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lundi 7 septembre 2026

Sororité

Je viens de passer le week-end dans la Creuse, pour la onzième édition du petit, et très particulier, festival les Limous'ines. Diffusion confidentielle, par nos réseaux habituels, les mêmes qui nous avaient permis de survivre pendant la crise sanitaire.

A part la soirée de concert du vendredi soir

il n'est ouvert qu'aux femmes. Les hommes impliqués dans l'installation et la mise en place sont solidaires, et décampent donc du site pendant deux jours.

En pleine nature, cérémonies, feux, tambours, tisanes, biscuits, cercles, 



il se dégage, dès l'ouverture, une énergie et une sororité puissantes, où toute parole est permise, et tout accueil reste ouvert dans une joyeuse intimité à la fois respectueuse et partagée. 

Aucun jugement.

Il y avait là toutes sortes de femmes. Des expérimentées, des jeunettes, des périménopausées, toutes tailles, toutes silhouettes, toutes histoires, tous milieux sociaux, poilues, épilées, célibataires, en couple, veuves, divorcées, jeunes maman avec un bébé au sein, femmes enceintes.

Les journées s'organisent autour d'ateliers  tournés vers le développement personnel, les soins énergétiques, le corps dans toutes ses dimensions, les multiples facettes de la féminité, la fabrication d'onguents, le bricolage, les constellations familiales, les mythes et contes fondateurs, le plaisir.


Ils sont tous animés par des femmes bénévoles. J'y ai tissé de nouveaux liens, car il y avait de nombreuses festivalières du proche Allier.

J'ai particulièrement apprécié que rien, jamais, ne soit injonctif. Je trouve personnellement insupportable cette obligation qu'il y aurait à être l'unique responsable de notre propre bonheur, et parfois même de notre simple survie, dans un monde qui ne va pas bien, surtout quand on croise des personnes toxiques. Je remarque que l'admirable capacité de résilience de mes sœurs n'est pas une légende, et que je goûte avec bonheur aux échanges avec les jeunes femmes. Elles ont un autre regard sur la vie, notre statut, l'essentielle clarté de nos limites, alors mêmes que nous traversons toutes des joies et des épreuves similaires parce qu'universelles.

C'était ma première expérience de ce type. Etait-ce l'absence d'homme, ou la nature du public ? Sûrement un peu des deux : dans cette riche diversité de parcours et de personnalités,  il n'y avait pas de concurrence, pas d'égo surdimensionné, pas de couverture tirée à soi. Seulement de l'écoute et des vibrations de chant, de parole, et même de silences. Une unicité qui tire tout le groupe vers une meilleure version de chacune, plus éclairée.

Se connecter au plaisir c'est aussi s'offrir des joies simples comme la douche matinale au cul du Berlingo, sans poser de rideau. De la sécurité, et aucun enjeu de séduction, de rivalité. Reposant.




Franchement, ne pas voir, ni entendre d'homme pendant deux jours, c'est assez fabuleux. Absolument pas de l'ordre du rejet ou du dégoût, loin de là. C'est plutôt une question d'ancrage, d'apaisement et d'épanouissement, pour une fois tourné vers nous-mêmes.

Et de liberté. Celle que nous méritons toutes.


PS. Evidemment, pas de photo des festivalières, ni du lieu en plan large, on comprendra aisément pourquoi.