dimanche 17 février 2019

Week-end plus size #12 Le bal de Carnaval

Mes jambes et moi on rentre d'un stage de bourrée 3 temps,
la danse qu'il faut comprendre pour profiter des bals auvergnats,
chez les Brayauds, près de Clermont,
où je n'étais pas allée sur ce format depuis... pfff, longtemps !

J'étais si occupée à profiter que j'ai pas pris un tas de photos.
Mais pendant le bal,



j'ai de nouveau réalisé qu'un tas de choses que j'aimais (et que j'aime toujours) en Louisiane,
je les avais ici.
Comme Mardi Gras...
Grâce à ces trois dernières années, il me semble vivre un peu plus intensément.

Light my fire








Ce qui est bon quand le soleil revient jouer sur ta peau,
juste au moment où tu commences à sentir un peu de tristesse,
et que tu vis dans un pays de forêts,
c'est que tu peux aller respirer la lumière à pleins poumons.
Après des jours de pluie glaçante, de la grisaille humide des petits matins blêmes, les jours s'étirent un peu du levant au couchant, en gagnant quelques minutes de vie en plus.
Ce soir, en rentrant d'une promenade à la nuit tombée, je pouvais sentir une sorte de chaleur montant de la terre qui se réveille.
La lune, pas encore pleine, n'était plus gelée.
Je n'avais pas besoin de ma veste.
Et c'était tellement doux....


jeudi 14 février 2019

Lanceurs d'écriture

Pour se "délier la plume", Claire nous a proposé deux activités préalables.

1. Penser à 6 ou 8 femmes de notre entourage, proche ou lointain, réelles ou imaginaires. Et écrire une phrase pour chacune d'elle, qui commence par "Celle qui...".

Celle qui vient du plat pays avance lentement, prend le temps d'écouter et de me rassurer.

Celle qui a traversé l'Oural m'a donné un petit-fils qui me sourit déjà.

Celle qui donne tout son temps aux autres ne garde que celui de pleurer.

Celle qui m'a mise au monde a brisé mon miroir.

Celle qui arpente le monde met de la magie dans son conte de fées.

Celle qui m'apprend la jeunesse me réconforte en riant.

Celle qui court en pleurant devrait parler plus souvent.


Désigner une personne qui choisira l'une de nos phrases (sans la révéler).

2. Ecrire un petit texte à partir de la phrase qu'on a choisie.

Celle qui est trop bavarde voudrait pouvoir retenir ses mots de temps en temps.
Parfois ils nous volent dans les plumes, parfois ils nous envolent l'âme.
Elle voit la blessure béante et regrette déjà son ardeur.
Le mâle effet.
Elle a le pouvoir des mots,
comme un couteau tranchant des deux bords.
Guérir.
Blesser.
Au commencement était le verbe.


Nu couché


C'était l'après-midi, dans la pénombre du soleil déclinant.
La fraîcheur des draps s'était étouffée dans la chaleur humide depuis longtemps déjà.
Mais elle avait retourné l'oreiller, un bras dessous, une main dessus, posée comme une odalisque.
Avec une infinie tendresse, elle l'observait qui dormait, comme on décortique la vérité toute nue.

Abandonnée par son sommeil.

Seule sur son bord, et lui très loin dans ses rêves d'homme libre.
Elle espérait qu'il se réveille, qu'il se retourne, étende son bras de géant et l'attire dans le creux de lui, dans son giron rassurant.

Elle aimait sentir sa main dans son dos, et caresser le sien. 

Ses doigts feraient provision de souvenirs en effleurant ses traits, du front au menton, comme dans cette comptine enfantine. Et lui, avec ce petit sourire presque gêné, il refermerait les yeux pour un petit moment encore. Le temps de l'écouter respirer, d'enfouir son visage dans sa nuque, de s'imprégner de son odeur, de décalquer le grain de sa peau dans sa paume ouverte.

Elle tend la main.
Le drap, le vide...

Il n'est pas encore revenu
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Texte produit pendant un atelier d'écriture à la galerie Arko de Nevers
conduit par Claire Garand
sur le thème de l'exposition actuelle 
les œuvres de Pechane,
avec la technique du sumi-e, qui joue sur le vide et le plein, le blanc étant comblé par l'imagination de celui qui regarde.





vendredi 8 février 2019

Première nouvelle !

Depuis hier, je me sens toute contente.
Bon j'étais contente avant ça, déjà.
Mais enfin, hier j'ai terminé un des ces mini projets qui me tiennent à cœur,
à défaut de pouvoir me lancer dans des grands.
Hier j'ai fini une nouvelle, écrite pour un concours des personnels de l'Education nationale de l'académie de Clermont-Ferrand.





Le thème imposé ?
Fructidor...

ça faisait longtemps que je n'avais pas VRAIMENT écrit.
Et parce que je me sens légère et heureuse d'avoir fait voler, puis déplacé, puis retaillé, puis réagencé les mots dans une sorte de mikado magique, je réalise comme c'est important pour moi et comme je m'en suis privée.

Ma journée idéale, ce serait celle-ci :
Me lever sans réveil, naturellement assez tôt vu, que je ne serai pas cuite comme asteure...
D'abord écrire deux bonnes heures avec une bonne tasse de thé.
Puis une pause petit déjeuner, et une grande marche, ou un tour de vélo, de kayak, ou ride un petit cheval américain.
Faire de la musique,






...avec ma petite guitare achetée chez Emmaüs.
Je suis nulle, mes doigts arrivent pas à s'en tenir à une seule corde, ça couine...
Je me décourage pas.

Mais le chant, c'est plus sûr...



























écrire encore, faire la sieste, préparer un bon repas, aller nager ou danser ou écouter une chouette conférence...


Là c'était 50 ans d'éducation populaire, l'histoire de la Chavannée en fait.
Sur cette première image tu vois le conférencier, Frédéric Paris, et sur la diapo, son père Jacques en 1962.
Retour de la guerre d'Algérie, pédagogie Freynet, ancrée dans le milieu environnant.
Enquêtes de terrain, collectages, batellerie, cuisine, costumes...
Ensemble
Une belle aventure dont j'ai la chance de profiter, aujourd'hui encore.
(Et qui t'explique que je suis contente même quand j'écris pas...)



Et puis j'oubliais :aller voir mes enfants (et mon petit-fils) quand j'ai envie.

Le tracas c'est que cette journée idéale est difficilement compatible avec une vie professionnelle.

On peut dire que la neige m'a bien aidée à l'écrire cette nouvelle.
Et même à décider d'aller passer les vacances de printemps en Algérie.
Il faut bien tourner les pages pour en écrire les chapitres du présent.
Tout ça, c'est venu dans le repos de l'esprit, de quelques heures en cadeau.
Malgré tout, des journées comme celle-ci, sur un temps plus resserré, j'arrive à m'en offrir quelques unes, et c'est mieux que rien.

Elles me permettent de remplir le bocal à bonheurs de mon bullet journal.



Et de tenir bon à l'idée d'avoir à travailler encore un an...
La semaine prochaine, si tout va bien, je m'offre un atelier d'écriture, à Nevers.
C'est pour la Saint Valentin.
Parce que finalement, je suis la personne avec laquelle je passe le plus de temps,
j'ai envie de me montrer que je m'aime...