dimanche 16 août 2026

Echappée sancerroise

Aujourd'hui, cela fait trois nuits que je dors dans les vignes du Sancerrois,


et trois jours que je traîne dehors, d'abord à la fête de nos cousins de la Sabotée, la soirée guinguette où s'amusent ensemble toutes les générations,



 suivie de la journée folklore, avec du breton dedans (le joli cercle d'Elliant,  Ar vro melenig, le petit jaune, qui n'est pas une référence au pastaga, mais à la couleur de leurs riches tabliers brodés).

Je préfère VRAIMENT la bourrée. Même le talabardier, Tristant Gloaguen, était fasciné par le tricotage cohésif des sabots.


Aujourd'hui, c'était bon de revenir aux sources.
Aujourd'hui, on a vendangé les parcelles de Philippe et Eric.



Aujourd'hui c'est la saint Roch, et c'est vraiment tôt pour récolter. De plus en plus tôt. Mais ça titre déjà 14 degrés...

Aujourd'hui il avait un peu plu et il faisait moins chaud. On était bien.
Aujourd'hui on était fagoté en chiftir, mais on s'en foutait.

Merci Eve-Anne pour les souvenirs...

Aujourd'hui j'ai croisé un regard, et j'ai appris ce qu'est un hotteur.
Aujourd'hui j'ai chanté en coupant les grappes, chanté à l'apéro, et chanté la plus belle chanson d'amour, d'après Guy, qui avait apporté les fromages et les figues.

C'est normal, elle a été écrite par Edith, après la mort de Marcel Cerdan

Aujourd'hui fut une belle surprise.  Être libre et là était une chance, et j'ai repris goût à l'amour.
Parce qu'aujourd'hui on a ri de neuf à dix-sept heures.
Bien sûr, aujourd'hui j'ai trop bu (oui mais DES Sancerre...) et trop mangé.


Aujourd'hui je me suis sentie bénie, protégée, et terriblement vivante.



Pis demain, bah, demain est autre jour...

mercredi 12 août 2026

Clair-obscur

Il n'a pas pu vous échapper que ce 12 août est une journée exceptionnelle.
Alignement de six planètes à l'aube.
Eclipse presque totale le soir.
Pluie de météorites au prochain petit matin (je vais mettre mon réveil...)

C'est aussi une nouvelle lune.
Je laisse derrière moi ce que je ne veux plus porter. L'histoire de mes parents, les traumatismes, les choix des autres. Il est encore temps de vivre la vie pleine de la femme que je suis vraiment.

Je célèbre mon inspiration retrouvée et le pouvoir des mots.
Je remercie mon père pour le geste qu'il a guidé.
Je remercie mes protecteurs de me tenir à distance des syphonneurs d'énergie et de la noirceur des âmes intranquilles, consumées par le reflet gênant de leurs vérités. 

Sont sans merci le miroir de Méduse retourné, et l'œil dans la tombe qui regarde encore Caïn. 
Que le bon grain germe et qu'étouffe l'ivraie.

Reflet, lumière, obscurité.
La traversée de l'ombre n'est qu'un passage.
Qu'est-on prêt à regarder en face pour avancer en paix ? C'est grâce à cette ombre passagère qu'une lueur plus blanche éclaire des contours qu'on n'avait pas remarqués. 
Puis on retrouve la lumière. Elle a toujours été là finalement. Elle éclaire désormais une meilleure version de nous-mêmes.
Celle que nous sommes prêts à chérir.
Sous une pluie d'étoiles filantes.
Perséides en vue 👌

lundi 10 août 2026

Guérir # 9 - Réenchanter les souvenirs - I'm happy again

"Et là, stomp, stomp, step, step, vous écartez les bras, et vous chantez en chœur, "I'm happy again".

L'initiation aux claquettes sur la terrasse de ce camping corrézien, fait un peu mal aux pieds, mais elle réjouit le cœur. Trois femmes, un ado, et une fillette, qui ne se posent pas de question.  L'énergie commune est communicative. Oui, je suis heureuse de nouveau.


Je savais que ça reviendrait. Deux mois, depuis mon exfiltration, c'est le temps qu'il faut pour rompre des habitudes et en créer de nouvelles. Je sais cependant qu'il y a tout un cycle, une année pleine en fait, à boucler pour achever ma reconstruction. Donc, comme ça se trace en légers pointillés dans mon esprit, heureusement sans plus perturber ni mes plans, ni mon sommeil, ça reviendra régulièrement en filigrane dans mes articles, je le crains ! Mais je l'accepte.

Cet été, je n'irai pas à Chalap, au stage de chant russe. Pourtant, je l'aime ce lieu et ce temps. Mais, l'an dernier, il a trouvé moyen de m'y accompagner alors qu'il me trahissait déjà, salissant cette parenthèse qui m'était très personnelle. Quelques jours après, elle venait seule au fest-noz de Guéméné continuer ses manœuvres d'approche. Assise derrière nous, elle nous fixait, il tournait la tête pour la regarder par en-dessous. A sa droite pour un hanter dro, je l'ai vu prendre sa main à gauche, et la tenir contre sa poitrine, d'une manière qui n'avait rien d'amicale. J'ai posé des questions, j'ai dit ma peine, il a nié bien sûr...
Mais qu'est-ce que je foutais avec ce trou du cul ? 

Alors, cette année, quoi de mieux que reformater mon disque dur et ma mémoire vive, en passant du temps en famille ?

Là je discute avec ma petite-fille de vingt et un mois, qui ressemble à une pêche dorée dans son body rose poudré,  Ses cheveux blonds lui font une bouille d'ange. Mais un ange qui sait bien dire ce qu'il veut ! Elle parle déjà par onomatopées, galope en babillant, crie mon prénom, me rapporte une collection de brindilles. Ses petites dents étincellent comme des perles de porcelaine, sous les lacs de ses yeux bleus quand elle rit aux éclats.

Et puis il y a son grand frère, toujours prêt à partir en vadrouille.

Il se trouve que j'ai récemment mis en vente mon matériel de bivouac. Acquis pour mes courtes escapades comme pour mes longs road trips ; c'était à la fin de la crise sanitaire et j'avais un gros projet à travers l'Europe. 

Les concessions de la vie à deux avec un couard frileux, qui rêvait en secret d'un confortable camping car avec la télé, avaient éteint cette envie. Oh, il a été utilisé ce matériel, mais il en est devenu amèrement connoté, ça me dégoûtait un peu. Sauf que depuis la parution de mon annonce, il ne s'est rien passé. Ce n'est pas la bonne saison, la mode post-covid de la vie en van vacille sous le coût du carburant, le marché de l'occasion est pléthorique.

Avec mon nouveau logement, il y aura un garage. J'ai pris ça comme un signe : ne le vends pas, tu vas encore l'utiliser, et tu t'y feras de nouveaux souvenirs heureux. C'est le moment de réenchanter Berlingo chéri et de tailler la route.

Même si les ailes repoussent dans mon dos, j'ai commencé à petite voilure avec Vania. Il fallait de la place pour son vélo, alors on a pris une tente dressing et en route pour la version allégée !


Ce petit garçon participe à nourrir ma confiance en moi.

Ne doutant de rien, il a demandé à louer un pédalo. Soit, sur le lac de la Triouzoune, c'est pas la pleine mer non plus. Mais bon, un adulte, un enfant, faut assurer. Il en avait tellement envie que davaï ! Formidable : j'ai eu un équipier très efficace au pédalage comme à l'amarrage. 

On pédalait, il voulait tenir la patouille, qu'il fallait parfois redresser discrètement pour éviter les planches à voiles, on s'arrêtait, il glissait sur le toboggan, plongeait, remontait, glissait encore. Question aisance dans l'eau, je crois savoir de qui il tient...

Grâce à lui, je prends conscience de tout ce que je sais faire. Déjà, juste partir camper seule avec lui.
Nager loin, nager profond, construire un itinéraire, conduire sans me lasser. Organiser de nouvelles aventures. 
Et faire du pédalo.

Il y a tant de mini exploits dont je ne me savais plus capable...

mercredi 5 août 2026

Une ville russe c'est #1 Où est Lénine ?

En octobre 2024, j'avais séjourné à Yaroslavl, où une bande de joyeux ado m'avait rappelé que, dans chaque ville russe, il y a une statue du petit père des peuples.
A l'heure où, hélas, les effigies de Staline (20 millions de morts, presque autant que la grande guerre patriotique) quittent le parc moscovite des statues déchues, et où, depuis octobre 2022, le critiquer publiquement est redevenu un délit, je me suis fait un jeu de retrouver le marqueur communiste qui perdure sur un tas d'objets, mais surtout en statue d'orateur guidant le peuple : Lénine.

Où est Lénine ?

A Vladivostok
Il est parti faire son marché. Il y a beaucoup de petits et grands marchés en Russie, couverts ou de plein air. On y trouve notamment les récoltes de baies, de champignons séchés ou en bocaux, du lard, du poisson fumé. C'est le moyen de subsistance de nombreuses femmes, dont les retraites sont à pleurer...


A Khabarovsk
Au musée bien sûr. Je ferai un post spécial sur les musées russes, leurs richesses, et leur patriotisme.


Mais aussi une statue vraiment fantaisie, en style totalement fou-fou : casquette et veste, les mains dans les poches.


A Tchita
Il est parti à la patinoire. Dans de nombreuses villes russes une place est transformée en patinoire l'hiver.


A Oulan Oude
Il est parti faire de la luge sur la place des Soviets.



C'est la plus grosse tête de Lénine au monde...



La très belle artère principale porte son nom.
Mais tout le monde persiste à l'appeler Arbat.





A Tarbagataï, au musée des Vieux Croyants, sur un tas de billets...





A Krasnoiarsk
Ben, il t'attend à l'auberge de jeunesse !
Celle qui est juste devant la plus ancienne maison sibérienne de la ville, où paraît-il, il a séjourné en mars et avril 1897, le temps de peaufiner sa théorie politique.
Il était à ce moment exilé en Sibérie, mais il allait et venait à sa guise, rencontrait qui il voulait, et voyageait en première classe
Oui Volodia n'était pas un pauvre paysan, loin de là. 





A Irkoutsk
Il est parti manger des pozys au Khan Byyza, échoppe du Kvartal 130, faux village sibérien en pleine ville







Et ils étaient très bons...


A Tobolsk
Il attend le bus.
Le réseau de bus est excellent en Russie, et s'il n'y en a pas, il y a une marshroutka qui va là où tu vas. Marshrout, ça veut dire trajet, itinéraire. Et la marshoutka est un genre de taxi collectif très bon marché.




A Ekaterinbourg
Il s'intéresse à tout : au commerce,



 à la circulation, 


aux pierres semi précieuses (ici la malachite, l'Oural recèle d'infinis gisements de tout...)


au sort du miséreux...



A Perm
Sacrilège ! Il sert de crottoir à pigeons...




A Kazan


Dans la rue Oulianov bien sûr, près du quartier étudiant.
(Son nom complet c'est Vladimir Illitch Lénine Oulianov)
C'est justement la maison où il est venu... étudier.
Sa statue blanche est dans une boîte. Protection hivernale ?
Aujourd'hui Kazan est une grande ville universitaire.
En plus des instituts en ville, comme elle avait accueilli les Universiades en 2013, elle dispose depuis d'un campus périphérique hyper accessible, qui accueille à lui seul 10 000 étudiants.
Dans mon dortoir il y avait une jeune Haïtienne, qui débarquait pour cinq années d'études. Elle commençait par un an de cours de russe, avant de reprendre la chimie
Son jeune tuteur haïtien, qui est ici depuis 6 ans, m'a expliqué qu'il existe une application dédiée, sur laquelle ils postulent. Ils perçoivent ensuite une bourse qui leur permet de vivre très correctement, et sont logés dans une résidence universitaire.



A Moscou

Maintenant tout est clair : j'aurais dû m'enregistrer à Nizhny au bureau de police...
Les hôtels qui acceptent les personnes non enregistrées risquent gros.
Pas de formalités pour les nuits de train.
L'assistance de la plateforme de réservation Ostrovok m'a quand même bien aidée sur ce coup là.
Apparemment, les règles d'enregistrement (ou les sanctions pour les établissements ?) des étrangers avaient changé ce mois-ci, et je n'en savais rien, malgré une petite alerte paperasse à Perm.
C'est ainsi que, qand je suis arrivée de Nizhny, en fin de voyage, et que j'ai rejoint l'hostel déjà payé, ils m'ont... refusée
Parce que je n'avais pas d'enregistrement depuis Kazan. Or je n'étais restée une nuit dans le train, moins de sept jours à Nizhny,  dans la famille de ma belle-fille, et j'avais été enregistrée plusieurs fois depuis mon arrivée.
Mais niet, aucune discussion possible, même pas pour cette nuit, ils risquent des amendes énormes jusqu'à 800000 roubles (8000 €...).
Je me voyais déjà passer le nuit dans une gare...ah non parce qu'un Français expatrié m'avait proposé de venir chez eux (et la solidarité des Français à l'étranger c'est toujours appréciable), mais c'était assez loin.
Donc, ayant repris confiance en la vie, j'avais d'abord tenté ma chance dans un autre hostel à 50 mètres, qui avait pris mes papiers sans broncher et davaï !


J'adore la Russie, mais c'est quand même le genre de pays où quand tu n'as rien fait, tu te demandes malgré tout si tu peux avoir la conscience tranquille .??
Bon, je ne suis pas allée manger de la neige, ni casser des cailloux en Sibérie, donc en route pour aller au mausolée du camarade Lénine, normalement ouvert le mardi matin.

Ah non.
Encore fermé.
Ce ne sera pas pour cette fois.
Je me demande si la dépouille du camarade  conservé n'est pas en train de se dégrader, parce qu'il est de moins en moins souvent visitable...