samedi 25 février 2012

Mot à maux

Les mots m'échappent.
Ils se bousculent.
Je n'ai plus d'emprise.
Quand je parle
je n'ai plus cette aisance
cette agilité
à m'exprimer en public.
Je suis même bien souvent en difficulté.
Plus de justesse
ni de précision
juste un galimatias informe
et la terrible frustration de ne pas avoir dit ce que je voulais vraiment exprimer.

Cet après-midi
dans l'heure de soleil
j'ai eu envie d'arracher le lierre que,
depuis ma chambre,
je voyais étouffer le cerisier.

C'est la première fois
en dix ans
que je n'arrive pas exténuée aux vacances de février,
obligée de vivre une semaine au ralenti
avant de pouvoir profiter des congés pour .... préparer la période suivante.
Alors quand j'ai vu le soleil
je suis sortie.

Le lierre était déjà haut grimpé
s'insinuait très avant sur les branches charpentières
je me suis excusée auprès du cerisier
de n'avoir rien vu avant
et d'être obligée peut-être
de lui faire mal
pour arracher tout ça.

J'ai coupé les racines le plus loin possible,
et
à la fin
j'ai enlacé le tronc et respiré contre l'écorce
qui était encore douce en dépit des griffures rampantes.

J'aime sentir l'odeur du bois et de la terre.

J'ai réalisé à quel point je me suis trouvée en souffrance l'an dernier.
Malmenée, déstabilisée
maintenant
j'essaie de me contenir tout le temps en situation professionnelle.
Je n'y arrive pas du tout,
ah ah !
En revanche je réussis assez bien à embrouiller le propos.
Et puis ces tentatives de contrôle dérisoires
ne modifient en rien l'afflux d'émotions.

Ma blessure d'ego est si profonde
et encore si vive
qu'il me semble que je serai incapable désormais de reprendre une classe en charge.
J'en ai conclu
que les mots m'échappent
depuis que j'essaie de les contrôler.
Quand je me restreins
je n'arrive plus à suivre le cours de mes pensées.

Impossible de me maîtriser tout le temps

Il me faudra du temps avant de retrouver un peu de confiance en moi.


La bourrée 2 temps s'appelle le Lierre
une compo de Maxou Heintzen (La Chavannée)
et le groupe c'est plus ou moins Komred, avant qu'ils ne soient connus.
J'ai une affection particulière pour Clémence Cognet
la violoniste
très classe quand elle joue, comme quand elle danse.
Le son est affreux
mais j'aime cette vidéo
joyeuse.
Je crois qu'il faudrait que je retourne danser
il paraît que le corps,
c'est l'antidote de la pensée.

6 commentaires:

Barbara a dit…

ce n'est peut pas exactement ce que tu voulais exprimer
mais certes pas un gallimatias non
parfois on sent on lit au delà des mots
en ouvrant nos coeurs
en écoutant
il me semble ressentir un peu de ce que tu ressents

et comme l'arbre qui cherche à se débarrasser du lierre étouffant
je te prends dans mes bras sans parler juste tout contre

ps oui bonne idée pour la danse
musique et danse
corps libérateur de l'âme et des maux
même provisoirement la part de l'aisance ,de la réconciliation de l'équilibre ,à ch danse croit

Coline a dit…

C'est drôle ce que tu dis en dernier
j'ai aussi perdu de l'équilibre
au sens propre.
Il y a des mouvements que je n'arrive plus à faire
j'ai peur de tomber.

Barbara a dit…

Pimj a dit…

C'est triste de te savoir si mal à l'intérieur alors que tu parais(sait) si à l'aise pour t'exprimer, alors que tu écris toujours les choses de manière si juste sur ton blog, et que c'était si passionnant de discuter avec toi quand on a eu le chance de se rencontrer en vrai...

Alors je te souhaite de vite retrouver confiance !
Le soleil revient, et ça, c'est une bonne chose pour le moral...
Il y a aussi les vacances pour se poser...
Et puis cette année qui n'est pas du tout comme l'année dernière, peut-être qu'elle t'aidera aussi...

Je te le souhaite de tout coeur en tout cas

Et la danse, sûr que c'est une bonne manière de s'exprimer d'une autre manière et de laisser de côté les cogitations !

Coline a dit…

En fait
je ne me sens pas si mal que ça
ce serait plutôt le contraire.
Je constate les changements
et je suis assez curieuse de voir comment cela va évoluer.
Je ne crois pas que l'on puisse, en permanence, lutter contre sa nature.
C'est au détriment de ce qui nous caractérise comme individu.

lorys03 a dit…

Effrayante sensation de "perdre le contrôle" ... qu'on n'a jamais eu.
Comme je te comprends !
J'ai la "chance" d'avoir quelques mois d'avance sur ce que tu ressens, mon tabassage professionnel et ma chute, ma confiance détruite, et puis ce sentiment bizarre que je ne serai plus jamais Moi.
C'est au nom de cette avance que je peux te rassurer ... un peu : les mots reviennent, intacts, les maux s'éloignent, s'effacent, et c'est ta vie qui recommence à danser.
Le plus difficile à éliminer, c'est la peur. Elle me pèse encore, m'étouffe, m'embrasse.
J'aime imaginer ton cerisier libéré. Qu'il est beau !