Après la nuit, on se réveille.
Rien n'a changé, tout est pareil.
J'hésite un peu, mes rêves encore au bord de ce week-end prolongé.
Hier encore on nageait dans la Rivière Rouge,
on marchait pieds nus dans les chemins de sable et de feuilles,
et on s'arrêtait pour cueillir de la canne et du coton.
Hier encore on avait de l'humour.
On a même ri quand, avant le chapelet, à la maison de retraite, il a bien été recommandé de prier pour que le peuple américain fasse le bon choix,
celui de l'abolition de l'avortement.
T'imagines même pas combien de personnes douces, gentilles, aidantes, pensaient ici qu'Obama,
c'est l'antéchrist....
Un nègre et pis c'est tout.
Alors juste avant l'aube, j'ai attendu encore, et puis j'ai lu.
J'ai lu que la peur à gagné.
La peur de l'autre, la peur de tout, la peur de la réalité de la fin des énergies fossiles -dans un état où le pétrole sert de baromètre - , du réchauffement planétaire qui accélère les ouragans et la perte des wetlands, la peur de Dieu...
La peur relayée par cette télé qui fonctionne en permanence, comme un fanal, derrière chaque porte que tu pousses.
La même peur qu'en Europe, désormais décomplexée, et qui pourra suivre le mouvement si le coeur lui en dit.
J'ai pensé à mon propre pays, à l'an prochain.
Mais moi, j'ai pas la télé
Alors bien sûr rien n'avait changé, et je suis allée à l'école comme d'habitude.
Et tout était pareil.
Sauf peut être un peu plus de feuilles mortes sur la marelle.
Et un vent froid.