Je me dois d'admettre que cette relation me fait souffrir, qu'elle vampirise mon énergie et éteint ma créativité. Qu'à ce moment, elle ne survit que dans l'illusion et l'idéalisation de ce qui a été.
Bien sûr qu'il n'a pas fait exprès d'avoir eu un père maltraitant et une mère qui n'a su protéger ni elle-même, ni ses enfants. Je n'ai pas non plus fait exprès d'être violée par tonton Pilou. Mais je suis responsable de ma santé mentale, pas de la sienne.
Je me dois, à moi-même, à ma lignée, de faire de ma propre guérison une priorité. Sinon, encore et encore, je renouerais des relations de ce genre : combler les besoins d'un autre, le sauver, et avoir ainsi une forme de contrôle de la situation. Il paraît que c'est un comportement de survie, mais moi je veux vivre. C'est la seule responsabilité que je me reconnaisse : de celle de m'être oubliée.
Je crois toujours sincèrement que l'on peut grandir et guérir ensemble. Mais, pour cela, il faut être deux. Deux volontés, deux déterminations. la tromperie, au contraire, c'est l'évitement. C'est quand j'ai recommencé à me considérer qu'il s'est senti abandonné et m'a trahie.
Je vous passe les errements et les souffrances de ces deux derniers mois, en résumant :
- il revient sans arrêt, a des "sentiments pour moi", se victimise, se justifien;
- quand il repart, je suis épuisée ;
- la charge d'une réconciliation repose entièrement sur moi, sur ma capacité à pardonner et à refaire confiance, il ne témoigne d'aucun engagement à guérir -lui-même- de ses traumas sévères ;
- si nous avons une nouvelle relation, elle sera exclusive, il n'ira plus -c'est juré- avec personne d'autre (comment dire ...) ;
- en attendant, il ne la bloque pas, ne l'efface pas de ses contacts, prend un café aec elle s'l la croise -par hasard- en ville, lui fait la bise... elle reste donc dans le lit avec nous, comme pendant notre récent séjour à St Malo ;
- je dors mieux, je vis mieux, je souris mieux, je danse mieux, je chante mieux, j'écris mieux, quand il n'est pas là.
Ma créativité, mon monde intérieur s'étaient effondrés. Un an depuis que je suis rentrée de Russie, et je n'ai pas écrit une ligne. Mon corps me parle clairement : il ne crie plus, s'allège, me tient bien droite. Guérir est le travail d'une vie, je veux, clairement, en finir.
J'ai des projets aussi. Je les étudie sans avoir à attendre les décisions d'un procrastinant professionnel.
En attendant, je vais régulièrement reprendre une vie en Braud (où nous allons enregistrer un nouveau CD), ou faire étape à Limoges.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire