jeudi 18 octobre 2018

Sur le cœur...

Hier, je sortais d'une école, j'ai reçu un mail de mon frère.
"Hello, je serai demain chez le notaire, j'en profiterai pour te rapporter l'urne..".

Comprenez l'urne contenant les cendres de notre mère.
Toujours pas inhumée depuis le 4 janvier...

C'est monté comme un mascaret, balayant tout sur son passage.
J'ai eu l'impression de suffoquer.
J'ai répondu : tu vas toucher du fric que t'as pas mérité, tu ne t'es jamais occupé de maman de son vivant, (de papa non plus soit dit en passant) même pas un coup de fil pour Noël, tu vas peut-être te bouger maintenant qu'elle est morte ?

Mais finalement j'ai tout effacé, et j'ai écrit :
"Je regrette mais non.
Je ne reprendrai pas l'urne.
J'ai fait plus que ma part.
ça suffit."

Puis j'ai appelé Franzouski, parce qu'il fallait VRAIMENT que je parle à quelqu'un.
En échangeant avec lui, la solution m'est apparue.
J'ai appelé le notaire, demandé une procuration.
Et effacé cette vision de cauchemar d'une urne refilée comme une patate chaude dans l'étude ...

Entre temps il avait répondu "Ah bon ? J'ai dû mal comprendre".
En effet.
Mais ça n'a rien changé. J'avais pas envie de le voir prendre son chèque avec son air propre sur lui.
Je n'y suis pas allée.

En un sens, sa désinvolture m'a rendu service et évité un déplacement à Guéret.
J'ai passé une journée douce et calme à Moulins, dans la lumière de l'automne.

Sauf que... même avec cette solution, la tempête émotionnelle ne s'est pas calmée.
C'est comme si on avait jeté un gros caillou au fond d'une eau calme, et que toute la vase soit remontée.

J'ai décidé que c'est fini, je ne lui trouverai plus d'excuse.
Que je ne me sentirai plus coupable.

Mais pour ça je vais devoir me débarrasser de tout ce qui est remonté avec le courant.
Il est temps.
Samedi je prends l'avion, mais après les vacances, j'empoigne cette question : vider mon cœur de ses derniers tourments, ceux qui étaient cachés au plus profond de mon âme.






Vacances droit devant

Cette première période est passée comme une flèche.
Mon emploi du temps s'est construit au fur et à mesure, je suis à bloc asteure.
La coupure du mercredi, la rentrée début septembre, et déjà des vacances vendredi soir,
je suis un peu cuite oui, mais pas si tant que les trois années précédentes.
Je prends l'avion pour la Louisiane, et on verra...
Ce week-end c'était le stage annuel d'Embraud,


ça fait des bonnes ondes c'est certain, 
mais pas autant que ça, faut admettre....


dimanche 7 octobre 2018

L'univers et moi

L'univers et moi, c'est déjà un petit morceau de route.
Comment les Moires entrelacent les fils, parfois c'est déroutant.
Avant de rentrer ici, ça me semblait toujours que le ciel s'étalait plus vaste aux Etats-Unis.
Pis finalement non, le ciel est grand aussi sur la campagne bourbonnaise assoiffée mais toujours belle.


Il y a le petit portillon qu'on pousse pour aller à la rivière, dans les dernières chaleurs de cet été indien qui joue les prolongations.



Il y a l'eau, il y a les nuages, 
il y a qu'on est tous ensemble, pour répéter les chants de Noël,
ou mettre un bateau à l'eau.











 Il y a qu'à Embraud les enfants ne sont jamais loin, intégrés dans la vie collective, même si parfois ils se couchent dans les lits du dortoir qu'on vient de briquer pour le stage de la semaine prochaine.
Ils apprennent leur espace.
Il y a qu'on ne se sent jamais seul.
Une petite embrouille avec ma carte bancaire, une Chavouisse me donne la sienne spontanément, pour que je fasse le plein du Berlingo.
Un souci avec une porte de placard ? C'est sûr quelqu'un viendra m'aider à le réparer...
Ajoute à ça l'étoile filante qui me salue juste quand j'ouvre mes volets sur une nuit claire et une lune radieuse, et les baloches du samedi soir,  avec toutes ces figures amies, et je sais que je suis à ma place.

Sur l'autre bord, il vit sa vie farouche, les pieds nus dans la terre de Louisiane.
Je sens confusément que sa place à lui est là-bas.
Je me demande bien ce qu'il viendrait faire ici.
J'aimerais ça moi, qu'il trouve sa place dans notre vie collective, et cette douceur de vivre tous ensemble des moments de chaleur.
Car s'il ne comprenait pas ...