça à l'air de bien se plaire.







Avant de partir m'enfermer,
un coup d'œil sur mes chouchoutes de mai : les pivoines.









J'ai décidé que je ne corrigerai plus les cahiers le soir, mais le matin.
Du coup, à la place j'ai préparé des baguettes pour mes étiquettes.








Et ce matin, j'ai acheté au C.A.T., une collection de tagètes (roses et oeillets d'Inde)...
Cassez-vous de mon potager les bestioles ! ...
Stockés au coin bricolage, à l'ombre, avec les boutures de mes pivoines + celle du wegelia du voisin.
Je vais pouvoir planter gratis.



* Voici le joli mois de mai, en oc.

dimanche 3 mai 2009

Meeting time

Je ne les avais pas (re)vus depuis près de 40 ans.
Découverte le vendredi, de presque cinquante visages nouveaux ou flous, des histoires, plus ou moins arrangées, mais qui me plaisaient comme ça, des flashs, des cousins, des cousines.
Toutes brunes comme moi, avec mes yeux, mes cheveux.
La peine indicible de Christine et son sourire de petite fille que je reconnaissais, le seul familier dans toute cette assemblée.
Les rires si vivants des petits cousins et cousines.
Les yeux du tout petit Paul, qui s'appelle comme mon Paul et qui a la tête de mon Nicolas.
Des paroles aussi, douces à entendre.
Les visages qui se ressemblent, celui de ma grand'mère sur une ancienne photo en noir et blanc.
Et puis le soir je chante, et tata Anne-Marie qui me dit que j'ai la voix de sa mère.
Tous ces musiciens, avec leur guitare.
C'était bon.
Alors le samedi matin, au petit-déjeuner, m'est venue cette chanson, comme ça, d'un coup. C'était cet air que j'avais dans la tête depuis plusieurs mois, mais sur lequel je n'arrivais à écrire aucun texte qui me plaise.
Et là, d'un seul trait, l'émotion est venue poser des mots sur la mélodie.
René, le mari de Christine a trouvé les accords et m'a accompagnée le soir.
Un moment de grâce.
Quelques larmes, des sourires.
Il y a des choses que je ne peux dire qu'en chantant.
L'air que je respire est plus léger maintenant.



Moi quand j'étais petite
Un bout de mon passé
Qui avait pris un jour la fuite
Revenait me hanter

Et à travers les songes
Les secrets, les mensonges
En pleine nuit ressurgissaient
Et mon cœur en saignait

Oui vous êtes réels
Et je vous vois en vrai
À ce vent qui m'appelle
Le temps est balayé
Les mauvaises pensées
Les vieux ressentiments
Hier s'en sont allés
C'est le temps du pardon

Moi je voudrais vous dire
Qu'au fond de cet oubli
Une place était réservée
Là pour vous retrouver

Il faut être moins dure
Écouter les murmures
De la mémoire qui se réveille
Apaise le sommeil

Refrain

Dans nos vies, nos chemins
C'est l'ombre des chagrins
Qui vient illuminer nos choix
Pour mélanger nos voix

On ne r'fait pas sa vie
Les pages on les relie (relit) *
Je vous dis par cette chanson
On continue seulement

Refrain
+ le temps de l'émotion




* Relier ou relire, c'est au choix ...

jeudi 30 avril 2009

Énervée au petit déjeuner

Non
Je n'veux pas m'lever
Marre
D'entendre vos cris

Non
J'irai pas bosser
Marre
D'y perdre ma vie

Non
J n'veux rien acheter
Marre
De remplir mon caddie

Pour du pognon, du blé, du pèze
Moi je préfère filer à l'anglaise
Pour de l'oseille, d'la fraîche, d'la tune
Vous m'aurez pas, je pars pour Saturne

Non
J'obéirai pas
Marre
De vos instructions

Non
Je ne plierai pas
Marre
Des ordres à la con

Non
Je n'obtempère pas
Marre
D'être comme en prison

Pour du pognon, du blé, du pèze
Moi je préfère filer à l'anglaise
Pour de l'oseille, d'la fraîche, d'la tune
Vous m'aurez pas, je pars pour Saturne

Oui
Je vais résister
Sûr
Je veux exister

Oui
Moi je sais hurler
Vous
Allez m'écouter

Oui
C'est l'insurrection
C'est
Ma révolution

Pour du printemps, du vent, des songes
J'veux profiter de ce temps qui nous ronge
Pour une chanson, la mer, l'amour
J'vous laisse la clé et salut les vautours !