lundi 24 août 2026

Bivouac en Aubrac

 Il s'annonçait une nuit d'orage, et je descendais vers le sud.

J'ai fait halte, pour la nuit, au lac du Moulinet en Aubrac.

Ce ne fut pas une journée facile.

Il y a eu les nuées noir anthracite, poussées par un vent furieux et insistant. Il y a eu les grosses gouttes grasses de l'orage naissant, qui se sont pesamment écrasées sur la carrosserie et les vitres. Les rideaux tirés, le sac de couchage déplié, et moi guettant les fracas du tonnerre, les éclairs enragés, dans mon radeau Berlingo malmené, comme un esquif sur le chemin. Je m'étais mise bien à l'écart des arbres. Le grondement s'est éloigné, le vent tonitruant a soudainement faibli, la pluie a doucement cessé. La nuit était tombée.

Il y avait maintenant une belle lune gibbeuse croissante, comme un peu à l'écart du tapis d'étoiles qui transpercent peu à peu le voile nuageux, en brillant obstinément. Vénus m'indiquait que j'étais sur la bonne voie. Humide, mais sûre et saine. J'entendais les sonnailles des Aubrac qui paissaient tranquillement avant les turbulences. Les sons de la nuit sur le plateau, sont un baume pour toute peine, un encouragement à avancer vers mon histoire, notre mémoire, les clés pour demain.

Gratitude.

Mais le matin, alors là, le matin, woaow ! 

L'orage avait été impressionnant. Tout autant l'était ce calme matin bleu, dans la brume qui démaillotait doucement le lac à peine ridé.

Les nuages avaient blanchi, et traversaient plus gentiment le ciel. La fraîcheur aiguë des matins d'automne s'annonçait déjà dans l'humidité du chemin qui avait drainé la poussière étouffante de l'été vers les profondeurs de la terre.











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