samedi 15 septembre 2018

Mercredi quand tu nous tiens (et pour un peu de week-end en plus...)


Le mercredi c'est lent.

Au milieu de bons souvenirs...


Voire éventuellement en terrasse !



Les fins de semaine aussi.
On peut dire que le retour à une semaine de 4 jours, après ces trois années à faire suer le burnous sous le harnais louisiannais, c'est une bénédiction pour moi.
Du temps pour respirer... cadeau !

Faire la touriste, comme là-bas.
 Au Centre national du costume de scène de Moulins
(là c'est l'expo Contes de fées, la guide était captivante en plus...)




Le magnifique tryptique de Moulins (dans la cathédrale)

Fermé (peinture en grisaille)


Ouvert...

Clichés interdits, donc photos internet...
On ne peut d'ailleurs voir que la version ouverte en attendant que les charnières et le cadre soient restaurés.

Pas de classe (et toujours pas de local), c'est du temps pour réfléchir, apprendre, concevoir et construire.
Mais pendant le temps de service. Entre deux visites en écoles.
Bien évidemment, je sais que ça ne va pas durer, que mon emploi du temps sera vite archi-plein.
Simplement, deux semaines après la rentrée, je me suis fixée des limites qui m'ont très clairement redonné envie.
J'aime ce que je fais.
J'essaie de le faire bien, sur du temps très concentré, en journée.
Parfois seule, parfois avec des élèves, des collègues, le psychologue scolaire.
Assise, debout, dedans, dehors...
Et puis le soir, je souffle enfin après toutes ces années.
Marché bio du samedi matin, répétitions de chant, piscine, un peu de sport, bricolage, danse... le temps de soigner un tas de bobos aussi, mon corps en avait besoin, ma tête aussi.
Rien n'est très loin.
J'aime gros mon ouvrage. Maître E, ce n'est pas juste sortir des enfants de la classe.
C'est aussi aller voir une collègue isolée, conseiller, prévenir... C'est là que l'expérience accumulée prend du sens.
Même si mon blaireau préféré me manque, je n'ai absolument aucun regret et en plus le job me plaît.
Surtout le mercredi, le samedi et le dimanche...
Sans boule au ventre, y a pas à dire, ça goûte meilleur.

Maintenant si Ste Rita pouvait mettre le turbo pour faire vendre mon char à Richey, récupérer les sous de ma retraite louisiannaise, et les fonds de la succession de maman, je pourrais m'offrir un canapé pour mieux profiter...

mardi 4 septembre 2018

L'avant dernière rentrée de Madame Nicole

La rentrée ça commence par une prérentrée.
Seulement voilà, comme je n'avais plus d'horaires depuis 3 mois,
et que j'ai passé une partie de mes nuits à me faire du suédois,
(un plaisir simple que je n'avais pas goûté depuis longtemps)




... mon cerveau s'est déjà cru en retraite.
Mon réveil aussi...
une heure de retard...
mais comme l'Education nationale n'est pas championne de l'anticipation,
et qu'on est sur une réouverture de réseau,
je n'ai encore ni local, ni matériel...
Dans ma hâte, j'ai oublié de fermer ma thermos de thé qui s'est vidée dans mon sac...
j'ai sauvé mon vieil ordi de justesse.
Tout cela ne fait que renforcer ma décision de partir.



Cela dit, pour cette avant-dernière rentrée, j'étais à l'heure...
contrairement à mon administration, je me dote de quelques moyens...



La situation est un peu challenging,
et en parlant avec une collègue de réseau isolée hier,
je me suis dit qu'il y avait des propositions à faire,
dans un département où il n'existe pas de pilotage global de l'aide spécialisée,
à un moment où, dégagée de toute contrainte de carrière, j'éprouve un grand sentiment de liberté.
Cet après-midi j'entame des négociations,
et si jamais elles n'aboutissent pas, j'aurais le sentiment d'avoir fait ma part,
dans cet exercice que j'affectionne :
essayer de faire bouger les lignes avec des mots et des arguments nouveaux.
Souhaitez-moi bonne chance !
(Ou à mon inspecteur ?)


Il y a encore une semaine, je pagayais



je chantais dans un bal à la voix,
dans un très bel endroit



je pédalais ces côtes bourbonnaises qui ont l'air de ne jamais redescendre, mais qui permettent d'apprécier la vie farouche (rappelez moi quand même de m'offrir un vélo à assistance électrique...)


J'ai l'impression de m'être ancrée ici,
où la moindre fleur de lys me rappelle la Louisiane


De ma vie là-bas j'ai gardé au moins l'idée que chaque week-end est une fête...
et j'ai la volonté forte que ça reste comme ça...


A mes lectrices collègues je veux aussi souhaiter un bon début...
on fait un chouette métier !

lundi 20 août 2018

Si loin, si proche

Un vague air de Louisiane.
C'est un commentaire écrit par une amie sous un post de FB.
Et c'est parfois l'allure que prend le Bourbonnais, pourtant vallonné de collines et peuplé de charolaises...
Il y a l'eau déjà.



La dernière rivière libre.
Une liberté tranquille et fantasque.
Dont le cours se permet de varier au gré des tours et détours de ses méandres.
Dont on se protège par des levées.
Bien sûr moins imposantes que celles du Mississippi. Mais sur lesquelles j'aime marcher.



Il y a eu cette chaleur, dont j'ai profité au maximum.
Car je sais que l'hiver sera long pour moi.
Il y a les ciels d'orage, sur les maïs qui me rappellent les clos de canne.


Et il y a les oiseaux, qui naviguent en hardes dans le ciel d'une terre protégée en tant que réserve naturelle.






Comme ces hérons garde-boeufs, qui quand ils sont effarouchées, s'accrochent en pompons aux branches des saules...



Avec cette touche de grâce en plus, qui émane de la terre de France, et n'appartient à aucune autre.
Nos églises de plus de mille ans...



Abbaye de Souvigny

Cette douce idée d'être à ma place, sur le chemin...



Une terre où "ancien" signifie quelque chose...

 Maisons à colombages, et sur les côtés, le graphisme de briques typique de la région (Moulins)

Et ses lieux un peu magiques, comme Embraud bien sûr,
ou ce château du Plaix, chez les Thiaulins de Lignières.






Un get together, comme sur l'autre bord, mais avec un petit quelque chose en plus,
les pierres et les tuiles, certainement...


J'ai eu la belle opportunité d'y faire une demi-heure de bal chanté.
Portée par cette belle énergie participative de danseurs bienveillants,
j'ai jonglé combien il est bon de pouvoir s'exprimer comme on veut.
En Louisiane, j'ai continué d'apprendre qui je suis.
Et j'ai goûté à cette liberté qui semble ne pas m'abandonner en venant replier mes gaules sur ces terres,

vendredi 10 août 2018

Vis ma vie de préretraitée....

C'est donc dans mon dortoir préféré que je goûte quelques bienvenus jours de vraies vacances.
Depuis que j'ai pris la décision de m'accorder moi-même deux ans de préretraite, je pratique assidûment.
Réveil sans alarme, petit déjeuner silencieux et lent, organisation de la journée, et randonnée  quotidienne.
Je m'abstiens de penser à la rentrée.
Qui sera légère de toute façon, vu que j'ai pas de classe à préparer.

J'explore les environs de mon nouveau chemin de vie.





Et c'est bien joli.


Aujourd'hui était un jour spécial.
C'était le premier jour en Louisiane de la jeune femme que j'ai trouvée pour me remplacer à Pierre Part.

C'était le premier jour après l'incendie de la maison de Rachel, principale adjointe de Pierre Part. Ils ont tout perdu, sauf la vie...
J'ai écrit à mon blaireau qu'il envoie des sous de ma part, comme ça se fait tout le temps là-bas.

C'est le jour où j'ai trouvé un sac dans l'herbe, sur le bord de la route.
Un sac avec un passeport néerlandais, un téléphone, un portefeuille plein de cartes, et pas mal d'argent.


Il était à droite. Je marche à gauche. J'aurais pas dû le voir.
Mais je suis allée trop loin sur la route.
Quand je m'en suis rendue compte, j'ai d'abord voulu couper, par un autre chemin que je voyais sur la carte.
Ça m'aurait fait rater l'endroit que je voulais voir.
Alors j'ai décidé de revenir sur mes pas.
Donc j'ai changé de bord.
Et j'étais en train de me dire que depuis mes premières foulées vers Compostelle, j'ai quand même fait de sacrés progrès question condition physique....
Quand j'ai trouvé le sac.
Je l'ai pris avec moi pour le rapporter à la gendarmerie.
Vingt minutes plus tard, le téléphone a sonné.
C'était le mari de la propriétaire. J'ai expliqué que j'étais à pied, et qu'ils devaient attendre une heure environ, le temps pour moi de revenir au village.
Ils étaient chez le médecin.
Elle s'était fait piquer par une guêpe, et dans l'affolement le vélo était reparti sans le sac.
Une heure plus tard, on a bu un coup.
Parlé un moment.
Elle m'a proposé des sous.
J'ai dit : gardez-les pour aider une autre personne.
Ils ont dit ok.
Je suis partie. J'avais rendez-vous au centre équestre pour un de mes autres projets de préretraitée.
En rentrant, j'ai ramassé les pommes tombées en masse devant la maison, qui pourrissent en attirant les guêpes et les frelons.
J'étais contente d'avoir passé encore une journée dehors.
Je crois pas que j'aurai vraiment besoin d'un jardin.
J'ai Embraud.

dimanche 5 août 2018

Prête à la grosse aventure

Dans l'antiquité grecque, comme on n'avait pas encore inventé l'assurance,
les armateurs de navires commerciaux se faisaient avancer de l'argent pour couvrir leur voyage et ses risques.

Mauvaise fortune de mer ? Le financier perdait tout.
Bonne fortune ? Il récupérait son capital grassement rémunéré par un taux usuraire.

On appelait ça : le prêt à la grosse aventure.
J'ai toujours bien aimé cette expression, ce qu'elle sous entend de riche et risqué,
avec son parfum iodé d'avant la tempête.

C'est quand même autre chose que le : je m'en fous, avec tout ce que j'ai payé comme cotisations, à mon tour d'en profiter, je vais rester en maladie jusqu'à la retraite.
Ou sa version lutte du prolétariat : le système est pourri, y a pas de raison de pas en profiter.

J'ai envie de dire : si, il y en a des raisons.
D'abord notre système social n'est pas pourri. Il tient bon et repose encore - pour combien de temps, hélas...- sur la mutualisation des risques et la solidarité.
Tu verras la différence quand les assureurs privés auront récupéré le gâteau perdu à la Libération.
Oui les bien portant paient pour les malades et les jeunes pour les vieux. C'est bien pour ça que quand tu es vieux ou/et malade, on ne te jette pas dehors.
Ensuite si tu peux te "mettre à l'assurance", c'est parce qu'il y a des connes comme moi qui se lèvent tous les matins pour bosser et qui paient leurs cotisations.
Enfin parce que c'est une injure à ceux qui souffrent -et je connais au moins deux lectrices qui savent malheureusement de quoi je parle-, que de prétendre être malade quand on ne l'est pas.

Pourquoi dans ce cas ne pas foutre le feu à ta maison, vu que ça fait 30 ans que tu paies le risque incendie sans que ça brûle
Donc, à moins d'une vraie dépression que je ne me souhaite pas, voici mon plan de grosse aventure.
Deux ans de dispo, et des road trips aux quatre coins de l'Europe

Pourquoi l'Europe ? Pas trop loin pour aller et venir back, voir les enfants (et les petits-enfants), pas de tracas de visa, et un tas de places que je connais pas...
Et la grosse aventure me direz vous ?
Ce sera de chanter.
Partout.
Enfin partout où la police m'embarquera pas.
Avec un chapeau.
Pour faire la manche....
Devant les monuments, les théâtres, les stades...
Rendez vous dans deux ans...





samedi 4 août 2018

Accepter ce qu'on ne peut pas changer...

C'est une énorme déception.
Il est clair désormais qu'il soit impossible que je satisfasse jamais à cette nouvelle disposition : pour les carrières longues, on ne compte que les trimestres cotisés.
Pas d'échappatoire, pas de recours.
C'est mort, un point c'est tout.
Alors j'ai demandé : ok, quelle sera la décôte si je pars à 60 ans ?
Pas de décôte.  Retraite à taux plein.
Mais à 62 ans.
Il ne m'aura pas fallu longtemps pour prendre ma décision : c'est de toute façon mon avant dernière année.
Après je prendrai 2 ans de dispo.
Sans traitement.
J'ai compté, j'ai juste assez d'économies.
Si le bon Dieu me laisse aller jusque là, non c'est pas cher payé pour la liberté.




Se poser et profiter

Ce qui est bien, quand on n'a rien de spécial à faire, c'est qu'on peut "se poser et profiter de l'instant présent"
comme l'écrivait joliment Leyley dans son commentaire.
Ce qui est bien quand on n'a rien de spécial à faire,
c'est qu'on peut regarder autour de soi,


respirer tranquillement, et se dire "tiens, si j'allais marcher un peu et profiter de la rivière.



Ce qui est bien, quand on n'a rien de spécial à faire,
c'est qu'on peut s'attarder un peu sur un souvenir de l'an dernier.
Et se dire que, tant qu'il y aura de l'eau, un chemin et des oiseaux, je me sentirai à la bonne place.



Ce qui est bien, quand on n'a rien de spécial à faire, c'est qu'on jouerait volontiers les prolongations.
Ça fait que pour mes vacances, cette semaine,
je vais retourner à Embraud.
Et commencer tout de suite le tourisme dans l'Allier.
Sans attendre l'hiver, qui reviendra bien assez vite.