mercredi 21 novembre 2018

Pour un peu d'amour en plus !...

C'est encore une idée de Jack Koch.
Une belle idée, une douce idée...

J'aime cette poésie touchante sur papier kraft... le gris et le blanc des illustrations,
j'aime qu'on ait été 200 à contribuer d'une phrase, d'une page...
J'aime que pour chaque exemplaire vendu, 2€ soient reversés à l'association du Rire médecin
(tu sais ces clowns qui interviennent auprès d'enfants hospitalisés).
Et j'aime que ce ne soit pas une distribution confidentielle, mais un grand projet,
porté par le Livre de poche.
Une victoire aussi du coup, une de plus dans le parcours hors norme de celui qui fut un collègue,
mais est aujourd'hui un dessinateur professionnel...



J'ai reçu mon exemplaire, 
ouvert à ma page,
et dévoré un paquet d'autres...
Je vais en acheter de nouveaux, parce qu'offrir deux fois plus d'amour, quoi de plus beau ?
Merci pour ça mon Jacques...




Nos années ont quatre saisons...

Merci Bon Dieu, je suis itinérante...
C'est pas simple.
Faut courir pas mal, et rien oublier dans mon sac à malice.
Et trouver la juste place aux côtés des autres procédures de soutien.
Mais enfin, il y a ça

Les routes fantomatiques du petit matin,


la lumière des chemins que je croise, où je me pose parfois juste quelques minutes, le temps de respirer, de poser mon dos à un arbre, de faire craquer quelques feuilles...


De la Louisiane j'aimais l'eau, la chaleur...

Je garde une tendresse particulière pour ma vie pendant ces trois années.
Des souvenirs...


D'ici j'aime le froid lumineux ou brumeux, le rythme lent des saisons, le paysage qui change.
Pas d'action de grâce pour marquer novembre, juste les répétitions des concerts de Noël à Embraud, le goûter à quatre heures... ensemble.
Les petites histoires des uns et des autres, les chagrins, les bonheurs, la préparation des costumes...



Beaucoup de chansons ont changé en trois ans... un mini challenge qui nourrit le plaisir..
Première session dimanche prochain...


samedi 27 octobre 2018

Le goût des plaquemines

Me v'là en route pour le grand Texas.
A vrai dire j'y suis déjà, sur cette I 10 qui traverse les États d'est en ouest.
Direction Austin pour une grande contra, où j'aurai plaisir à retrouver des danseurs amis ou connaissances.


De ces vacances, je garderai le goût incomparable des plaquemines, des pacanes et des oranges cueillies sur les arbres.




Je réalise que la Louisiane ne me manque pas vraiment. 
Probablement parce que j'ai une bonne vie en France, en grande partie grâce au crochet par ici...
Les gens par contre c'est différent.
Les amis qu'on retrouve avec bonheur.
Il n'y a pas longtemps que je suis partie.
Pourtant certaines choses déjà ont changé.
Les enfants ont grandi.
Ma maison est relouée. 
Un papa a ouvert un café donuts avec terrasse au bord du bayou, créant ainsi plusieurs emplois.


Deux jours avant que j'y passe, la principale adjointe de l'école, une femme formidable, aidante et bonne, a été arrêtée en arrivant le matin à la porte de l'école.
Complètement saoûle...
Sa maison avait brûlé cet été.
Était-ce avant ? Après ? À cause ?
Je ne me suis pas remise de cette nouvelle. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que faire ça, c'est vouloir se faire prendre... que quelque chose s'arrête. 
Et en effet, avec sa photo judiciaire, son nom et son adresse dans la gazette, les circonstances de l'arrestation...elle ne travaillera plus jamais dans l'éducation...
La semaine prochaine j'irai déjeuner avec elle. Qu'elle sache que tout le monde ne la jugera pas.
En attendant je suis allée remercier l'univers, qui a été bien bon pour moi ces derniers temps...






jeudi 18 octobre 2018

Sur le cœur...

Hier, je sortais d'une école, j'ai reçu un mail de mon frère.
"Hello, je serai demain chez le notaire, j'en profiterai pour te rapporter l'urne..".

Comprenez l'urne contenant les cendres de notre mère.
Toujours pas inhumée depuis le 4 janvier...

C'est monté comme un mascaret, balayant tout sur son passage.
J'ai eu l'impression de suffoquer.
J'ai répondu : tu vas toucher du fric que t'as pas mérité, tu ne t'es jamais occupé de maman de son vivant, (de papa non plus soit dit en passant) même pas un coup de fil pour Noël, tu vas peut-être te bouger maintenant qu'elle est morte ?

Mais finalement j'ai tout effacé, et j'ai écrit :
"Je regrette mais non.
Je ne reprendrai pas l'urne.
J'ai fait plus que ma part.
ça suffit."

Puis j'ai appelé Franzouski, parce qu'il fallait VRAIMENT que je parle à quelqu'un.
En échangeant avec lui, la solution m'est apparue.
J'ai appelé le notaire, demandé une procuration.
Et effacé cette vision de cauchemar d'une urne refilée comme une patate chaude dans l'étude ...

Entre temps il avait répondu "Ah bon ? J'ai dû mal comprendre".
En effet.
Mais ça n'a rien changé. J'avais pas envie de le voir prendre son chèque avec son air propre sur lui.
Je n'y suis pas allée.

En un sens, sa désinvolture m'a rendu service et évité un déplacement à Guéret.
J'ai passé une journée douce et calme à Moulins, dans la lumière de l'automne.

Sauf que... même avec cette solution, la tempête émotionnelle ne s'est pas calmée.
C'est comme si on avait jeté un gros caillou au fond d'une eau calme, et que toute la vase soit remontée.

J'ai décidé que c'est fini, je ne lui trouverai plus d'excuse.
Que je ne me sentirai plus coupable.

Mais pour ça je vais devoir me débarrasser de tout ce qui est remonté avec le courant.
Il est temps.
Samedi je prends l'avion, mais après les vacances, j'empoigne cette question : vider mon cœur de ses derniers tourments, ceux qui étaient cachés au plus profond de mon âme.






Vacances droit devant

Cette première période est passée comme une flèche.
Mon emploi du temps s'est construit au fur et à mesure, je suis à bloc asteure.
La coupure du mercredi, la rentrée début septembre, et déjà des vacances vendredi soir,
je suis un peu cuite oui, mais pas si tant que les trois années précédentes.
Je prends l'avion pour la Louisiane, et on verra...
Ce week-end c'était le stage annuel d'Embraud,


ça fait des bonnes ondes c'est certain, 
mais pas autant que ça, faut admettre....


dimanche 7 octobre 2018

L'univers et moi

L'univers et moi, c'est déjà un petit morceau de route.
Comment les Moires entrelacent les fils, parfois c'est déroutant.
Avant de rentrer ici, ça me semblait toujours que le ciel s'étalait plus vaste aux Etats-Unis.
Pis finalement non, le ciel est grand aussi sur la campagne bourbonnaise assoiffée mais toujours belle.


Il y a le petit portillon qu'on pousse pour aller à la rivière, dans les dernières chaleurs de cet été indien qui joue les prolongations.



Il y a l'eau, il y a les nuages, 
il y a qu'on est tous ensemble, pour répéter les chants de Noël,
ou mettre un bateau à l'eau.











 Il y a qu'à Embraud les enfants ne sont jamais loin, intégrés dans la vie collective, même si parfois ils se couchent dans les lits du dortoir qu'on vient de briquer pour le stage de la semaine prochaine.
Ils apprennent leur espace.
Il y a qu'on ne se sent jamais seul.
Une petite embrouille avec ma carte bancaire, une Chavouisse me donne la sienne spontanément, pour que je fasse le plein du Berlingo.
Un souci avec une porte de placard ? C'est sûr quelqu'un viendra m'aider à le réparer...
Ajoute à ça l'étoile filante qui me salue juste quand j'ouvre mes volets sur une nuit claire et une lune radieuse, et les baloches du samedi soir,  avec toutes ces figures amies, et je sais que je suis à ma place.

Sur l'autre bord, il vit sa vie farouche, les pieds nus dans la terre de Louisiane.
Je sens confusément que sa place à lui est là-bas.
Je me demande bien ce qu'il viendrait faire ici.
J'aimerais ça moi, qu'il trouve sa place dans notre vie collective, et cette douceur de vivre tous ensemble des moments de chaleur.
Car s'il ne comprenait pas ...


mercredi 26 septembre 2018

Bon Dieu merci c'est (encore) mercredi !

Ne pas mettre le réveil en milieu de semaine, reste pour moi un ravissement constant.
Faire à mon rythme.
Parfois, j'ai un moment de découragement, à cause de l'argent, à cause de l'absence, à cause du travail.
Puis je me dis que, si j'étais restée là-bas, je n'aurais pas pas tous ces moments de répit qui émaillent ma semaine. Un enfant qui vient te dire merci après un entretien, une collègue que tu peux aider, quinze minutes seulement pour aller à la gym, un peu plus à la piscine, la chaleur douce d'Embraud, les répétitions de chant.
Je réalise à quel point ces trois dernières, et belles années, ont été physiquement dures.
Combien elles ont été utiles aussi.
En repassant à la gestion d'une classe ordinaire (dans des conditions un peu extraordinaires), j'ai dû sortir de ma zone de confort, m'approprier de nouveaux outils, rendre les transitions plus lisses et rapides.
Il me semble que, ce que j'ai gagné en efficacité, c'est cela qui est le plus utile dans mon poste actuel.
Bon pis on va pas se mentir : les vacances toutes les huit semaines et le mercredi...

L'inconvénient c'est que je suis beaucoup
enfermée ou en voiture.
Alors ce matin, en voyant le soleil briller derrière mes volets, et en sentant la douceur de l'air, j'ai tourné une nouvelle page de mon petit guide local de randonnée.
Souci numéro 1, il était déjà tard, et le parcours le plus proche était de 14 kilomètres.
Souci numéro 2, ma cheville est toujours faible, et mon inflammation des métatarses pas tout à fait guérie non plus. La marche devient vite douloureuse et reporte la guérison définitive.
J'ai décidé de ride mon bicycle, qui n'est toujours pas électrique, mais dont j'ai regonflé les pneus.

Mon bicycle semble un vélo de ville, mais en réalité, avec ses deux suspensions à l'avant, il aime gros les chemins.
Contrairement à moi qui ai toujours un peu les flipettes quand je ne pédale pas sur du plat.
Vu le timing, j'avais pas le choix, je me suis lancée.
La première récompense c'est d'avoir été au bout sans douleur, et en flânant un peu.
La deuxième c'est cette profonde respiration dont j'ai besoin, le corps qui se met en route au milieu des champs, le sentiment profond d'être en vie.
Et enfin, jongler fort à lui, parce qu'il aime ça le vélo, et que si j'ai de la chance, ça sera à moi de faire le guide.





#graphinBourbonnais




Une trace d'Histoire
dans le taillis des Ombres, sur les grands hêtres, des graffitis qui dateraient de la dernière guerre.







 Et puis des nouvelles de mon cœur d'artichaut, apaisé, paré à hiberner...