dimanche 13 décembre 2020

Cultiver la joie

Hier j'ai regardé deux films, la Belle et la bête, celui de 1946 avec Jean Marais.

Et Vice Versa, une production Pixar, qui m'avait échappée, l'année de mon départ pour la Louisiane.

Un film d'animation aussi ludique que pointu sur la nécessité des émotions en terme de survie, et sur leur gestion, ainsi que celle des souvenirs, par le cerveau.


C'est comme la revue Cerveau et Psycho, mais en dessin animé.

J'en ai essentiellement retenu que nous avons raison de cultiver la joie, même dans les moments les plus terribles, en ranimant les bons souvenirs grâce à la musique, 

Qu'est-ce que ça nous manque ces concerts...

le spectacle de la nature,

le corps en mouvement, les rêveries,

des nuages qui se prennent pour un arc-en-ciel


l'étrave d'une île



Un chemin de traverse
 et surtout les interactions avec la famille, les amis, les autres en général.
C'est tout bientôt...

Il m'est aussi apparu que, pour cultiver la joie, il faut aussi savoir accepter la tristesse.

Car sans elle, comment nos proches, ou même des inconnus, pourraient-il nous prodiguer la douceur du réconfort, celui-là même qui nourrit la joie de ceux qui le dispensent comme de celui qui le reçoit ?

Ce petit recadrage cérébral arrive à un moment où mon corps se rappelle à moi, avec des extrasystoles un peu flippantes, mais finalement bégnines et même pas médicamentées.

Comme elles s'apaisent avec le mouvement, et qu'en l'absence de stress, elles pourraient bien être liées à la baisse d'activité physique résultant du confinement (s'il te plaît univers, fait rouvrir la piscine et le yoga...), je passe, dès que la météo se fait clémente, le plus de temps possible dehors.

Vélo et jardin ne remplacent pas les câlins.

Mais ils permettent de cultiver la joie.

lundi 7 décembre 2020

Rescapée des Fabulettes

En tant qu'enfant devenue adulte,

en tant que fille devenue femme,

en tant que maîtresse d'école,

en tant  que sorcière qui doute, 

je ne pouvais pas non, passer sous silence le départ d'Anne Sylvestre.

Ce n'est pas parce que la disparition d'une grande dame de 86 ans soit dans l'ordre des choses, qu'elle nous rend moins triste.

Autant celles d'autres artistes me laissent totalement indifférente, autant j'ai eu l'impression de perdre une camarade, qui a su mettre des mots simples et beaux sur notre condition, la poésie de l'existence, les mérites quelque fois d'une colère plus saine que la sérénité, et le bonheur de savoir dire non, afin de vivre en accord avec soi-même.

 

Un exemple vraiment.


Un petit clin d'œil à la musique traditionnelle...



Ah c'qu'on hiberne ici !

En  ces temps confinesques, l'ennui semble gagner du terrain, et je ne parle même pas des états psychiques sérieusement dégradés.

Personnellement, je me raccroche, autant que faire se peut, à quelques valeurs sûres.

Par exemple, prendre soin de soi, chaque jour. Ce n'est pas qu'il y ait grand monde pour aller vérifier tes aisselles ou tes racines, mais comme je passe l'essentiel de mon temps avec moi-même, autant me trouver agréable à regarder. Je me tiens compagnie en m'invitant à déjeuner.

Prendre soin des autres, donner des nouvelles pour en recevoir, entretenir la communication, encore plus avec ceux qui ne te répondent pas. Quand ils finissent par le faire, tu t'aperçois qu'ils ne vont pas très bien, et qu'insister était parfaitement justifié.

Apprécier les témoignages d'amitié de ceux qui en font autant : une copine qui fait demi-tour pour m'accompagner chez le médecin, un bol de soupe devant la porte, un texto qui dit : "je suis en bas, t'es là ?"

Passer du temps, le plus possible de cet infini sablier, dehors. Admirer une mésange se gavant des dernières pommes, le vol d'un héron, les poules de la voisine, se repérer à l'arrondissement puis au rétrécissement de la lune, user la carte IGN à force de tracer de nouveaux itinéraires, s'extasier devant un coucher de soleil.

Retrouver la mémoire, rassembler et trier des souvenirs, faire, enfin ces albums...


S'organiser pour passer Noël en famille, et rêver secrètement d'un réveillon de Saint-Sylvestre avec de la musique vivante.

Mettre un peu de lumière dans l'obscurité hivernale, avec le retour du non sapin. Des branches ramassées quand je cours les bois, et la petite caisse bien rangée dont on redécouvre chaque année les les trésors soigneusement emballés.


Je ne me demande plus quand tout cela va s'arrêter.
Je veux croire que, dans quelques mois, nous tomberons les masques.
J'avais eu, ces derniers mois, la désagréable impression d'être spoliée du début du reste de ma vie, et puis j'ai laissé filé cette idée au profit d'une posture mentale plus rassurante : je considère que nous hibernons.
Avec l'espoir que nous en sortirons papillon et non pas ours...

D'autres traversent les jours à leur manière. 

J'ai d'abord trouvé un graffiti dans le local de mon jardin, le prénom de Padna, mal orthographié, sur le mur, juste en face de la porte. J'ai cru à la blague d'un Chavans, j'ai ri. Mais non, c'était personne de mon entourage. Alors j'ai un peu flippé, et puis le cantonnier m'a donné une clé. 


L'enquête villageoise nous occupe l'esprit. Quelques jeunes ont été surpris à fureter et se livrer à quelques couillonnades dans le bourg.

To be continued...

mardi 1 décembre 2020

Les jours les plus courts

Je crois bien que c'est la première année, depuis longtemps, que j'apprécie l'entrée dans la grisaille et le froid, comme un passage obligé vers le printemps qui reviendra forcément.

J'ouvre les yeux, c'est encore l'obscurité.
Je traîne un peu, entre la nuit et le jour, je rêvasse, rien ne presse.
Tant que la lumière était douce, j'ai passé le plus de temps possible dehors.
J'ai poussé jusqu'aux premières brumes. 
Maintenant il faut les gants, et plusieurs couches de laine fine.


J'avais différé une liste de petites choses à faire pour les jours plus courts, pour les heures en dedans.

J'ai entamé cette liste avec plaisir.

Des petits sachets de graines récupérés sur les légumes de ma cagette hebdomadaire.



Dans une chute de tissus, un double boudin de porte pour étrenner mon coin atelier...


Bourré d'un côté avec de vieilles chaussettes, et de l'autre avec les plumes d'un vieil oreiller.
Très ...volatiles les plumes !
Le tuto ici clique

Dans d'autres chutes, un nouveau lot de masques -norme Afnor-
en prévision de ma formation parisienne,
puisqu'apparemment, ils sont obligatoires partout dans la rue.
Edit du 2 décembre : formation annulée... dépitée...


Ils sont doublés d'un morceau de lange de coton, très doux à la peau.
Dans un bord j'ai glissé une barrette de nez, soit récupérée sur un masque jetable, soit avec un lien pour les sacs plastique.
Le tuto de l'Atelier des gourdes est ici clique...


Parfois je m'installe à l'atelier.
Puis je reviens écrire, à la petite console de verre qui me sert de bureau devant la fenêtre du salon.
Lumière partout, rideaux nulle part.
Le marronnier est tout déplumé.
Ce soir, j'ai ressorti et allumé de vieux photophores.
Mon cœur a fait un bon joyeux.


Malgré la langueur de la solitude, la mienne, celle des messages que je reçois, 
j'entre dans l'Avent avec confiance.
Le temps passe. Et alors ?

mercredi 25 novembre 2020

DIY # 3 le coin atelier

 Pour profiter du paysage,

de la lumière et de l'espace disponible, 

j'ai aménagé un coin bricolage, dessin, aquarelle, couture, écriture et plus si affinités,

dans un grand coin vide de la cuisine.

Je voulais donner une identité propre aux deux murs d'angle, en dessinant des sortes de vagues, 

mais, j ai utilisé un vieux rouleau de scotch de protection, qui n'était adapté ni pour les lignes courbes, ni pour la toile de verre à chevrons en relief.

Alors j'ai fait au plus simple : des lignes droites.

Pour les couleurs, je voulais du gris, rehaussé d'une touche de couleur, plus propice à la créativité.
Le sort en a décidé pour moi : au magasin de bricolage dans mon rayon de pédalage, j'ai trouvé deux pots soldés à moins 40%.

Pour le meuble, un ilot de 150 x 150, qui me permet de travailler debout, j'ai assemblé deux étagères Kallax Ikéa et deux plans de travail.



sur une idée trouvée là :


Si c'était à refaire, au lieu de solidariser les deux plans de travail, je les articulerais avec deux charnières, afin de pouvoir rabattre le premier sur le deuxième.
J'ai aussi commis une erreur en laissant apparents deux trous de fixation des Kallax.
Bon, mais je suis tout de même très contente du résultat final, très ergonomique.

Il me reste à récupérer les portes d'un autre meuble, et à transbahuter tout mon matériel.
Et ensuite, place à l'inspiration !

samedi 14 novembre 2020

Une journée au jardin

 Avoir un jardin est une bénédiction, encore plus en ce moment.

Un petit jardin avec vue, c'est tester mes nouvelles sandales de marche sans attestation.


C'est profiter d'un déjeuner de soleil dans ce mois de novembre,
bien trop sec sans que l'on songe à s'en plaindre.

C'est pouvoir, en ces temps incertains, se projeter un tout petit peu.

Semer dans l'espoir de récolter.

Faire germer l'idée du bivouac.

Mûrir le plan d'un nouveau chemin...


lundi 9 novembre 2020

Saoule comme une grive

Je me saoule.
Consciencieusement, scrupuleusement, soigneusement et systématiquement.

Dans cette saison 2, épisode 1, du Grand confinement, le décor a changé, le sablier aussi.
Exit le duplex avec coin cuisine, le voisin fou et les contraintes du travail à distance.

Le matin, je laisse mon corps et mes neurones se mettre en route doucement.
Je me saoule de calme, de lumière et de paix, émerveillée du spectacle de la nature, des cris de bête, de l'aube jusqu'au coucher de soleil et au lever de lune à mes carreaux.
Je traîne un peu, je réfléchis.

C'est une projection étrange que ces semaines au futur incertain.
Je voudrais  ... j'ai toute une liste, repliée, oubliée.
A quoi bon s'inquiéter ? A quoi bon planifier ?
Je ramène mon attention à la journée en cours. Je me saoule de présent, une chose à la fois.
Je recolle une semelle, répare un accroc, restaure les attaches d'une couette. Tout était dans ce panier depuis si longtemps. 
Je me saoule de petites actions accomplies, d'objets sauvés, du bonheur éprouvé à vivre en accord avec soi-même.
Et je reprends quelques notes.

Il me faut quand même des projets, des plans sans échéances, sans conséquence s'il faut renoncer ou reporter.
Une semaine de formation parisienne en décembre. Ou pas.
Entrer de nouveau en chemin. Ou pas
(Mamina, ça se pourrait bien qu'on se revoit aux beaux jours...)

Les surprenants jours de grand beau, en short et en t-shirt, je me saoule au jardin, de vent, dans l'air encore tiède, les mains dans la terre humide, jusqu'à ce que l'astre plonge derrière l'horizon.
J'arrondis les angles du petit potager.
La fraîcheur pince, l'obscurité arrive sans crier gare, il est temps de remonter.


Les jours de grisaille et de pluie, de froid perçant et humide, je sors arpenter les environs.
Echappée belle.
Je me saoule de vie. Tout semblerait ordinaire, si ce n'était l'attestation pliée dans ma poche.
Je contemple un papillon qui flirte avec les orties, les V des grues qui descendent vers le sud, le frou-frou des ailes des pigeons dans les ors des acacias. 
Instant de grâce si la brume se lève.







Violence et crainte contre le reste du monde, celui qui ne change qu'au rythme des saisons, totalement
indifférent aux fils d'actualités.
A la nuit tombée, il est tôt encore.
Pelotonnée dans mon sofa, je me saoule de mots, de phrases, d'histoires, de livres, de BD, de nouvelles, de sagas... j'en ai emprunté des kilos. 

C'est drôle ces journées de rêve, brusquement plombées quand l'esprit divague vers la fin de semaine.
Elle sera sans famille, sans amis, sans amour.
Et ça c'est un peu dur, même en croyant que ça ne durera pas toujours.

Et pour vous, c'est comment ?
Mieux ? Pire ? Patient ou effrayant ?
Un grand merci à ceux qui commentent au passage. 
C'est un grand plaisir que votre intérêt fidèle.
Faites bien attention à vous.
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Edit du 10 novembre
De bonnes nouvelles de Pôle emploi : ma conseillère, madame Efficace, m'a appelée hier pour un entretien su mon projet. Et ce matin, elle m'a rappelée pour m'annoncer que ma formation de décembre, sur le métier d'écrivain public, sera financée par leurs soins. Un très bonne nouvelle et finalement une agence plutôt réactive.