lundi 16 octobre 2017

Festival à la douce

J'aime la douce Lafayette
la tiédeur de l'air du soir,
les rassemblements de famille sous les barnums pendant les festivals,
surtout celui-ci, le festival Acadien et Créole,
entièrement gratuit.
Par contre j'y passe moins de temps.
J'aime aussi être un peu tranquille à Pierre Part, m'occuper un peu de moi, lentement,
avant de me jeter dans une nouvelle semaine.
J'ai donc une fois de plus profité de mon vélo, de la piscine et de la danse.
Daniel, mon fidèle ami cadjin, et sa cousine étaient là vendredi soir, et je me suis une fois de plus régalé de leurs souvenirs de cuisine de grand-mère et maman...
Toutes ces friandises de Noël, les dattes rolls et les divinity fudges... et la grosse affaire que c'était pour ces dames magnifiques.
Faut voir Daniel battre les blancs pendant que le sucre est chaud...
Ou ajouter les graines de sésame au caramel de sirop de canne...


Et bien sûr on a mangé de la friture mais haut de gamme

Des brêmes aux chevrettes (des aubergines au crevettes)


Pis j'ai beaucoup, beaucoup dansé le samedi
Notamment avec Mike (un autre), le frère de Stephen, descendu de Dallas pour l'occasion...mais aussi Doug, Tom, Pree, et tout un tas d'inconnus venus de bien loin pour danser cajun.
Comme il n'y a pas de parquet, je suis rentrée avec les pieds refaits...


Demain je retourne à l'école le coeur content, mais l'après-midi seulement.
Le matin j'ai une formation de sciences, un peu vaine me concernant, mon esprit étant sur le départ et l'heure plutôt à profiter de la vie qu'à refaire tous mes cours...
Mais bon, allons voir !

mardi 10 octobre 2017

Week-end plus size #10 Un petit break, une grand respiration

C'était la première vraie coupure depuis la rentrée,
surtout que j'y avais ajouté le jeudi.
J'ai pas fait la moitié de ce que je voulais faire,
Mais j'ai profité du plus important.
Quatre jours sans voiture, à sillonner la ville à vélo.


Piscine en plein air et méditation quotidiennes, un peu de danse,
une sortie un peu irréelle, à cheval sous la pleine lune, avec l'homme des bois,
toujours aussi blaireau, mais quand même excellent guide dans la campagne louisiannaise.



Et une longue randonnée en pirogue, imprévue, à son initiative...
Départ dans les empreintes d'alligator,




Deux heures quarante à l'aller,
pagayage contre un courant déroutant,
crapahutage dans la boue,
jusqu'aux genoux, 
portage de la pirogue au barrage, 
limbo sous les troncs qui entravent l'eau...


Je sais bien pourquoi il veut qu'on reste amis...
c'est pas tous ces dates dont il voudrait profiter ,
qui seraient capables d'en faire autant sans vouloir me vanter...
Et pour quelqu'un qui aime bien soi-disant être tout seul,
well, heureusement que j'étais là ce week-end...

Arrivés au restau (pieds nus, il avait perdu mes chaussures au barrage)...il a même esayé d'emballer devant moi.
Il se présente, dit qu'il est musicien, lui propose de venir l'écouter la prochaine fois...
Elle bien propre sur elle.
Lui vieux, hirsute et qui ressemble à rien.
Le rateau...
Huhu... la grande classe comme dirait une de mes copines.
J'ai bien ri en tout cas.
Surtout que ça m'a pas fait de peine.
J'étais assez détendue du string.

Au retour, 2 heures seulement,
dans le sens du courant, obstacles connus et anticipés,
j'en ai profité pour vider les deux ou trois vilaines choses qui restaient dans mon sac,
sans m'appesantir sur ses dénis et incohérences qui ne me concernent plus.
Ce matin, je me suis souvenue que tout ce chagrin, il ne date pas du mois dernier,
et que j'avais bien essayé d'y mettre un terme.
Alors oui, c'est moins déconcertant de se dire qu'il a fallu un peu plus que quelques semaines pour me défaire d'un mirage largement initié par la vie farouche.
Que j'ai bien fait d'affronter la situation, et de le revoir, plutôt que d'appréhender de le croiser au coin d'un bal avec une autre main dans la sienne.

Et puis jeudi soir, j'ai répété avec un groupe qui veut travailler sur mes chansons.
Jimmy m'avait dit : "C'est pas normal que t'aies jamais chanté ici."
Mais si ça l'est : c'est le prix à payer quand tu dois rester dans l'ombre d'un ego qui ne s'intéresse pas vraiment à qui tu es, mais te tendra le ti'fer pour que tu restes derrière lui.
Les arrangements étaient juste géniaux, la violoniste et le batteur excellents.
J'étais vraiment émue.
Le lendemain, je suis allée écouter ses arrangements à lui, sur ce projet qui traîne sans avancer depuis un an et demi.
Pas mal.
Mais il y a du boulot.
Beaucoup.
La vérité c'est qu'il est un grand chanteur, mais pas un violoniste exceptionnel.
S'il se donne de la peine, ce sera chouette.
Sinon, bah il pourra continuer à cultiver l'amertume de ne pas avoir la place qu'il estime mériter...

Et moi, si je résume, je me suis surtout pardonnée d'avoir confondu l'attirance avec l'amour, le vrai.

À part ça, et un ciel faussement menaçant


on n'a pas eu d'ouragan...



Depuis Katrina les médias exagèrent beaucoup les risques,
sachant que quand même, de temps en temps, ils sont réels..

Et enfin, une soirée magique et féérique, hors du temps,
avec le cirque du soleil...
Une première pour moi, et j'ai vraiment aimé.
Ça vaut le déplacement.






mardi 3 octobre 2017

Crazy socks

Petite semaine de 4 jours  (3 pour moi, j'ai pris mon jeudi...)
et célébration du club 4-H.
Aujourd'hui, journée chaussettes folles.
J'aime bien...



Embellie

Un mois après les ouragans, et quelques coups de pagaie plus tard, je crois être parvenue, en tirant des bords pour naviguer au près des vents contraires, à braver les courants d'émotions qui agitaient cette forte mer de chagrin.
Plutôt que d'abattre, j'ai choisi de louvoyer de tribord en babord.
Il faut prendre le temps comme il vient.
J'essuie encore quelques grains, mais je vois la Terre et elle est belle.
Ça tangue oui parfois, mais j'ai pas cabané finalement.



Le gros temps est derrière moi. Le vent adonne de nouveau, je navigue parfois de conserve aux hasards des rencontres de  mer.

 Par exemple au Fall festival de Tremé,
derrière la plus ancienne église catholique de la Nouvelle Orléans.



Dans mon sillage, quelques souvenirs à la traîne, sur lesquels j'ai mis des mots.
Et je connais désormais ce qui me manque vraiment.
C'est le coeur battant de la vie farouche, un regard différent sur ce pays, qui me restera toujours,
et que je parcourerai certainement encore avec lui.







Sous la prochaine lune pleine, monter Ginger, sentir l'odeur des sous-bois dans la nuit.
Et n'avoir envie ni de ses mains privées de jardin, ni de son pas solitaire, ni de sa peau sans frisson, ni du désir sans tendresse.
Ce maigre butin des amours naufragées, qui roulent entre faux-semblants et coups d'éclats,
a basculé par-dessus le bastingage.
À la troisième plonge, le galant s'est noyé...



jeudi 21 septembre 2017

Les petites journées de Madame Nicole

C'est long.
C'est intense.
Rythmé.
ça commence, une semaine sur deux avec la garderie des Kinders, à 7.50.
J'aime bien quand même, ils ont mis une vraie salle cette année, pas une classe partagée.
Plus cool pour les enfants, et pour nous donc.
Sinon c'est 8.10 pour la sonnerie de 8.20.
J'affiche le bell work, un petit travail rituel qui me permet de gérer la paperasse pendant ce temps là.
Après j'ai sciences, et bien que les programmes aient changé cette année, j'ai beaucoup levé le pied sur les prép, au profit de plein de hands on ...

on construit des ponts et on teste leur solidité



on modélise l'érosion


On cherche à accélérer la glisse sur les toboggans


Tout le monde est très excité, moi aussi.
Un peu moins de travail, un peu plus de légèreté et de motivation partagée.
Mes élèves sont des champions...
C'est sûr, je n'enseignerai plus de la même manière en rentrant...

Après c'est social studies, histoire géo donc, toujours la Louisiane, mais avec un peu plus d'outils, dont ceux construits l'an dernier. et surtout je connais les contenus par coeur...
Pour la première fois depuis longtemps, toute ma semaine était prête lundi soir...
Après j'enchaîne, longues heures dehors pour le sport sans matériel, en pleine cagne...
écriture cursive, sciences pour les plus grands, et 2 fois 30 minutes de supposé planning time,
pendant lequel je prends essentiellement une grande respiration avant l'apnée...

Mais le soir,
le soir c'est le temps de la liberté...
dans un automne louisiannais encore brûlant...



le temps de l'eau et des grands oiseaux, les aigles chauves et les grands hérons bleus... qu'il faut approcher tout doucement






Pierre Part sous différents angles,
le tiroir des souvenirs qui se remplit...























Je ne vivrai plus non plus de la même manière...

mardi 19 septembre 2017

Forces and motion

Pourquoi je te parle en anglais désormais ?
C'est pour garder une distance entre nos deux langues.

Le ciel t'avait envoyé quelqu'un pour t'écouter et te répondre avec les mots d'ici.
Mais tu connais pas comment ouvrir ton coeur.

Au début, avec ma main dans la tienne, on maraudait dans la vie farouche, et je croyais que c'était ça la liberté.
Mais j'avais pas vu tes entraves.
L'orgueil, la colère, l'amertume.
Le poids démesuré du passé, du passé proche, du passé lointain.
Ta souffrance quand tu n'es pas dans la lumière.
L'envie.
Les non-dits, les stratégies d'évitements.
Les deuils tus et enterrés sans mot.
L'incapacité maladive à remettre en question ce qui blesse les autres, jusqu'à tes propres enfants.
Les paroles sans acte, les actes sans parole.
Ce rôle d'anticonformiste, que tu joues en permanence, si convenu, si terriblement prévisible dans ton costume de mouton noir.
Les grands discours et aucune valeur collective.
Tes intérêts d'abord...









Hier soir, sur la route de Thibodaux

La vérité c'est qu'une seule personne compte vraiment pour toi : la tienne.
Dès que j'ai refusé de servir ses intérêts, de me soumettre à ses besoins,
de me faire toute petite dans son ombre, mes heures auprès de toi ont été comptées.
J'ai imaginé sentir que tu prenais tes distances.

Mais en fait non.
Tu ne peux pas.
Tu es cloué au sol, enlisé dans la boue.
Plus tu t'agites, plus tu t'enfonces.

Tandis que s'extirpent et se dispersent les derniers lambeaux de chagrin,
venus de je ne sais où,
les larmes ne sont plus amères, mais douces à déchirer le voile de tes jugements que j'avais malheureusement laissés m'atteindre et m'embrouiller la vue.
Non, ce n'est pas une exigence démesurée que d'attendre la délicatesse, l'élégance et l'attention.
Pourtant j'avais fini par douter de moi et de l'amour même.
Communiquer vraiment ? de la codépendance, quel vilain mot pour justifier l'indifférence...
Les gestes de tendresse ? On n'a pas 16 ans quand même.
En effet, tu as raison.
Tu es vieux.

Tu es lourd aussi.
J'avais peur de ne pas pouvoir te suivre.
Je n'avais pas réalisé que c'est moi qui te hâlais...
amarré  par tes chaînes,
lesté de plomb et d'acier.
C'est pour ça que c'était dur.

Si tu m'avais serrée plus souvent dans tes bras, tu aurais senti les ailes dans mon dos.
Et maintenant que j'ai fait ce grand voyage à l'intérieur de moi, elle se déploient,
et je suis parée à plonger pour voler plus loin,
plus haut.

Et toi, tu parleras la langue des cous rouges.
Tu ne mérites pas que je m'adresse à toi en français.
J'étais la dernière à le faire.
E pluribus anglo...

jeudi 14 septembre 2017

Coup de pagaie

Je sais pas si c'est l'effet du cours bihebdomadaire de body combat,
ou la pratique mentale assidue du coup de pelle,
mais il paraît que j'ai un sacré coup de pagaie...

Sur l'eau lente du bayou, seule ou accompagnée, je prends conscience
que le compte à rebours a commencé,
que c'était ma dernière rentrée sur ce bord,
que c'est mon dernier mois de septembre, mon dernier début d'automne.

La fraîcheur s'installe la nuit, il n'y aura bientôt plus de taons, et moins de moustiques.
Ce serait le bon temps pour aller camper, monter les chevaux à la pleine lune...
Parfois la mélancolie me gagne.

Je dois souquer ferme pour revenir dans le présent.






Attendre que tout se mette en place, une évidence,
comme l'eau qui coule dans le bayou.
Et se lisser glisser dessus...

mardi 12 septembre 2017

Mes amis, mes amours, mes emmerdes....

Badgers...



Tu saisis le message subliminal ?
Il m'a écrit.
Il a finalement sorti son violon et fait des arrangements sur deux chansons de notre projet au point mort depuis un an et demi.
Il  propose de passer me voir pour qu'on les travaille...
Il me raconte un truc sur un de ses camps, où on aurait pu s'établir depuis longtemps pour un peu plus d'intimitéet il termine avec Becs...
Un peu comme si rien ne s'était passé...

Autant te dire que j'ai bu du petit lait...

Je l'avoue, je suis encore très curieuse de ce qu'il fait sur scène (sur laquelle il est objectivement impressionnant), et d'entendre ces arrangements sur MON projet.
Pis  j'ai eu un moment envie qu'il vienne juste pour le plaisir de le faire déplacer.

Mais j'ai laissé passer la journée et cette petite idée de revanche s'est évanouie.
Je me suis contentée de lui répondre en anglais,
langue qu'on n'a jamais utilisée entre nous,
que ce n'est la peine de gaspiller ni son essence, ni mon temps.

Je pense que cette fois, il ne réécrira pas.
Et c'est tant mieux.

Et moi ce soir, en pagayant dans le bayou derrière chez moi, je regardais ces paysages dont je ne me lasse pas, découverts bien souvent avec lui.


Beaucoup de très bon moments, mais souvent du chagrin aussi.
Et même une forme de culpabilité, un peu comme si c'était mal d''attendre de la tendresse et de l'attention.
Je me repassais, le souvenir des rires de mes invités d'hier, des jeunes d'humeur toujours positive,
qui s'éclaboussaient joyeusement dans la lumière de la fin d'après-midi.




On peut dire que les deux compagnons de mes collègues, chacun dans leur genre,
ne font qu'accroître mon niveau d'attente : oui c'est normal de s'envoyer des petits mots gentils, de communiquer souvent, d'avoir des gestes d'affection gratuits, de se manquer quand on est loin....
Les jugements de valeur là-dessus, ça sert juste à justifier un comportement ... de blaireau.
Et encore, je me demande si c'est pas faire insulte à cette espèce,  quand tu vois que même eux sont capables de se  faire des câlins...

Quant à ms emmerdes, ce sont surtout celles du Kid, qui attend toujours un véritable diagnostic pour son genou, et n'a pas vu s'ouvrir les portes du DUT qu'il voulait, sur la liste d'attente duquel il est toujours premier.
Je ne souhaite de mal à personne, mais si une personne doit abandonner, qu'elle n'attende pas le mois de février : cette semaine ce serait bien.
Ste Rita, je te réexplique pas, tu sais quoi faire...




mercredi 6 septembre 2017

Le temps de commencer ou de finir...

Deux semaines jour pour jour.
Deux semaines que je suis rentrée le sourire aux lèvres, joyeuse de le retrouver,
heureuse d'une promesse tenue.
Une après, dans la lumière du soir encore brûlante, on était en train de pêcher (dans le bayou je précise...).
C'est alors que l'heure du blaireau a sonné.
Un uppercut dans le plexus solaire.
J'ai cru voir 36 chandelles, mais j'ai serré les dents et j'ai tenu bon.

Ma peau porte encore l'empreinte de ce jour là,
la marque du décolleté de ma robe bleue et noire.

J'ai décidé ce matin de la remettre.


C'est pas possible que cette robe ne m'ait pas porté bonheur.
C'est le souvenir heureux d'un cadeau tout à fait inattendu quand il vient de tes élèves.
C'est-à-dire de leurs parents.
Une cadeau vraiment personnel, inestimable.

Tu la reconnais ma Cécile ?
Saint-Léger le Guérétois
Le loup est revenu !
Une histoire se terminait, une autre commençait...
Quand je me suis faite opérer cet été, l'infirmière anesthésiste était l'une de ces mamans.

Alors cette robe, peut-être qu'elle ne souligne pas les courbes de la fin.
Peut-être qu'il faut en secouer le mauvais souvenir,
avant de tourner la page et d'écrire un nouveau chapitre...

La croisée des chemins, encore...

Il y a un an et demi, je le rencontrais, et ce fut comme une évidence, un de ces jolis mirages dont on ne remarque pas les contours floutés, un essai finalement non transformé.
Il y a deux ans et demi, j'étais déjà à la croisée des chemins, en m'apprêtant à aller passer mon entretien pour venir ici.
Depuis que je suis rentrée cette année, je regarde la Louisiane un peu différemment.
Avec une grande tendresse déjà, car je l'aime beaucoup.
Je suis une fille du sud, je sais déjà que la chaleur, la lumière, et une certaine nonchalance, me manqueront terriblement.
J'empile dans les tiroirs du souvenirs, un tas d'images de ciel époustouflant, la caresse du soleil et de l'air sur ma peau, cette sensation d'être en vacances dès que tu sors de l'école.
J'espère la garder vivante.
J'espère qu'en France chaque fin de semaine sera une petite aventure.
C'est une des choses que j'ai apprises ici.
Ça et raisonner à l'échelle d'un continent quand il s'agit de tailler la route.
Faire une fête de chaque petite occasion.

J'éprouve de vagues doutes.
Je regarde mes 3èmes grades tirer sur la corde pendant mon cours de sciences.
Forces et interactions.


Rester ici deux ans de plus,
ce serait enfin respirer un peu financièrement (sauf que ma chérie, ton char tiendra sûrement pas tout ce temps là),
me rapprocher de l'âge de la retraite, en levant un peu le pied, toujours plus à l'aise dans l'enseignement du programme local,
continuer à pédaler le long du bayou dans la lumière rasante, sous le vol des aigrettes blanches, des hérons bleus, des canards français, des spatules roses et des pélicans.
M'arrêter chez le voisin pour les vers de terre de ma canne à pêche, regonfler mes pneus.
Filer en kayak dans les cyprières.

Voir peu mes enfants.
Ne danser à mon rythme qu'une fois par an.
Ne voir que des films à la con au cinéma.
Ne partager ma culture qu'avec d'autres expatriés.
Avoir peur de tomber malade.
Ne pas aller en Russie avec les Boys.
Ne plus chanter de toute mon âme.

Parfois la question de l'argent et de cette lassitude du réveil-matin biaisent mon jugement et prennent un peu le dessus sur ce qui pourtant compte vraiment.
Cette nuit, en revenant de Thibodaux, j'ai regardé le sourire pacifique de la lune pleine au-dessus du bayou.
Elle n'a rien dit.
Je crois qu'elle aussi elle espère.