lundi 20 juillet 2015

Fais-moi un signe # 9

En revenant d'Embraud
samedi soir
l'aigle américain
étendait ses ailes dans le ciel bourbonnais.



Cela commence par un peu de chagrin, l'Amérique # 6 Ma Cécile

Avec ma Cécile,
ça n'avait pas commencé facile.
Débarquée fin septembre pour un remplacement long,
une classe à trois niveaux gris médiéval,
une école toute pitite à l'effectif explosé,
on peut pas dire que je respirais l'enthousiasme.
Au premier accrochage, j'ai rapproché mes sourcils
et j'ai dit : "si c'est ça j'appelle l'inspection et je reviendrais pas".

Bah, trois ans plus tard, j'étais encore là.
Et franchement, trois années de bonheur avec jardin,
classe transplantée, et échelle de confiance intégrés.
Je sais plus si je vous en ai déjà parlé, de l'échelle de confiance,
mais c'est le genre de chose qu'on pouvait mettre en place dans l'école
parce qu'on faisait un truc très précieux et très rare dans l'éducation nationale :
on travaillait en équipe.

Je remets cette ancienne photo, parce que je l'aime bien

Ma Cécile n'était pas seulement une directrice de compétition,
c'est aussi une enseignante  formidable,
en plus d'être une amie très chère,
avec qui on peu parler de tout,
se marrer, pleurer,
la classe quoi.
Le genre qui t'appelle en plein marasme de capa-sh pour te dire de pas lâcher l'affaire,
ou qui affirme sans ambages "ah mais tu vas partir en Louisiane, il ne saurait en être autrement",
et bien sûr me dit de laisser son numéro de téléphone aux boys.
Elle sait bien ce que c'est,
elle est  maman aussi.





samedi 18 juillet 2015

Fais moi un signe # 8 Femme de peu de foi

Sacrée communion des saints !
Il suffit que j'entre dans une église de plus de mille ans 
pour que la mécréante que je suis soit submergée par l'émotion.
Celle - ci est le plus ancien édifice chrétien du Bourbonnais
malheureusement défigurée en façade par d'affreux joints saillants en ciment.


Juste sur la gauche en entrant
Sainte Rita m'attendait.
Ah ben là j'ai  mis un cierges forcément
- en pensant bien fort à mes amies du clubs des fans-
pour une cause vraiment désespérée :
trouver  le cavalier round-up free et free tout court, qui fera le reste du chemin avec moi.


Asteure je connais pas si je vas le croiser avant de revenir back.
Mais ça fait j'ai pas été much étonnée de trouver sur un vitrail de l'abside
le pélican et ses petits
li on retrouve sur le drapeau louisiannais.


Ça fait
je suis repartie back et beaucoup tranquille
sous le bienveillant regard d'eau claire
de notre dame de Lourdes.





vendredi 17 juillet 2015

Comme un poisson dans l'eau

Dans une autre vie, j'ai dû être poisson.
J'ai du reste encore la mémoire qui phosphore
(je trouve qu'on est très injuste avec celle des poissons rouges )
et je ne suis jamais aussi bien que dans l'eau,
qu'elle soit vive ou chlorée.
Dans un moment foufou où en fermant les yeux je rêvais d'un spa d'eau thermale avec hammam et papouillages, j'ai opté pour l'étrange exotisme d'une station à laquelle je n'avais jamais pensé : j'ai nommé  Néris-les-Bains.


Cap donc - à une heure de chez moi - vers une parenthèse de calme riche en lithium, propice à la sérénité de trois jours loin des paperasses et des cartons.
Hier l'ostéopathe avait tout remis d'équerre
après quatre jours de frénésie trad et avant le grand départ.
Autant dire que j'ai bien profité de ma première journée de zénitude,
et plus particulièrement du moment où la masseuse bricole le poplité,
je ne sais pas pourquoi, les émotions affluent, et les larmes me viennent aux yeux. L'arrière du genou quoi...


 N'empêche que
malgré le peignoir moelleux et le calme des lieux, j'ai eu le plus grand mal à me détendre pour profiter de l'instant présent
mes pensées totalement désordonnées jouaient au flipper ente les fantasmes de cavalier presque parfait, le possible incendie criminel que je m'apprête à perpétrer contre la Caisse des Français de l'étranger qui ne m'a toujours pas envoyé d'attestation, le sevrage de l'assistance maternelle aux boys,  et la crainte d'oublier un truc important.


Finalement c'est le poisson qui a gagné.
À un moment j'ai lâché prise,
tout à glissé sur mes écailles.
Je suis sortie complètement rincée
pour traverser le parc jusqu'à l'hôtel et take une nap.
Un quart d'heure plus tard j'étais dans les bras de Morphée,
qui ne joue pas de cornemuse mais qui est bien aussi.

Cela commence par un peu de chagrin l'Amérique #5 Les copines de promo

On n'est plus très nombreux dans le département.
Beaucoup sont partis.
Mais chaque année on avait pris l'habitude de se retrouver le dernier week-end de juin,
parce que chaque jour chasse l'autre à une vitesse ahurissante.

Ce mois de juin a été archi-booké pour tout le monde,
et on a dû renoncer.
Puis, finalement, on s'est retrouvée à sept autour d'une table,
pour échanger des nouvelles
et cette fois-ci, se dire au revoir.

Je suis venue à pied
pour marcher un peu au soleil
et aussi revoir les rues familières avant la plongée dans le bayou.




Bénédicte avait apporté un bouquet de lavande de son jardin,
et moi je vais emporter les graines dans un sachet de coton au fond de ma valise.
A mort les maringouins !


jeudi 16 juillet 2015

Au bout du conte

Donc je viens de passer  4 jours dans un sous-bois berrichon
à éplucher des légumes et touiller du dhal
en rigolant et en chantant
le tout en joyeuse compagnie.
Je crois bien que s'il y a une chose que j'apprécie au moins autant que les moments de solitude
c'est le partage du collectif.
C'est bien connu : si la musique adoucit les mœurs,
c'est parce qu'il faut s'accorder avant de jouer ...



Mais entre deux services
c'était pied au plancher
flâneries en lutherie
de la musique avant toute chose
la danse jusqu'à l'aube.



Autant dire le cadre idéal pour rencontrer l'homme de ma vie.
Celui qui a TOUS les critères au vert,
y compris après la question éliminatoire (celle du round up, vous me suivez ?)
Danseur
Sonneur
Not round upeur
Marcheur
et voyageur...

La perfection faite homme,
à deux semaines du décollage ...
Avouez que ça aurait été drôlement ballot
juste au moment de faire ses valises n'est-il pas ?

Soyez rassurés
la vie qui n'est pas une chienne a bien arrangé ça :
elle a mis une alliance à son doigt.
Le dernier soir,
il m'a dit qu'il viendrait me dire au revoir le lendemain.
Mais il n'est pas venu.

Qu'il n'ait pas pu ou pas voulu,
peu importe.
Pourquoi se dire au revoir quand on ne se reverra pas ?
Il me reste que,
sous le velours de la nuit étoilée,
j'ai bien aimé effleurer cette idée
qu'il existe un cœur en écho,
le temps de quelques danses,
juste un moment.

dimanche 12 juillet 2015

La cigogne de Sainte Rita

Je suis au festival Le Son  Continu
bénévole au catering.
Sauvé de justesse l'an dernier
par l'indéfectible volonté de musiciens et de  luthiers
le saut qualitatif de l'organisation 2015 est énorme
Je suis contente de  m'être réinvestie en attendant mon départ.



Cherry on the cake
en plus de danser jusqu'à point d'heure
j'ai vendu une de mes deux vielles
la plus chère
et sans discuter le prix...
Et grâce à qui je vous le demande ?
Grâce aux zondes de mes Z.
Je ne vois pas d'autres zexplications.
Sur ma caisse de vielle il y avait cette cigogne



-bien connue pour être messagère de Sainte Rita-
et bien évidemment je l'ai vendue à un grand type de Colmar
conservateur au musée du Haut Koenigsbourg.
Bien sûr, la cigogne je la garde.