jeudi 7 septembre 2023

Bons baisers de Russie # 4 L'imprenable Nizhny Novgorod

 J'ai quitté Moscou en train, pour aller chez mes Сваты (svati), comprenez les parents de ma belle-fille, qui vivent à Nizhny Novgorod, dans la Russie centrale, à 300 km à l'Est de la capitale. Je les avais rencontrés deux fois en France. mais avec la crise sanitaire, puis les sanctions européennes, ils n'ont pas pu revenir voir leur fille et leur petit-fils. Ils ne parlent que russe.

Accueil très chaleureux à la gare, et vie de famille quotidienne, avec deux personnes adorables, qui travaillent encore et se sont donc relayées pour que je passe une belle semaine.

Nizhny Novgorod, ça veut dire la ville nouvelle d'en bas, car il y déjà une Novgorod, entre St Pétersbourg et Moscou. Elle a été fondée au 13ème siècle, et garde un kremlin (enceinte fortifiée d'une ville) très gracieusement restauré.

C'est une ville de résistance : aux Polonais, aux Tatars, et surtout aux Allemands pendant la deuxième guerre mondiale. Une ville martyre, bombardée à outrance, car elle était un point industriel névralgique, mais inatteignable par voie terrestre. Une ville courageuse, qui rebâtissait inlassablement.

Pendant la période soviétique, elle se dénommait Gorki, du nom de l'écrivain dont elle était la ville natale, et elle était totalement fermée aux étrangers. Elle a aujourd'hui retrouvé son identité, et il y règne une atmosphère douce, tranquille, très agréable à vivre.

Je suis enfin revenue à St Pétersbourg en train,  21 heures de couchette, de pique-nique, de thé à l'eau bouillante du samovar, pour reprendre le bus en direction de la Finlande. C'était le jour de la courte insurrection de Prigojine et sa légion Wagner. Je les avais vus le matin à la télévision russe. Tout le monde m'envoyait des messages affolés, avec des vidéos de chaos. Mais dans mon train, il ne se passait rien, pas plus que sur les quais des gares que nous traversions. Je me suis endormie dans les draps blancs. Au petit matin, nous étions presque à St Pétersbourg. Nous avions passé Moscou sans encombre. Une fois de plus, il y avait un delta énorme entre le récit occidental et la réalité sur place....





L'escalier Tchkalov
560 marches (en fait 480, car celles du haut sont dédoublées)
Descendues, puis remontées...


Tchkalov, c'est lui. Un aviateur héros, qui a ouvert la liaison avec Vancouver.
Puis il a critiqué Staline et est mort bizarrement.
Et bien sûr il est enterré avec les autres héros (morts bizarrement) au Kremlin de Moscou.

Le bâtiment de l'ancienne foire de Nizhny.
Aujourd'hui un musée d'Histoire nationale.
La foire de St Macaire de juillet était très fréquentée, jusqu'à la révolution de 1917.
On disait "Saint Pétersbourg est la tête de la Russie, Moscou le coeur, et Nizhny le porte-monnaie".

A propos de porte-monnaie, ça c'est une banque du XVIIème siècle...


Ah, Lénine, le petit père des peuples ! Lui aussi mort bizarrement, lui aussi a son mausolée au Kremlin de Moscou.... Contrairement à celles de Staline, ses statues sont toujours là.


Le petit bateau "Héros", qui a participé à la bataille de Stalingrad.

Une des fiertés de Nizhny : la mise au point de cet hydroglisseur, que j'ai emprunté notamment à St Pétersbourg.



Mes Сваты ! Ira et Sacha.

Leur jardin. Neuf mois d'hiver par an, mais le potager est une discipline largement pratiquée, avec des tomates et tout...


Le samovar familial  bien sûr...


Krokodil Gena et Tcheburashka, mes deux héros personnels...




Le très joli kremlin de Nizhny, siège de la défense antiaérienne pendant la guerre. 
Avec, évidemment, des katiouchas, etc...


Nizhny est bâtie sur la confluence de l'Oka avec la grande, la majestueuse Volga. Au loin la стрелка (strielka), littéralement la flèche, mais en réalité le point de confluence.


Le sport national : faire des photos devant chaque ... truc !

Maxime Gorki, un écrivain que j'aime beaucoup, mais qui avait tendance à retourner sa veste....






On trouve encore des maisons avec des frontons de bois sculpté.

Qui côtoient de luxueuses villas presque américaines....


Dans des rues défoncées.
Les tuyaux, c'est le gaz. Avant, à Moscou, c'était comme ça.

L'une des 360 cathédrales russes à la gloire du Prince Alexandre Nevski.
Un héros national, un saint aussi, qui a libéré la Russie des Tatars, puis des chevaliers teutoniques.

Au port, des statues de marins...

armés bien sûr...

Les statues de Kouzma Mimine et Dmitri Pojarski, un marchand et un prince, qui avaient levé une armée pour chasser les Polonais de Moscou (au 17ème)






Les prairies, derrière la maison de mes hôtes.

En sortant de la grande route de Kazan, la route se fait plus... accidentée !Mais bon, c'est encore une route...


Après on s'engage sur une piste.

A la croisée de deux pistes, au milieu de rien, un panneau qui indique deux villages de quelques âmes...


L'allée des amoureux

Ici, c'est le camp d'été de Tatiana, la soeur de Sacha.
Il y a tout ce qu'il faut, et un petit jardin.

On mange, on chante, on rigole.


Et puis on va ramasser des fraises des bois.




Un autre jour, on remonte la grande Volga jusqu'au village de Gorodets.







Surprise par hasard : la bénédiction de la voiture neuve. Décidément, les Russes ont plus de points communs qu'ils ne croient avec les Américains !


Petite pause posée ventée, près du symbole de Nizhny, le long de la Volga.


Dans cette maisonnette, au fond du jardin, il y a ....






le bania, le bain russe ! Merveilleuse expérience.

Alors non, ce n'est pas vrai que les Russes repeignent tout ce qui est bleu et jaune. ça c'est une école qui vient d'être rénovée, et elle va rester comme ça !


Petite séquences albums photos. Ma belle-fille, petite, parée pour la fête de l'école. Les Russes s'habillent à la moindre occasion, c'est très joli.

Par exemple, au théâtre ou à l'opéra, on s'habille aussi.

Là, c'étaient les Noces de Figaro. Excellentes mise en scène et interprétation.

Voilà ! Déjà le train du retour. Compartiment de 4 couchettes, les femmes sont ensemble. Dans chaque voiture une provodnitsa veille sur nous. Elle est accompagnée d'une femme de ménage  : 21h de toilettes propres....

Bien sûr il faut des chaussons, comme dans tous les intérieurs russes.

La provodnitsa me prête un verre et son support pour mon thé. Tout le monde a des provisions.
Et moi pour plusieurs jours, car Ira n'a pas lésiné sur les quantités.


Au bout de chaque voiture, le samovar, avec eau froide filtrée et kepitok (eau bouillante).
En Russie il ne faut jamais boire l'eau du robinet, l'eau potable est souvent fournie dans les transports longs.


Dans quelques minutes, nous arrivons à St Pétersbourg.
Prigojine a fait demi-tour. Tout est calme.

4 commentaires:

Barbara a dit…

un grand merci pour ce récit ces photos du quotidien et du pays ...
je ne savais pas pour l'eau du robinet
par contre fan des samovars (et du thé qui en découle!)

Anonyme a dit…

Merci pour ce beau résumé , je l'attendais impatiemment ! Anne d'Alsace

Madame Nicole a dit…

J'ai du mal à me tenir à l'alimentation de ce blog. Cependant je m'aperçois qu'il me permet de prendre du recul et de me remémorer l'essentiel, tout en donnant à voir à ceux qui ne connaissent pas.

Barbara a dit…

tu fais comme tu peux quand et comme tu veux
tu vis!
c'est le principal :)
bises