Je viens de rentrer des trois jours des fêtes de St Chartier (36), qui commémoraient la création des rencontres des maîtres sonneurs en 1976, elles-mêmes lancées pour le centième anniversaire de la mort de Georges Sand, et qui se prolongent avec le Son Continu, au château d'Ars, chaque année autour du 14 juillet.
Sous les bons auspices d'une météo plutôt clémente, surtout le soir, trois jours de joie, d'émotion, de souvenirs, de danse.
Les joyeux bals
Trio 432
Pierre-Yves Dié, avec les poèmes de Jean-Louis Boncoeur.
Mic Baudimant, des Thiaulins de Lignière
Les deux dernière photos sont de moi, les autres viennent de la page FB des fêtes.
Les parquets, c'est comme la vie, il y a toutes sortes de nouvelles rencontres, de retrouvailles plaisantes, de silhouettes qu'on évite.
J'ai repensé au commentaire de Cyann, qui m'avait envoyé un lien vers cette page , et j'ai eu envie d'écrire sur cette question. Choisir et être choisie.
Être choisie...
Quand on me demande, est-ce que j'accepte tous les danseur / danseuses ?
Oui (sauf la viande saoule).
Oui parce qu'aguerri ou débutant, on peut partager le plaisir du mouvement fluide, tout comme l'accompagnement des premiers pas. Il faut bien apprendre, comme moi j'ai appris. C'est normal.
J'ai, cette nuit, dansé une mazurka avec une jeune femme un peu timide, qui avait osé me demander, et nous étions contentes toutes les deux. Elle de m'avoir choisie, moi de m'être laissé choisir.
Les femmes débutantes, et les jeunes hommes, qui se laissent guider avec confiance et sans ego chargé à la testostérone, même encore maladroit(e)s, sont très agréables. Elles ou ils s'impliquent, ne te mettent pas en danger, demandent des explications parfois. Devant leur soif d'apprendre, tu recommences avec plaisir (mention spéciale pour Gaëtanne...)
Est-ce que pour les autres j'accepte forcément une deuxième danse ?
Non.
Non parce que, désormais, je fais attention à comment je me sens dans les bras de l'autre. Si ces bras sont supposés guider, comment le font-ils ? M'évitent-ils les obstacles, les coudes intempestifs de danseurs agités, le tourbillon de ceux qui tournent à contre sens ?
Comment est la main dans mon dos ? Si elle est molle, mal positionnée, elle ne te soutient pas et te déséquilibre. Tout comme sur ce dessin, ton corps te fait savoir que tu n'es pas en sécurité avec quelqu'un qui te tire en arrière, n'anticipe pas la tourne du bal. Quelqu'un qui se laisse lourdement porter, ça en dit long sur son attitude dans la vie. Ton corps se raidit, tu t'alourdis, ou tu commences à sentir un tension dans tes dorsales.
Choisir
Samedi soir, j'ai vu un danseur extravagant faire tomber à la renverse sa partenaire, la tête hors de la piste, rouler bouler par dessus, la relever d'une main et la relancer dans le flot. Elle n'a pas eu le temps de dire non. Au secours !
Par chez moi, il y a un tas de danses de couples, beaucoup plus qu'en Bretagne. Aurai-je proposé à cet homme de danser une valse, une bourrée, une mazurka ?
Non.
Non, parce que j'observe les danseur/seuses. Si je tends la main c'est vers le plaisir et ... la sécurité.
Avec Eric, Michel, Vincent, Jean-Marc, François, Benoît, Pierre-Yves, je peux fermer les yeux, m'abandonner, tout en étant à l'écoute de leurs propositions muettes, les variantes de pas, les valses à l'envers.
Est-ce que j'ai toujours fonctionné comme cela ?
Non.
Non, parce que c'est venu avec l'expérience.
L'ancien moi voulait à tout prix danser, et s'imaginait que, pour cela, il faut un cavalier régulier.
Alors qu'aujourd'hui je préfère ne pas tout danser, profiter de la musique, et être un peu sélective dans mes choix ou mes consentements, pour goûter l'harmonie avec un(e) partenaire plaisant(e).
Allez, j'avoue, parfois je me trompe encore : il y en a qui donnent le change (in memoriam de la valse à cinq temps la plus longue de toute ma vie...), mais j'ai bien mémorisé qui !
.jpeg)
.jpeg)

.jpeg)

