Catherine, au bord du parquet de danse, m'a dit :
"- Il est temps de rendre à Jules ce qui appartient à César.
- C'est-à-dire ?
- Ses choix. Ceux qui ne t'appartiennent pas et dont tu n'as plus à t'affliger. Tu n'as pas à les porter. Les mensonges, la manipulation, la réécriture de l'histoire, les promesses non tenues, les faux semblants, la comédie, les plaintes, les saloperies, la lâcheté, la tromperie, tout cela n'a rien à voir avec toi. C'est juste un mode de vie, et cette vie, ce n'est pas la tienne, tu vois ?
"- Il est temps de rendre à Jules ce qui appartient à César.
- C'est-à-dire ?
- Ses choix. Ceux qui ne t'appartiennent pas et dont tu n'as plus à t'affliger. Tu n'as pas à les porter. Les mensonges, la manipulation, la réécriture de l'histoire, les promesses non tenues, les faux semblants, la comédie, les plaintes, les saloperies, la lâcheté, la tromperie, tout cela n'a rien à voir avec toi. C'est juste un mode de vie, et cette vie, ce n'est pas la tienne, tu vois ?
Donc tu en fais un paquet, une belle ficelle autour, et hop, tu les renvoies à leurs auteurs.
Confies-le aux êtres supérieurs qui veillent sur toi. Ils se chargeront du retour à l'envoyeur."
Et, comme c'est la pleine lune, j'ai fait exactement ce qu'elle m'a dit. J'ai arraché toutes les pages que je ne relirai plus.
C'était entre deux danses. Plus la fête d'été avançait, et plus je me sentais déliée.
Sylvie m'avait fait la surprise, entre deux services, je la rejoignais sur un parquet.
On avait explosé le nombre d'entrées, je pédalais la nuit pour dormir un peu, je connais chaque montée, chaque virage, je sens l'odeur de l'eau sur le pont, j'écoute les cris des oiseaux de nuit, le faufilement d'une bête assoiffée dans la sente d'une bouchure. De la poésie pure, en live.
J'avais appris à danser les rigaudons, terminé les paroles sur la belle valse envoyée par Marion et Gertjan, on prépare tout un répertoire à à interpréter ensemble.
Blowzabella jouait du Joe Freya, du Andy Cutting, du regretté Dave Sepherd, c'était plein de bons danseurs, venus de loin.
Vidéo Benoît Guerbigny
Je pensais au défi très spécial d'écriture auquel Marjorie vient de me convier. Un déplacement parisien par mois, pendant un an ; et puis à mes articles sur la Russie, toujours en gestation.
Puis j'ai chanté.
J'avais prévu un programme pour l'interplateaux, le parquet était plein. Les paroles de Catherine clignotaient entre mon hippocampe et mon amygdale. Non mon cerveau n'a plus d'espace pour ce qui ne m'appartient pas, je dois faire de la place dans mes tiroirs.
Déclic de dernier moment, j'ai changé. Du breton. En breton. Les danseurs étaient au taquet, c'était puissant et doux à la fois, très joyeux.
Muriel, berrichonne de Quimperlé, m'a dit merci pour la suite de Loudéac. Marie a ajouté : "je ne pensais pas que tu pourrais, mais tu l'as fait ; ça c'est sûr, tu le gardes avec toi. Tu en feras quelque chose."
Alors, comme c'est la pleine lune, meurt une ancienne version de moi, et s'anime une nouvelle.
Celle qui peut dire non, celle qui se choisit, celle qui ne nourrira plus ce qui ne la concerne pas.
Pour ce qui est du retour de flamme, je le laisse à l'appréciation de l'univers.
Comme c'est la pleine lune, j'ai écrit une nouvelle et longue bucket list, pleine d'envies, de rêves, de voyages, d'enfants, d'amour et de défis. Le temps gâché ne reviendra pas. Mais il m'en reste assez je crois pour une vie suave.
Comme c'est la pleine lune, j'ai trouvé exactement le logement que je voulais. C'est drôle, j'en avais un autre dans la manche, mais la décision de son attribution s'est trouvée reportée à une prochaine commission en août. J'ai fait confiance à ma bonne étoile, et j'ai eu, aujourd'hui, celui qui cochait les bonnes cases. Le bon endroit, au bon moment.
Je peux enfin me projeter. J'emménagerai en octobre. En octobre nous retrouverons Blowzabella à Dranouter, et ça tombe bien parce que j'ai envie de visiter Bruxelles, Bruges et Gand. En octobre ce sera aussi mon anniversaire.
En octobre je serai à un mois de célébrer le début de la fin !
Je crois que je l'ai déjà écrit quelque part, mais là, je le vis : quand tout finit, c'est là que tout commence.



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