lundi 11 janvier 2021

Les mangeux d'terre

 






Je n'avais jamais pris ce chemin, qui traverse une exploitation agricole.

J'ai remarqué que de nombreux accès sont fermés. 

Il suffit à un propriétaire, pour préserver sa tranquillité, de laisser le chemin communal s'envahir de ronces, de ne pas réparer un petit pont, d'y tomber un arbre coupé, de laisser un gros chien en liberté. Les petites communes n'enverront pas le cantonnier, de peur de déplaire. Voilà comment les espaces publics se privatisent.

En épluchant systématiquement ma carte IGN, j'ai de bonnes et mauvaises surprises. 

Souvent obligée de rebrousser chemin.

Mais parfois je peux aller au bout.

Et découvrir un monstrueux pompage pour le maïs, qui saigne à blanc la rivière exsangue.

Je n'ai pas pris de photo, c'est trop laid et bien désolant.

Je préfère me souvenir de la rivière d'hiver en majesté.




dimanche 10 janvier 2021

Eléments terre à la vie

Un jour à la fois.
Chaque soir se dire : "Ce fut une belle journée".
Chaque matin se lancer.
Prendre rendez-vous avec soi-même.
Et contempler les éléments.
L'air, la terre, l'eau qui court, 






l'eau qui gèle,


les pieds sur la glace,








La tête au soleil, 


Et le feu qui promet de renaître.




mercredi 6 janvier 2021

Femme qui court avec les loups #2 Lève-toi et marche !

Puisque les jours sont gris, puisque les vents sont froids

Puisqu'il est difficile de se projeter,

Puisque partir loin n'est pas à l'ordre du jour,

Puisque je ne sais pas si je pourrai porter un gros sac,

Puisque j'ai perdu mon meilleur compagnon de voyage,

Puisque le printemps finira bien par revenir.

Puisque les jours rallongent, puisqu'il y a la rivière, puisqu'il y a les bois. Des chemins de ripisylve, avec cette odeur spéciale d'eau et de sous-bois...



J'ai choisi de me couvrir chaudement, et de partir sans attendre.

J'ai choisi d'explorer les alentours immédiats, avec mon vieux petit sac de journée.

Seule.

Pour passer le temps en espérant que la vie reviendra.

C'est toujours ça de pris.

Franchement, c'est plutôt agréable.

La pause prend une saveur spéciale.

Aujourd'hui c'est le test du réchaud.
Barbara, tu reconnaîtras ta contribution...


dimanche 3 janvier 2021

Femme qui court avec les loups #1 Madame Nicole allume le feu

Retour enneigé du week-end de rattrapage organisé par le Kid.
Du temps ensemble, du temps joyeux, du temps complice.
Les deux frères en retrouvailles, Vania tout fier de poser avec son oncle, Maiia heureuse de lui montrer la neige.

Il faisait encore jour, j'avais envie de prendre l'air. Je suis allée glaner du bois juste derrière chez moi.

Premier feu de camp, sur le foyer que j'avais aménagé dans mon jardin, qui espérait que je me décide. Démarré à l'écorce de bouleau, récoltée à l'opinel, mercredi dans un bois, en rentrant du marché.

Il ne faut évidemment pas blesser un arbre vivant. Mais j'avais remarqué des arbres coupés qui ne touchaient pas le sol. A cette saison, les branches tombées restent très humide (mais brûleront toujours mieux que du bois vert, inutile donc de se livrer à un massacre...).

Light my fire...
Ignition...
Premier pas d'un projet balbutiant qui s'esquisse avec bonheur.

Hautement symbolique pour moi.
Le temps de la vie farouche est venu.
Il faudra apprendre à allumer mon feu en toutes circonstances.
À m'y réchauffer.
À m'y nourrir. 
Tant pis pour l'absent qui n'aura pas su saisir sa chance.



vendredi 1 janvier 2021

Madame Nicole se jette à l'eau

Ce matin, avec la joyeuse complicité de deux autres chavouisses et un chavan, madame Nicole a, pour la première fois, sacrifié à la tradition du bain de l'an neuf dans les eaux glacées de l'Allier.

Madame Nicole a peur.
Mais elle se jette à l'eau.
Et qui l'aime la suive.


Ne croyez pas que Madame Nicole n'ait peur de rien.

Madame Nicole a le cœur qui cogne, la paupière qui tressaille. Elle hésite à trancher : anxiété latente ou grave maladie neurologique ?

Ne croyez pas que madame Nicole ne craigne pas le temps qui passe.
Elle s'est un peu appesantie, avec ce deuxième confinement. Elle a repris le poids sur lequel elle comptait pour remplir un peu plus son sac, avec le bivouac de l'autonomie, et réentrer en chemin.

Ne croyez pas que madame Nicole n'ait pas froid aux yeux. 
Elle a peur de vieillir seule, elle a peur de vieillir mal. De ne plus jamais ni chanter, ni danser, ni marcher.

Mais elle se soigne.
Elle savoure sa liberté nouvelle, les fous rires et les petits riens de l'amitié, en bichonnant ses pieds qui s'apaisent.
Elle fait de petits et grands projets. 
Un pique-nique amical de rivière, bientôt, si le grand blanc est aussi beau qu'aujourd'hui.
Des bivouacs de jardin pour apprivoiser le matériel.
Courir les futaies et guérets alentours, pour tester sa capacité à faire du feu, s'endurcir à la vie de plein air sans douche et en mérinos.
Apprendre sérieusement le russe, pour un projet de périple au long cours.

Ecrire enfin, écrire VRAIMENT.

Dans ses nouvelles aventures, Madame Nicole devra affronter ses peurs.
Croire en elle, ses possibles, sa créativité.
Et que l'amour la trouve et l'accompagne.
Elle vous souhaite le meilleur de vous-même, et que cette année 2021 s'efforce un peu de réparer le grand gâchis de 2020, dont elle ne veut garder que ce qui a été bon, que ce qui a été beau.

Oui, cette année, espérons que la routourne elle va tourner !




vendredi 25 décembre 2020

Mots comptent triple

Il est encore temps de vous souhaiter un joyeux Noël !

Me concernant, il fut totalement raccord avec cette année de merde.

Le Kid, qui devait nous rejoindre après son travail, est tombé en panne, dans la neige, à 40 km de chez lui, et donc encore loin de chez nous... Il a eu la peur de sa vie, et, son père et moi, avons considéré que c'était préférable à une visite des gendarmes pour nous annoncer un accident.

Nous lui avons donc conseillé d'appeler l'assurance pour le remorquage, et le taxi du retour chez lui.

Il s'était donné du mal cette année, avec tous ses paquets emballés dans le coffre. Dépité, il est rentré réveillonner d'un bol de céréales, vu que, s'apprêtant à rester trois jours avec nous, son frigo était vide.

Je ne sais pas comment nous avons fait notre compte, mais nous avons, comme d'habitude trop mangé, bien que l'incident nous ait passablement coupé l'appétit.


Heureusement, il a pu compter sur sa copine venue à la rescousse ce matin.

J'imagine que ça nous fera des souvenirs et qu'on en rigolera dans quelques mois.

En attendant, à part l'épisode "hotline et déception", nous avons quand même eu de bons moments. 


On se décale à la semaine prochaine, bien contents de ne déplorer aucune perte, en espérant qu'il n'y aura pas d'autre surprise au tournant.

Car rire, sourire, prendre son mal en patience, il faut bien...

Ce sont des mots qui comptent triple en ce moment.

Sans oublier l'amour, bien sûr, qui devrait dicter tous nos gestes, quelles que soient les circonstances.

J'avais plus assez de lettres.

De toute façon, quand on aime, on ne compte pas !






lundi 21 décembre 2020

Joyeux solstice

Ce soir est visible dans le ciel, le baiser de Noël, le baiser de Jupiter à Saturne.

Ce soir, c'est aussi le début de la nuit la plus longue.

Ce qui signifie qu'à partir de demain, les jours commencent à rallonger, et qu'on a déjà tenu jusque là.

C'est bien non ?

Ces derniers jours, je n'ai pas vu le temps passer, trop occupée à enfourner ces petits gâteaux de Noël que mes garçons adorent.


J'en ai même oublié de saluer la nouvelle lune.

Je ne m'en suis aperçue qu'en voyant s'épaissir le premier croissant, en retour tardif d'une promenade le long de la rivière.

Je guette désormais qu'elle soit pleine, pour concrétiser quelques petits et grands projets.


Que l'épidémie s'éteigne, ou qu'elle s'attarde, des projets, il en faudra.
Il faut bien continuer à vivre et faire de notre mieux.

Aujourd'hui c'est aussi l'anniversaire de Vanouchka.
Me voici donc à Limoges.
Retrouvailles amicales et familiales.
Un avant goût de Noël.
Je vous souhaite une belle lumière d'hiver.