Tu te souviens de ce rêve qui m'était venu dans cette sordide nuit, deux mois avant que ma vie n'explose définitivement, à l'orée d'une longue et douloureuse trahison ?
Ce n'étaient pas des toits d'ardoise mais de tuiles rouges.
Ce n'est donc pas en Bretagne, mais en Bourbonnais.
Ce sera Moulins.
En pleine réflexion, il m'est apparu comme une évidence que je doive reprendre le fil de ma vie là où j'avais commencé à m'oublier.
Tout d'abord, ma dernière venue en Braud fin avril, pour enregistrer des voix sur notre futur CD de Noëls, a été précédée d'une cérémonie, à quarante minutes de là, au cimetière de ma famille paternelle. Un hommage à mon grand-oncle Louis, parti en avril 1945, par la cheminée d'un camp de concentration nazi. Parce que sa plaque s'effaçait sur sa tombe vide, j'ai voulu la faire refaire. Un conseiller municipal ainsi que le président de l'association pour la mémoire des déportés du Cher ont souhaité donner un peu de solennité à la pose de la nouvelle plaque. À cette occasion, j'ai découvert que j'ai encore de la famille à Bourges, des relations à créer et entretenir.
Mon cœur a commencé à se ranimer : j'appartiens à une lignée, et j'ai besoin de sa proximité. Comme j'ai besoin de son prolongement, ma descendance, et de me replacer à mi-chemin du Kid et de Franzouski.
Ce même jour il l'a donc évoquée comme une « amie ». Ce fut le mot de trop, qui a fait rejaillir la colère, au moment où il s'apprêtait à descendre avec moi à la fête de la rivière, et même à venir marcher en ma compagnie sur les chemins. Je n'épiloguerai pas sur les aller-retour de l'une -à son corps défendant- à l'autre - d'accord-(mais comment peut-elle accepter ça ? Parce qu'elle tient à moi dit-il...). Juste, mon venimeux courriel a fait trembler, puis s'effriter, les fondements d'argile du malsain triangle dont j'étais devenu un sommet malgré moi.
Ce soir là, je suis allée danser à Nevers. Une fois de plus, il y avait tout mon petit monde de magnifiques partenaires. Plus je passais de bras en bras, plus s'éclairait la vérité du cœur. C'est un mauvais danseur qui ne me manque pas. Ma vie avec lui n'a jamais été juste, je n'y étais pas à ma place, mais à son service. À part m'enfuir régulièrement, plus rien ne m'animait. Quand il faut expliquer mille fois nos besoins, et qu'ils ne sont jamais entendus, c'est que l'autre n'en a rien à carrer. J'aurais dû tourner les talons dès la première fois où j'ai dû renoncer à ma gym matinale. J'aurais même dû tourner la tête à la première rencontre, à la première phrase, au premier « j'ai beaucoup souffert », au premier je t'aime trop précoce, à la première carte, au premier indice de love bombing...
Les yeux définitivement ouverts dans la salle du Café Charbon, je m'attendais à être, une fois de plus, dévastée. Je me suis en réalité sentie libérée d'un poids asphyxiant. Il y a des ruptures qui ne blessent pas, mais mettent, au contraire, fin à la douleur. Le lendemain, nous avons répété pour la fête de la rivière, et le dimanche j'ai enregistré au studio. Je suis repartie légère, alignée, sereine.
Il n'est plus temps de comprendre ou d'espérer. Il est temps d'agir pour passer à autre chose.
De laisser derrière moi mes pensées limitantes.
Et ce tocard.


1 commentaire:
Heureuse que tu te sentes à nouveau légère et libérée
Et bravo pour ton grand oncle
(très important)
encore plus génial si de nouveaux contacts familiaux !
Tu es magnifique .
il va être bien ce Cd...
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