mardi 2 novembre 2021

Identités remarquables

C'est étrange comme la vie parfois prend de drôles de tournants.

Un jour tout a l'air tranquille, calme, comme si le monde n'avait pas définitivement changé.

Alors que, même en Braud, rien n'est pareil, depuis que nous sommes supposés présenter un pass, y compris en l'absence de public.

Un autre jour on lâche prise, On exprime clairement, ouvertement et sans reproche, à quel point on se sent blessé et malheureux de voir des camarades sortir un téléphone pour nous contrôler. Puis, quand c'est dit, et entendu, on peut reprendre là où on en était resté. 

Le chemin bifurque, entre la vie qui va, les répétitions des concerts de Noël qui reprennent, les repas tous ensemble, et le regard qui voit plus loin. On décide qu'il n'y a aucune obligation à accepter l'inacceptable, que nos racines reprendront vie n'importe où il y aura de l'eau, de la musique, des bois, des amis, des oiseaux.

Et de l'amour.

On oublie qu'un jour on s'était sentie seule, triste, médiocre.

Qu'il a fallu reconstruire l'amour de soi et affirmer une farouche détermination que rien n'aurait su entraver.

On a repris de la vigueur, sans craindre le temps qui passe, l'automne, l'hiver... On pose quelques jalons, une toute dernière baignade dans une eau froide d'octobre.


C'est le moment que choisissent les Moires pour croiser les fils de deux destinées.

Bien que les événements aient un parfum de déjà vu, la distance, le veuvage, tout est différent.
Tout prend une nouvelle saveur.
Sur son bord.
Une grande marche main dans la main.


Une sortie kayak surprise.


Sur le mien, un pique-nique en bord de rivière.
Et tant de petits et grands bonheurs à partager.

Deux identités. 
Deux parcours.
Remarquables.

Tels les chênes en forêt de Tronçais.


Vous me pardonnerez, c'est certain, de venir ici moins souvent...
Je vous embrasse.

mardi 21 septembre 2021

Automne couchant

Vingt ans que j'en rêvais : septembre à la plage.

Les boulassiers



Cap à l'ouest, au soleil couchant, s'envelopper de la lumière déclinante, 

goûter la chaleur et le sel sur la peau, avant le repli de l'hiver.

Sentir le vent en sillonnant les pistes cyclables, le long des plages, des forêts, des marais salants.

J'avais choisi le bout du bout, la presqu'île de Crozon, avant de renoncer raisonnablement, devant le temps de trajet, incompatible avec les suites d'une opération bénigne et qui doit le rester !

Ce fut Oléron. Une belle surprise.

Quatre jours de bonheurs simples, avec juste ce qu'il faut de fantaisie pour avoir envie de se souvenir de chaque minute.


D'abord seule...

puis gentiment accompagnée


La chaussée de Fort Louvois







Les couleurs du port de la Cotinière

.



Les graffitis des citadelles



Le phare de Chassiron








Le village fortifié de Brouage, ancien havre aujourd'hui enfoncé dans les terres



Jusqu'à la dernière minute... plage du Douhet






lundi 20 septembre 2021

Stardust memories

Me voici réconciliée avec les étoiles filantes.

Par la grâce d'une plage sur laquelle se déroulait le velours de la nuit, 

dévoilant des cortèges de constellations,

la lune en son premier quartier,

Vénus doucement éclairée,

des mots chastement échangés,

la garde baissée,

le clapotis des vagues,

au loin le ressac ...

Elles sont venues.

Deux étoiles.

Qui ont emporté, dans leur sillage, le sel d'anciennes larmes enfin oubliées, le souffle glacé de paroles inconséquentes, et tous les chagrins passés.

La douceur inédite d'un bonheur simple.




Opportuniste

En ces temps troublés, profiter de chaque instant.
Pragmatique.
Je nettoyais les fichiers de mon téléphone ce matin, prête à effacer mon pass du week-end.
Halte-la madame Nicole !
Vendredi 15.42 
+ 72 heures.
Tu peux aller à la piscine !
Le temps de sauter dans mon maillot, d'attraper les clés de Berlingo chéri.
1500 mètres de pur bonheur.
Et retour.
C'est une des activités qui me manquent le plus.
Et je prie que les restrictions soient effectivement levées dans les départements épargnés.
En attendant l'antigénique du vendredi est mon ami.






lundi 6 septembre 2021

Cabannée

Dieu, nous as-tu abandonnés ?
Que devra-t-on accepter demain ?
Nous croyions vivre dans une imprenable forteresse de liberté et de fraternité.
Hier nous travaillions, nous riions, nous buvions et nous mangions ensemble.  Dans ce monde changeant, il restait un espace où cultiver la joie.
Et c'est cette joie qui nous protégeait des fureurs du monde. Quand on nous prédisait l'apocalypse, il restait une arche de terre, de pierres et de chansons.
Épargnée.
La vie y suivait simplement son cours.

Les naissances, les morts, les saisons, et rien d'autre.

Et voici que cette arche s'est échouée sur les hauts fonds de la peur. Au nom de la loi (une loi qui ne s'applique même pas en l'espèce) c'est la quarantaine pour de fidèles camarades d'équipage.
Demain, au nom de la loi  seront-ils aux arrêts ?
Non je ne croyais pas vivre un jour cela :  être contrôlée, au bout d'un chemin familier, par mes compagnons d'hier.
 

jeudi 26 août 2021

Au détour d'une fin d'été

 Oui je dois l'admettre, mon assiduité à ce journal peu intime se dissolve progressivement dans la joie de vivre.

Paradoxe : je me prépare à une rentrée malmenée, sans cours de gym (bien moins de 50 personnes, la plupart vaccinées, mais ceinture et bretelles sanitaires). ni piscine. On est puni, mais on ne sait pas bien pourquoi.
Le contexte s'est fait déplaisant, tout le monde contrôle son voisin, son client, un autre membre de son association, avec une application. On marche sur la tête, on applique plus que la loi, c'est comme si le monde baissait la tête d'un air coupable, onze mois de l'année, en n'aspirant plus qu'à consommer et partir en vacances comme avant.

Comme avant.

Rien n'est comme avant. Jamais.

Il y a ceux qui partent, et ceux qui arrivent.

Les chemins qu'on emprunte et ceux qu'on délaisse.

Des pages qui se tournent, des chapitres qui s'écrivent.

Le soir, je me repasse le film des instants de bonheur. Le matin j'ai hâte du quotidien. J'ai toujours à lire, à écrire, à explorer, à chanter, à danser, à camper, à pédaler, à nager, à rencontrer.

Se lever sans douleur, pour mener la vie que l'on s'est choisie, à l'âge d'en profiter encore, moi je dis, n'en perds pas une miette !

Rien à faire, je me sens heureuse et chanceuse.

Alors pour vous résumer un mois, je vais prendre au plus direct :


Madame Nicole a pignon sur rue.
Elle refuse du travail.
Et ne s'investit que dans ce qui lui fait envie.


Madame Nicole manifeste un peu partout où elle se trouve (ici avec un poète aveyronnais)
Il y a de tout.
Des allumés de l'apocalypse, des militants d'extrême droite, des vieux, des jeunes, des soignants comme Franzouski, et un tas de gens... comme elle.
Madame Nicole n'a pas de pass. C'est son choix, et pour l'instant, ce n'est pas illégal.
Ce qui est illégal ce sont les exigences excessives d'un tas d'adjudants qui s'ignorent.
Mais on n'est pas obligé de perdre son énergie à les affronter, le monde est assez vaste et les chemins suffisamment nombreux...




Madame Nicole a souvent les pieds dans l'eau. 
A la source et au-delà.







Même quand il faut grimper dur pour trouver les espaces sans pass.


No pass à ânes !


Madame Nicole aura beaucoup chanté et dansé.
Personne autour n'est tombé malade.
Son village n'a pas été rayé de la carte.
La chance ? La joie ? Le destin ?
Je ne sais pas. 
C'est toujours ça de pris.





Madame Nicole aura beaucoup campé, marché, admiré, pris les chemins de traverse.
Et ça, c'est cadeau.





Madame Nicole aura beaucoup roulé.
Avant de revenir au camp de base manger ses légumes.
Le jardin c'est la vie, la patience, les bonnes graines...



Ah pis je suis sûre que ceux qui suivent ont envie de savoir.
Que votre patience soit récompensée : j'ai tenu bon.
C'est tout bien réparé dans ma petite mécanique palpitante.
Le roi des cajuns est rentré chez lui, après s'être acquitté d'une petite dette envers moi.
Grâce au meilleur des gestes barrières -une distance sanitaire de deux bonnes heures de route- et à mes partenaires de danse et de brebis, je n'ai pas vu passer l'échéance.
Ce fut un bel été, sans rentrée.
L'automne  arrive sans appréhension.


Et cette question existentielle à considérer...😏
C'est l'heure de relire ma lettre du bout du cœur !
Elle est à jour...