mardi 6 septembre 2011

Rentrée pluvieuse, rentrée heureuse

100 bornes par jour...
C'est la tournée des popotes pour recenser les enfants non francophones nouvellement arrivés.
Entamée hier sous des trombes d'eau, terminée sous une gerbe d'or et de paillettes.
J'ai repensé à l'an dernier, la rentrée de soleil, puis l'année sous le signe de la loi de l'emmerdement maximal, la tartine tombant toujours du côté beurré.
Cette année, pas d'examen, pas de challenge.
Je me suis dit :"Rentrée pluvieuse, rentrée heureuse". Sur France inter, il y avait une émission sur la méthode Coué. Trop marrant.

Ce matin, je suis partie tranquille : une auxiliaire de vie vient dorénavant tous les midis pour mon père, et deux fois par semaine l'après-midi, pour l'emmener faire ses courses personnelles, lui tenir compagnie.

Alors, comme j'avais la journée devant moi, j'ai continué ma tournée vers l'extrême sud, celui des routes de sous-bois et de tournent-vite. Je suis montée sur le plateau, le refuge des babas cools, le pays des bals et des myrtilles, là où il y a des ruisseaux, où les bruyères mauves s’alanguissent sous les fougères qui n'ont pas encore commencé à jaunir. J'ai repéré les châtaigniers, je n'ai pas eu le temps de m'arrêter pour les champignons.


J'aime cette lumière automnale, qui aborde la peau en rayons obliques, plus doux, plus tendres, rase l'herbe et va se perdre sur l'horizon. Je sens sa caresse par la fenêtre ouverte. Je me sens chanceuse, même si je sais que ce sera plus compliqué cet hiver.
On dirait qu'au ciel quelqu'un a jeté une poignée de pigments sur les vallons, la gamme des verts, du tendre presque jaune, au sombre bleuté sous les sapins, s'étale comme un nuancier géant d'une colline à l'autre.
J'ai goûté chaque vue s'offrant à mon regard, au débouché d'une courbe, d'une côte, les eaux brillantes entre ciel et terre.


Je suis allée au bout du bout, à Gioux, une école à deux classes : maternelle d'un côté, CP à CM2 de l'autre, une école sympa, collée à la mairie, bien entretenue, avec vue sur pierres et fleurs, cour ombragée, cantine avec vraie cuisinière, collègues avenantes.
J'ai testé évalué deux élèves anglaises, pris le temps de rédiger le compte rendu sur place, je suis repartie le cœur léger.
Oui, j'aime aller sur le plateau.



Les photos viennent du blog de ma copine Hilly, Tas de pierres toi-même.
Elle vit sur le plateau.
Et avec l'eau, l'herbe et les pierres du plateau, elle fait des trucs
jolis
et ronds
de préférence.
Des trucs dont on n'a pas idée,
mais qui sont comme une évidence quand on les regarde.
Des nids, des coiffes, des girons où déposer son esprit et reposer son âme,
des étoiles de pierres,tombées du ciel,
là où il faut, comme si elles y avaient toujours été.
Là.
Elle dit que tout est là
oui
et qu'elle arrange juste un peu.
Moi j'aime bien, parce que ça fait de l'énergie gratuite.

lundi 5 septembre 2011

Les nuits d'une demoiselle

J'ai hésité à le dédicacer à Anne Sinclair
mais j'ai pensé que ce serait de mauvais goût...

Je ne sais pas en quelle année c'était
mais
franchement
ça change du rap et de tout ce qui finit en "ouille" et en "ule" non ?

dimanche 4 septembre 2011

5 septembre

Tu peux venir
rentrée
je suis prête.

Sunday

Combien d'années ai-je détesté les dimanches ?
Difficile à dire.
Dimanche d'enfance, longs et gris, sans ma mère, à attendre l'école, la petite fenêtre ouverte sur le monde extérieur.
Dimanche d'adolescence, à souffrir de la solitude, de la pauvreté.
Dimanche de jeune adulte, à ingurgiter les cours de la fac pour cause de travail à plein temps, avec mousses au chocolat, sablés et bounty pour faire glisser.
50 kilos de plus en cinq ans...
Dimanche de jeune mère cadre supérieur, à boucler des dossiers entre deux tétées.
Dimanche de visites à ma mère, avec prolongations de tristesse tout le reste de la semaine.
Dimanche de préparation du concours.
Dimanche d'enseignante débutante, à vouloir bien faire.

Il fallait bien manger.
Il fallait bien vivre.
Il aurait fallu vivre.

Je suis fatiguée d'avoir été trop tôt responsable.
D'avoir travaillé si dur.
Chaque dimanche encore aujourd'hui me rappelle à cette fatigue.

Sauf que, maintenant, il y a les dimanches de lendemain de bal, les dimanches de barbecue et de tartes vite faites avec les fruits juste cueillis dans le jardin, les dimanches tranquilles dans la maison toute calme, les dimanches matin d'Embraud, les dimanches de piscine, les dimanches sur pause, à bricoler un peu dans la maison, les dimanches de siestes crapuleuses.

Il paraît qu'il va pleuvoir aujourd'hui, mais
ce matin il fait beau
et c'est déjà ça.




yves JAMAIT "Caresse moi" clip de l'album... par jazzami

samedi 3 septembre 2011

Mère indigne

Qu'il est loin le temps où
j'accomplissais mon devoir de mère soucieuse de la réussite de ses enfants
en sacrifiant à la corvée de fournitures dans la semaine suivant le jour de la sortie.
Où l'on voit que l'eau a bien coulé sous les ponts
c'est que, soutenue en cela par mes loutres qui ne me donnent la liste qu'au dernier moment après avoir été la récupérer in extremis chez un copain plus consciencieux, j'arrive à gérer l'affaire en une heure montre en main la veille ou presque de la rentrée.
Que du bénéf : il ne reste quasiment rien dans les gondoles, moyennant quoi on s'en tient au matériel basique et pas cher. De toute façon, tu n'aurais pas voulu être estampillé Airness de la trousse aux baskets n'est-ce pas ? Ben sois content, au moins, toi, tu reconnaîtras ton sac dans le tas devant la porte de la cantine.

Ce qu'il y a de bien quand ton gamin arrive en troisième, c'est qu'on connait tous les traquenards de la liste, qui valent aux autres parents errant entre les rayons les affres d'une culpabilité affligeante.
Donc, quand c'est marqué 100 pages, j'achète du 96,
celui qui est en rayon (oui les collègues de collège ne savent pas que ça n'existe pas les 100 pages)
je n'investis que dans un paquet de copies doubles, les perforées
(il y en a toujours un qui veut des non perforées... pourquoi ? mystère...),
et bien sûr je ne lis même plus la liste d'arts plastiques, vu qu'il me reste assez de couleurs primaires depuis la sixième pour repeindre mon sous-sol. Je ne parle même pas du pinceau "obligatoirement du petit-gris", qui non seulement ne sera jamais utilisé, mais deviendra même inutilisable après avoir stagné au fond de la trousse dans un bain d'encre de chine dont cela aura été l'usage essentiel en trois ans...
Passons sur le fichier d'allemand, enfin supprimé cette année : sept pages utilisées l'an dernier !

Après avoir pointé le stock des années précédentes, j'ai finalement racheté 10 cahiers (24x32, mon fils m'ayant manifesté toute sa reconnaissance pour être le seul à pouvoir coller ses feuilles sans séance préalable d'origami), 1 trousse, un rapporteur 360° (oui, ça aussi c'est la mode, et il est bien sûr utilisé trois fois, puis perdu), 2 agendas, un stylo 4 couleurs, 2 classeurs à reliure souple, et 10 tubes de colle,

Oui, la colle c'est un gros poste budgétaire, à croire qu'ils sniffent les sticks.
Cela nous fait donc une rentrée à pas cher.

Et pas long.

Ah, j'ai bien mérité la séance coiffeur moi.


LES ZROFS Le blues de la rentrée par leszrofs

vendredi 2 septembre 2011

Pré rentrée

J'y suis allée joyeuse.
Un peu stressée parce que l'auxiliaire de vie pour mon père n'est pas encore en place,
et qu'il faut que je rentre pour le repas de midi,
mais contente d'aborder une nouvelle expérience.

J'ai été joyeusement accueillie dans ma nouvelle école de rattachement.

Dans ma case, une lettre : convocation pour une journée de formation de février 2011...transmise en juillet par ledit collège.
Ouai.
Qu'est-ce que ça fait du bien de dépendre à nouveau d'une école.

J'ai travaillé tranquille, toute la journée.
J'entendais les voix, joyeuses, de conseil des maîtres, dans la salle voisine.

Et là,
j'ai eu un petit coup de blues : j'ai pensé à ma Cécile, et aux rentrées précédentes, et je me suis rendue compte que ce ne sera plus jamais comme cela. Et que même, je vais être assez seule. Mais après l'immonde année dernière, je préfère encore être seule que mal accompagnée.

Là-dessus, ce soir, je suis allée à une réunion pour la maison d'arrêt, et là, Sébastien, un segpa-iste toujours de bon conseil, m'a dit : "Il vaut mieux se prendre la porte dans les fesses que dans la tronche."
J'ai trouvé ça très juste.

J'ai décidé de profiter des établissements sympas pour les bonnes ondes
et d'ignorer les autres
puisque je n'y serai que de passage.

Je suis d'humeur joyeuse
de toute façon...






Va, vis et deviens

Quand j'ai collé l'étiquette de son nom sur la boîte aux lettres, j'ai senti l'émotion se rouler en boule au fond de ma gorge.
Je m'étais jurée de ne pas trop en faire, pour un gamin assez irrespectueux et très, très cool avec les contraintes.
Mais j'ai rempli son frigo, accroché le rideau de douche et lavé les carreaux, parce que ça me faisait plaisir.

Je me sens soulagée d'avoir anticipé
alors que je travaillé encore en entreprise
et entreposé assez de noisettes chez l'écureuil
pour pouvoir lui payer 24 mètres carrés corrects et lumineux,
en plein centre ville,
même si c'est très angoissant de s'attaquer aux économies pour venir à bout du quotidien.

Mais
je vais être franche
je suis contente qu'il soit parti
ce petit branleur qui fait tout au dernier moment
en comptant sur nous pour les séances de rattrapage.

Là, macache.

Il n'était que temps.

Et je serai heureuse de le voir rentrer chaque week-end
pour laver( lui-même) son linge dans ma buanderie.

Parfois
il faut se séparer un peu pour mieux se retrouver.


Serge Reggiani - votre fille a 20 ans par cyberscooty