dimanche 22 mars 2026

Lettre à moi-même

Madame Nicole,

Je veux veux te dire un grand merci. 

Merci d'être qui tu es, droite dans tes bottes, merci de t'être choisie. 

Merci de ne pas avoir cédé à la peur, au chantage affectif ; de ne pas avoir accepté de rester dans une maison délétère, au service d'un gentil garçon.

Cela t'a coûté la relation, la trahison, l'humiliation ? Sois fière ma petite Nicole, le contraire aurait été encore plus cher payé.

Merci d'avoir choisi ton histoire plutôt que la sienne. Merci d'avoir des valeurs et des principes.

Je veux te féliciter d'avoir réalisé que tu dors mieux sans lui ; de ne pas céder à la fugace angoisse de la nuit qui tombe, de te nourrir à nouveau de ce qui apaise ton âme, de marcher, de pédaler, de nager, de chanter et de danser. Je t'encourage à persévérer dans ce qui est bon pour toi, à faire de petits et grands projets, à te créer de nouveaux repères familiers pour te défaire de ceux que tu avais avec lui.

Photo Café Charbon Nevers

Je sais que le temps passe. Que tu flippes un peu à l'idée de vieillir seule. Mais patiente tout de même. Mets à profit ce nouveau contretemps pour guérir plus complètement. Reste la femme que tu es vraiment, et rayonne; car il te faudra être prête quand une rencontre vraiment épanouissante se produira.

Je te remercie aussi de prendre soin de notre corps, pour qu'il nous porte longtemps. Tu es capable de te relever, de croire en toi, de t'aimer et de te prendre par la main pour te soigner.

Merci d'être où tu en es, de faire de ton mieux pour reconstruire ta vie, malgré les traumatismes dont tu gères les conséquences depuis trop longtemps.

Merci pour ton élan, ta force, de rester debout, digne et belle, toujours là.

Merci d'avoir regardé la réalité en face et d'avoir remis de la beauté dans notre vie. Tu en es la personne la plus importante et je suis heureuse que tu te donnes l'amour et l'attention que tu mérites. car tu n'as pas à mériter la place que tu occupes dans le cœur de ceux qui t'aiment vraiment.




lundi 16 mars 2026

Deux moi(s)

Je me dois d'admettre que cette relation me fait souffrir, qu'elle vampirise mon énergie et éteint ma créativité. Qu'à ce moment, elle ne survit que dans l'illusion et l'idéalisation de ce qui a été.

Bien sûr qu'il n'a pas fait exprès d'avoir eu un père maltraitant et une mère qui n'a su protéger ni elle-même, ni ses enfants. Je n'ai pas non plus fait exprès d'être violée par tonton Pilou. Mais je suis responsable de ma santé mentale, pas de la sienne.

Je me dois, à moi-même, à ma lignée, de faire de ma propre guérison une priorité. Sinon, encore et encore, je renouerais des relations de ce genre : combler les besoins d'un autre, le sauver, et avoir ainsi une forme de contrôle de la situation. Il paraît que c'est un comportement de survie, mais moi je veux vivre. C'est la seule responsabilité que je me reconnaisse : de celle de m'être oubliée.

Je crois toujours sincèrement que l'on peut grandir et guérir ensemble. Mais, pour cela, il faut être deux. Deux volontés, deux déterminations. la tromperie, au contraire, c'est l'évitement. C'est quand j'ai recommencé à me considérer qu'il s'est senti abandonné et m'a trahie.

Je vous passe les errements et les souffrances de ces deux derniers mois, en résumant :

- il revient sans arrêt, a des "sentiments pour moi", se victimise, se justifien;

- quand il repart, je suis épuisée ;

- la charge d'une réconciliation repose entièrement sur moi, sur ma capacité à pardonner et à refaire confiance, il ne témoigne d'aucun engagement à guérir -lui-même- de ses traumas sévères ;

- si nous avons une nouvelle relation, elle sera exclusive, il n'ira plus -c'est juré- avec personne d'autre (comment dire ...) ;

- en attendant, il ne la bloque pas, ne l'efface pas de ses contacts, prend un café aec elle s'l la croise -par hasard- en ville, lui fait la bise... elle reste donc dans le lit avec nous, comme pendant notre récent séjour à St Malo ;

- je dors mieux, je vis mieux, je souris mieux, je danse mieux, je chante mieux, j'écris mieux, quand il n'est pas là.

Ma créativité, mon monde intérieur s'étaient effondrés. Un an depuis que je suis rentrée de Russie, et je n'ai pas écrit une ligne. Mon corps me parle clairement : il ne crie plus, s'allège, me tient bien droite. Guérir est le travail d'une vie, je veux, clairement, en finir.

J'ai des projets aussi. Je les étudie sans avoir à attendre les décisions d'un procrastinant professionnel.



En attendant, je vais régulièrement reprendre une vie en Braud (où nous allons enregistrer un nouveau CD), ou faire étape à Limoges.




Je profite des bons moments, même si parfois, l'angoisse de l'avenir me retourne un peu l'estomac.
De moins en moins longtemps.
De moins en moins souvent.
J'ai écrit dix raisons de rester avec lui, je n'arrive même pas à six, puis dix raisons de partir, la liste semble interminable. L'égo surtout est mauvais conseiller, quand je réalise que je suis venue en Bretagne pour lui.
C'est loin de tout, dois-je en partir ? 
Mais j'y ai une vie aimable, dois-je y rester ?
je ne prends aucune décision à ce sujet, alors que je suis encore fragile.