Aujourd'hui était une journée spéciale. À l'autre bout de la France se déroulaient les funérailles d'une vieille dame que je ne connaissais pas, mais dont les enfants pleuraient la perte, et, parmi eux, une amie dévastée par le chagrin. Comme je dis toujours, ce n'est pas parce que c'est dans l'ordre des choses qu'on a moins de peine. Il faudra se déshabituer de toutes ces petits rendez-vous qu'on avait avec le défunt, traverser les premières fois sans sa présence. Même si on s'était préparé, ce sera dur, triste, poignant.
Alors je suis entrée dans la cathédrale, pour allumer un cierge devant la puissante Vierge noire, la bonne dame de Moulins. Une petite flamme pour éclairer le chemin de l'âme, et pour étendre sa lumière sur ceux qui restent, qui nourrissaient un attachement sincère, loin de l'hypocrisie de ceux qui versent des larmes de crocodile pour maintenir leur réputation auprès des voisins. Voilà pourquoi certains deuils me touchent, quand d'autres me laissent de marbre.
Aujourd'hui était aussi un jour de froid. Au moment où la météo automnale annonce le temps des soupes de citrouille, j'ai déballé, de mes cartons, doudounes et pulls de laine.
Je les accroche dans mon nouveau nid, où je suis installée depuis dimanche, en me réjouissant de la prochaine venue de Vania, puisque les vacances d'octobre sont déjà à l'approche.
D'après moi, une vie c'est naître et renaître chaque jour. Tous les matins sont uniques, en ce sens que, 365 fois par an, ils sont l'occasion unique d'opérer d'autres choix, plus éclairés. On continue sa vie dans un nouveau lieu, en la considérant sous un angle différent, borné à la fois d'habitudes anciennes auxquelles on tient, et de routines récentes, de retrouvailles avec les visages familiers, et de rencontres touchantes.
C'est pareil et différent à la fois. Pareil parce que je fais toujours de la gym, de yoga, de la natation. Différent parce que, c'est au cœur de la belle ville de Moulins, avec son centre ancien de briques et de bois. Au détour de chaque rue, surgissent les flèches de la cathédrale, ou du Sacré-Cœur, ce qui me procure toujours un élan de joie, de réconfort, une sensation profonde de sécurité.
Différent parce qu'hormis la danse, toutes mes activités sont à quinze minutes maximum de pédalage de chez moi. Les cyclistes sont assez nombreux ici, et je découvre un tas de pistes cyclables dont je n'avais jamais remarqué l'existence. Alors qu'en trois ans j'avais à peine parcouru trois cents kilomètres en Bretagne, j'ai allègrement franchi le cap des mille !
Du chaos surgit heureusement le changement !

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