jeudi 19 avril 2018

Schoolboard meeting

L'immersion à Pierre Part, est l'un des plus anciens programmes de la Louisiane.
Des pionniers.
Seulement voilà, le village vieillit, l'effectif de l'école (et de tout le district) diminue globalement,
et l'an dernier déjà, l'immersion a eu chaud aux plumes, sans que la communauté ne s'en émeuve outre mesure.
Du coup cette année, le Superintendant, lui-même à 3 mois de la retraite, a eu les coudées franches pour supprimer le programme en ne remplaçant pas les enseignants étrangers qui rentrent chez eux, notamment moi.
Il y a 3 millions de dollars de déficit à éponger, il a donc aussi prévu de supprimer un tas d'autres postes dans la paroisse, dont ceux d'un paquet infirmières...
À aucun moment il n'a demandé à ses services de trouver un moyen de rentrer du pognon,
notamment des fonds fédéraux...
Sauf que cette fois, quelques parents se sont émus de la situation, et je me suis dit qu'on n'allait pas en rester à des indignations de couloir.
Je suis allée rendre visite un dimanche à une maman (qui est aussi une collègue) et on a commencé à monter un plan de dernière minute,
fondé notamment sur l'idée que j'avais avancée l'an dernier : une école magnet d'immersion, qui accueille les enfants d'ailleurs, ceux qui ont de bons résultats, et un comportement approprié.
Entre les lignes, lisez : donne aussi une opportunité, en terme de mixité et promotion sociales, à des enfants noirs dans la Louisiane du sud...
Maintenant il y a un vrai groupe de parents bien décidés à ne pas se laisser faire.
La semaine dernière, les parents ont demandé une entrevvue au superintendant, qui s'est paraît-il montré hautain et impoli.
Il a balayé les arguments d'un coup.

Alors on est venus assister au meeting budgétaire du schoolboard et on s'est inscrits pour parler (5 minutes chacune).
D'abord il y a le serment d'allégeance au drapeau américain, pis... une petite prière pour aider chahcun à prendre les bonnes décisions...
Après ma collègue/maman, je me suis levée, et j'ai pris la parole, dans mon anglais un peu pourri,
mais quand même pas trop mal apparemment, j'ai répondu à toutes les objections, en plaidant pour une année de status quo, le temps de monter le projet.
Quand le superintendant a présenté son budget, il a avait déjà reculé d'un poste.
Et ils étaient supposés voter le budget, ligne par ligne, une semaine plus tard, c'est-à-dire ce soir.
Et on avait bien compris que plusieurs membres allaient voter contre cette ligne là, au moins,,,

Entre temps, on était en sortie scolaire, avec les anglophones, et les élèves avaient un petit projet de sciences à baptiser.
Je ne leur ai rien demandé, mais ceux de ma classe ont fait ça :




Ensuite ils ont expliqué aux autres ce que ça voulait dire.
J'ai trouvé ça joli et touchant.

Ce soir, on est revenus.
Il n'y a pas eu de vote !
Le superintendant avait fait venir un avocat, et 5 minutes avant le scrutin, celui-ci a expliqué que la loi de l'État de Louisiane ne permet pas ce genre de vote (ligne par ligne).
Indignés du procédé (de dernière minute), plusieurs membres du bureau ont demandé à quoi ils servaient...
En fait, ils peuvent adopter ou rejeter en bloc.
La salle était comble et indignée.
Le superintendant buvait du petit lait : il joue la montre, et il le sait.
Un serpent qui file dans l'herbe.
Sauf que....
le schoolboard lui a demandé de revoir sa copie. Un membre a fait remarquer que, OK, tu pars dans deux mois, mais on a encore le temps de faire bouger les lignes, voire même d'attendre celui qui va te remplacer, alors revois ta copie.
Après je suis allée parler à quelques membres individuellement : je ne crois pas qu'ils vont en rester là.
Et de leur côté, les parents ne désarment pas et s'organisent.
Tout ça est quand même très intéressant, je me crois dans un feuilleton américain...
Keep posted..
To be continued...


lundi 16 avril 2018

Laisser les bons temps rouler. ..

C'est en partant que je saisis vraiment ce que veut dire "laisser les bons temps rouler".
C'est changer son idée à la dernière minute.
C'est se dire qu'on fera du kayak demain, mais finalement non, il pleut.
Alors on change ses plans et on fait tout autre chose.



C'est traîner un peu pour faire les choses,  parce qu'on veut profiter de l'instant présent.  Et qui sait de quoi demain sera fait.
C'est une certaine lenteur, parce qu'il fait chaud et que rien ne presse.
C'est vivre avec pas un tas d'argent, mais ça suffit, on est content de son sort. Travailler plus, ça voudrait dire ne pas avoir le temps de regarder le ciel et les oiseaux autour.
C'est un certain fatalisme.
Remettre son sort entre les mains du destin, parce qu'on est un peu superstitieux quand même.
Ou de Dieu, dont la volonté doit être faite de toute façon.

C'est jouer avec les cartes qu'on a.
C'est vivre sur l'eau, de l'eau, dehors.
C'est pouvoir tout perdre et tout reconstruire, après un ouragan, ou l'eau haute.


C'est être capable de rire même quand la vie se fait triste.
C'est être certain, au fond de son coeur, qu'on va se revoir.
Ce qui me déstabilisait au début,  c'est ce que je retiens et qui va me manquer : ce rythme aléatoire et cette capacité à prendre la vie comme elle vient...sans forcément faire de grands plans.

dimanche 15 avril 2018

Shit happens

Loi de l'emmerdement maximal, hier j'ai embouti une borne incendie et explosé un pneu.


Qu'il a fallu changer donc...
Bien sûr je venais juste de ne pas renouveler mon assurance AAA (tu te souviens PimJ, la fameuse Tripoley. ..), assistance automobile des véhicules miséreux comme le mien.
Ils ne font pas de prorata, et il reste moins de deux mois.
Bref, livret du char,  recherche de la roue,  du cric...
Check
Soulagée, je veux repartir.
La clé tourne, tout s'allume, mais rien.
Elle ne démarre pas.. .
Shit happens. ..
Me voilà coincée à Lafayette, jusqu'à l'ouverture du garage  (au bout de la rue ) lundi matin.


Par contre comme vos Zondes ont bien travaillé côté le Kid,
qui semble bien content de pédaler
to make good money,
vous pouvez croiser les doigts pour que mon char se remette à bas prix de ses émotions...
Mon penchant positif fera le reste :
je suis déjà en train de me dire que mieux vaut à Lafayette dans la rue du garagiste,  qu'à Pierre Part au milieu de rien...

mardi 10 avril 2018

Vivement ce soir que je me couche...

Ce matin, j'ai vautré, dans les grandes largeurs, l'entretien télephonique pour un poste à profil dans mon nouveau département, l'Allier.
Ça a commencé par "on m'a dit de vous appeler puisque vous avez postulé..."
Là déjà, tu sens un truc.
Les autres passent devant une commission, il y a l'impression que tu donnes, le non verbal...
Pour moi juste un gros cafouillage : j'ai un peu perdu mes moyens, beaucoup même, incapable de répondre à des questions pur le moins élémentaires.
Je m'en veux surtout de ne pas avoir contacté avant un collègue de la Creuse pour connaître les tenants et aboutissants de ce poste dont les missions me plaisaient pourtant.
Mon interlocuteur a certainement pensé que je me cherchais une bonne planque...
Tant pis, ce n'est peut-être pas pour moi après tout.


Le souci, c'est que d'une part il faut entrer les postes avant le 15 avril, dont 2 regroupement de communes, sur 2 bassins différents, et sans spécialité.
Tous les postes qui m'intéressent sont à profil, et on ne peut pas les rentrer dans le système. Sauf que... les fiches de postes ne sont pas encore publiées, et pour certaines ils sont déjà attribués - à des faisant fonction non titulaires, ce qui est bien normal - mais qu'on ne le voit pas.
Et d'autre part, j'ai le nez dans le guidon, non seulement j'anticipe moins, mais je suis moins réactive.
Je vais faire comme d'habitude je crois : rentrer les voeux selon mon coeur, et me laisser porter par le vent...

Lui a repris l'avion après dix jours avec moi.
Dix jours en demi teinte, et même un peu sombres.
Le dur retour du fantasme à la réalité.
Cependant je ne regrette pas ce deuxième essai après New-York,  il fallait bien savoir...

Et puis le Kid me fait souci, qui a encore abandonné la fac (mais fourbi de vrais plans pour l'an prochain, des Z'ondes, plein, pour que ça marche...). En attendant il s'est fait coursier à vélo, autoentrepreneur exploité par Uber Eat...
Il dit qu'il peut make money...
Je ne sais pas quoi dire, si ce n'est : bon courage !
Et rendez-vous au tas de sable...

lundi 26 mars 2018

Winter is gone my Lord...

Première sortie en kayak de la saison.
Le soleil est doux, l'eau n'est plus froide,
les alligators se prélassent au soleil.


L'eau est haute, on peut aller plus loin.


Je retrouve le couple d'aigles, en sentinelle, 
à la même place que l'an dernier.









Marie est toujours là, qui veille...






Choisir c'est mourir un peu

C'est un choix.
Celui de rentrer.
Et je me sens heureuse de retrouver les Boys, mes amis, la musique, les petites routes, les petites voitures, les petites factures de santé...
De soigner quelques bobos.
De m'atteler à mon dossier de retraite.
Mais il y a un prix à payer, des choses à laisser aller, la Louisiane à quitter,
et je l'avoue,
l'Amérique ça finit aussi par un peu de chagrin.
C'est comme ça.
Sans regret, mais pas sans quelques larmes.

Je continue de parcourir les routes.
Comme celle-ci, bordée de chênes.
J'aime ces chênes américains.



Et tout d'un coup, en longeant la réserve Chitimacha, elle se fait piste, au milieu des clos de cannes,
rien devant, rien derrière.



C'est le début du printemps,
plus de chauffage,
et pas encore de clim.
Les oiseaux se rassemblent pour nicher.






Comme ici, au ras du Lac Martin,
qui hésite entre la pluie et le grand beau.








Un peu comme moi...

mardi 6 mars 2018

Compte à rebours

Voilà,
dans exactement trois mois, je reprends l'avion, pour venir replier mes gaules en France.
Souffler, soigner mes bobos, m'occuper du Kid qui va moyen,
de mon dossier retraite, de la musique, de la danse, de mon petit coeur d'artichaut.
Atterrissage dans l'Allier.
Plus près de mes Chavans, pas trop loin de mes enfants et de mes amis.
C'est bien, je crois,  de ne pas revenir chausser ses vieilles bottes exactement à la même place.
Ici, le compte à rebours a commencé.
Je parcours les petites routes,








et je mets dans un coin de ma tête tout ce qui me manquera.
La douceur de l'air de mars, manches longues et jambes nues.
Une certaine lumière.






L'odeur et le son sourd de l'eau.





La canne qui brûle.


Les écrevisses prêtes à bouillir...




Les get together sur les maisons bateaux...
 

Un certaine manière de vivre et un rapport au temps différent



J'aime cet état.
De tout mon coeur.
Et toujours je serai partagée, sur un bord ou l'autre.
Mais maintenant je vois à peu près où je vais,
et c'est pas désagréable.

mardi 27 février 2018

Vue DC

Juste pour le fun...




Un jour j'irai à New-York avec toi...

Pour moi c'était ma troisième visite à la Grosse Pomme,
et je trouve ça sympa de revoir les endroits connus différemment,
l'hiver, la nuit, sous la pluie, dans le froid, avec moins de monde...
C'est toujours New-York, mais c'est différent.
À Time Square, tu risques d'être éborgné par les parapluies...


Central Park endormi dans la brume



Broadway toujours joyeusement animé
(on a adoré cette comédie musicale, the Kinky Boots, musique Cyndi Laupers, inspiré d'une histoire vraie, il paraît qu'il y a aussi un film...)


Monter en haut de la tour Rockfeller, pour un point de vue différent...
notamment sur la cathédrale St Patrick,
c'est incroyable tout ce qui s'est encore construit depuis la dernière fois, cette ville n'arrête jamais...)





Vue d'en bas...




La statue de la liberté est toujours là...


et la vue sur Manhattan depuis le ferry de Staten Island...


Mon pont favori, celui de Brooklyn... même sous la pluie battante...



mais surtout la nuit


et arrivés à Brooklyn,



un autre versant du pont de Manhattan


Tester la contradance à la sauce new-yorkaise, rapide,
avec des changements de genre en plein milieu d'un set...
et avec mon cavalier perso, qui m'a impressionnée...



S''allonger sous un piano dans Washington square...


Tu ressens toutes les vibrations, c'est incroyable...




Et le petit bémol qui me fait dire que, pour bien connaître quelqu'un,
il faut voir sa maison,
et partir en voyage...
Comment dire ? Dix jours dans un pays où tu viens pour la première fois,
dont tu ne parles pas la langue,
tu ne connais pas les codes,
où tu perds tous tes repères au point de dépendre de l'autre,
et ça 24 heures sur 24,
dans une ville qui file à toute allure,
lui de Mars, moi de Vénus,
difficile de se contrôler en permanence.
Ce qui fait que ce panneau là,
je sais plus trop bien s'il a du sens...


Mais que comme il y a beaucoup de bons souvenirs,
et un deuxième billet d'avion
et qu'on peut pas nier que ça compte,
j'ai envie de dire,
puisque justement on n'a pas de temps à perde,
faisons-ça à la vieille manière,
et prenons le temps de faire vraiment connaissance,
au-delà des mots, au-delà de l'attirance.

Chocs culturel et thermique dans un mois...
Plus ou moins.