Du désir on est l'objet.
De l'amour on est sujet.
Un objet se convoite, se prend, se possède, s'utilise, s'abandonne ou se casse.
De l'amour on est sujet.
Un objet se convoite, se prend, se possède, s'utilise, s'abandonne ou se casse.
Un objet se remplace.
Un sujet doit s'accorder à notre verbe, avec toute l'empathie dont il est capable.
Un objet est perçu et pensé, il ne se réalise que dans l'attention qu'on lui porte.
Il se veut.
Voilà pourquoi il peut-être si douloureux d'être "objet d'amour".
Un sujet doit s'accorder à notre verbe, avec toute l'empathie dont il est capable.
Un objet est perçu et pensé, il ne se réalise que dans l'attention qu'on lui porte.
Il se veut.
Voilà pourquoi il peut-être si douloureux d'être "objet d'amour".
Que l'autre ne pense plus à nous, et c'est comme si nous n'avions plus d'existence propre.
C'est comme si, pour prendre chair et corps, avoir de la valeur, il fallait, encore et encore, attiser et satisfaire le désir de l'autre.
Alors qu'enfant, parent ou amant, le sujet de notre amour reste libre d'aller ou bon lui semble, vers le meilleur pour lui, même sans nous.
Est-ce à dire que l'amour devrait se vivre sans désir ? Je ne le crois pas.
Je n'imagine pas une relation amoureuse privée de plaisir charnel.
C'est juste que, le désir, même violent, même troublant, même habillé de mots doux et forts, ne devrait pas passer pour de l'amour.
Alors qu'enfant, parent ou amant, le sujet de notre amour reste libre d'aller ou bon lui semble, vers le meilleur pour lui, même sans nous.
Est-ce à dire que l'amour devrait se vivre sans désir ? Je ne le crois pas.
Je n'imagine pas une relation amoureuse privée de plaisir charnel.
C'est juste que, le désir, même violent, même troublant, même habillé de mots doux et forts, ne devrait pas passer pour de l'amour.
L'amour c'est prendre soin de l'autre.
L'amour c'est prendre soin de soi.
Or voilà que cette nuit là, je me suis sentie désirée.
Importante.
Digne d'intérêt.
Nécessaire.
Vitale.
Et que le dysfonctionnel est devenu modèle.
L'assouvissement est devenu la norme.
Pour toute une vie.
Normale la gêne ressentie, normal l'inconnu du plaisir dérobé.
Banale la confusion des émotions contradictoires.
Une petite fille objet.
Un instrument.
Un jouet qu'il suffit d'animer de paroles doucereuses et fourbes.
Une enfant qui oubliera, mais dont on conservera soigneusement la photo.
Tandis qu'elle gardera, elle, une cicatrice à vif.
Une empreinte indélébile, impossible à effacer sans arracher la peau de l'âme.
Et qui attirera à elle tous ceux qui ont à assouvir un désir, satisfaire un besoin, combler un manque.
Après tout ce temps, ni justice de Dieu, ni justice des hommes.
Mais justice à soi-même, sujet de bonheur.
Banale la confusion des émotions contradictoires.
Une petite fille objet.
Un instrument.
Un jouet qu'il suffit d'animer de paroles doucereuses et fourbes.
Une enfant qui oubliera, mais dont on conservera soigneusement la photo.
Tandis qu'elle gardera, elle, une cicatrice à vif.
Une empreinte indélébile, impossible à effacer sans arracher la peau de l'âme.
Et qui attirera à elle tous ceux qui ont à assouvir un désir, satisfaire un besoin, combler un manque.
Après tout ce temps, ni justice de Dieu, ni justice des hommes.
Mais justice à soi-même, sujet de bonheur.
