16,7 km par seconde. C'est la vitesse de la lumière.
C'est aussi la vitesse de libération pour échapper à la glissade de l'univers en trois dimensions vers le monde bidimensionnel de la nuit étoilée de Van Gogh. Un monde brillant, mort et plat.
Le vaisseau à propulsion par courbure qui atteint cette vitesse, laisse derrière lui une sorte de vide de lumière, un champ noir, derrière lequel il est possible de se dissimuler.
Dissimuler, je ne sais pas, et on peut dire que ma vitesse de libération de la gravité de ce qu'il faut bien qualifier de traumatisme a été fort lente.
Mais je n'ai pas été bidimensionnalisé. Au contraire, depuis que je suis rentrée à Ithaque, je me sens comme augmentée par mes pérégrinations estivales.
Je referme enfin mon bujo de janvier, ouvert quand le compte à rebours de la mise à feu avait été lancé.
Symboliquement, c'est important. Je sais bien que ça va tirer encore un peu jusqu'en novembre. Qu'il y aura encore quelques pensées intrusives. Puis la boucle sera bouclée, celle de toutes les premières fois d'une année de deuil psychique. Dans le nouveau carnet, il y a des projets, une bucket list, de la musique, des rendez-vous, et plus aucune photo de la lose avec son sourire hypocrite et ses larmes de crocodiles, plus de questions inutiles, même gribouillées.
Je termine en même temps la trilogie de trois fois 700 pages de Liu Cixin, la Mort immortelle, suite et fin du Problème à trois corps et de la Forêt sombre. Et je m'en vais de ce pas à la médiathèque me nourrir encore de jolis mots. J'ai un défi post-it à relever !
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