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dimanche 12 juillet 2009

Un été de débauche (1)

Première étape, l'Auvergne, St Bonnet près Riom, le Gamounet.
Que dire ?
Juste : bourrée trois temps de haute volée et quelques photos qui valent mieux qu'un long discours !
Accueil et disponibilité impeccables, animateurs excellents, ambiance jeune et souriante,programmation high quality, bals jusqu'à point d'heure...
Tout ça grâce à une équipe de bénévoles aussi cools qu'efficaces.
Bravo les Brayauds !




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@Laurent
si tu passes par là
voici les vraies paroles
:-)

LA TRILHA
(Rondeau en chaîne)
Sus la nostra trilha
I a nòu* ausels que criden

Tot los nòu que criden mai
Lo pic e lo tord e lo trid e lo merle
Tot los nòu que criden mai
Lo pic e lo tord e lo trid e lo gal


*uèit, sèt, seis, cinq, tres, dus, un**

** tot solet que cride mai

et la traduction :

"Sur notre treille il y a neuf oiseaux qui sifflent
Tous les neufs y sifflent encore
Le pivert, la grive, la drenne et le merle
Tous les neuf y sifflent encore
le pivert, la grive, la drenne et le coq"

Drenne, ou draine : grosse grive du gui ou jocasse.

Tout ça pris sur le site des filles de Tralala Bal à la voix, là :
http://www.tralala-balalavoix.net/php/index.php
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Bientôt, le deuxième volet de notre grand feuilleton de l'été :
St Chartier se transporte au château d'Ars
et franchement
ça le fait !

vendredi 10 juillet 2009

Lo mal maridat

« Écoutez tous petits et grands
l'histoire du mal marié
qui a rêvé d'amour longtemps
sans pouvoir y toucher
 »

L' histoire de la mal mariée, tous vous la connaissez. Lo davantal pissou, lo cotilhon merdou, prisonnière de sa belle mère et battue par son homme, on vous l'a maintes fois chantée.
Mais pitié prenez de celui qui aimait, et qui jamais ne recevait, ni caresse, ni amitié.

Aqui l'historia de Gustau que amolherada femna de fusta.
C'est l'histoire de Gustau, qui avait pris femme de bois.
Oui, oui, une femme de bois, rencontrée dans son plus jeune âge.

« Tendez l'oreille petits et grands
le sort en est jeté
sur celui qui pour femme prend
une jolie poupée
 »

Elle était la fille unique et chérie d'un châtelain que la vie avait privé trop tôt de sa jeune épouse. Déchiré de chagrin, il lui avait semblé qu'aucune princesse, aucune reine, jamais, ne pourrait remplacer la sienne. Et comme elle était morte avant ses premières couches, et qu'il se sentait seul, il se fit faire un enfant de bois. Une petite fille, sculptée, à l'image de sa mère, dans un cep de vigne, par un maître ébéniste des environs dont on disait qu'il était issu d'une lignée de fées.
Et il devait y avoir un peu de vrai dans cette légende, parce que les années passaient, et que la poupée grandissait, prenant peu à peu tournure de demoiselle, puis de dame.
Et donc Gustau avait pris cette femme, qui trois enfants lui donna, qui n'étaient pas enfants de bois.

« Soyez patients, petits et grands
et apprenez comment
Gustau bientôt fut en tourment
d'une femme sans émotion
 »

Ce que Gustau ignorait, c'est que sa femme avait un secret, qu'elle n'avait jamais partagé avec lui, parce qu'avec son cœur de bois, elle l'aimait malgré tout.
Un cœur de bois, ce n'est pas un cœur de pierre.
Et lui, il ne savait pas que la vie, les couleurs et le semblant de chaleur de sa femme de bois lui venaient de sa sève fée. Et que chaque vie de chair qu'elle donnait, ça lui prenait un peu de ce sang magique et précieux.
Et des fois Gustau, quand il prenait la main de sa femme, il la sentait glisser et s'échapper.
Comme ça, pffff !
Et aussi, quand il voulait lui parler ou l'embrasser, elle tournait la tête.
Comme ça, pfff !

Et plus le bois séchait, et plus le cœur de Gustau se serrait.
Le sommeil de l'amour empêché n'est pas un refuge pour ceux qui ont besoin de chaleur dans leurs bras. Après de longues nuits de larmes silencieuses, il s'en fut dormir dans la grange, dans l'odeur chaude des bêtes et de la paille, qui lui rappelaient, il ne savait pas pourquoi, quand il était petit.
Et c'est une des ces nuits pendant laquelle il s'endormit sur son chagrin, qu'il la vit pour la première fois.
« Elle avait les yeux couleurs d'ambre
Et le ciel coulait de ses membres*
un manteau de nuit étoilée
qu'il faisait bon s'y enrouler
et quand elle ouvrit grand ses bras
lui il n'eut qu'à s'y réfugier
à s'y laisser envelopper
à voguer sur sa voie lactée
 ».

Et chaque jour, Gustau attendait la nuit, pour retrouver ce rêve de chaleur et de bienveillance.
C'est drôle pourtant, parce que, cette femme de rêve de nuit , il ne pouvait pas plus l'atteindre que sa femme de bois de jour …

« Tu voles aussi haut qu'une hirondelle
et mon cœur ne peut s'approcher d'elle.
Tu voles aussi haut qu'une hirondelle,
je voudrais qu'à mon cœur il pousse des ailes.**
 »

« Prenez pitié petits et grands
c'est une âme qui s'éteint
et dont le souffle dans le vent
dit la vie qui revient
 ».

Chaque nuit, dans la grange, il lui parlait à cette image aux yeux d'ambre qui lui semblait chaque fois plus réelle.
Et même, elle chantait maintenant.
« Tu chantes comme chantent les enfants,
et mon cœur en ferait bien autant.
Tu chantes comme chantent les enfants,
je voudrais la clef pour remonter le temps.**
 »

Elle chantait, elle chantait tant et si bien qu'une nuit, ce chant pur et clair réveilla la femme de bois, qui descendit l'escalier, sortit pieds nus dans l'herbe mouillée pour aller jusqu'à la grange.
Elle sentit, et c'était la première fois, l'odeur de l'herbe, du foin et elle leva même les yeux au ciel pour regarder les étoiles scintiller.
Elle ouvrit la porte, se faufila et trouva Gustau, son Gustau, les bras serrés sur son rêve de femme.
Il pleurait.
Oui il pleurait, comme peuvent pleurent les hommes.
Et ça lui fit mal à la femme de bois de voir son Gustau pleurer, en serrant l'image d'une autre.
C'était aussi la première fois qu'elle avait mal.
Enfin, c'est-à-dire qu'elle avait le vague souvenir d'avoir déjà eu mal longtemps auparavant, mais elle n'arrivait pas à se remémorer pourquoi.
« Tu voles aussi haut qu'une hirondelle,
et mon cœur ne peut s'approcher d'elle.
Tu chantes comme chantent les enfants,
et mon cœur en ferait bien autant. **
»

Elle s'approcha.
Elle leva sa main de bois, jusqu'à la main de ciel.
Et elles furent touchées.
Et comme elles furent touchées, elles basculèrent de l'autre côté.

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PS. * et ** parties écrites par André Ricros, à partir desquelles consigne était donnée de construire une histoire (atelier chant et conte) en les mettant en musique.
Les parties entre guillemets sont chantées.
Si j'ai le temps j'enregistrerais le tout une autre fois.

jeudi 9 juillet 2009

Cric-crac lo conte es commença

« Écoutez tous petits et grands
c'est une histoire d'un autre temps,
celle d'une fille dont les dentelles
furent souillées d'être trop belles
 »

Or donc, il y eut une fois un roi et une reine, dont la succession était déjà assurée, puisqu'ils avaient un fils.
Mais, leur bonheur n'était pas complet. Il leur manquait une petite fille, une jolie petite fille blanche et douce comme un lys.
Un jour qu'elle se languissait au bord d'une fontaine, parce qu'elle se savait proche de voir tarir sa source, la reine vit apparaître l'esprit de l'eau, qui avait pris la forme d'une écrevisse.

« Là-bas, là-bas dans le vallon
la blanche reine soupire
Elle raconte à l'eau s'écoulant,
celle que son cœur désire
 »

« Qui a salé l'eau de ma fontaine ? » grommelle l'écrevisse.
Et, elle voit que ce sont les larmes de la reine.

« Qu'as-tu, qu'as-tu à regretter
qui trouble mon eau vive ?
Aurais-tu donc le cœur blessé,
que t'empêche de vivre ?
 »

Touchée par le désespoir de la femme, elle la conduisit jusqu'à ses sœurs en leur château. Et comme elles étaient bonnes fées et que la reine vivait son automne au début de leur printemps, elles lui firent promesse et de l'enfant désiré et de leur présence bienfaitrice au baptême.
Et c'est donc baptisée du doux nom de Marguerite que la petite fille se vit douée de la beauté blanche et du cœur doré de de ces fleurs des prés.
C'est ce moment que – coup de théâtre !– l'écrevisse choisit pour faire son entrée, à reculons comme il se doit, en fouettant l'air de ses pinces.

C'est qu'il n'était pas content l'esprit de l'eau, ça non, de n'avoir pas été convié aux festivités. Et il le fit clairement savoir :
Bien négligents tous vous avez été
vous surtout mes sœurs !
Trop belle elle est,
beaucoup trop belle.
Pour qu'elle vive, si vous le voulez
des hommes il faudra la cacher
jusqu'en sa seizième année !

Et c'est le cœur bien marri que le roi et la reine firent édifier une tour close, sans ouverture aucune, pour y enfermer Marguerite, dont les cheveux d'or ne connurent désormais que la lueur des flambeaux pour les faire miroiter.
Mais,
il était un homme qui avait été oublié.
Un enfant d'abord oui, mais qui devenait un homme au fil des ans.
C'était son frère.
Son frère Renaud qui seul, avait le droit de venir la distraire.
Et pour la distraire, il lui parlait de la lumière du jour, de la lueur de la lune, de tous les attraits de ce monde totalement inconnu pour elle.
C'est ainsi qu'il lui appris les délices brûlants et les violents tourments du désir, alors qu'elle délaissait peu à peu les dentelles de l'enfance pour devenir femme sous les brocards.
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Ce désir de soleil et de vent, Marguerite, elle le plaçait tout entier dans un petit portrait qu'elle regardait chaque jour, et sur lequel elle promenait ses doigts fins pour s'apaiser.
Car Marguerite, si elle connaissait le désir, connaissait aussi l'amour depuis que le prince du portrait lui avait donné son cœur, lui qui ne l'avait encore jamais vue qu'en miniature peinte de couleurs fines.
Seule l'image du jeune homme parvenait à chasser la terreur des cauchemars de Marguerite.

« Ma mère j'ai grand peine en moi
d'un rêve qui me déchire,
car j'y suis fille chaque nuit
mais au jour blanche biche .

Les chiens de vos grands veneurs
sont toujours à ma suite,
mais celui de Renaud mon frère
sanglante est sa poursuite.
 »

Et de voir sa fille si triste, tant en peine, le roi et la reine acceptent, à trois jours seulement de ses quinze ans, qu'elle rejoigne son prince dans une litière entièrement fermée.
Personne, non personne, hormis l'inconscient de Marguerite, ne soupçonne à quel point les affres de la jalousie ont corrompu l'âme de Renaud.
Car jusqu'alors, sa sœur n'était qu'à lui. Et l'idée qu'elle puisse appartenir à un autre, ça le rend fou. Non, vraiment, s'il ne peut la garder pour lui seul, elle ne sera à personne.
De la pointe de son couteau, il découd le dessus de la litière. A la première branche basse, c'est le drame, le dessus s'arrache d'un coup. Dans un éclair gracieux de blancheur, l'image de Marguerite disparaît sous les frondaisons, dans les lambeaux de la brume d'automne.
Aucun cri, aucun pleur, aucune battue ne la ramène.
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L'hiver passe, puis de nouveau le printemps et avec ce printemps qui revient, dans le sous bois, Renaud, dont l'âme noire s'était éteinte avec la disparition de sa sœur, Renaud donc retrouve la fièvre du désir en apercevant une biche fuyant, une biche aussi blanche que neige.
Nuit et jour, oublieux même du sommeil, il s'acharne à la chasse. Et la reine, déjà très éprouvée par la perte de Marguerite, se souvient du rêve.
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« Où sont tes chiens Renaud mon fils
tes chiens ta chasserie ?
Mes chiens sont seuls dedans les bois,
chassant la blanche biche.

Rappelle-les, Renaud mon fils
rappelle-les bien vite,
la biche que tu poursuis
c'est ta sœur Marguerite.


Il prend d'abord son cornet d'or
sa trompette jolie
mais le sang lui bat bien trop fort
il sonne l'hallali

Elle a les cheveux blonds et peignés
et les seins d'une fille
Renaud prend son couteau d'argent
en quartiers il l'a mise


Il s'en va dire au cuisinier
ce soir qu'elle soit cuite
car j'invite pour mon souper
le roi, sa compagnie

Ne furent pas au milieu du repas
comme manque Marguerite !
Soupez messieurs, soupez donc là
je suis la première assise


Ma jolie tête est dans le plat
et mon cœur en cheville
et mon sang partout répandu
dans toute la cuisine

Entre ces deux plateaux d'or
mes poitrines sanguines
à ces jolis crochets d'argent
mon joli corps pendille. 
»

Fini le repas, oubliée la curée sur la biche dépecée.
En cette nuit noire privée d'étoiles, une forme de fille s'échappe par le fenestron, dans une nuée blanche et dorée.
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Comment souhaitez-vous que cette histoire se termine ?
Bien ?
Mal ?
Ah, le bien et le mal ! On pourrait en dire des choses là-dessus, hein ?
Cric, crac, mon conte es acaba
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PS. Conte réécrit d'après la chanson "la blanche biche", qu'on peut trouver sur le CD Jardin des mystères, là :
http://ulysse.ange.free.fr/JardinMysteres_accueil.html
et un conte d'Henri Pourrat...
tout ça pendant le stage conte/chant animé par André Ricros du 3 au 8 juillet 2009 dans le cadre du festival les volcaniques, organisé par les Brayauds.
Là :
http://brayauds.free.fr/