Quand on perd quelqu'un, je parle d'un vrai deuil, il faut traverser d'abord l'année des premières fois. La première nuit, le premier Noël, le premier anniversaire, les premières vacances sans. Sans lui, sans elle, sans cette personne qu'on chérissait, ou qui prenait soin de nous. Un parent, un conjoint, un ami...
Je pense à mon père, je pense à ma mère, au père de mes enfants. Nous étions divorcés, mais nous passions tous nos Noëls en famille. Je pense aussi spécialement à toi, Barbara, qui vit vaillamment toutes ces premières fois sans Robert.
Moi j'arrive, plus légèrement, dans ma semaine des dernières fois en ma chère Bretagne des bois, la plus authentique, la plus culturellement riche, la plus attachante comme je l'ai déjà écrit ici.
Les derniers cours de gym, de yoga, les dernières longueurs de piscine, les derniers pique-nique, les dernières baignades du soir.
Bien sûr je reviendrai. J'ai assez de pieds à terre pour venir à bout de mon programme, jamais réalisé, de visite de toutes les îles bretonnes.
En attendant, c'est le temps des cartons
et des petits souvenirs
Dans une bonne semaine, un Kazakh qui parle russe viendra fourgonner mes affaires. J'ai trouvé que c'était bon signe.
C'est aussi le temps des pardons.
Mon dernier ce sera dimanche, à Lochrist-Ploerdüt, le rost ar forn, la danse, et le plaisir de chanter, une dernière fois, avec l'atelier de Plouay, où j'ai éprouvé tant de plaisir à apprendre et échanger. Un petit cercle d'amis, fidèles comme la Bretagne, avec laquelle, bien évidemment, je ne suis pas fâchée.


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