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dimanche 24 novembre 2013

Salade russe #6

C'est tranquille.
Levée tôt.


 J'aime les longs dimanches, et puis je pars ce soir pour deux jours de formation.
En haut, mes deux fils
En bas, moi.
Le gâteau chocolat et farine de châtaignes dans le four.
Je me sens douce à l'intérieur.
Et un peu stressée dehors : la mail est tombé, je vais être inspectée avant le 11 décembre.
Au moins, ça sera fait.
Mais là, pour le moment, je profite de la maison toute calme après la neige.


Franzouski est rentré.
J'aurais pu écrire que c'est la fin de l'épisode russe.
Mais ce n'est que le début je crois.
Ce n'est pas ce petit con gueulard est violent qui m'est revenu,
et si je n'ai pas tué le veau gras,
je suis contente de voir son assiette à table.
On parle, de tout, de rien, de la Russie,
comme c'est différent, et comme c'est bien la France,
de celle qu'il a rencontrée là-bas et qui lui manque beaucoup déjà.
"On passait tous nos dimanches ensemble, tu comprends ?"
Oui, bien sûr que je comprends.

Il est rentré la semaine dernière, et s'est déjà trouvé un intérim en pointillés dans une usine à gâteaux.
Il enchaîne les heures de conduite : il lui faut ce permis.
Et cette semaine, ce sera lettres de candidature aux établissements hospitaliers et aux maisons de retraite.

Son frère heureux de son retour et de sa compagnie.
Et la maison ambiancée au lieu d'être dévastée.
"Tu cuisineras des plats comme ça, en janvier, quand Maya viendra ?"

Tout est bien.
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Sinon,
ça n'a rien à voir
 mais j'aime ça.


mardi 19 février 2013

Love on line

Le téléphone sonne.
Il est tôt.
Je décroche.
Je le reconnais immédiatement.
Je l'attendais.
J'écoute, je goûte sa voix, toujours si différente que dans mon souvenir de la réalité.
Posée, calme.
C'est la première fois qu'on se parle depuis notre séparation.
Je ferme un peu les yeux.
Ici un grand soleil lumineux.
Là-bas la neige grise des villes.
Ici 8h30.
Là-bas 11h30.
Il me raconte son voyage. L'arrivée à Moscou, les dizaines de sollicitations "taxi ! taxi !"
Il part avec des filles rencontrées dans le train, qui le cornaquent vers la navette pour la gare,
Là, le billet qui ne va pas, d'après le contrôleur.
L'inconnu qui sait comment faire, prend ses bagages, passe devant tout le monde, revient avec le précieux sésame.
Lui réclame de l'argent, of course.
"- Ben quand même, il t'a rendu service, c'est normal que tu lui donnes quelque chose.
- Je lui ai donné 200 roubles (5 €), mais il m'en a réclamé d'autres. Je n'ai pas cédé."
Je suis contente, il se débrouille.
Il n'a pas encore été à l'école : il y a une semaine d'adaptation, avec un mentor, une étudiante en langue.
Je ne demande pas si elle s'appelle Nathalie, il ne comprendrait pas.
L'appart, les cours de russe, les autres volontaires lituaniens, estoniens ... le monde en petit.
"-Tu te balades un peu ?
- Ben, j'ose pas sortir tout seul, j'ai peur de pas retrouver l'appart."
Ah ? C'est pas encore la grande débrouillardise.
"- Trouve un plan... Tu seras autonome"
Ce séjour, c'est un rite de passage bien plus important que le départ pour les études à Limoges. Plus loin, plus longtemps. Une autre langue et d'autre mœurs. La vie moins confortable des locaux.
Profite mon fils,
sois un mensch.
Construis ta part d'humanité.
Il est temps.